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Minoreva

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  1. Minoreva

    Le Deuil

    On m'a souvent demandé dans mon long parcours ce que cela faisait d'être un mage. Si ce n'était pas compliqué de me lever le matin, sachant que mon café serait déjà préparé par un quelconque artifice magique, que dans le cas d'une flemme intense, aucun effort supplémentaire ne me soit demandé et que l'objet vienne à moi sans que mon dos fragile n'en subisse les conséquences. Tout le monde aimerait disposer des capacités d'un mage, d'un sorcier, d'un prêtre. Tout le monde aimerait faire partie de l'élite de la nation. Après tout, qui voudrait d'une vie entière passée à être paysan, le frisson de l'aventure, de la découverte, celle d'un mage chercheur, qui n'en voudrait pas ? J'ai longtemps pensé au cours de ma vie que les études scientifiques et magiques étaient un moyen d'obtenir absolument tout ce que je pouvais désirer. Que ce soit dans un présent immédiat ou dans un avenir incertain. La conjecture était simple, disposer de savoir octroyait du pouvoir. Le pouvoir des responsabilités et ces dernières des salaires particulièrement effrayants pour le bas peuple. Oui, ceux-là, les gueux qui ne touchent pas plus d'une pièce d'argent de l'heure. Que dis-je, voire même la pièce de cuivre ! En voyant père aussi triste, aussi plat, il y avait de quoi douter de ces hypothèses. L'ignorance et la jeunesse vous fait penser n'importe quoi, vous fait désirer n'importe quoi. Comme une épée de damoclès invisible, le savoir est le lourd fardeau qu'un mage doit porter. Tout le malheur de la connaissance viendra vous accabler à mesure que vous découvrez. Chaque homme qui n'a de connu et de su que le bout de son champ n'entend pas les menaces qui se profilent dans le cœur de la forêt, il n'y a que le chasseur qui lui, sait. A l'inverse, qui de mieux que le fermier aguerri pour témoigner du terrible insecte destructeur de blé, coûtant au royaume un risque de famine. Et finalement, qui de mieux que l'Erudit qui lui sait tout cela pour être coincé dans cette triste balance à chercher et à comprendre. A la fois chasseur et fermier dans la compréhension, il envisagera tout mal, toute réussite. Peut-on alors quantifier à partir de quand ce savoir devient heureux, quand est-ce qu'il devient mauvais ? La mort s'envisage comme une fin propre dans de nombreuses cultures. Qu'adviendrait-il si elle n'était alors plus qu'une peine profonde, sa compréhension modifiée par le savoir. Et si tout ce qu'on vous racontait depuis votre tendre enfance, un mage l'avait imaginé pour vous écarter de ce triste monde qui vous entoure ? Est-ce que le paladin est si gentil sous cette capuche ? Pourquoi les femmes ont-elles peur de lui lorsqu'il sort tard le soir de la chapelle ? Pourquoi est-il interdit de lancer certains sorts ? La nécromancie est-elle si terrible ? Pourquoi Minoreva n'a pas le droit d'être avec les autres enfants ? J'aimerais tellement avoir des réponses à tous les maux du monde. J'aimerais tellement avoir les épaules assez large pour accueillir dans mes bras chaque orphelin de la guerre. Avoir assez de force pour tenir tête aux plus bellicistes d'entre nous. J'aimerais être un homme simple, un homme bête. J'aimerais ne pas avoir perdu cet être qui m'était si cher, cet être qui ne me sera jamais rendu, qui ne trouvera ni la paix, ni l'honneur d'une mort propre. J'aimerais qu'on répare mon cœur, qu'on soigne mon corps et qu'on apaise mon âme. J'aimerais tellement qu'on me rende ma mère.
  2. Le monde entier s’amassait autour des dernières découvertes produites sur l’Azérite, pas un seul homme n’ignorait désormais les capacités formidables venant du sang immaculé qui se cristallisait un peu partout à la surface d’Azeroth. Ma femme, Riona Aernia, avait elle été mobilisée par l’arm´ee pour ses aptitudes. De l’assassinat, de l’éclairage, qu’en sais-je. Je n’ai jamais été un militaire de quelque manière que ce soit. Tout ce que j’ai fait à la surface de ce monde, je l’ai fait pour le bien commun. Était-ce si dur de fabriquer autre chose que malheur, souffrance et mort à la surface d’Azeroth ? Pendant que tout être se remettait profondément en question sur sa volonté de survivre en ces temps troubles, que dans les coulisses du monde se tramaient d’ores et déjà les plans les plus machiavéliques pour arriver à bout du camp adverse, je me retrouvais à passer un agréable moment à la maison. Cette tasse de café m’attendait toujours lorsque je passais le seuil de ma porte, la demeure familiale des Gloran. De mémoire d’homme, cette bâtisse a toujours été présente. Qui sait ce qu’il se cachait véritablement dans mon héritage familial et en fin de compte, était-ce vraiment important alors que nous nous trouvions à la frontière de la fin du monde ? Cet arôme fort empestait dans le salon, comme une supplique, le plus novice des consommateurs se retrouverait facilement assommé par la force de l’odeur de café noir qui flottait dans l’air de cette vieille maison. Cette atmosphère âcre et immobile laissait se faufiler une petite touche acide qui se diffusaient autour du verger de la demeure, un bon lot de pommiers eux aussi ayant vécu la troisième guerre, au moins. Le bois craquait sous chacun de mes pas bien que ma carcasse frêle n’a jamais pu bénéficier du physique que beaucoup de femmes envieraient, ponctuant le silence de mort dont aucun homme saint ne voudrait voir durer aussi longtemps d’un grincement alors que le fessier plat que je haïssais se posa sur une chaise quant à elle millénaire. Le mage rachitique, fragile, bu enfin une gorgée de son nectar énergétique, de son café. Voilà qui est vraiment Minoreva Doux-Matin. Je contemplais le tableau de ma mère une dernière fois dans cet instant qui commençait à durer une éternité. Ce visage figé sur toile était le dernier témoignage de ce qui fut la personne la plus délicate de cette triste terre. C’est à se demander si tant d’histoires à son propos pouvaient toutes être vraies. « Quand est-ce que tout cela va prendre fin, maman ? Je suis fatigué de voir la création se mener perpétuellement à la destruction... Tu disais qu’on pouvait apporter quelque chose dans ce monde. Et que puis-je y faire ? Je n’ai jamais su réellement me battre. Prendre des vies me rend malade, tous leurs visages me hantent sans cesse... Un sourire, l’espoir, c’est tout ce dont il a besoin ce monde. Malgré tout ce qu’on a fait, il n’y a plus que ça. Ces gens qui meurent. Sans cesse... Comment faisais-tu pour encore illuminer le visage de ton enfant quand ton esprit était harcelé par les cris de toutes ces victimes en sachant que tu n’y pouvais rien ? » Mon bras tenant la tasse vint se lâcher lourdement sur l’accoudoir du siège, le liquide noir quant à lui s’écrasa contre les parois de ma tasse dans une vague scélérate sans précédent, de quoi tâcher le sol d’au moins quelques gouttes et ce sous mon observation passive et lascive. Un soupir ardent remonta de mes poumons, brûlant chaque centimètre de mes organes d’un feu qui me rongeait, de la honte de ne pas pouvoir agir. « Elle s’était faite à l’idée de te voir grandir, lança Jake, mon père. – Arrête un peu avec tes discours pompeux. Elle ne m’a pas vu grandir. Elle n’a pu profiter d’aucun moment avec moi. Elle le savait et j’en suis certain, ce n’est pas comme si vous n’aviez pas envisagé cette éventualité, `a vous deux, gardiens du temps que vous êtes ? rétorquai-je d’un ton incisif – Tu ne décides d’ouvrir les yeux qu’à ce qu’il y a de pire dans ce monde. Tu sais plus que quiconque qu’elle ne voudrait pas te voir dans cet état, petit brin d'orge. Tu as toujours été d’un pessimisme terrible depuis le jour de sa disparition, tu es toi même artisan de ta souffrance, répondit-il simplement, allant se poster devant moi » Ce grand homme au physique atypique qu’était mon père se figea dans son expression neutre à en tuer les émotions elles mêmes, ce vieux rouquin à la barbe touffue posa ses yeux aux pupilles azurées sur moi. Bien qu’il n’était pas connu pour être le plus expressif des hommes, je vis la souffrance qu’était la sienne dans ce regard peiné. Même pour lui, l'homme au cœur de pierre, parler de la femme qu’il avait perdu demeurait difficile. Sa main vint se poser sur mon épaule alors qu’il passa dans mon dos, s’orientant vers son bureau en entamant une marche lente. Seulement interrompue le temps de susurrer à mon oreille ses dernières paroles. « Le monde est ainsi fait. Quand tu accepteras que tu perdras tous ceux que tu aimes. Que tu seras le seul survivant à cette sombre histoire. Il est plus aisé de se faire à l’idée d’un futur certain qu’à une infinité de souffrances plus vives encore, vint-il argumenter dans un ton qui ne lui ressemblait pas. Presque triste, Ou bien tu fais le choix de ta mère, aussi longtemps que tu vivras, tu entretiendras la lumière qu’elle percevait en chacun de nous, comme tu l’as fait avec ta femme. Pour beaucoup, elle ne mériterait que la potence. Cependant tu es là, tu sais très bien qu’elle n’est pas le monstre que tout le monde se plait à pointer du doigt, n'est-ce pas ? Pour qu’une étoile brille, il faut bien plus qu’une lueur vive. C’est une infinité de petites lucioles qui font le cœur ardent d’un astre. Tu sais maintenant quel était ce malin génie qui me harcelait lorsque tu es né, crois-tu que notre rôle est vraiment de voir le monde se flétrir et disparaître sous notre regard endolori par les âges ? D’être le spectateur inerte du destin ? conclut-il sur cette question » Il disparu aussitôt sa tirade finie, me laissant dans un songe profond pour chacune de ses questions. Je vins déposer le café sur la table du salon en me redressant. Chaque fibre musculaire de mon corps, parcourue par la mana, vint à se contracter. Il n’était pas question que je laisse s’éteindre l’étoile de ma vie. Il était hors de question de laisser une n-ième guerre attenter à la sécurité de ma famille. Je me redresserai d’un bond, ma main se jetant contre le bâton de notre famille : Araeth. Sa voix hautaine vint alors harceler mon esprit pour me motiver, lui aussi, création arcanique, avait compris. Nous partions en guerre, pour protéger ce qui nous était cher. Pour protéger notre famille. Nul besoin de devenir un tueur pour sauver des vies. Et d’un geste désormais presque dérisoire tant les sorts m'étaient familiers, dressant l’allure d’un combat à venir au fil de mes incantations, faisant s’accélérer les battements de mon cœur, faisant émerger dans le creux de ma main quantité d’énergie jusqu’à tordre l’espace et le temps pour me faire émerger. Lordaeron. Le jeune Roi. La guerre [NB] Petit récit, je me remet à l'écriture. Thanks Finishiasse pour m'avoir donné envie d'écrire, ça faisait longtemps que j'avais pas fait ça.
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