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  1. (Rapide correction orthographique) Le lièvre messager L'après-midi était largement entamé quand l'odeur de la tourbe brûlée vint chatouiller les narines de Wendyl. Lorec devait se trouver juste derrière la butte. Elle lança sa jument au petit trot. Quelques minutes plus tard, le village s'étendait devant elle avec ses toits de chaume et ses panaches de fumée maigrichons. La brise soufflait par à-coups et leur donnait une forme allongée, sinueuse, dont la blancheur contrastait avec le contrefort sombre que formait la forêt dans le lointain. Les femmes et leur marmaille revenaient du champ, rompues. Il était l'heure de s'atteler à la préparation du souper ; ici, on dînait tôt. Les hommes, eux, ne rentreraient qu'à la tombée de la nuit. Ils se rempliraient la panse avant d'aller s'effondrer sur leur couchette. Ce n'est qu'à ce moment précis que les enfants auraient droit à leur part, et pour cause ; leur bonne santé importait moins que celle de ceux qui faisaient vivre le foyer. La vie paysanne était à peine différente de celles des bêtes, sur ces terres. On crevait comme on naissait : le ventre vide et dans la merde. Heureusement pour eux, ils n'avaient jamais rien connu d'autre et par conséquent n'avaient pas conscience de leur misère. C'est bien ce sur quoi les châtelains comptaient. Que se serait-il passé si ces cul-terreux – ils n'étaient qu'une cinquantaine dans ce hameau mais plusieurs dizaines de milliers dans la province – s'étaient rendus compte qu'un seul des repas de leur seigneur aurait nourri leur famille pendant toute une semaine ? Wendyl pinça les lèvres. La misère l'indisposait, signe – à défaut d'empathie – qu'elle était au moins consciente de sa position privilégiée. Elle gratta sa livrée pour enlever quelques traces de boue séchée. Quelques éclaboussures se mêlaient également à ses taches de rousseur mais elle n'en fit rien. Que rien ne souille l'emblème sur sa poitrine, c'était ça, l'essentiel. Les épaules droites et le buste gonflé, elle descendit la pente douce jusqu'aux premières chaumières. Dans ce coin désolé, une cavalière était une attraction, une noble était une rareté, une elfe était un phénomène. La rouquine était des trois, aussi une foule se forma rapidement autour d'elle. Les enfants, drôlement impressionnés, s'étaient lancés le défi de toucher les rubans rouges et ors attachés au caparaçon. Plus loin, les femmes tenaient conseil. L'une d'elles, sage comme laissaient supposer ses nattes blanches, dit aux autres : « - Y faut pas que nos hommes la voient, celle-là. Regardez ses yeux d'enchanteresse ! - N'ayez crainte, je ne m'attarde pas. » La foule retint son souffle. L'elfe s'était arrêtée. Pis, elle avait parlé ! Devant l'émoi que causa son intervention, elle ne put retenir une grimace. Son expérience lui avait appris que cet instant où se cristallise la tension du premier contact ne pouvait se terminer que de deux façons : ou bien on l'acclamerait, ou bien on brandirait les fourches. Elle plaça une main sur sa poitrine et reprit la parole d'une voix sereine : « - Je suis Wendyl Al'aris, au service de Madame de Malplaquet. Je viens défier le Gardien », ajouta-t-elle en désignant la forêt d'un geste vague. Un murmure animé parcouru l'assemblée ; l'elfe sourit finement. La déclaration avait eu l'effet escompté et déjà les visages autour d'elle se fendaient d'admiration. Tous ici chérissaient le gardien de la forêt, quoique personne ne l'eût jamais vu. C'est lui qui durant des siècles – les dieux lui avaient accordé une longue, très longue vie – avait empêché toute sorte de maux d'atteindre Lorec et avait décidé qui était digne de devenir chevalier. Ceux qui parvenaient à le vaincre en duel singulier se voyaient accorder un titre que nul seigneur n'avait le droit de contester. Pour ceux qui échouaient, pire que la mort, c'est le déshonneur qui les attendait. Cependant, nombre de doutes assaillaient l'elfe, à commencer par celui-ci. Elle était persuadée que ce gardien n'était qu'une croyance locale inventée pour justifier l'anoblissement d'un favori et que les chevaliers qui disaient l'avoir vaincu avaient tout simplement menti. Cela aurait expliqué pourquoi les témoignages dans les registres de Bêle-Pierres étaient si confus. Aucune justification, aucune preuve, n'était demandée au vainqueur, si bien que n'importe qui vêtu comme un guerrier qui ressortait de la forêt pouvait prétendre avoir remporté le duel et était reçu en héros. Wendyl avait tiré ses propres conclusions de tout ceci : premièrement, les habitants de Lorec étaient des imbéciles et deuxièmement, les légendes étaient des instruments on ne peut plus pratiques. « - Bonne chance, ma Dame !, brailla une fillette blonde. - Le ciel guide votre bras. - Longue vie à la marquise ! », renchérit un concert de voix. Wendyl arqua un sourcil. Est-ce pour cela que les nobles sont indispensables, pour que le peuple s'approprie sa part de gloire à travers leurs exploits ? Il acclame le fait d'arme du chevalier qui vient récolter leurs impôts, festoie pour le mariage du tyran qui les brise, remercie les dieux pour la naissance d'un despote en devenir. Des imbéciles, vraiment. Mais entendre chanter le nom de Katarzyna lui mis un peu de baume au coeur. Qu'importe que ce gardien soit réel ou non. Ce qui comptait, c'était qu'elle remporte cette épreuve et assoit sa légitimité. C'était de servir les intérêts de sa famille. La foule traversa le hameau à ses côtés. Un garçon plus âgé que les autres eut le courage de l'interpeller : « Montrez-nous votre épée, ma Dame ! ». Wendyl remua les lèvres en silence et agrippa le pommeau. Dans un geste vif semblable à un éclair argenté, elle tira sa lame au milieu d'une gerbe de braises rougeoyantes. L'esbroufe reçu un tonnerre d'applaudissements. « Qu'il est bon d'être magicienne ! », se félicita-t-elle intérieurement. Si la lame était bien d'un alliage d'argent qui scintillait merveilleusement à la lumière, les étincelles n'avaient été qu'une illusion pour ajouter du charme à la prestation. Elle garda le bras levé, l'épée pointée vers le ciel, bergère conduisant son troupeau. À quelques pas, les enfants entamèrent une ronde en chantant : « Trois petits lapins Dansent sur la lune, En mangeant des prunes, En buvant du vin » La lune justement commençait à poindre, diaphane sur le ciel encore clair. La foule s'arrêta peu à peu. Au devant, le chemin s'enfonçait entre les premiers arbres. La cavalière fit ses adieux et partit au trot. D'ici quelques heures, il ferait nuit noire. Il n'y avait pas d'auberge à Lorec et demander le gîte à un paysan n'était une possibilité à envisager qu'en cas d'extrême nécessité. Il lui faudrait trouver et affronter le Gardien rapidement, faute de quoi elle dormirait à la belle étoile. À l'extrémité de Lorec se trouvait un édifice de bois surplombant une butte constellée de pierres dressées. La plupart étaient hautes d'environ un pied et taillées grossièrement. Le cimetière – le plus rudimentaire que l'elfe ait jamais vu – faisait peine à voir. La forêt semblait y avoir ses entrées plus que les hommes ; racines et ronces y couraient librement. Wendyl ralentit l'allure. Au sommet de la butte, la brise faisait sonner un carillon. Un charme, un autre, comme ceux qu'elle avait vu accrochés sur les portes des masures en passant. Un tintement d'une toute autre nature pourtant, inaudible à l'oreille, attira son attention. Contrairement aux grigris des paysans, il se dégageait de celui-ci un semblant de magie. C'était raisonnable. Nombreux étaient les lieux un tant soit peu mystiques où ce genre de colifichet était d'usage. Derrière, un lièvre sentait l'air, parfaitement immobile. Une bourrasque, à peine plus forte que les précédentes, arracha à l'instrument une série de notes décousues. L'animal bondit dans une galerie qu'il avait creusé sous une stèle rabattue par le temps et disparut. L'elfe reprit sa route. Quelque instants plus tard, elle franchissait la lisière de la forêt. Le chemin, large dans les plaines, s'étrécit jusqu'à n'être plus qu'un sentier difficilement praticable qui serpentaient à grande peine entre les bouquets d'arbres. Une odeur d'écorce pourrie et de champignons la prit au nez. Le soleil ne perçait que peu entre les frondaisons, le sous-bois était maintenu dans une humidité constante, propice à la prolifération de la moisissure et des insectes. Le fumet des habitations qui embaumait toute la campagne environnante s'était arrêté à la frontière, de même que l'animation du hameau. Wendyl se retourna. Le chemin avait pris un coude ; dans son dos, elle ne put distinguer rien d'autre que des troncs. Devant aussi. Deux la frappèrent tout particulièrement car plutôt que de sortir de terre, ils pendaient à une branche. Au pied de l'arbre était placardée une planche que les intempéries avaient dégradée : « VOLEURS». « - Comment ? Depuis quand pend-on de simples voleurs ? » Sa consternation était telle qu'elle l'exprima à haute voix. Intérieurement, elle espérait aussi que ces condamnés soient témoins de sa compassion depuis l'au-delà. Le sort qui leur avait été réservé était manifestement injuste. Pis, ces paysans s'étaient octroyés son droit : celui de mettre à mort quiconque perturbait l'ordre. « - S'ils commencent à se rendre justice eux-mêmes... » Elle soupira et flatta l'encolure de sa jument. Celle-ci agita gentiment les oreilles, sourde aux appréhensions de sa maîtresse. Il faudrait avertir la marquise de ceci ; il faudrait certainement les punir. Quelques lieues furent parcourues. La nuit n'allait à présent plus tarder et dans la forêt, la pénombre était déjà épaisse. Wendyl mis pied à terre pour allumer sa lanterne. Elle embrasa la mèche d'un mot avant de refermer la vitre. Elle porta le falot primitif à hauteur de ses yeux pour apprécier la hauteur du cylindre blanc avant de remonter. La chandelle tiendrait facilement deux heures. Avec les réserves qu'elle gardait dans la sacoche accrochée à sa selle, elle n'aurait aucun mal à s'éclairer même si la chevauchée devait durer toute la nuit. À présent, le chemin était franchement chaotique. Trois hommes chevauchaient difficilement de front ; faire passer une voiture ou un chariot n'était pas envisageable. Les essieux se seraient brisés sur les roches qui formaient des obstacles aussi sournois qu'irréguliers. L'avantage était qu'aucune armée n'aurait pu traverser ces terres en se servant de la forêt pour masquer leur approche. L'inconvénient, qu'aucun des paysans de Lorec ne savait ce qui se trouvait de l'autre côté. De toute façon, cela leur importait peu. Ils se souciaient trop de leurs récoltes et de leurs bêtes pour penser à quelque chose qu'ils ne voyaient pas et ne verraient jamais. La forêt était là bien avant eux ; elle les protégeait de ce qui se trouvait au-delà et demandait peu en retour. Quand une âme s'y égarait, elle la gardait pour elle. Mais puisque la dite âme était généralement celle d'un étranger, souvent trop orgueilleux pour être prudent, le marché satisfaisait les paysans. La jument trébucha sur une racine, Wendyl pesta. Elle avançait lentement, trop à son goût. Impossible de faire autrement, pourtant. On y voyait plus à dix pas et derrière chaque bruit semblait se cacher une menace. D'une main, elle tenait les rennes, de l'autre, son épée. Elle avait l'air prête à se battre, cela lui donnait un peu de courage et à cet instant, tout était bon pour ne pas en manquer. L'obscurité rend chaque bruit oppressant. Le passage d'un animal fait bondir, le grincement d'un arbre fait frémir. Le bruissement était constant. Elle qui dans ses lectures sautait systématiquement le passage où le héros perd ses sens en forêt déplorait de ne pas pouvoir faire de même ici. L'ironie mordante de sa situation ne lui échappait pas et elle y goûtait peu. Sa monture était nerveuse. Ses oreilles étaient inclinées vers l'arrière, elle soufflait bruyamment. Si celles de l'elfe, plus longues encore, avaient été aussi mobiles, elles auraient penché dans la même direction. Son appréhension se lisait différemment ; les trais de son visage étaient tendus. La jument s'arrêta, Wendyl n'en avait pourtant pas donné l'ordre. L'animal dressa la tête. Ses oreilles, comme prises de folie, s'agitèrent dans toutes les directions. Wendyl raffermit sa poigne et écouta. Pas un son ne lui parvint. Non, plus un son ne lui parvint. La forêt s'était tue soudainement. Puis, un tintement inaudible fit vibrer son instinct, un reflux magique qu'une brise soufflait dans son dos. Elle tira sèchement sur la bride pour faire demi-tour et se figea. Au milieu du sentier, le museau au vent, se dressait un lièvre. Quand ses yeux noirs, exorbités au point qu'ils menaçaient de quitter son crâne, se fichèrent dans les siens, un long frisson parcouru son échine ; un murmure sans timbre s'éleva. « Tu le trouveras bientôt.» Wendyl resta interdite, bouleversée. Le lièvre se fendit de deux pas et, devant son mutisme, reprit. « Hâte-toi ! La lune est haute et le village est loin. - Viens-tu de la part du Gardien ?, articula-t-elle avec peine. - Non. Je suis son messager à elle. - Qui ça, « elle » ?, demanda l'elfe d'une voix mal assurée. - Enlé ! La forêt. Hâte-toi ! Il ne fait pas bon être une proie. » Un sursaut secoua l'elfe. La rencontre était irréelle. Enlé, ce nom avait frappé son coeur d'une angoisse sourde. Le regard du lièvre, abysse de noirceur, était insoutenable. Ses oreilles se raidirent et il déclara d'un ton qui, s'il était chanté, n'avait pourtant rien de réjouissant : « - Chasseur dans le bois, en forêt devient proie ! Je te suis depuis Lorec, Wendyl Al'aris de Malplaquet, et jamais tu ne battras le Gardien... - Comment connais-tu mon nom, lièvre, et celui de Malplaquet ?, l'interrompit-elle, médusée. - J'entends tout et je vois loin, répondit-il en baissant les yeux sur le tabard de la cavalière. Ces couleurs ont déjà traversé cette forêt. Elles la traverseront de nouveau. - Vais-je donc échouer ? - Non, mais tu ne réussiras pas non plus. Les os ont parlé. Ils m'ont murmuré ton destin, dans les galeries. - Prédis-tu ma mort, lièvre ? - Ici, rien ne meurt ni ne vit tout à fait.
  2. (Note d'avant-texte : Ce texte est envisagé avant tout comme un travail d'écriture, pas comme une histoire faite pour divertir. L'action est volontairement banale, les personnages et les relations qu'ils entretiennent entre eux et avec des personnages IG sont volontairement laissées de côté pour éviter qu'un excès d'explication alourdisse le style. N'hésitez surtout pas à émettre des critiques en commentaire !) Monsieur d'Âpre-Vent Les platanes commençaient à se dégarnir. Chaque branche qui s'éclaircissait rappelait aux trois enfants qu'ils s'éloignaient des beaux jours et de insouciance de l'été. L'air était resté doux malgré le vent marin qui amenait son lot de désagréments, parmi lesquels de curieux orages qui, s'ils duraient peu, étaient suffisamment violents pour dénuder un peu plus les pauvres arbres. Le soleil lui-même refusait de mettre du cœur à l'ouvrage. Plutôt que de redoubler d'efforts pour alléger celui des petits êtres de cette terre, il avait lâchement fui et chaque jour qui passait voyait sa présence s'amenuiser. Cette constatation ennuyait profondément le jeune Lukasz, qui devrait bientôt compter la lumière nécessaire pour lire parmi les nombreux interdits de sa nouvelle demeure. « Comprenez, Monsieur ! Les bougies de suif empestent, et celles à la cire d'abeilles sont trop onéreuses », lui avait-on dit. Mais aucun des arguments n'avait fait mouche ; l'odeur de la rue était pire et l'argent ne manquait que parce que Monsieur d'Âpre-Vent s'en repaissait – c'est du moins ce qu'avait déduit le garçonnet de l'imposante bedaine seigneuriale, entretenue, eut-on dit, comme une bourse. Elle retombait par-dessus un large lacet auquel pendait un glaive qui en comparaison avait l'air d'un cure-dent. L'esprit de l'enfant, plus prompt à s'amuser de l'absurde qu'à s'en chagriner, ne se demandait pas si cette imposante masse pesait sur les rotules de l'homme ou bien sur sa fortune. À la place, il se demandait plutôt à quand remontait la dernière fois où le vieux avait vu ses pieds en se tenant debout. Monsieur d'Âpre-Vent, c'était le sobriquet par lequel le garçon et sa sœur le désignaient en cachette. Il était de leur sang après tout ; cela autorisait certaines libertés, parmi lesquelles celle de moquer ceux que la destinée a rendu risibles. Lorsqu'ils se sentaient d'humeur audacieuse, le « Monsieur » passait à la trappe. La particule quant à elle n'était qu'un simple décorum, un rappel du temps où il avait vraiment été « Monsieur de - ». À présent inutile, elle aussi tombait dans l'oubli. À la fin ne restait qu' « Âpre-Vent », composition curieuse, sans vraie origine et sans réelle signification, comme seuls les enfants savent faire. Néanmoins le qualificatif ne s'était sans doute pas niché dans le nom du vieux par hasard. Ici, la pitance était âpre, l'air était âpre, les gens étaient âpres, la maison dans son entièreté était âpre. La vétusté du lieu rejaillissait sur les habitants et la morosité de ceux-ci teintait la bâtisse, de sorte que le tout, murs et seigneur, meubles et serviteurs, formait un ensemble harmonieux dans la mornitude(*) au milieu duquel il ne faisait pas bon vivre. Dans le salon, devant l'âtre, les enfants s'étaient réunis au pied de leur nourrice. Lukasz lisait, Elzbieta brodait et Thaniel alimentait malgré lui le mythe du « bâtard oisif » ; il rêvassait. Ces deux mots composaient à eux seuls l'entièreté de l'imaginaire des bonnes gens sur les demi-sangs. Le silence alourdissait l'air, l'odeur des meubles vieillis l'épaississait. L'horloge sonna sept heures et la petite assemblée sursauta comme un seul homme. Plusieurs mois maintenant qu'ils vivaient ici et pourtant aucun ne s'était habitué au carillon cuivré qui, s'il se montrait d'une rigoureuse ponctualité, tombait pourtant toujours au mauvais moment. Il fallait lui rendre justice pour une chose, cependant. L'insupportable timbale était l'occasion de briser le mutisme qui pesait comme une chape de plomb sur les enfants. Quand rien ne bouge, on n'ose bouger soi-même. Or, l'interruption devenait prétexte à l'éruption. Le rituel suivant s'était installé ; au premier coup, on sursautait, au second, on pestait, au troisième, on jurait – mais poliment. S'il s'avérait qu'il fut plus de trois heures, chaque coup supplémentaire était accueilli par une volée de protestations jusqu'à ce que la nourrice close le débat de la sorte : « Si nous étions chez votre mère, ce coucou serait mort et enterré ! ». Les enfants approuvaient gravement. Débutaient ensuite d'incessants bavardages qui duraient tant que l'écho du carillon persistait dans le salon ; son ton métallique continuait à vibrer dans l'air quelques minutes après qu'il ait sonné. L'enjeu était de taille : il fallait parler tant que durerait la perturbation. Sitôt le dernier écho évanoui, le silence retombait comme un nuage de poussière momentanément dérangé et asphyxiait pour une heure supplémentaire la petite assemblée. La nourrice prenait plaisir à écouter leurs babillages, qui lui rappelaient les soirées dans le chaleureux séjour de Bêle-Pierre. À l'instar des autres familles de bonne lignée, c'est elle plus que leur mère qui les avait élevés. Cette dernière, elle-même mise entre les mains de bonniches dès son plus jeune âge, avait judicieusement délégué ses prérogatives maternelles : la nourrice les torchait, sa confidente les aimait. Elle, elle se réservait pour unique devoir de les marier à de bons partis le jour venu, car c'était après tout le plus important. Le valet d'Âpre-Vent – les enfants avaient décidé qu'aujourd'hui était un jour maigre pour la dignité du vieux – vint les chercher. Chacun s'installait à sa place autour de la table de la salle à manger quand on leur fit savoir que Monsieur se joindrait à ses petit-enfants pour dîner. Le frère et la sœur échangèrent un regard vaguement inquiet. Ce coin rectangulaire où les trois enfants s'étaient installés autour de la nourrice faisait face à la place attitrée du vieillard. Si la scène avait été plus champêtre, la bonne aurait été une cane aux ailes déployées où ses petits seraient venus se réfugier. Le vieux, lui, aurait été le dogue fatigué qui ne sort de son cabanon branlant que pour aboyer quand une mouche le pique. Quoi qu'ils ne le voyaient que rarement occupé, plus la distance qui les séparait du fauteuil vide était grande, mieux ils se sentaient. Le valet les rejoint avec un linge humide, ils lui présentèrent leurs mains. Il les frotta avec hargne. En son fort intérieur, il détestait Âpre-Vent. Par extension, il détestait aussi ces enfants. Ils étudièrent leurs mains rougies par ce qui tenait plus du papier de verre que du torchon et attendirent l'arrivée du vieux sans échanger un mot. À l'étage, une porte grinça. Les déplacements d'Âpre-Vent, parce qu'ils étaient peu nombreux, n'en étaient que plus remarquables. Voilà des années qu'il ne vivait plus qu'à l'étage, entre ses appartements et la bibliothèque. À l'arrivée des enfants, il n'avait que peu bouleversé ses habitudes. Ses repas lui parvenaient via un monte-plat qui communiquait entre la cuisine et sa chambre. C'était d'ailleurs par-là qu'il donnait ses ordres pour la journée car il ne supportait plus la vue des autres. Dans ses bons jours, le valet avait l'honneur d'être appelé. Il grimpait les marches quatre à quatre puis les redescendait avec l'ordre de ne revenir que quand la nouvelle lubie de son maître aurait été exécutée. Quant aux enfants, il se joignait à eux une fois par semaine. Pour s'enquérir de leur bien-être ? Non. Pour apprendre à les connaître ? Encore moins. Il ne s'était pas donné cette peine avec sa propre fille, ses enfants à elle pouvaient toujours courir. Ce dont il s'agissait, en réalité, c'était d'une inspection. À Lukasz, il demandait de réciter des paragraphes entiers d'un grand livre de psaumes en vieux-parler. À Elzbieta, de lire à haute voix – il estimait qu'on ne lui en demanderait guère plus, plus tard. Quant à Thaniel, il lui fourrait l'index entre les babines pour s'assurer qu'il n'était pas atteint de la rage. Lukasz se remémorait le dernier passage en date quand un raclement juste au-dessus de lui fit qu'il rentra d'instinct la tête dans les épaules. Il frissonna de déplaisir, Âpre-Vent se mettait en branle. Quand il avait été forcé d'abandonner son château de province pour se réfugier dans ce petit manoir de la capitale, il avait trouvé le parquet d'une qualité si médiocre qu'il avait décidé de ne plus lever sa lourde canne d'argent lorsqu'il se déplaçait. À chaque pas, il la tirait dans ce terrible raclement pour s'y appuyer. Puis vint un coup sourd suivi du grincement d'une marche. Le vieux y posait d'abord la canne, puis le pied. Le rythme était lent mais d'une régularité sinistre. Bientôt, on le verrait apparaître dans l'encadrement de la porte. Il survolerait l'assemblée du regard, puis irait prendre place à son bout de table sur le fauteuil à la tenture délavée. Le valet présenterait tour à tour plats et courbettes obséquieuses, et le concert de mastications et de succions commencerait. À sa décharge, l'homme était un vieillard à qui la sale manie de chiquer avait fait perdre quelques dents. De plus, il avait cessé de se comporter poliment à table depuis le jour où il s'était marié et cela remontait à près d'un demi siècle. La présence temporaire de ces marmots n'allait pas y changer grand-chose. Eux aussi mangeaient salement après tout. C'est du moins ce qu'il imaginait, car la vérité était que, trop occupé à engloutir son repas, il ne s'occupait pas de celui des autres. Et puisqu'il avait entendu dire que les jeunes enfants étaient par nature à peine plus propres que des porcelets, il en avait tiré la conclusion logique que ceux-ci, fussent-ils des rejetons de marquise ou non, ne faisaient pas exception à la règle. Le spectacle qu'offrait le vieux durant ses repas fascinait Thaniel. S'il était lui-même observé comme une bête curieuse, la réciproque était vraie. La nourriture manquant cruellement d'intérêt, il avait cherché à se divertir autrement. Quand Âpre-Vent était présent, son activité favorite consistait à compter les vides dans sa dentition. Une autre était de dresser un portrait de ce drôle d'être à la manière d'un naturaliste, comme il le faisait avec les papillons qu'il collectionnait : « Déchiquette ses viandes à l'aide de son incisive, l'autre est absente. Lèvre inférieure noircie. Regard vide durant toute la durée de la sustentation », et caetera. La liste était longue, le pire était sans doute le bruit de ses gencives ramollies lorsqu'il aspirait sa nourriture, faute de pouvoir la mâcher. Mais au lieu de tout cela, lorsqu'Âpre-Vent apparut, il ramena sa canne devant lui pour s'y appuyer des deux mains et déclara à l'intention de Lukasz : « - Monsieur, j'ai reçu une note de votre mère. Elle soupera avec nous, demain. » (*) mornitude : le terme n'est pas officiellement reconnu mais est employé dans un contexte littéraire-qui-se-la-pète parce que la construction de ce néologisme dérivé de l'adjectif « morne » est en accord avec la langue française.
  3. "L'histoire l'a prouvé. Il peut suffire d'une personne. Pour que le sang à nouveau se mette à couler. Et que les cors de guerre résonnent." Première partie : Le Chaos depuis les ombres. La nuit était tombée déjà depuis quelques heures sur Flonariel. La routine s'était installée dans ce qui était désormais presque devenu une petite ville, nichée au nord-est d'Orneval dans les hauteurs. Les tours de garde s'enchaînaient, une grande partie des habitants vaquaient à leurs occupations. C'était le calme plat, comme ces dernières semaines. Cette nuit, encore, laissait présager une tranquillité comme celles des jours précédents. Chrysta, la cryomancienne en charge des arcanistes du village s'était retirée dans sa tour, située à l'écart du village, bien plus en hauteur que celui-ci. Une vieille tour de pierre, qui servait autrefois d'avant-poste. Elle fût depuis réaménagée par ses bons soins, en plus d'être bardée de protections magiques en tous genres. La cryomancienne y étudiait cette nuit-là. Légèrement plus grande que beaucoup de ses congénères, Chrysta disposait d'un corps finement musclé, qu'elle avait bâti durant son existence. De longues marques de lames sombres ornaient son visage, celui-ci en partie dissimulé par sa très longue chevelure argentée. Elle étudiait paisiblement à son bureau, tandis que non loin d'elle, dormait Lyn, une toute petite femme sabre-de-mana, juchée sur un petit coussin pourpre. Bien qu'elle étudiait dans le calme, une certaine tension demeurait dans l'esprit de Chrysta : en effet, Aesa, sa compagne, prêtresse de la lune reconnue, lui avait fait part de ses mauvais pressentiments. Thayssa, le mentor d'Aesa, prêtresse tout autant renommée, avait, de son côté, une amie de son entourage qui eût une vision de flammes. Pour finir, son frère, qui lui, vivait très loin d'ici, lui avait fait part de ses inquiétudes quant aux mouvements récents de l'armée de la horde, vers la croisée des chemins. Durant la journée, la cryomancienne avait vérifié une nouvelle fois l'état de ses pierres de portail. En outre, elle avait fait le tour du village, pour indiquer aux villageois leurs emplacements, suite aux conseils de sa compagne. Cette dernière, était partie quelques jours, pour assister au départ de la flotte kaldorei à Darnassus. Thayssa, quant à elle, était restée à gérer le village, ayant gardé le rythme de vie qu'elle avait dû bouleverser pour s'adapter à ses occupations liées à la ligue des bâtisseurs. Enfin, Ylthael, qu'Aesa et Chrysta considéraient comme leur fille, était encore en service à Darnassus, se préparant à un éventuel affrontement comme toutes les autres sentinelles. Puis, soudainement... Elle sentit une perturbation magique, puis une autre, puis encore une autre... Ses alarmes magiques s'activaient les unes après les autres. Chrysta fonça vers sa chambre, enfiler son armure à la hâte, laissant son chaton à la tour, et se téléporta à sa propriété, située près de la sortie ouest de Flonariel. Quelle ne fût pas sa surprise, quand elle vit les sentinelles au loin, aux prises avec des réprouvés vêtus d'armures de cuir, qui riaient à gorge déployée, l'air malsain dans leurs regards. Pendant ce temps, Thayssa fût réveillée en sursaut par une sentinelle. « Prêtresse Pleurétoiles ! Les réprouvés nous attaquent ! » s'exclama la kaldorei. La prêtresse prit quelques longues secondes, le temps d'émerger de son sommeil. Vêtue d'une ample robe de chambre légère, Thayssa se redressa. La prêtresse arborait un corps fin et élancé, au teint violacé. Sa chevelure platine, issue de sa lignée, était rabattue en arrière, retenue par une petite queue de cheval. Un motif de sombres griffes décorait son visage aux traits fins, malgré un regard perçant qui en disait long sur son vécu. « Quoi !? Par la mère Lune, entamez immédiatement l'évacuation du village ! Que l'on prévienne Chrysta et les autres mages ! Je vais organiser nos défenses, tâchez de faire en sorte que les trajets jusqu'aux portails restent sûrs ! » La sentinelle fonça derechef, alors que Thayssa se vêtit à toute vitesse de sa robe de plaques qu'elle portait presque en toute occasion, et enfila son carquois avant d'attraper son arc. Alors qu'elle sortit en trombe de sa demeure, elle vit les premiers signes du chaos. Les sentinelles étaient un peu éparpillées dans le village, à résister aux réprouvés. Certaines gisaient au sol, inertes, tout comme nombre de villageois; une mare de sang avait déjà commencé à s'écouler de leurs corps. Elle grimaça à cette vision, mais elle ne pouvait se permettre de perdre la moindre seconde. En descendant de sa demeure, elle vit alors Meli'Thar, son capitaine, non loin du pont, à taillader un assaillant à coups de glaive. Combattant robuste et retors, le corps tout en muscles, le kaldorei à la chevelure sombre semblait combattre avec fougue. Thayssa hurla. « Regroupez-vous près de moi et repoussons ces aberrations ! » Thayssa encocha une flèche à son arc et visa soigneusement le crâne d'un réprouvé proche, occupé à combattre une autre sentinelle. La flèche fila sans un son, droit entre les deux yeux, étalant l'attaquant pour le compte. Elle entonna ensuite un important sort de soins alors que les sentinelles se ralliaient à elle peu à peu. Le sort vint rapidement à son terme et rendit des forces à ses alliés. Investis d'une vigueur nouvelle, ils étaient désormais d'aplomb pour repousser les réprouvés, mais la victoire n'était pas acquise pour autant : les réprouvés étaient encore nombreux, malgré la résistance héroïque des sentinelles. Pendant ce temps, Chrysta organisait la défense autour de sa propriété et du premier portail. Elle vit des habitants qui commençaient déjà à affluer vers son jardin. Elle cria alors : « Ne perdons pas une seconde, répartissez-vous autour de ma propriété, et formez un périmètre ! Je vais activer les portails ! » Vu les circonstances, les sentinelles finirent par hocher la tête et revinrent vers la propriété de Chrysta, pour se replacer. Chrysta se réfugia alors dans sa maison et incanta. Deux minutes s'écoulèrent et elle pût enfin activer toutes les pierres grâce à un sort qu'elle avait préparé auparavant. Elle jeta ensuite un coup d'œil autour d'elle, et se hâta de regrouper quelques affaires ainsi que les documents qui traînaient dans la maison pour tout regrouper dans la commode de sa chambre, puis téléporter celle-ci on ne sait où. Elle ressortit : d'autres réprouvés surgirent alors à ce moment par l'entrée ouest, depuis les ombres. Alors que ceux-ci chargèrent, une des sentinelles qui se préparaient à les accueillir tomba raide morte, tombant en arrière, une flèche plantée en plein front. Chrysta aperçût alors la coupable, retranchée derrière le groupe adverse : une forestière sombre. La cryomancienne plissa les yeux. « Celle-là est pour moi. » se mit-elle à dire aux sentinelles, avant d'incanter... Pendant ce temps, Thayssa, Meli'thar, et le groupe qu'ils avaient pu rassembler s'efforcèrent de coordonner la défense des sentinelles dans le quartier central, ainsi qu'aux alentours du temple. Les combats faisaient rage, mais les sentinelles tenaient bon pour le moment. « Meli'thar, où en sommes-nous ? - L'évacuation se déroule bien, mais les troupes ennemies affluent encore. On m'a rapporté que l'armée de la horde marche sur Astranaar, mais qu'une partie risque de venir jusqu'ici. Si nous attendons trop longtemps, nous allons nous faire massacrer ! - Il va falloir faire vite. Nous allons ratisser la zone tous ensemble, en commençant par le temple. Une fois tous ceux des environs évacuer, nous détruirons le portail, et passerons au suivant ! Fais donner le mot, nous y allons maintenant ! Puisse Elune nous donner la force ! » Meli'Thar hocha la tête et suivit le mouvement, ainsi que la quinzaine de sentinelles qu'ils avaient pu réunir. Tous filèrent vers le temple. Un bon nombre d'habitants était dans le bâtiment des portails. Un seul était encore actif, maintenu par deux mages, et menait vers Darnassus, que les dernières personnes franchissaient. Trois autres mages accueillirent le groupe. Tous les cinq étaient vêtus d'une robe ample aux couleurs de la cité. « Quelle est la situation ? » demanda Thayssa sans plus attendre. Ce fût Keleras, un arcaniste dont le visage trahissait un âge avancé, même si sa chevelure bleutée respirait encore une certaine vitalité, qui s'avança. - Pour l'heure, nous avons pu repousser les envahisseurs. Les derniers citoyens du quartier rejoignent Darnassus. Nous pensions ensuite vous rejoindre. Quels sont vos ordres ? - Maintenant que les villageois ont franchi le portail, vous allez me suivre dans les autres quartiers pour évacuer les autres et ensuite détruire les cristaux pour éviter que la horde ne les réactive ! Tous au centre de commandement ! » Tous ensemble, ils se ruèrent vers le centre du village... Quelque part, loin, très loin même... Solan s'occupait de faire les comptes, assis en tailleur au coin du feu, bien au chaud dans sa maison. Vêtu d'un simple pantalon et d'une chemise, le tout en noir, le quel'dorei possédait une longue chevelure blonde attachée, qui pendait sur son épaule droite, tombant jusqu'au milieu du dos. Il se frottait lentement le bouc, songeur. En intense réflexion, il sursauta légèrement en entendant un bruit lourd venant de l'étage. L'air méfiant, il se releva et grimpa rapidement les escaliers pour découvrir une commode elfique au centre de sa chambre ! « Mais bordel, qu'est-ce que... » Il fronça les sourcils, réfléchissant un instant, alors qu'il en explora rapidement le contenu. Même si Chrysta et lui aimaient à se faire de petites plaisanteries, il lui semblait très peu probable qu'elle aille jusqu'à envoyer ses propres affaires, encore moins celles de sa compagne. Il comprit alors : elle devait être dans l'urgence. Il se changea en quatrième vitesse, enfilant sa tenue de combat noire et bleue en cuir enchanté, avant de sortir de sa maison en courant. Il fonça à travers les arbres, activant un cristal télépathique qu'il tira d'une sacoche. Il lança alors un appel mental. « Sylphides, si certains d'entre vous sont dans les parages, à la tour du portail, MAINTENANT ! » Seconde partie : Le festin de sang au clair de lune. Au jardin de Chrysta, les sentinelles tenaient le coup. Parmi les villageois qui se dépêchèrent de franchir le portail, deux sœurs d'Elune accoururent et vinrent soulager les sentinelles avec leurs sorts, tout en restant en retrait. Les sentinelles avaient pu reprendre une formation serrées, se couvrant mutuellement. Juchée sur une petite colline, la forestière sombre plissa les yeux en apercevant une kaldorei en armure bleutée, qui semblait manier les arcanes. Elle banda son arc, avant de voir la cryomancienne disparaître son champ de vision. Regardant alors aux alentours, elle entendit brusquement des pas lourds se rapprocher rapidement, et se retourna, avant de lever son arc à l'horizontale juste au-dessus de sa tête pour bloquer in-extremis les lames enchantées qui s'apprêtaient à s'abattre sur ses clavicules. Elle vit la lueur froide de la combattante bleutée qui la foudroyait du regard. Le visage de la forestière se fendit d'un léger rictus. « Tu ne pensais tout de même pas expédier ce combat en trois secondes, arcaniste ? - La seule chose à laquelle je pense est la vision de ta tête séparée de ton corps, pourriture... » La cryomancienne expédia alors un coup de genou rageur à l'aide de sa jambe gauche, en visant le ventre, profitant de l'ouverture. La forestière bondit alors en arrière à la dernière seconde, et banda son arc avec une rapidité surprenante. Une flèche noire fonça droit en direction du visage de Chrysta qui croisa ses lames au niveau des genoux, celles-ci laissant échapper leurs auras. Alors, la flèche se heurta à la barrière de givre qui venait tout juste d'apparaître. La réprouvée rengaina alors son arc au dos, manifestement agacée et sortit calmement deux longues dagues, avant d'ajouter, tout en se ruant vers Chrysta. « A nous deux, mage. » Juste avant d'arriver devant la cryomancienne, la réprouvée bondit alors pour tenter de la prendre de vitesse, tout en préparant un coup de pied sauté en direction du menton. Le pied s'auréola de noir, et le coup fit briser la barrière, à la grande surprise de la kaldorei. L'instant d'après, elle fit pivoter son corps dans les airs et essaya d'abattre sa dague droite dans la tempe gauche de son adversaire. Peine perdue, la lame se heurta à l'avant-bras gauche de la kaldorei, qui tenta directement de la faucher durant sa manœuvre aérienne. Hélas, dans une fine brume noire, son adversaire se téléporta deux mètres en arrière. Satisfaite de son esquive, la forestière leva le regard.... pour apercevoir une salve de pics de glace fondre sur elle. Elle exécuta alors un roulé-boulé sur sa gauche pour ensuite se redresser rapidement, en garde. Chrysta marcha lentement en direction de la forestière sombre, la toisant du regard. « Je vais te faire regretter ton arrogance. » Pendant ce temps, Thayssa et son groupe remontèrent jusqu'à la salle de commandement du village. Thayssa pût alors commencer à réellement se rendre compte du carnage. Baignant dans leur sang, elle vit un grand nombre de villageois, hommes, femmes, ainsi que quelques enfants, qui gisaient, ça et là. Quelques réprouvés avaient également rendu leur dernier soupir, leur corps inertes avec une expression figée de douleur sur le visage. Elle se maudissait déjà de ne pas avoir pu intervenir à temps. C'est alors qu'elle vit trois autre réprouvés qui cherchaient à enfoncer la porte de la salle de commandement. « Fauchez-les ! Chaque seconde compte ! » Ce fût la voix de Thayssa qui s'éleva ainsi, déclenchant l'offensive sans attendre. Étant fort heureusement en supériorité numérique, ils purent rapidement en venir à bout. La prêtresse frappe alors à la porte. « Je suis la prêtresse Pleurétoiles ! Ouvrez, s'il y a encore quelqu'un ! La porte s'ouvrit au bout de quelques instants, laissant apparaître deux sentinelles, qui semblaient épuisées. Derrière elles, trois sœurs d'Elune s'affairaient à soigner les blessés dans la partie centrale du bâtiment, tandis que derrière, un des cristaux-portail de Chrysta était encore actif. Thayssa compta cinq sentinelles, et une dizaine de villageois. Parmi les sœurs, la prêtresse reconnût Anaera, une de ses consœurs. Thayssa ne perdit pas un instant. « Le village doit être évacué. Anaera, et vous mes sœurs, aidez tout le monde à franchir le portail pendant que nous vous protégeons, vite ! » Elle se tourna ensuite vers son groupe. « Gardez la porte. Quand tout le monde aura franchi le portail, brûlez les documents et détruisez le cristal ! » Tout le monde s'activa. Trois sentinelles et un mage surveillaient la porte, trois autres sentinelles réunissaient les documents au même endroit, tandis que le reste aidait les blessés à partir... Solan se tenait au lieu du rendez-vous. Durant les quelques minutes qui suivirent son arrivée, il vit deux de ses compagnons venir à lui. Le premier, était un homme bien bâti, affichant une barbe rousse taillée en bouc, vêtu d'une armure mélangeant cuir et mailles, et d'un chapeau tigré de safari, un peu usé. A son dos, était attaché un fusil à longue distance. La seconde était une anachorète draenei dépassant les deux mètres de hauteur, et vêtue d'une lourde armure de plaques bleutée, dont l'apparence faisait penser à celles des élus de Velen. Sa tête et sa chevelure, le tout bleuté, étaient tout ce que l'on pouvait voir du corps de l'anachorète. A sa ceinture trônait une lame cristalline typique. A son dos, un bouclier et un arc long. Le quel'dorei hocha la tête à leur arrivée. « Rymon. Narya. Merci d'avoir fait vite. Je crains que ma sœur soit dans l'urgence. - T'es sûr de ton coup, j'espère ? rétorqua Rymon. Je n'aimerais pas débarquer chez ces beautés elfiques et me retrouver avec des flèches pointées vers nous. - Non, clairement, je suis presque sûr de ce que j'avance. Ne perdons pas plus de temps, j'espère que vous êtes prêts. » Narya et Rymon hochèrent la tête. Solan fit signe à deux de ses prêtres-mages qui ne tardèrent pas à ouvrir un portail. Les trois s'y engouffrèrent sans tarder. Peu à peu, les sentinelles postées au jardin de Chrysta perdaient du terrain, malgré les soins des deux sœurs d'Elune venues en renfort. En effet, davantage d'assaillants furtifs, réprouvés et sin'doreis, venaient renforcer l'assaut. De son côté, Chrysta était toujours aux prises avec la forestière sombre. Elle savait pertinemment que le temps jouait contre elle, et elle voyait bien que la forestière s'efforçait de faire durer ce combat. De plus, Thayssa ne pourrait certainement pas lui venir en aide, car elle avait certainement la horde a repousser de son côté. « Il n'est pas l'heure de rêvasser, arcaniste ! » La réprouvée elfique passait une fois de plus à l'assaut. S'efforçant de garder un minimum de distance, elle avait attrapé de nouveau son arc, et tirait à nouveau une flèche noire en direction du plastron de Chrysta, qui érigea une nouvelle barrière avant de hurler. « Sentinelles, prêtresses ! Franchissez le portail ! Vous avez fait votre possible ! Je le fermerai derrière vous ! » Les kaldoreis grimacèrent, fronçant les sourcils. L'idée d'abandonner Chrysta, quand bien même elle était considérée comme une magistère, ne leur plaisaient guère, mais elles durent se rendre à l'évidence : leur endurance allait flancher d'un moment à l'autre, et plus aucun villageois ne semblait accourir en leur direction. Elles hochèrent la tête puis reculèrent vers le portail, resserrant leur formation. « Vous ne faites que retarder l'inévitable... » C'était la voix grave de la forestière qui se faisait entendre, une nouvelle flèche pointée vers Chrysta. La kaldorei croisa ses lames devant son visage, celles-ci s'illuminant. Une imposante sphère bleutée fît alors son apparition devant celles-ci. Ricanante, la réprouvée décocha sa flèche....qui n'atteignit jamais sa cible. En effet, à ce moment, la cryomancienne décroisa ses lames en avant, projetant la sphère qui se transforma en une bourrasque gelée, dissipant le projectile. La forestière fût ensuite violemment projetée contre un arbre proche. Chrysta ne rua ensuite vers son adversaire, lames brandies, tenant à profiter de cette ouverture. A la dernière seconde, elle sauta en arrière : deux dagues de lancer fusaient vers elle, lancées par deux acolytes de la horde. Les rangs ennemis croissaient encore... « Merde... » cracha-t'elle entre ses dents. » La salle de commandement avait pu enfin être désertée : le groupe de Thayssa ne tarda pas à mettre le feu et à détruire le cristal avant de se replier à l'extérieur, fonçant droit vers le quartier des bêtes. Là encore, le désastre était présent. Des corps de sin'doreis, et de réprouvés gisaient au sol, mais également beaucoup de sabres-de-givre, et quelques-uns de leurs enfants. Cependant, elle vit également une vingtaine de sentinelles montées sur d'autres sabres, qui se battaient de toutes leurs forces face à tout un grand groupe d'assaillants, dans un combat en rang. Elle eût également tout juste le temps de voir les maîtres d'hippogriffes partir à tire-d'aile avec leurs dernières bêtes, des villageois juchés dessus. Hochant la tête, rassurée de voir que certains parviendraient à fuir ce massacre, elle se concentra sur le combat. Elle laissa Meli'Thar former une première ligne avec ses sentinelles, tandis qu'elle en formait une seconde avec le reste de son groupe. Elle encocha ensuite une flèche à son arc, tandis que les mages pointaient leurs bâtons vers les combattants de la horde. Elle haussa la voix, calmement. « Parés ! Visez... ! FEUUUU !!! » Les projectiles volèrent, flèches, comme boules de feu, fonçant vers l'ennemi, abattant quelques adversaires. Ce fût cependant suffisant pour faire basculer le combat en faveur des sentinelles montées. Meli'thar et sa ligne chargèrent ensuite pour leur prêter main-forte. Alors que les rangs ennemis s'éclaircissaient, Thayssa vit à ce moment loin derrière une imposante sabre-de-givre femelle, qui était étalée sur le sol, sans vie, entourée des cadavres de quatre membres de la horde, qui l'avaient très probablement encerclée. Une bête que Thayssa ne connaissait que trop bien, : Sindea, la fidèle amie et monture d'Aesa. Elle laissa son groupe achever ce combat alors qu'elle approcha en vitesse du corps de la bête pour l'inspecter. Sindea avait été éventrée de plusieurs côtés. Thayssa comprit rapidement qu'elle a malgré tout fait payer le prix fort à ses agresseurs avant de succomber à son tour. La prêtresse resta quelques longues secondes en chuchotant une prière avant de finalement prélever un de ses crocs. Cela lui peinait de prendre aussi peu de temps pour honorer Sindea une dernière fois, mais elle ne pouvait se permettre de s'attarder. Elle retourna rapidement auprès de la petite troupe, les enjoignant de se diriger vers le troisième point d'extraction : l'auberge. Solan et ses deux compères posèrent pied après leur téléportation et regardèrent autour d'eux. Ils avaient atterri près d'un cristal dissimulé près d'un buisson et virent nombre de corps elfiques au sol. Ils parlèrent alors à voix basse. « La situation me semble critique, il faut trouver Chrysta au plus vite. - As-tu une idée de la direction à prendre ? » marmonnait Rymon. « En plus, les réprouvés ont l'air d'être nombreux par ici... » - Je sens sa magie un peu plus loin. » Il pointa du doigt en direction de l'ouest. « Tâchons de nous faire discrets. » A ces mots, les deux se tournèrent d'instinct vers Narya et son armure lourde. La draenei se rembrunit légèrement. « Vous ferez avec. » marmonna-t'elle. Les deux hommes soupirèrent, avant que le quel'dorei pose sa main sur le cristal, y projetant une impulsion arcanique, le détruisant ainsi en morceaux. Intrigués mais ne posant pas de question, ses deux compagnons le suivirent quand il reprit la marche. Ils firent à peine une vingtaine de mètres qu'ils tombèrent sur un groupe de sin'doreis et de réprouvés, qui sillonnaient les maisons voisines, probablement à la recherche d'éventuels survivants. Sous la direction de Solan, le groupe se posta dans une maison proche, dans laquelle ils découvrirent une petite famille de trois personnes au sol, toutes égorgées. Alors que les deux hommes guettaient les allée et venues, Narya adressa une prière à voix basse pour les malheureuses victimes. « J'étais loin de me douter que la horde pouvait être capable de tout cela. souffla l'anachorète. Avec une reine banshee, il faut s'attendre à tout. rétorqua Solan mi-voix. Quoiqu'il en soit... » Il s'interrompit. Les agents de la horde semblaient brusquement se diriger vers l'est. « Quelque chose ou quelqu'un semble avoir attiré leur attention. C'est le moment. Attends. rétorqua Narya. S'il s'agissait d'un survivant ? Ma sœur d'abord, désolé Narya. Le temps presse. Et puis.... » Il tend l'oreille. « Non, j'entends des bruits de combat. Ils sont probablement tombés sur un groupe de résistance. Sans tarder, ils se ruèrent en direction de la maison de Chrysta. Solan espérait qu'il n'était pas encore trop tard... Troisième partie : Des conséquences amères. Thayssa et son groupe ne tardèrent heureusement pas à atteindre la dite auberge. Une fois sur place, ils virent une vingtaine d'agents de la horde se ruer sur la dizaine de sentinelles qui gardaient courageusement l'entrée. Nombre de cadavres jonchaient déjà le sol tout autour... « A nous d'abattre le jugement de la déesse sur ces misérables ! Anéantissez-les! » hurla la prêtresse. Comme un seul homme, le groupe fonça sur les assaillants, Meli'thar le premier, contraignant ainsi leurs adversaires de la horde à se défendre sur deux flancs. Thayssa en profita alors pour se ruer vers le groupe de défenseurs, commençant déjà à psalmodier. Faisant appel à Elune, elle parvint rapidement à lancer un sort de robustesse sur ses alliés. Même si les agents ennemis leur opposèrent une défense solide, ils finirent néanmoins par tomber après de longues minutes. Les défenseurs acclamèrent leurs sauveurs, soulagés d'avoir un peu de répit... Avant d'entendre la minute suivante des tambours de guerre. L'armée de la horde était vraisemblablement toute proche et pouvait arriver d'une minute à l'autre ! « Par la déesse... » Thayssa se mit à réfléchir à toute vitesse tout en observant les alentours. Elle ne voyait plus âme qui vive : les villageois restants devaient soit avoir été évacués, soit....avoir rejoint la déesse. Elle observa l'auberge, avant de hurler : « Tous à l'intérieur ! Nous allons nous barricader, et évacuer le village par portail ! » Elle regarda vers l'ouest avec regret, songeant à Chrysta. Elle aurait voulu se rendre à son domicile, mais la horde était désormais trop proche, et elle n'avait aucunement l'intention de sacrifier d'autres vies. Elle espéra simplement qu'elle ait eu le temps de mener sa propre évacuation. Tout le groupe entra dans l'auberge, et s'attela à bloquer la porte avec tout ce qui pouvait tomber sous la main ou presque. A l'intérieur, Thayssa vit un autres des cristaux portails actifs. A côté, elle vit cinq sentinelles blessées en file indienne derrière un villageois, blessé lui aussi, qui s'apprêtait à franchir l'issue pour Darnassus. Un druide à la peau violacée et aux cheveux vers foncés semblait aider les blessés à se déplacer. « Eralian » se mit à dire la prêtresse en s'approchant du druide. « Il est bon de voir que vous avez survécu. - Prêtresse Pleurétoiles » répondit le druide tout en continuant d'aider les blessés à marcher. « Je suis également heureux de vous savoir vivante. Comme vous pouvez le voir, nous avons presque fait partir tout le monde. De plus, nous avons fait passer toutes les fournitures possibles. - J'ai également des blessés avec moi. Aidez-les puis empruntez le portail à votre tour. Vos talents seront certainement requis à Darnassus dans les jours à venir. J'ai encore une dernière chose à faire, avant de partir. - Alors, je vous en prie, faites vite. J'attendrai votre retour parmi nous. » Thayssa hocha la tête, laissant Eralian à sa tâche, avant de se retourner vers son propre groupe et de prendre à nouveau la parole : « Ecoutez bien. Tous les blessés vont suivre Eralian et retourner à Darnassus. J'aimerais ensuite dix volontaires dont un mage pour rester avec moi. Il y a quelque chose que je dois faire avant de retourner à notre cité. » Le groupe de défenseurs observa Thayssa, non sans une certaine surprise dans leur regard. Tous se concertèrent, excepté Meli'Thar qui vint se poster près de la prêtresse, sous le regard approbateur de celle-ci. Après de longues minutes, ce fût quinze sentinelles et deux mages qui se groupèrent devant Thayssa. Les autres passèrent le portail chacun leur tour, en inclinant la tête, bientôt suivis du druide de la branche. « Tout d'abord, brisons ce cristal. » fit-elle d'une voix douce, mais stricte. D'un signe du menton, elle désigna celui-ci tout en regardant un des mages restants. Celui-ci hocha la tête et s'exécuta, réduisant celui-ci en miettes au moyen d'un projectile des arcanes. Elle se tourna ensuite vers l'autre mage, en chuchotant quelques mots. Ce dernier opina et incanta un nouveau portail peu après. Elle se tourna ensuite vers le reste du groupe. « Ecoutez bien. » reprit-elle d'une voix calme. « Je ne compte pas laisser la horde agir impunément dans nos chères forêts. Nous allons nous rendre ailleurs, je vous expliquerai mon plan ensuite. Je remercie chacun d'entre vous de me prêter main-forte. Puisse la déesse nous donner la force. » Tous firent un signe de salut avant que la prêtresse se mit à désigner le portail. Pendant que le groupe commençait à s'y engouffrer, Thayssa fixa la porte barricadée, songeant à Chrysta. « Puisse Elune veiller sur ta sécurité. » se mit-elle à dire en son for intérieur avant de franchir le portail à son tour, suivie des mages, en laissant Flonariel derrière elle, et se jura de faire payer la horde pour ce massacre... A l'ouest, la situation devenait de plus en plus épineuse. Alors que la dernière sentinelle du jardin se tourna pour sauter dans le portail, celle-ci se fit poignarder dans le dos par un des réprouvés qu'elle combattait. Chrysta grimaça en regardant l'infortunée et d'un geste du poignet, fit disparaître le portail qu'elle avait activé auparavant, alors qu'elle reculait avec prudence en direction de son jardin, veillant à maintenir sa barrière de givre active. A présent, elle faisait face à une forestière sombre, ainsi que deux réprouvés qui l'avaient rejointe. De plus, une bonne dizaine de leurs camarades qui combattaient près du portail se tournèrent à leur tour vers la cryomancienne. Chrysta jaugea la situation. Même si sa barrière protectrice était encore là, tiendrait-elle suffisamment le temps que Chrysta emploie une téléportation à plus longue distance ? Là était toute la question... Mais avec une forestière sombre à leur tête, le risque était très grand. Une seule erreur sonnerait probablement le glas de son existence. La forestière sombre la toisa d'un air hautain, un sourire mesquin sur le visage. « Je vais prendre un malin plaisir à te faire souffrir longuement.... A tel point que tu me supplieras de mettre fin à tes jours. - C'est vrai que tu n'as plus que ceci pour te sentir un tant soit peu vivante, ma pauvre. Je compatis. » La kaldorei laissa un léger sourire apparaître sur son visage, alors que la réprouvée la fixa d'un air mauvais, avant de hurler. « Encerclez-la ! » Les réprouvés approchèrent, menaçants. Chrysta souffla alors, et leva ses lames en l'air.... « Je n'ai pas encore dit mon dernier mot... » La forestière sombre fronça les sourcils en sentant une vibration magique dans l'air... De très nombreux petits pieux de givre firent leur apparition devant la cryomancienne, dont les yeux s'étaient auréolés d'une lueur bleu ciel. Celle-ci rabaissa brusquement ses armes, déclenchant son sort. Les pieux se mirent à virevolter de partout à une grande vitesse, tel un véritable blizzard, se mettant à transpercer et lacérer les réprouvés de toutes parts. Seule la forestière eût le temps de se téléporter plus loin derrière un arbre pour éviter le déluge. Quand le sort fût achevé, elle sortit de sa cachette, voyant tous ses alliés au sol, éventrés, inertes. C'est alors que les tambours de guerre de la horde se firent entendre.... « On dirait bien que la victoire va être mienne malgré tous tes efforts.... Quel dommage. » souffla la forestière, souriante. Chrysta ne pût s'empêcher de grimacer. Elle avait raison, et de plus, ses réserves magiques n'étaient pas infinies. Elle vit alors avec horreur six des réprouvés qui commençaient à se relever. L'elfe morte approcha lentement. « A présent, tu es à moi, kaldorei. - Pas si j'ai mon mot à dire. » C'était précisément une voix masculine qui venait de se faire entendre. A peine la forestière regarda sur sa droite qu'un coup de feu se mit à retentir. L'elfe morte eût tout juste le temps de se téléporter alors que la balle particulièrement bien ajustée de Rymon fonçait vers son visage. Narya avança à son tour et leva les bras vers le ciel, imitée par Solan. Les deux firent abattre sur les réprouvés une pluie mélangée de comètes de feu et de lumière, rôtissant les malheureux rescapés. Désormais seule, la forestière n'attendit pas, et disparût derrière les arbres, en hurlant. « Savourez votre pitoyable victoire tant que vous le pouvez ! » Le groupe de Lancevent courut rapidement vers Chrysta. « Hé bah, on s'amuse sans nous maintenant ? » s'exclama Rymon, le sourire aux lèvres. « Content que nous soyions arrivés à temps. Ces barbares ne respectent décidément rien. » se mit à renchérir Narya. « Contente de te revoir également. Vous ne pouviez pas mieux tomber... » souffla Chrysta, tout en reprenant sa respiration, soulagée. Solan prit alors la cryomancienne dans ses bras, avant de faire une rapide accolade, avant d'ajouter. « Ne traînons pas, la horde va arriver d'une minute à l'autre. D'accord, il n'y a plus personne à sauver, de toutes manières, ici. J'espère juste que Thayssa aura pu faire partir tout le monde...» répondit Chrysta tout en hochant la tête. « Faisons un crochet par ma tour et filons, si vous n'y voyez pas d'inconvénient. » Solan hocha la tête à son tour et incanta, enjoignant ses trois compagnons de se tenir la main. Chrysta posa les yeux sur sa demeure une dernière fois, avant que la téléportation ne prenne effet... Épilogue « Très souvent, je repense à cette fameuse période et ces jours paisibles qui coulaient à Flonariel... J'espérais que tout cela dure indéfiniment, et que je puisse vivre une vie de famille en compagnie d'Aesa et d'Ylthael. Je me fourvoyais, hélas. La horde m'a arraché mon nouveau foyer, avant de brûler le symbole même du peuple kaldorei : Teldrassil. Je me souviens encore de ces batailles acharnées en Sombrivage, contre une horde en surnombre, et employant cette fameuse azérite à des fins militaires. Ce minerai qui est censé être le sang d'Azeroth. Je me rappelle tous ces défenseurs tombés au combat, ces anciens coupés en morceaux. Mais plus que tout cela, je me souviens de tous ces cris autour de moi alors que je voyais tout brûler. Je me souviens avoir cherché sans succès ma compagne, et celle que je considérais désormais comme ma fille, en priant pour qu'elles aient eu le temps d'avoir été évacuées ailleurs. Le futur m'aura d'ailleurs heureusement donné raison. Cependant, en revoyant Aesa, Ylthael, et Thayssa, j'ai vu à quel point tout cela les avait profondément marquées, bien plus que moi, qui m'étais éloignée de mon peuple durant une longue période. Thayssa a vu sa fille se sacrifier pour elle, Ylthael a perdu son père, et Aesa a regardé sa sœur mourir au creux de ses bras. De ce point de vue, j'ai été plus que chanceuse... Mon frère s'était lui-même rendu à Darnassus, accompagné d'autres personnes de Lancevent pour aider à soigner les blessés. Je suis presque sûre qu'il a probablement pris la liberté de ramener des réfugiés avec lui, là-bas... Moi-même, j'ai téléporté à Hurlevent autant de personnes que j'ai pu. Mais malgré l'aide de beaucoup d'aventuriers, tout cela n'était jamais assez. Si seulement j'avais compris tout cela plus tôt, j'aurais ordonné aux mages de Flonariel de faire évacuer tout le monde vers Hurlevent dès le début... Teldrassil avait péri, entraînant des centaines voire des milliers de kaldoreis avec lui, et tout cela pour quoi... ? A ce jour, je me demande encore ce que la reine banshee, damnée soit-elle, pouvait avoir en tête. Quel intérêt à relancer une guerre dont personne avait besoin... ? L'alliance comme la horde avait énormément souffert de cette âpre bataille avec la légion ardente, sans parler de cette lame géante plantée en Silithus qui menace l'existence même de notre planète. Je doute de comprendre un jour, mais je sais ce qui doit être fait : Sylvanas Coursevent doit être renvoyée dans le royaume des morts, qu'elle n'aurait jamais dû quitter. Le roi Anduin a décidé d'envahir Lordaeron, dans le but de lui faire payer ses actions. Prions pour que cette entreprise soit couronnée de succès. Un long combat est sur le point de débuter. » Chrysta Glacelune
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