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Sanctuaire Alliance

  1. Quoi de neuf dans ce projet
  2. Maison Blanchécume Description Dirigeant actuel : Gervas Blanchécume Membres de la maison et rôle : Génération la plus ancienne Griselda : Mère de Gervas, Harlan et Rosaline, Griselda est la plus ancienne de la famille. Son mari est mort plusieurs années auparavant lorsque son navire, le Foudroyant, a été coulé par les Gueules de Dragon. Remplaçant sa bru, elle gère l’intendance et la domesticité de la demeure de son fils aîné, Gervas. Génération intermédiaire Gervas : Gervas est le dirigeant de la maison Blanchécume. Il est le père d’Alvin, Sibyl et Lilith, qu’il élève avec les conseils de Griselda depuis la mort brutale de son épouse, Athénaïs. Il s’occupe de son domaine avec l’aide de son fils aîné. Harlan : Harlan est un eaugure. Conseillé spirituel de la famille, il est également fortement engagé au sein de sa communauté. Il est régulièrement en mission sur les navires de l’amirauté. Il semble cependant avoir relativement changé ces derniers temps et, malgré la fin de la menace K’thir, il reste encore cloîtré. Rosaline : Épouse de Mortimer de Trincadour, elle s’occupe de l’économie domestique du manoir de son mari et du domaine alentours qui se trouve dans la campagne de Chantorage. Elle veille également à l’éducation de ses enfants. Mortimer de Trincadour : Pièce rapportée de la maison Blanchécume, Mortimer de Trincadour est un membre de la petite noblesse. Il travaille pour l’administration de l’amirauté en tant que membre de l’intendance de la flotte. Jeune génération Alvin : Fils aîné de Gervas et Athénaïs, Avlin est l’héritier des Blanchécume. Il seconde son père dans toutes ses affaires. Sibyl : Sibyl, fille cadette de Gervas et d’Athénaïs, doit pour l’heure assurer la surveillance de sa petite sœur. Elle prête parfois conseil à son frère Alvin et à son père lors de la gestion des affaires familiales. Lilith : Lilith est la plus jeune fille de Gervas et Athénaïs. Âgée de 14 ans, elle n’a pas encore fait son entrée dans le monde. Elle doit étudier à l’académie. Terrance : Fils aîné de Mortimer de Trincadour et de Rosaline, Terrance a étudié à l’académie des Portvaillants Son père lui a trouvé une place dans la gestion des chantiers navals de l’amirauté mais il est de notoriété publique que ce poste ne lui plaît pas. Margaux : Margaux est la fille cadette de Mortimer de Trincadour et de Rosaline. Elle est actuellement en passe de finir sa formation d’eaugure et poursuit son initiation malgré les récents évènements liés au séminaire. Lynn : Plus jeune fils de Mortimer de Trincadour et de Rosaline, Lynn n’a pas encore fait son entrée dans le monde et les études qu’il doit faire ne sont pas encore prévues. Allégeance de la Maison : Maison Chantorage Vassaux : Familles Soufflesoir et Tisseflot Domaine et résidences Domaine L’île de Chassemarée est le lieu de résidence de la famille Blanchécume. Elle y possède une demeure relativement modeste. On y trouve également un petit village ainsi que quelques champs. La seigneurie est composée de deux autres îlots (l’île de Perlebrume et celle de Flots-de-Garenne) qui sont gérés respectivement par la famille Soufflesoir et Tisseflot. Résidence de Boralus La maison Blanchécume possède une résidence modeste dans le haut-quartier de Boralus. Peu utilisée, elle n’est pas vraiment entretenue. Elle servait autrefois lors des voyages à Boralus où la famille restait parfois plusieurs semaines/mois mais cela fait bien longtemps que personne ne s’est rendu de façon durable à la capitale. Sibyl et Lilith ont prévu de la restaurer quand elles viendront à Boralus. Réputations Financière et commerciale La maison Blanchécume est connue pour ses élevages de moutons et sa culture de lin. Ces deux ressources lui permettent de fournir des étoffes de qualité au reste de Kul Tiras. Ces tissus servent à faire des vêtements mais également à tisser les voiles des navires. Les graines de lin sont également commercialisées pour en faire de l’huile ou pour les utiliser en cuisine. Des ruches sont également installées sur les hauteurs et produisent du miel de bonne qualité. La qualité et la quantité de ressources produites déclinaient depuis plusieurs années mais elles semblent repartir à la hausse depuis peu. Si ces ressources se vendent bien, elles ne sont cependant pas porteuses de richesse. La famille Blanchécume n’est pas dans le besoin mais elle n’est pas riche pour autant. Le moindre incident pourrait déstabiliser ce fragile équilibre. Les récents évènements en Chantorage semblent pour le moment épargner le domaine mais l’aide monétaire fournie par la famille aux armées de l’Amirauté s’avère déjà être un poids difficile à supporter. Militaire La maison Blanchécume est présente, bien que secondaire, dans les évènements militaires passés. Ce n’est cependant plus le cas de nos jours : Archibald Blanchécume, ancien dirigeant de la famille, est le dernier à avoir été soldat pour l’amirauté. Son fils Harlan sert lui aussi l’amirauté mais au titre d’eaugure uniquement. Malgré tout, Lilith Blanchécume, fille benjamine de Gervas, souhaite étudier à l’académie Portvaillant ce qui renouerait les liens de la famille avec les arts militaires. Faits connus/rumeurs Gervas Blanchécume n’est pas paru à la cour depuis la mort de sa femme, il y a un peu moins de dix ans. On raconte qu’il serait encore très affecté par celle-ci. Sibyl Blanchécume, fille cadette de Gervas et d’Athénaïs, a été blessée par un ours durant son adolescence. Elle est désormais incapable de marcher correctement sans une armature qui soutient son mollet. De ce fait, elle est vue comme immariable par le reste de la famille et est donc mise à l’écart. Sa mère s’était déjà opposée à ce qu’elle rentre à l’académie, malgré la volonté des autres membres de la famille, ce qui avait déjà froissé ces derniers à son égard. Terrance de Trincadour serait un amateur de boisson et de femmes. Aucune preuve n’existe cependant pour étayer cette rumeur. Trivia et HRP Sources - Sources des images : Alvin : Daily studies3 - Tatyana Latypova Archibald : The Portrait of Sir Isaac Newton - Isis Sousa Athénaïs : Daily sketches - Eleni Tsami Griselda : All that she has - Howard Lyon Gervas : Aventurische Namen - Dark Eye Cover – LuisaPreissler Harlan : Captain Golden Heart – Sharandula Lilith : Sybil - June Jenssen Lynn : Portrait of Raymond P. Johnson-Ferguson - Philipp Alexius de Laszlo – 1923 Margaux : Commission - Rosemary - Shade-of-Stars Mortimer : Bioshock-Infinite - West Studio Rosaline : Reg – Vargasni Sibyl : Dirae - Victoria - Serge Birault Terrance : Cord Sullivan - Gerry Arthur - Le blason des Blanchécume représente un palefroi Quel’dorei entouré d’une couronne d’abeilles. Il est inspiré du blason de la famille « Leprince de Clairsigny », située dans le Maine selon les armoriaux. Annonces La maison recrute toute sorte de personnel (Sibyl ou Anthracite#1848 sur discord).
  3. Maison Ruisseval Propos liminaire : Si l’on sait la maison Ruisseval exister depuis des générations, sa discrétion et plus particulièrement ses récents clivages méritent de soulever plusieurs interrogations. Profitant d’une réputation locale, elle s’est, depuis sa création, distinguée d’une autarcie presque maladive. S’il était possible de voir quelques chasseurs et cueilleurs arpenter le terrain de chasse de la maison éponyme et sa propriété adjacente, les activités de la maisonnée ne s’illustraient que rarement plus. Cloîtrée dans un hameau dont une historique tour de bois le surplombe, le lieu est au cœur de mystères et de tractations proférées depuis les lèvres des plus superstitieux. Depuis des années insidieuse, la marque du Sabbat ayant griffonné Drustvar a emporté bon nombre d'habitants protégés par la bannière de la famille. Si la région retrouve désormais ses couleurs et se couvre d'espoir, la maison reprend peu à peu ses activités, arguant autour d'une cohésion sans faille pour le bien commun de Drustvar, car aucun ne saurait douter de la nécessité d'une telle mise en œuvre. Modeste ébauche de la maison : Famille de tanneurs, de chasseurs, de cueilleurs, d'agriculteurs et de bûcherons, ce qui compose le cercle qui gravite autour de la maisonnée saurait presque prendre le nom de cénacle. La cohésion d'un lien antique établi entre tout un chacun au sein de la Propriété Ruisseval font que nul ne peut se rappeler d'où prend place le nom de la maison. L'on dit que le domaine surplombant un immense monticule rocheux qui se place en amont d'un ruisseau saisit son appellation éponyme d'ici. Quant à d'autres, ce ne serait qu'une famille noble dont les ancêtres auraient concédé leur nom au lieu, comme beaucoup. De l'extérieur, il semble en tout premier lieu difficile de percer de tels engrenages, les membres mêmes de la famille n'étant pas tous connus au sein de la région. La maison n'aspire ni à revendiquer de nouvelles terres ni à élever sa popularité, se souhaitant en tout point discrète. Quelques archives datant d'une vingtaine d'années relatent bien d'un passé légèrement sulfureux où la famille se livrait autrefois à des exercices militaires dans les forêts insidieuses de Drustvar, prônant la dissuasion sous couvert de camouflage, mais rien de comparable en ces nouveaux jours où la famille eût droit à différents changements dogmatiques. Les Ruisseval jouissent d'une parfaite réputation en ce qui concerne leurs aptitudes en terrains sylvestres par la grâce de forestiers chevronnés, se distinguant aisément dans la chasse et la création de denrées alimentaires, subventionnant depuis toujours aux besoins des leurs. De plus, ils démontrent leurs talents d'ouvriers par un ordre d'artisans, villageois expérimentés dans de la manufacture de toute pièces. Ce même consortium d'ouvriers est réputé pour avoir œuvré à la création de la plupart des charpentes et murs qui ornementent les habitations du hameau et de la Propriété Ruisseval. Si le nombre d'ouvriers capables a fortement diminué depuis les horreurs commises par le Sabbat Malecarde, nous comptons toujours une poignée d'hommes à même de réaliser de tels travaux. Le tannage du cuir est, entre autres, l'une des plus grandes fiertés de la maisonnée. Les fourrures et tenues produites par la maison se constituent souvent en de véritables réussites, alliant confort et efficacité. Au travers du voile de mystère de la tour : Le lieu de régence du hameau Ruisseval est une curieuse tour qui prend place contre l'écueil d'une montagne. Fardée d'intrigues mystérieuses, la demeure -- elle-même calligraphiée sur l'emblème -- représente depuis toujours la famille. Si un élément dénote de la discrétion de ses membres, c'est bien celui-ci. Parangon d'une architecture impressionnante, l'armature de la tour laisse à tout un chacun le loisir de distinguer les différentes strates laissées par l'histoire du lieu. Si l'on conserve un regard plus attentif sur le reste du noble domaine, il nous vient rapidement à portée que les autres masures du hameau se sont constituées près de la tour pour parfaitement la ceindre, ce qui renforce la conviction de l'ancrage générationnel des Ruisseval à cette région. Enfin, selon les dires de la régente des lieux, celle-ci se plaît à considérer cette tour comme l'un de ses plus précieux trésors, l'évoquant toujours avec une pointe d'émotion et de tendresse dans la voix. Si l'intérieur de la bâtisse reste inconnu de tous, la chose attire à part égale facéties et convoitises. Ci-dessous un croquis de la tour réalisé par un calligraphe du hameau : Précis des forces martiales et financières : L'on ne distingue aucune troupe affrétée à la possibilité d'un réel combat si ce n'est des forestiers sachant officier en pleine forêt. Quelques gardes et chasseurs arpentent parfois le terrain de chasse mais la maison est loin de pouvoir justifier la levée d'une quelconque armée. Sa renommée martiale est donc quasi-inexistante, si ce n'est nulle. À défaut de posséder uniquement quelques forestiers et gardes pour assurer le bon fonctionnement des lieux, la maison s'illustre par un potentiel économique certain. Forte d'échanges de denrées alimentaires et de biens de consommations essentielles à la vie en Drustvar avec les natifs, la réputation de la famille précède son aménité. Des rumeurs laissent entendre qu'on distingue des prix au rabais pour les régionaux et ceux venant en aide à l'effort commun. Souvent, les échanges commerciaux font état de trocs bien plus que de réels achats, et pourtant la maison tient toujours cap. Si sa réelle position pécuniaire est tenue secrète, il ne fait nul doute que leurs réserves sont intermédiaires. S'il n'y a pas de quoi s'offrir des fastes ruisselants de lumières, il n'est pourtant pas question de faillite. Précis de la vassalité envers la maison Tertrebois : Désireuse de rejoindre l'égide d'une maison qui partage une idéologie fondée sur le lien et l'espoir, la maison Ruisseval a juré allégeance à la Maison Tertrebois. La cooccurrence de leurs activités respectives et la proximité de leurs domaines permettent à ces maisons un fantastique travail de concert, les Ruisseval s'engageant dès lors à subvenir aux besoins de sa maison-lige en cas de nécessité. Un tel choix de prime abord critiqué pour son manque d'ambition a été vite accepté par les habitants de Ruisseval, les artisans capables ayant eux-même oeuvrés à la création d'une statue de cerf offerte à la maison Tertrebois en guise de loyauté. Dernièrement, la nouvelle régente de la maison, Ariane de Ruisseval, s'est illustrée par son concours apporté envers les différents membres de la noble famille. Les plus mauvaises langues de la Propriété se plaisent à dire qu'ils observent bien plus leur dame chez les Tertrebois plutôt qu'avec les siens, soulevant quelques rumeurs de plus alors que certaines boutades de ce même genre laissent libre cours à l'imagination des plus fantaisistes. Pour l'immense majorité des autres, la cohésion formée par les nouvelles méthodes de la régence de la dame du ruisseau et le lien qui les unit aux Tertrebois n'est qu'un pas de plus vers une prospérité certaine. Ci-dessous la représentation construite d'Athair, statue de cerf offerte à la Maison Tertrebois par les artisans de la propriété Ruisseval. : Ariane de Ruisseval, séide au cœur dévoué : Actuellement régente de la noble famille, celle que l'on surnomme à bon entendeur la dame du ruisseau porte avec elle un titre aussi lunatique que véritable. Jeune femme de vingt-six années, elle transporte tous les espoirs de la maison tandis que la dévotion envers les siens et envers ses idéaux forment un véritable fer de lance dont elle brandit l'étendard avec fierté et honneur. Fille de Thomasin de Ruisseval, père acariâtre dont les mœurs étaient en totale contradiction avec l'esprit de sa fille et de la maison, elle aspire à rétablir le lien des siens étiolé par les manœuvres de ses prédécesseurs et du Sabbat Malecarde. Grande passionnée, l'esprit de la demoiselle est aussi fantaisiste qu'intellectuel. Récipiendaire d'une formation de médecine à l'Académie Portvaillant, son dogme idéaliste fût galvanisé par le bien commun et l'unité promulgués par ses instructeurs. Doctoresse de guerre accomplie, elle applique avec plaisir tout l'art de son travail à qui le nécessite. De plus, la demoiselle pratique le maniement de l'arc depuis ses quatorze ans, étant devenue par le biais du cadre que lui offre son domaine une forestière aguerrie. Quoique isolationniste, beaucoup dressent le portrait d'une dame aux premiers abords réservée. Elle a pour curieuse habitude de se tenir sur les seuils et de ne presque jamais s'en dérober, n'exprimant que très peu de mots en présence d'un nombre important de personnes. Plus curieux encore, la femme semble apprécier les discussions philosophiques et spirituelles, déployant une certaine verve dès qu'elle obtient l'opportunité de parler en comité restreint. Très analytique, il est terriblement rare qu'un mot dressé de ses lèvres dépasse l'autre, sauf si la dame vient à perdre ses moyens. Inhibée, la dame abhorre toujours le fait de déranger, restant alors à l'instar de sa maison : discrète. Tout symbolisme reste cependant sacré pour la dame, il lui sera presque impossible d'entraver les mœurs de sa morale édictée par les besoins de son cœur. Si les natifs sont habitués à une personnalité si atypique, il se peut qu'elle puisse paraître dégradante aux yeux des plus mondains. Ne suffit-il pourtant que d'une seule discussion en face à face avec la dame pour ôter le rideau qui voile ses mystères. Paysanne agreste ou délicate intellectuelle, le plaisir d'en juger tient à ceux qui la découvrent. Ci-dessous la dame du ruisseau en tenue de forestière, arborant avec elle l'arc de Kasper Tertrebois. Le Fil d'Ariane Préambule : Chers lecteurs, chers lectrices. Vous tenez entre vos mains le compendieux de récits relatant certains de mes souvenirs les plus importants. Ce sont ces mêmes souvenirs qui ont fait de moi la femme que je suis aujourd'hui et qui ont conditionné les idéaux auxquels j'aspire. Cet ouvrage ne porte aucune prétendue littéraire en lui, et pour cause ai-je seulement argumenté mes mots avec des émotions et nullement par de belles fioritures. Si je ne dispose d'aucune qualification pour prétendre à vous satisfaire convenablement, j'espère néanmoins que la mise à l’œuvre de ce qui m'est chère saura trouver son écho en vous. Cheminement : « Un. Deux. Trois. Quatre ! Un. Deux. Trois. Quatre ! » J’ai encore souvenir de ce décompte, et si je me dois de commencer quelque part, c’est bien par ici. J’étais une enfant naïve et frêle. À cette époque, ma candeur ne connaissait que ma curiosité comme seule égale. L’on me sommait souvent de rester au domaine, mais comment le pouvais-je, après tout ? Des montagnes chantantes de Drustvar jusqu’à la moindre de ses forêts sinueuses, j’avais tant à découvrir par-delà la tour ! Laisser mon esprit s’élancer à quelques rêveries par la fenêtre n’était plus permis, et qu’importe l’avis de mes parents. La première chose se disposant à mes yeux d’enfant était ce ruisseau en contrebas du massif d’où le hameau de Ruisseval régnait. Le lac se dessinait à même le flanc du monticule de roche qui protège notre demeure. À sa gauche, une cascade s’érigeait maîtresse des lieux. Celle-ci constituait le lit du fleuve alors qu’elle prenait d’elle-même sa source en une grotte creusée à l’intérieur de la montagne qui supporte le Mont Cortis. Et puis, au fil du ruissellement, s’élancent des cascatelles qui achèvent leur course dans une magnifique embouchure. D’Havrebrune au Port du Désosseur, ce cours d’eau rejoint la mer de Drustvar sans faiblir. Jeune comme adulte, ainsi me suis-je souvent rendue devant ce ruisseau, et en y repensant, la certitude de notre nom provient d’ici. Jeunotte, je n’avais de cesse d’y jouer, suivant son affluent au fil mon imagination débordante. Parfois, je me plaisais à être l’un de ces faucons blancs que l’on trouve au large de la Ferté-d’Arom, et puis d’autres fois, je n’étais que moi-même, une enfant égarée à qui la vie ouvrait les bras. « Un. Deux. Trois. Quatre ! Un. Deux. Trois. Quatre ! » Je sautillais d’une pierre de gué à une autre au fil de la rivière. Rejoindre l’extrémité de la rive par le chemin de terre ? Il en était hors de question ! Je maintenais mon équilibre de mes deux bras en chantonnant mes chiffres et en bravant tout interdit. Les forestiers, bien trop occupés à défricher les territoires adjacents au terrain de chasse, n’étaient pas à même de me surveiller. Quant aux tanneurs et aux artisans, ils avaient eux aussi trop à faire. En ce lieu si proche de ma demeure, il n’y avait que moi et mon imagination délurée se dérobant à certains onirismes. Des mois durant, j’échappais à mes obligations didactiques pour retrouver ce jeune bout de mer. Et puis, le soir venu, sonnait le temps de certaines convivialités pour les uns puis d’une réprimande nerveuse de Mère pour moi-même. Pouvais-je la comprendre ? Lors de mes incartades, je ne fis même pas l’effort d’essayer, à vrai dire. Je n’avais que ce ruisseau en tête et les remontrances de Mère n’étaient pas capables de m’ôter sa pensée. Pourtant, elle souhaitait sans nul doute mon bien. « Ariane, tu devrais prendre garde. Ton père sera certainement plus intransigeant que je ne le suis avec toi. » Cette injonction provenait de Solène, ma chère mère. Encore aujourd’hui, son heureux souvenir fait vaciller ma plume. Tamisée par l’oriel de notre imposante tour de pierre, elle resplendissait d’une tête entière face à moi, s’exprimant d’une voix fluette. Quand vint le soir, elle revêtait habituellement une robe de cuir champêtre cernée de motifs sylvains et d’ornements sauvages évoquant quelques traditions oubliées. Fleuron d’une étiquette désormais déchue et d’une vertu meurtrie, longtemps a-t-on eu, au sein même de Ruisseval, l’image de Solène arpentant les lieux de toute sa douceur alors que même sa chevelure d’une cascade d’auburn épousait le feuillage de la cime des arbres. De souvenir, sa légèreté n’avait d’égal que sa prestance. Qu’avais-je alors répondu ce soir-là ? Probablement quelque chose de tout à fait indigent, une incartade emplie d’immaturité et de candeur, si bien que je n’en ai plus le souvenir. Contournant sans cesse les avertissements de ma marâtre pour rejoindre le fil de mon fantastique ruisseau, je quittais inlassablement ma demeure pour suivre le sentier qui contournait le monticule de roche, empruntant la piste de feuillages jusqu’à sortir de la petite colline pour m’y retrouver, et de fil en aiguille, je le suivais de plus en plus loin, me distinguant par mes absences toujours plus fréquentes. Un des villageois qui venait souvent rendre hommage aux premières lueurs de Drustvar aux abords du ruisseau me surnommait l’Arpenteuse, se riant de ma jobardise comme lui-même se plaisait à le dire. Pourtant, il vint un jour où la réalité vint se rappeler à mon bon souvenir. M’échappant une énième fois à l’agonie des lueurs vespérales, j’ai suivi le ruisseau en m’égarant jusqu’aux cavernes de la passe Nord, j’y ai été attirée par un chevreuil qui rodait aux alentours de l’embouchure d’une autre cascade. L’animal, en percevant ma présence, vint rapidement se délester de la scène pour m’y laisser m’en approcher. Je marchais en tâtonnant les quelques arbustes qui s’offraient à moi, tentant de traverser le manteau démesuré de la nuit. Le ciel, déchiré par la température provenant des vents imperceptibles des montagnes et sa noirceur d’encre, écrasait la caverne sinueuse devant laquelle l’animal avait cessé sa course. Prise d’une curiosité véhémente, j’eus pressé le pas en direction de la cavité. Dès lors le palier atteint, j’y ai vu deux pierres, semblables à de magnifiques fruits d’un rouge vermeil. J’étais suffisamment proche pour que la lune puisse me ceindre de sa lumière, sa lueur faisant céder les reflets obombrés du pourtour. J’étais fascinée par la couleur de ces comestibles que je n’étais pourtant pas capable de décrire ; étaient-ils vraiment des fruits, après tout ? Ils paraissaient d’une rondeur surnaturelle et l’éclat écarlate que la lune venait trahir était séant à leur forme. D’une innocence mal avisée, je me suis approchée de ceux-ci en vue de les saisir, et juste après avoir déposé mes mains sur ces joyaux, un hurlement impromptu vint interrompre ma candeur. Alors que les ténèbres balafraient l’origine du rugissement, les échos du hurlement s’engouffraient dans les contours de la grotte. Mes reliques en main, j’ai dévalé du présentoir de pierre jusqu’à la sortie en toute hâte, fendant l’air de la forêt et ses chemins sinueux, serrant en mon sein mes précieuses trouvailles. Alors que j’avais à peine franchi le seuil du ruisseau, l’animal s’exprimait de sa toute-puissance, dévalant de la grotte avec une rage vorace. C’était un ours d’une grandeur inconcevable et d’une rapidité tout aussi irréelle, mû sans nul doute par une quelconque rage à laquelle j’aurai eu, en temps normal, tout le loisir de compatir. J’aurais eu alors conscience, face à une telle effervescence que ces choses devaient être en réalité la possession la plus précieuse qui lui eut été, sans pouvoir néanmoins l’expliquer. Je me suis cependant mise à courir et à courir plus vite encore ! Il m’était impensable d’abandonner ces deux trésors. Tandis que le clair de lune illuminait la stature de l’ours, je pouvais observer son ombre se rapprocher pour se confondre avec la mienne. Tâtonnant de mon mieux mes repères au sein de cette forêt, j’avais malheureusement déjà perdu la route me menant à la maison, mais je ne fis que courir, pensant uniquement à m’enfuir. La créature, de plus en plus proche, n’avait probablement qu’une hâte ; récupérer ses biens. Quelques pas plus tard, alors que l’impossible s’invita sur moi, foudroyant ma terrible curiosité de tout son hasard, je me recroquevillai et criai, puis vint ensuite la réponse de l’ours, un hurlement blafard et vertigineux, si proche de mes oreilles, si proche de moi. Il me fallut bien quelques secondes de répit pour pouvoir reprendre mes esprits. Tentant au mieux de contenir mon tressaillement, j’ouvris les yeux pour constater que l’ours gisait au sol, la tête transpercée par une flèche. Cernée par la peur, j’avisai timidement les environs, tentant de distinguer une forme connue dans l’obscurité, et, traversant les ombres d’une cadence militaire, un forestier de la maison s’est précipité vers moi. Sans que je puisse le savoir, ce forestier allait être, trois années plus tard, désigné comme mon précepteur. Que faisait-il ici ? Je ne lui avais pas demandé et je n’aurai malheureusement jamais le plaisir de la réponse. M’extirpant de ma peur et du feuillage qui avait recouvert ma tenue, il me releva prestement et me raccompagna au domaine. Gémissante, je l’avais suppliée de ne pas en toucher mot à ma famille, redoutant une réponse courroucée car j’en avais la profonde certitude ; de sa miséricorde, Mère elle n’aurait su me pardonner. Il récupéra ce que je considérais comme des fruits en guise de leçon et mes exactions n’en firent rien, il savait bien que je n’étais pas en position de négocier. Ensuite justifia-t-il l’état de ma tenue avec le prétexte d’une chute et je fis bénéfice de remontrances pour une sortie aussi tardive. Dès lors, je comprenais les dangers qui pouvaient rôder en sein de notre région. Flèche blanche : Au fil de ma mémoire, un souvenir transperce de long en large mon esprit ; un souvenir aussi effroyable que substantif à la femme que je suis aujourd’hui. En ces périodes de célébrations, j’ai l’humeur plutôt nostalgique, et je n’ai qu’un seul constat à son propos : il est peut-être l’un des plus importants de mon existence, me façonnant de toute part, définissant ce que je suis aujourd’hui. C’était au détour de mes douze ans ; l’on vint timidement m’annoncer que mon initiation à l’archerie se devait de débuter. Ma poitrine se souvient encore du poids qu’elle avait dû supporter à l’orée de cette annonce. De quoi avais-je donc peur, moi, Ariane de Ruisseval ? Après tout n’avais-je naguère connu que les péripéties du monde au travers d’histoires et de facéties que l’on me sommait déjà de m’exercer à cela ! N’y avait-il donc pas une activité semblable et moins dangereuse qui me siérait davantage ? Cette époque représentait pour moi cette période où je n’étais point capable d’honorer l’affiliation nobiliaire à laquelle je me devais d’appartenir. Avait-on connu demoiselle plus couarde au sein de la fière contrée qu’est Drustvar ? Ma mémoire peine à s’en souvenir. — Peut-être devriez-vous songer à m’entraîner à une doctrine qui me serait plus efficace, Père ! m’étais-je alors exclamée de toute ma jeune audace, mais rien ne pouvait discréditer les plans qu’il avait déjà conçus pour moi. Il s’était contenté de rechigner du chef, me toisant d’un ultime regard avant qu’on ne me laisse qu’un léger temps de préparation en vue de prendre la route en direction du terrain de chasse Ruisseval. Je savais déjà que c’était Huliec, mon précepteur, qui allait se charger de cette formation. J’aimais beaucoup écouter ses histoires et ses enseignements. Admirable forestier drustvari, il était un parangon d’inspiration, un modèle de vertu et une source d’exemple presque inépuisable. Une fois à l’extérieur de notre maisonnée, j’étais terriblement enjouée lorsque je l’aperçus au détour de notre modeste domaine ! D’une salutation brève envers nos deux personnes, nous débutâmes ensuite notre marche. Alors que nous nous dirigeâmes vers le terrain de chasse, nous étions nimbés de cette douce atmosphère hiémale et de sa robe d’hiver, toutes deux s’imposant en souveraines du mois de la glace et s’acclamant impératrices de la neige que notre petit groupe foulait du pied. Cette dernière est possible à Drustvar bien que certainement rare selon la région dans laquelle vous prenez place. J’ai encore souvenir des pins qui frémissaient sous les assauts du vent glacé, déversant cette odeur si caractéristique de la forêt sublimée par la marque de l’hiver. — Allons, m’exercer au tir à l’arc alors que nos bottes croulent sous la neige ? Reconnaissez que c’est stupide ! M’étais-je par la suite tristement prononcée en tentant de rallier mon formateur à moi, mais en vain. Huliec m’avait adressé à travers son visage encadré de boucles blondes un fier sourire comme il était coutume d’en esquisser à son enfant ou à quelques apprentis puis il vint me récompenser pour mon audace par une tape dans le dos qui faillit bien me faire chuter en avant. D’une joie fort peu dissimulée, il laissa s’esclaffer un rire au travers des sentiers qui fît se dérider quelque peu mon visage consterné. En reprenant mes appuis, je constatai l’entrée du terrain de chasse Ruisseval. Nous y étions ! De chaque côté du terrain se trouvaient deux visages ; l’immense orée de la forêt de sapins s’allongeant, sombre et menaçante, déclarait à ceux s’y aventurant qu’une expertise de maître était nécessaire pour arpenter les lieux. Les arbres, débarrassés par un doux vent de leur blanc voile de givre, semblaient s’harmoniser entre eux, décimant la cime du ciel dans le jour qui languissait. La faible rambleur du soleil n’était, quant à elle, qu’une vulgaire consolation insipide demeurant irrévélée à travers les bois, et au sein même de cette brume nivéale caligineuse, au centre des sentiers enneigés et mystiques de la sylve, notre groupe ; un jeune précepteur ambitieux et une noble peu sûre d’elle. Misère. Je n’avais aucunement la notion du maniement de l’arc dans son aspect le plus pratique et applicatif. Pour moi, c’était de ces armes, discrètes s’il en est, qui nécessitent une force plus que démentielle. Imaginez-vous donc un instant, dès mon jeune âge, vous affairer à tel emploi ? Pour mon esprit, cela paraissait inconcevable ! Pouvais-je réussir ? Au fil de mes élucubrations, mon précepteur vint couper court à ma digression et mes doutes. — Bien, demoiselle Ariane ! Venez donc par ici, voulez-vous ? s’était empressé d’ordonner Huliec. Non mécontent d’assurer ma formation, il était parfois de ces jours où le froid et l’humidité peuvent vite s’avérer insupportables, et je sentais dans son regard qu’il était pressé de finir les bases théoriques, ce qui allait servir nos deux intérêts. — Vous avez raison, finissons-en rapidement ! lâchai-je alors, trouvant un regain d’intérêt à cette activité que je pourrais terminer le plus rapidement possible. Encore à cet âge-ci, il fallait avouer que mon jeune esprit n’avait que la lecture et ses plaisirs en tête, nonobstant alors la peur et l’anxiété d’une activité que rarement pratiquée. Ni une ni deux, je ne me fis pas prier pour m’avancer vers lui et prestement agripper l’arc qu’il me tendait. Celui-ci se déclinait en un arc courbé long, d’un bois souple et résistant comme on pourrait y attribuer l’origine au noyer. Rudimentaire et simple. Huliec m’adressa un sourire nouveau en constatant la bonne volonté que j’essayais d’appliquer au mieux. — Vous visualisez le positionnement de votre sénestre ? Ici, c’est ce qu’on nomme le corps de l’arc. Tendez ce dernier avec votre main gauche droit devant vous et axez votre épaule en pleine lumière, vers l’horizon. Ensuite, écartez les pieds jusqu’à la largeur des épaules puis conservez la colonne vertébrale droite, le mouvement qui va encocher puis décocher votre flèche se doit d’être ferme, mais souple. Je regardais longtemps l’arc de mes yeux smaragdins en tentant faiblement de me figurer ce que je n’avais jamais pratiqué. Doucement, je me mis en place, appliquant à la lettre ses instructions. À peine avais-je engouffré mes pieds dans la neige du terrain que mes appuis vacillèrent et je ne dus ma stabilisation qu’à une chance bien impromptue. — Votre respiration, demoiselle Ariane. Celle-ci est primordiale, veillez à toujours contrôler les inspirations et les expirations de votre thorax, et ce en toutes circonstances. Reprenant mes esprits tout en corrigeant la trajectoire de mon corps, je soufflai délicatement au travers de la brume blanche qui se faisait reine des lieux. À chacune de mes expirations, un fin brouillard se dégageait de ma bouche pour finir par mourir au travers du pinacle des arbres. Huliec me tendit deux flèches, et sans un mot, me mima le geste de l’encoche. Je l’imitai, moi-même surprise de me prendre au jeu ; un fin sourire avait commencé à dresser sa course sur mon visage, et à raison. J’étais plus qu’heureuse de pouvoir imiter mon précepteur avec lui, je n’avais l’impression de ne rien craindre ! C’est ainsi que j’appliquai la coche du talon de ma flèche à la corde de l’arc, puis la décochai instantanément en direction de l’arbre devant moi. En un éclair, celle-ci termina sa trajectoire dans l’écorce de l’arbre, signant le premier tir de mon existence. Un archer ou un forestier a-t-il déjà pu vous décrire ses premières sensations lorsque celui-ci a tiré pour la première fois ? Plus qu’un réjouissement intérieur, c’est une émotion forte, semblable à la découverte de quelque chose d’extravagant, mais aussi de grisant. L’arc vous tient dans son étreinte, et pour beaucoup d’adeptes de cette doctrine, être un archer ne représente pas qu’une simple utilisation d’une arme qui peut servir à n’importe quelle fin. Tirer avec un arc n’est pas comme tirer avec une de ces vulgaires armes à poudre. Tirer avec un arc est autrement plus ontologique, spirituel et grisant que de simplement abattre sa cible par un quelconque autre artifice. Je vous souhaite sincèrement de pouvoir ressentir la dévotion que j’applique à chacun de mes tirs, tout comme je vous souhaite de pouvoir ressentir un jour pareil sensation. — Félicitations, demoiselle Ariane ! De quoi aviez-vous bien peur, finalement ? Constatez, tirer à l’arc est comme tourner les pages d’un ouvrage dans une moindre mesure, s’était alors prononcé Huliec en faveur de mon action. Si la neige avait pu faire office de miroir, je pense sincèrement pouvoir attester que mon visage s’était doté d’un merveilleux sourire. Merveilleux sourire qui, bien vite, se vit être effacé par une terrible cavalcade. À travers le terrain venait de surgir un animal dont la hauteur et la masse me dépassaient de loin tout en rivalisant presque avec celles de mon formateur. Au travers de mes livres, il m’était très facile de reconnaître en ce prédateur un terrible frissebrume. Encore aujourd’hui, il est facile de différencier un frissebrume d’un rôdeur frissebrume ; le frissebrume simple est immensément plus rapide, plus fort, plus grand, et plus véloce. Par la puissance des os de son crâne, il lui est aisé de vous arracher un membre ou de le rendre inopérant, et ce sans que vous puissiez réellement avoir le temps de vous défendre. Sans que nous puissions réagir davantage, l’animal se jeta sur Huliec, alors le plus près de sa position, pour mettre cette fameuse puissance à exécution. Il le plaqua directement au sol dans un bruit strident tandis qu’il plongea ses crocs au travers de la gorge du forestier, directement dans l’incisure jugulaire. De par sa couleur et de son débit, le sang qui vint en ressortir était mauvais signe, car la pression exercée par la force du frissebrume a sectionné l’anastomose veineuse et la veine jugulaire interne du Drustvari, mais ceci, je n’ai pu le savoir que bien plus tard, au fil de mes études de médecine à l’Académie. Quand vous infligez une telle blessure à un homme, le sang émane à profusion, et quand il n’y en a plus, il y en a encore. Alors qu’un flot de sang émanait de son cou et qu’il était sujet à de légers spasmes, j’étais terrifiée, effarée. Ce spectacle, cette abomination indicible qui se dressait devant moi, la mort d’un homme que je chérissais et j’admirais n’étaient que bien trop d’horreur pour mon âge. Sous le joug de l’adrénaline, je ramassai immédiatement une flèche du carquois d’Huliec qui était presque tombée sur ma position. Je me souviens encore de ce rythme, de ces percussions, de ces battantes, de ce cœur qui s’affolait au centre de mon médiastin et de mon sang qui cognait à ses tempes, l’organe s’orchestrant d’un chaotique concert d’une anxiété quelque peu innommable. Je me souviens de cette respiration frêle et hésitante, de cette peur de mourir, de l’odeur du sang et de la neige qui était désormais meurtrie par une terrible nouvelle et qui faisait se reposer en son sein un bien triste cadavre. Je me souviens du regard de l’animal, décrochant ses crocs de mon formateur pour diriger sa tête en ma direction. Je me souviens de mes tremblements, de mon hésitation, des larmes qui entaillèrent mes joues, de l’étau qui serrait mon corps tout entier, je me souviens de cette épée que les plus superstitieux nomment le destin, virevoltant au-dessus de ma tête, prête à s’abattre à tout instant. « Ta respiration, Ariane. Ta respiration. » Ces mots résonnèrent en moi comme une réminiscence soudaine et erratique, quelque peu dissimulée par l’évènement traumatique. Ma respiration était le plus important, je me devais de me calmer, de me contrôler, mais en si peu de temps ? Sur papier, tout ceci semble tellement lointain ! Pourtant, ce n’était que cinq secondes, peut-être dix ? J’en ai perdu le compte. Resserrant ma prise sur la branche de l’arc, contrôlant ma respiration et mes larmes, sur le point de succomber à l’affliction et au chagrin, je n’avais plus le choix, plus le temps, plus le souffle. Je décochai. Dans un sursaut fracassant, j’avais alors fermé les yeux, ne rouvrant ceux-ci qu’en entendant un gémissement bref, un râle d’agonie sordide et certainement triste. J’avais atteint la tête. Quoi précisément ? Je ne sais plus, et très sincèrement, je préfère ne pas m’en souvenir, j’avais deux cadavres devant moi, c’étaient déjà deux cadavres de trop, et tout ce sang qui jonchait la neige… Par la lumière. Je courus de toutes mes forces en direction du domaine Ruisseval, l’arc en main, les joues si entachées par les larmes que je suis certaine d’avoir fait fondre une bonne partie de la neige sur le sentier que j’avais parcouru ce jour-là. Je me retrouvai au-devant de ma famille, à expliquer la situation, à balbutier, à pleurer et à jeter ma misère au monde, puis s’était instaurée une profonde et longue léthargie. Combien de jours ? Cela non plus, je préfère ne pas m’en souvenir. Quelques mois, tout au plus. Désormais, peut-être vous demandez-vous pourquoi ai-je précisé au début de cet écrit que ce souvenir m’était important ? Tout simplement car celui-ci représente la première fois où j’ai tenu un arc, et la toute première fois où, enfant, j’ai cessé d’avoir peur. Après ma léthargie citée précédemment, je n’avais qu’Huliec et son décès en tête, j’étais tristement incapable d’en faire abstraction. Corps et âme, je me suis consacrée à apprendre, à m’exercer, à manier l’arc avec philosophie, détermination et dévotion. Ce décès, sa mort, son sacrifice, nommez cela comme vous le souhaitez, mais c’est ce qui a fait de moi la personne que je suis aujourd’hui. Son souvenir continue de me suivre, et j’ai dédié toute ma formation médicale à mon ancien précepteur. L’on m’a pris quelque chose pour me le rendre sous une autre forme ; un malheur pour une joie. Autrement dit, une expérience formatrice. Calvacade : Une année s’était déroulée depuis qu’Huliec avait trouvé la mort, foudroyé par la puissance de la pleine nature. Si mon cœur avait su trouver la directive d’une rage certaine, il m’était toutefois difficile de m’adonner à des activités extérieures. Par mémoire pour mon précepteur, je n’acceptais que la pratique ade l’archerie et ce dans l’enceinte même du domaine malgré les invectives de mon père. Il exprimait souvent la nécessité pour une jeune noble telle que moi de connaître les rudiments de ces choses jugées essentielles. Dirigé par une forte superstition, il était de ces hommes qui serraient les dents quand ils constataient de mauvais augures apportés par la force des choses. Peut-être avait-il ses raisons, après tout ? Il se devait d’avoir de nobles représentants, ceux-là mêmes que l’histoire retiendrait, se dotant d’une famille qui rendrait hommage à la fierté de Drustvar. Alors s’évertuait-il, chaque soir, à nous rappeler ses principes. Il nous fallait nous méfier des autres et de ce qu’ils proposaient puis des dangers du monde extérieur. Pour lui, nul être n’était dépourvu de raison quant à ses actions ; derrière le simulacre de chaque sourire se dérobait une lame lancinante et derrière chaque circonstance plaisante l’infortune du hasard et son jeu. Dans ces débâcles, nous ne devons nous fier qu’à nous-mêmes, et si nous n’étions pas assez aguerris, c’était la fin. Comprenez bien, chers lecteurs, qu’une telle philosophie avait bien du mal à cheminer jusqu’à ma personne, mais je n’avais guère le choix. Treize annuités frappaient à ma porte que j’eus été sommée de participer aux enseignements à la monte, forcée par mon parâtre à prendre la selle, mû de son impulsion et des idées qu’il entretenait. Pour subvenir aux activités de la maison, il eut l’idée de former des unités dont la spécialité se voulait de représenter des sortes d’éclaireurs particuliers, quelques chasseurs montés aussi adroits avec la vénerie qu’avec le fait de se déplacer en terrain exigu, souhaitant amplifier le rendu saisonnier de gibier récolté lors des chasses. J’appris cependant bien plus tard, lors de mon cursus à l’Académie Portvaillant, que l’on nommait ces troupes les voltigeurs et que quelques maisons, si bien comblées par l’excellence d’un dogme militaire certain, en eurent déjà fait l’usage au sein de l’Amirauté. C’est donc tout naturellement que moi, dans ma toute sécession, ai fait plusieurs faux bonds à la troupe d’entraînement, principalement des dignitaires du village choisis par ses soins. Pardonnez cette anecdote indigente, mais je vous en conjure, dressez donc le portrait ! Moi, de ma triste taille, d’une toute petite tête recluse, encastrée à même l’intérieur de mes épaules, qui ferait hurler quiconque de rire, accumulant les tentatives de grimper à un cheval comme l’on accumulerait les chutes d’un arbre ! Je considérais à bien des égards l’usage de mon arc tout à fait suffisant et bien qu’il demeurait, à bien des occasions, au repos dans l’étui de cuir qui le ceignait. Malheureusement, je n’ai pu échapper guère de temps à cette obligation. Nous avions longtemps arpenté le long terrain de chasse de Ruisseval, déviant à maintes reprises de notre direction pour rejoindre des sentiers perclus. Dans ces moments-là, je me retrouvais bien souvent sur la monture de quelqu’un d’autre, couverte au préalable de ridicule, et certains avaient très probablement dans l’idée que je n’avais de noble que le titre. Maculant toujours ma tenue de boue, je rentrais dépitée, mes nombreuses tentatives infructueuses ne se soldant que par une suite de remontrances. Il est vrai que nous n’avions que très peu de montures et je n’aidais pas en cela. Au détour d’une de mes sessions d’entraînement, j’ai même eu l’imprudence de chuter en faisant s’enfuir la bête ! Mais était-ce ma faute, si, malgré tous mes essais, je peinais à cheval ? Étais-je à blâmer ? Je n’ai pas eu l’occasion de me confronter à cette question avant mes enseignements à cheval imposés à l’Académie, et en cause l’impulsion de mon père. S’enquérant du trajet en ce jour d’automne, il avait exprimé le souhait d’être à l’avant-garde de notre formation, étant lui-même affrété en une tenue qui mêlait robustesse et légèreté, une œuvre de cuir travaillée en une manufacture exemplaire. Nous étions d’ailleurs beaucoup moins ; quatre, tout au plus. Je trônais sur le cheval de mon parent, en arrière. Il s’était refusé à me fournir une nouvelle monture, ce qui était, pour beaucoup, tout à fait compréhensible. Quelques préparatifs de plus et nous étions partis. La route était étriquée et abrupte, nous progressions en un sentier qui prenait son chemin le long du littoral. Encore un peu et nous aurions quittés Drustvar. Lors de cette énième chevauchée, mon père n’avait pas eu le loisir de ménager sa monture, et moi avec. De secousse en secousse, je m’agrippais à lui comme je le pouvais tandis que le groupe poursuivait sa course, le rythme des chevaux qui claudiquaient à vive allure s’accompagnait d’un vent impétueux qui nous balafrait. Le dos recroquevillé et penché en avant pour éviter toute chute, je m’en remettais à la force des choses. Thomasin, cependant, n’en avait cure. Son seul but était de mettre son escouade en situation et sa hargne n’attendit certainement pas les plus faibles. Chaque virage et chaque direction prise se déclamaient par des haut-le-cœur. Je me sentais faiblir, vaciller, et je perdais peu à peu mon accroche tandis qu’un détour pris en contre-galop fit sonner ma sentence. La monture s’est cabrée de toutes ses forces, brusquée par l’ultime mouvement de Père. Dans un hennissement puissant, son geste m’expulsa en arrière, me propulsant directement sur un léger monticule de roche qui dépassait. Quelques jours plus tard, j’eus le plaisir du réveil. Scrutant le plafond, je ne parvenais pas à dresser le constat de ma situation. Une lumière crue traversait l’oriel de notre tour, perçant le bois de son entière couleur. Je cillais avec peine alors que la force se dérobait à moi, délestant mon corps de toute sa présence. Puis vinrent un regard, une sensation de chaleur et une caresse presque sororale qui s’enquit de ma main. Solène se tenait près de moi, veillant à mes côtés. Elle me dévisageait avec peine et tristesse, ses yeux étaient plissés par une mine attristée alors que sa tête tombait légèrement en avant. Parmi toutes ses expressions, je savais bien reconnaître celle-ci. D’un geste décidé, j’entreprenais de relever mon buste tandis qu’au même moment, comme une sentence, une douleur lancinante vint s’emparer de mon corps, m’obligeant à scruter le plafond. — Ariane, reste couchée. Il te faut récupérer. déclama Solène alors que l’on aurait jugé sa voix prise dans un étau, comme distinguable d’une marque d’inquiétude. Récupérer ? Je n’atteignis pas même la portée de ses mots. Je m’efforçais de rassembler mes souvenirs, en vain. J’oscillais entre la douleur qui ruisselait le long de mon corps et la peur qui signait mon incompréhension alors que même tourner le cou m’était difficile. — Tu as chuté d’un cheval lors de ton entraînement. T’en souviens-tu ? Une vision du départ, puis celle du littoral, enfin une ultime réminiscence ; la cavalcade au rythme effréné d’une virulence sans nulle pareille, le vent qui lacérait ma peau, la peur qui me malmenait de son emprise de glace, puis l’empressement, le hennissement, et la chute. L’évocation de ce passage mêlée à ma pleine douleur sut m’arracher plusieurs larmes, transgressant le peu de résilience qui avait niché son refuge en moi. Même après plusieurs heures, j’étais inconsolable. Je n’étais capable de mouvoir mes jambes qu’au prix d’un supplice extirpé d’une débauche de cauchemars difficile à figurer. Vacillante, toute tentative — si bien couronnée de vaillance qu’elle fût — finissait sa course en une tribulation évidente. Au fil des jours, alors qu’une procession de dignitaires dont l’expertise locale était reconnue procédait à différents soins tirés d’hypothèses et tissés d’espoirs, j’entretenais le temps qui s’écoulait dans la majeure partie de ma couche. Entre baumes, onguents et autres mélanges de plantes, j’avais mon compte de toute chose à ingurgiter et à appliquer. Solène, parmi tous, était constamment présente à mes soins pour faire ce dont je n’étais capable. Mon père, Thomasin, prenait parfois soin de mon état. Peut-être voulait-il faire acte d’absolution ? J’eus d’ailleurs appris qu’il avait cessé la formation des voltigeurs à la suite de ce drame bien que cela ne réparait en rien l’erreur commise. Je lui ai longtemps voué une haine viscérale pour cela, dissimulée par la bienséance sous un fond acariâtre de rancunes en tout genre. Les jours s’extirpaient de leurs comptes, se dérobant à mon emprise. Je perdais peu à peu le fil et distinguer le mobilier de notre imposante tour n’avait plus la même saveur. La majeure partie de celui-ci, façonnée de cuir et de bois, s’habillait parfois de la même couleur que mon humeur. Les fourrures et leurs contours avaient cessé de m’émerveiller, laissant place aux larges bibliothèques qui étalaient l’espace immense de leur savoir au coin de la pièce. Juchés ici depuis longtemps, ils trônaient sur leurs enveloppes de bois avec une prestance presque éloquente. Si j’en avais déjà lu quelques-uns, peut-être était-il temps de succomber de nouveau à leur appel ? Page après page, chaque lecture était une montée vertigineuse, rapide et insatiable, qui faisait toujours l’effet d’une chute à sa toute fin. De l’histoire guidée par la main de son scribe jusqu’aux recueils de savoir, tout ouvrage me trompait dans sa course, valsant avec la fantaisie de mon esprit. S’il m’était impossible de me mouvoir sans tressaillir, alors soit, j’arpenterais le monde depuis les récits. Mère m’exhortait en cela et c’était plaisant, alternant ainsi entre différentes méthodes de soin et lecture d’ouvrages. Mon déboire aura perduré une année ; une année complète où je me suis laissée voyager par la plume, alternant entre toutes les lectures à ma disposition et des déplacements sommaires pour me rétablir. Mes quatorze années atteintes et désormais extirpée d’une véritable autarcie mentale, je n’avais qu’une hâte ; reprendre l’archerie mais certainement pas la monte. Encore à ce jour, dès que je monte un cheval, j’ai toujours cette sensation de douleur. Insidieuse et légère, certes, mais palpable, comme si la longue cicatrice parsemant mon dos prenait son éveil, si bien que je fusse bien avant cela l’objet de nombreuses remontrances à l’Académie Portvaillant pour mes difficultés à monter convenablement. Tous reculeront : « Tous reculeront. » Il en était fier. Sa devise montrait toute l’étendue de son œuvre. Une famille, qui, malgré l’austérité, a su se regrouper et s’amonceler en un véritable rempart. Briguant ces mots comme on lève un étendard en plein champ de bataille, il menait sa fierté à la manière d’une armée ; sans faille aucune et toujours droit devant, rythmée à la cadence d’une marche symphonique telle une ode à l’orgueil. Après tout, nul n’a encore osé lui porter directement préjudice. Qui peut nous nuire si nous montrons les crocs en premier ? La force dissuasive constitue en tout lieu un excellent prétexte qui sait parfois suffire à convaincre elle-même ses utilisateurs. Une corde tendue n’est pas la même chose qu’un fil, et entre fierté et perdition, la frontière est fine. Si les fondations de ses terres sont érigées autour de l’osmose et de la force de lien, nul n’osait pourtant le discuter. Il utilisait avec superbe ce même socle, arguant ses actions et sa personne au profit du bien commun. Après une certaine maturité établie en moi, il ne m’était guère difficile de me rendre à l’évidence ; ce que j’abhorrais le plus chez mon géniteur n’était pas le reflet d’un caprice d’enfant mal avisé mais bien l’immondice latente d’un homme ayant malheureusement succombé à son orgueil. Et pourtant est-ce sa ceinture qui tenait Heidrun, l’épée familiale. Avait-il le droit de manier une lame dont le dévouement était au centre de son artisanat ? Il a aliéné la maison de Ruisseval pour en faire un symbole de personnes recluses dont tout un chacun devait se méfier tant les mystères gravitant autour étaient tenaces. Il se voulait fort et il voulait les siens aussi imposants que les montagnes de sa contrée, mais qu’a-t-il fait de mieux si ce n’est les éloigner ? Jour après jour, le dévouement des uns s’étiolait au profit du blâme des autres, et Thomasin, portant une maison sur le déclin, était aveuglé par les œillères de son orgueil. Sans l’appui de sa tendre, Solène, il ne fit aucun doute que la maison aurait vécu ses dernières heures il y a longtemps. Notre maisonnée, aussi frêle en cette période d’instabilité, n’a tenu que par les vœux de vassalité formulés à la maison Tertrebois. Pourtant, si ce récit semble peindre la surface d’une personnalité sombre et austère, considérez bien qu’il a apporté son concours à la région. Lorsque le Sabbat vint noircir Drustvar de ses miasmes en nous plongeant dans nos heures les plus noires, nous avions tous bien cru, au sein de Ruisseval, y passer pour de bon. Au début, cela avait commencé par des disparitions au village, l’on fit état de personnes manquantes puis de mystères plus surprenants encore. Les plus superstitieux, rongés par le doute, semaient des idées saugrenues. Il était question de murmures aux lueurs vespérales, puis de cauchemars de plus en plus nombreux, et Thomasin entendit bien s’enquérir de cette affaire au plus vite. Ralliant le hameau avec une troupe de forestiers, il se porta garant de l’enquête. Nul doute qu’il eut été confronté à l’amertume et au dépit des habitants à son arrivée tandis que les fustiger de sa position n’était désormais plus permis. Il fallait procéder autrement. Par l’aide de ses forestiers et de leur dispersion au sein du hameau, le bouche-à-oreille fit remonter les rumeurs d’une chaumière en contrebas ; son bois s’était soudainement humidifié comme si un torrent de pluie l’avait balafré alors que sa couleur s’était vêtue de légères teintes violacées. Ceux dont l’esprit éjointé par les croyances populaires se sont empressés de tenir en horreur cette maison, défendant quiconque de s’en approcher. Le groupe de Thomasin avait cependant un objectif, et même lui, dont les anciennes croyances le faisait frémir, ne pouvait reculer. Avec la ferme intention d’investir la maison, il répartit les forestiers tout autour de l’édifice, puis s’engouffra à l’intérieur. La curieuse bâtisse présentait un carnage sans nom, les meubles, renversés, pouvaient faire songer à une véritable bataille, tout avait quitté sa place pour prendre l’incarnation d’un désordre inexplicable. L’éclairage, quant à lui, ne rendait sa grâce que par la force d’une lueur languissante qui filtrait au travers d’une fenêtre dont les carreaux, brisés, laissaient toute place à une lumière flétrie. Exhumant les lieux de fond en comble, les forestiers ne tardèrent pas à rejoindre le seigneur, seul un étant resté pour veiller sur l’extérieur et monter la garde. L’excavation du lieu eut l’effet de révéler une trappe de bois qui menait à un cellier alors que sa fouille amena à la découverte de récipients d’argiles dont l’intérieur contenait un liquide noirâtre, émanant par ça et là de toute la pièce. Chaque récipient était disposé de sorte à remplacer les liqueurs et autres substantifs alcoolisés sur les dispositions prévues à cet effet, laissant les émanations s’échapper tout autour du lieu fermé et respirer ces vapeurs donnait forme à des nausées ainsi qu’à une douleur intangible. Pris de court, ils remontèrent en toute hâte, évacuant rapidement les lieux, conjurant les citoyens d’éviter toute approche, informant qu’il allait donner suite à ce problème en y affectant quelqu’un de qualifié. Quelques jours plus tard, le Sabbat avait fondu sur nous, faisant disparaître la presque totalité des villageois de Ruisseval, hormis les heureux élus ayant pu s’enfuir, dont nous, joignant Boralus à toute hâte avec d’autres cohortes d’habitants effarés. Il nous a enjoint de rester à la capitale, et il a rejoint l’appel aux armes dès que lui en est venue l’opportunité. L’histoire racontée ici est édulcorée ; elle provient des expériences de mon père et de l’archive du rapport qu’il avait dressé. Comme nul ne l’ignore, notre domaine ne fût pas épargné par les immondices du Sabbat et je n’ai pu restituer la totalité de l’expédition, le papier du document ayant été vicié. Cependant, si ce texte fait parti de mon fil, c’est bien car cette image de Père m’importe. En d’autres circonstances, avec un passé moins hasardeux, peut-être aurait-il pu décliner sa personnalité sous un meilleur jour. Pour toujours le ruisseau achève son œuvre : Je me tenais droite, arpentant une nouvelle fois ce couloir. Je commençais à connaître ce grand domaine qui faisait acte de symbiose avec la nature. Sa douceur sylvestre et son harmonie n’avaient de cesse de m’impressionner, et puis son bois avait vécu tellement de choses. J’étais au cœur de l’allée qui prend place entre les salles attenantes du salon et des chambres d’invités. Au centre, tel un souverain, règne la statue de cerf dont la confection avait été assurée par nos artisans, offerte à la maison Tertrebois en guise de loyauté. Depuis la reprise de nos domaines et de nos villages, nous n’étions guère beaucoup. Des artisans capables ? J’en comptais autrefois, au sein de Ruisseval, une trentaine. Désormais ? Sept, sans plus. Si j’ai le souvenir du Seigneur Lesfred s’étant targué de connaître les noms de chaque personne composant son domaine, je puis me vanter d’en faire de même. Cette pensée me fit décrocher un sourire alors que mon regard se dressait tout le long des contours de l’œuvre, oscillant entre l’artisanat de ses ramures et sa manufacture. D’une humeur nostalgique, je songeai à sa confection. Thomasin m’avait chargé d’en assurer la fabrication par les artisans de Ruisseval, celui-ci ayant été bien trop occupé a combattre. Je n’avais qu’à songer au plan dans les grandes lignes, je n’ai rien d’une menuisière ! Cependant, il fallait penser à orienter la logistique ; en ces jours de reconstruction, nous n’avions que peu de ressources, il était donc nécessaire d’ériger quelque chose à la hauteur de leurs attentes tout en utilisant le moins possible. Solliciter la nature était, de plus, risqué ; cette partie de la région se remettait à peine des marques du Sabbat, les arbres venaient enfin retrouver un semblant de vie et le sol reprenait lentement sa verdure. Il était impensable de faire preuve de faste en faisant l’offense d’avoir meurtri les ressources de notre région. La meilleure solution était donc de rassembler, en premier lieu, les meilleures réserves. D’un souhait équivoque de travailler ensemble, les villageois de Ruisseval tout comme ceux du hameau n’avaient qu’une aspiration ; démontrer la cohésion qu’ils pouvaient offrir. De demande en demande, les ressources nécessaires à la confection d’une telle œuvre ruisselaient jusqu’aux artisans du hameau, à l’heure où le Sabbat se retranchait dans ses limites portées par les hommes du front. Il m’était donné de gérer toute arrivée et de les consigner, puis de juger la qualité du bois. Était-il humide ? Sec ? Robuste ? A-t-il été endommagé au préalable ? Il était important qu’il puisse être traité correctement, que le travail et la force appliqués sur ses contours ne viennent pas le plier ni l’endommager. Chacun s’attelait à acheminer les nécessités que demandait la manufacture, recréant la force d’un lien oublié. Notre ordre d’artisans, celui-là même qui a su s’illustrer en créant toutes nos masures, s’est de nouveau distingué malgré un manque d’effectif certain. Dans le même temps, la chasse avait commencé à agiter le domaine. Peu à peu, les plus déterminés sortaient du pavillon aux aurores pour y revenir au crépuscule, les bras chargés de victuailles qui n’attendaient que dépeçage et préparation. Si nos activités de tanneurs étaient en suspens, nous avions tout de même l’heureuse fortune de profiter de la topographie offerte par notre domaine. Les animaux nous avaient offert la grâce de leur retour et l’équilibre naturel avec. Après être devenue régente, cette pensée m’inspira ce que je souhaitais depuis ma tendre enfance, idée galvanisée par mon apprentissage à l’Académie ; quitter un fondement autarcique pour fonder ce vivre ensemble. Puis-je me targuer d’avoir réussi à instaurer une certaine cohésion ? Oui. J’aime à penser que les miens fonctionnent désormais ainsi, et j’aime à penser qu’ils en sont heureux. Si la loyauté suit, le dévouement s’en vient, et nous savons tous œuvrer pour les bonnes raisons. Si certains membres de la maison, plus éloignés, n’ont pas encore eu l’appréciation d’un tel clivage, il reste cependant appréciable. Désormais, notre travail et notre détermination se tournent vers un seul but : rendre ensemble les choses plus prospères. Un ruisseau ne s’interrompt que lorsque la force des choses l’endigue, mais toutes gouttes se joignant à sa course viennent former des embouchures plus majestueuses encore. Nous tirons notre force de la puissance de notre courant et de la chaîne qui vient nous unir ici même, en Drustvar. Ce dogme désormais rétabli, nous savons que pour toujours, le ruisseau achève son œuvre.
  4. Chers lecteurs, Ce que vous vous apprêtez à lire est le récit de la reconquête de Drustvar, à laquelle nous, les frères Lesfred et Heideck Tertrebois, avons participé. Chaque événement raconté, nous l’avons vécu. Nous avons longuement hésité avant de commencer la rédaction de ce livre car nous aurions préféré oublier certaines des aventures que nous avons pu traverser – voire ne jamais avoir eu à les traverser. Cependant le Sabbat Malecarde ainsi que ses maléfiques manigances étaient bien réels. Ce livre a deux objectifs, distincts mais également complémentaires. Tout d’abord, nous rappeler. Nous rappeler de ce qu’il s’est passé, mais également de ceux qui ont combattu à nos côtés et se sont investis, de quelque manière que ce soit, dans la reconquête. Mais surtout nous rappeler de ceux qui ont payé le prix du sacrifice de leur vie pour rendre possible la pacification de Drustvar. Jamais leur courage ne sera oublié et ils méritent à juste titre la qualification de héros qu’on leur accorde. Secondement, cette guerre fait désormais partie de l’histoire de notre terre natale. Nous ne sommes pas des historiens, mais il nous semblait important d’en laisser une trace écrite, d’autant plus que nous avons fait partie des acteurs principaux de la lutte contre le Sabbat. Ce livre se divise en huit chapitres rangés par ordre chronologique, à savoir : la purgation de la Ferté d’Arom, la reprise du domaine Tertrebois ainsi que du cimetière éponyme, la purification du glacier de Gol Koval, la bataille de Butte-du-Faucon, l’offensive sur la Forêt Cramoisie, la sécurisation des terres avoisinantes de Corlain, l’assaut des Hauts de Corlain et, finalement, l’ultime combat dans le manoir de la maison Malvoie. Les chapitres rédigés par Lesfred sont les premier, deuxième, sixième et huitième, tandis que les troisième, quatrième, cinquième et septième chapitres ont été écrits par Heideck. Nous vous souhaitons une agréable lecture. Heideck et Lesfred Tertrebois Plusieurs semaines s'étaient écoulées depuis notre arrivée à la capitale, en tant que réfugiés de Drustvar. Il ne fut pas aisé de panser ses plaies et veiller au bien-être de mes sujets, encore meurtri par la perte de mes deux parents lors de la chute du domaine. Heideck restait introuvable, séparé du reste de la famille lorsque le Sabbat renversa la place forte et, si les plus pragmatiques le considéraient au mieux comme mort – à défaut d’être torturé par les sorcières – je ne pouvais m’y résigner. Ma seule consolation se trouvait dans le fait d'avoir amené sains et saufs Merimit, Elima et Ranald, avec l'aide de mes cousins Kasper et Yngvild, jusqu'à la capitale. Nous avons assuré la liaison entre Drustvar et la Voie du Marin, afin que mes sujets puissent rallier le camp de réfugiés en toute sécurité. Les conditions pitoyables d'accueil me laissent encore aujourd'hui un certain sentiment d'aigreur à l'égard de quelques personnes dont je tairai le nom – personnes ayant bien fait savoir qu'ils ont tendu la main, dans le seul but que leur réputation de bienfaiteur n'égale leur hypocrisie. Je salue en revanche ceux qui ont pu nous soutenir lors des heures les plus sombres, sans pour autant s'en vanter haut et fort, faisant preuve d'humilité. Ce sont essentiellement vers ces individus que je me suis tourné pour insuffler à nouveau et avec d'autres la flamme de la reconquête de la terre qui m'a vu naître, Drustvar. Ne pas souligner l'effort soutenu des races de l'Alliance serait un affront audacieux. Tandis que nous, originaires de Kul Tiras, étions en pleins déboires à Boralus, peinant à nous organiser pour faire front commun, l'Alliance a su, dans ce court laps de temps, s'opposer aux maléfices du Sabbat. C'est ainsi que, avant même que nous ayons pu rallier l'Ouest, ces races jusqu'alors étrangères à nos terres ont pu venir en aide à Havrebrune, éviter que l'hécatombe ne s'installe à Val-Archer, sécuriser le Port du Désosseur et innocenter l'héritière Lucille Malvoie. Nous ne devons sa survie et la renaissance de l'Ordre des braises qu'à l'intervention de héros de l'Alliance, envers qui je salue les engagements lorsque rien ne les obligeait à nous venir en aide. À Boralus, la situation piétinant bien trop à mon goût, je pris l'initiative d'y organiser une réunion entre maisons nobles, afin de mettre en place des plans d'action. La situation critique fut l'occasion de rallier bon nombre de natifs, désireux de faire valoir leurs prouesses au nom de l'Amirauté, mais aussi de venger proches et terres emportés par le Sabbat Malecarde. Nous nous mîmes donc en route avec l'ensemble des forces, pour rallier la Ferté-d'Arom, place forte érigée dans la chaîne de montagnes de Drustvar, au Nord du vertigineux mont Cortis. La traversée jusqu'à l'Ouest fut lourde dans mon cœur tant l'amertume était forte, l'envie d'en découdre importante. Le Sabbat semblait omniprésent dans la lourdeur des sous-bois, la végétation autrefois noble et pure était souillée de part en part. Avant d'accéder à la Ferté-d'Arom, une avalanche fraîche recouvrant la route pavée ralentit l'ascension du convoi, offrant une belle opportunité à un groupe de yétis frissepoil pour oser s'en prendre à nous. Les quelques pertes donneraient déjà le ton d'une reconquête au bilan lourd dans un contexte où le climat inhospitalier semblait alors être le cadet de nos soucis. La Ferté-d'Arom reconvertie en véritable camp de guerre voyait en son sein l'établissement de lignées de tentes, nimbées du manteau blanc de la dernière tombée de neige. Les ameutements de gardes, bien qu'effilochés en files grelottantes devant chaque marmite pour la soupe, trouvaient leur affluence autour des braseros. Disséminés aux quatre coins de la Ferté, ces chauffages de fortune se constituaient en cœur battant de vie au milieu de l'endroit gelé. Dame Lucille Malvoie, héritière de la maison éponyme, ainsi que le maréchal Reade, nous dressèrent un sombre bilan de Drustvar, en proie à la menace du Sabbat Malecarde jusque dans nos rangs. En effet, c'est une Ferté-d'Arom gangrenée par l'illusion du mal qui se présentait à nous. L'afflux de réfugiés massif en provenance de l'Ouest, à ce seul lieu de passage, offrait l'opportunité rêvée aux sorcières déguisées pour passer outre la surveillance de gardes non avisés. L'échange avec les hautes instances de Drustvar fut l'occasion de clarifier certains points. L'Ordre des Braises renaquit bel et bien de ses cendres tel le phénix, ramené à la vie avec une poignée d'inquisiteurs pour lutter contre cette nouvelle menace. L'argent nous fut présenté comme le meilleur allié face au Sabbat. Un simple contact avec la pointe d'une aiguille en argent se suffit à révéler l'apparence abominable d'un serviteur du mal sous illusion. S'ensuivit une chasse aux sorcières considérable pour purger le mal du quartier général de la Ferté. Nous nous sommes ainsi dispersés en petits groupes afin d'inspecter une série de réfugiés, nous permettant par la même occasion de mieux discerner sorcières de vrais individus. Cette différenciation comportementale s'avère cruciale face à un ennemi dont le don de déguisement compte parmi ses moult fourberies accessibles aux plus néophytes. L'opération minutieuse selon un secteur défini permit ainsi de révéler la présence de sept servantes du Sabbat Malecarde, infiltrées dans nos rangs. L'usage d'aiguilles en argent étant de mise par la suite, un contrôle de chaque réfugié à l’entrée permettrait de filtrer l'accès aux âmes les plus innocentes, cela pour toute la durée restante de la reconquête. L'heure de la revanche avait sonné et les esprits échauffés entendaient bien appliquer la justice de l'Amirauté à l'encontre du Sabbat Malecarde. Mus par un désir de vengeance et la Ferté désormais sécurisée, nous nous rendîmes au Sud-Est, aux abords du cimetière Tertrebois. La route en direction de Val-Archer nous permit de longer le littoral et d'éviter les bois recouvrant le terrain de chasse de Ruisseval, l'endroit étant trop risqué. L'objectif de notre groupe était de purger de toute hérésie l'enceinte du cimetière, afin de constituer un accès sûr jusqu'à la crypte de ma famille. De là-bas, il convenait alors d'y emprunter un ancien accès souterrain, débouchant au cœur du domaine Tertrebois, à quelques lieues du cimetière. Le gros des forces de chaque maison noble avait reçu pour instruction de se masser à l'entrée du mur d'enceinte, pour forcer notre ennemi à sortir de sa tanière. Le but étant de vider l'intérieur et de nous faire profiter de cette diversion pour accéder jusqu'au centre de l'endroit et y couper la tête du serpent. Un plan audacieux mais que je n'ai eu de cesse d'approuver puisqu'il se voulait le plus optimiste sur le plan humain, parmi toutes les propositions. Il convenait donc d'abord d'accéder à la crypte. À l'entrée du cimetière se tenait le fossoyeur Allen, toujours fidèle au poste, dernier bastion de chair et d'os à plusieurs lieues à la ronde, prêt à donner de sa vie face aux abominations. Je n'avais eu l'occasion de côtoyer le vieil homme qu'en de bien tristes mais heureusement rares occasions revêtant d'un aspect funèbre. Son expertise nous fut des plus profitables puisque les morts s'étaient relevés, sous leur apparence spectrale, errant visiblement sans but. Pas moins agressifs pour autant. Une situation des plus troublantes qui ne pouvait être que l'œuvre du Sabbat Malecarde, pour oser y profaner les tombeaux et les âmes de nos ancêtres. Afin de pouvoir communiquer avec les morts ou ne serait-ce que les approcher et traverser en paix le cimetière, le groupe dut se scinder en deux afin d'atteindre le presbytère. En effet, se trouvait en son sein le nécessaire pour confectionner un baume à base de tombelle, plante poussant fort heureusement dans les environs. Le baume, à en croire le fossoyeur Allen, était à même de rendre docile tout fantôme s'approchant de quelqu'un en l’ayant appliqué sur lui. Nullement adepte du domaine de l'herboristerie, encore moins de l'alchimie, c'est l'expertise de mon frère Heideck qui nous aurait été précieuse. Par chance, l'herboriste en chef de la maison Tertrebois, Ildiana Foster, se trouvait à nos côtés. Tandis qu'un groupe escortait l'herboriste, le second faisait diversion afin d'y éloigner le plus de spectres et donc faciliter l'infiltration du premier. Fidèle à sa réputation, elle put atteindre le presbytère et y concocter le baume à base de tombelle. La préparation alors appliquée sur notre faciès offrit une traversée sûre au milieu de dizaines de spectres nous dévisageant. S'en servir pour les rendre dociles ou en tant que répulsif, je ne suis encore aujourd'hui pas sûr de la terminologie du baume, qui figure désormais dans les formules à la connaissance de nos herboristes. Ce dont je suis certain en revanche, c'est que l'effet escompté était au rendez-vous, nous permettant de passer, non pas sereinement, mais en sécurité relative. Se faufilant entre les tombes, nous atteignîmes un spectre répondant au nom d’Aaron Crêteleux, à même de nous supplier de lui venir en aide. Ce que je redoutais jusqu'alors fut confirmé par le témoignage de cet homme au repos troublé : une servante du Sabbat Malecarde sévissait bel et bien dans l'enceinte du cimetière Tertrebois. Notre progression au milieu des sépultures fut stoppée par l'interposition d'un assemblage drust. Créature de taille humaine, guère plus grande que moi, je n'avais jusqu'alors rien vu de tel : des tendons, de l'écorce et diverses pièces d'un bois sombre et épineux, le tout maintenu par une aura malveillante. Ces émanations alors naturelles à la survie de l'être en question semblaient faire vaciller nos cœurs. La magie drust est contre-nature et se doit d'être intégralement éradiquée, les séquelles de ces assemblages, au-delà du physique, sont encore bien présentes chez ceux qui ont eu à en affronter. Au-delà des maux de l'esprit, la créature dévastatrice donna du fil à retordre, du fait de sa constitution et ses bras épineux, qu'elle balançait pour nous écharper. Mais, une fois terrassée, cela permit de libérer l'âme de la défunte Bridget Eaubelle. Nous touchions alors au but, proches de la crypte familiale, c'est là qu'elle sévissait : la sorcière répondant au nom de sœur Ostersylve, alors en plein rituel. L'alibi de l'abominable servante du Sabbat est aujourd'hui limpide. Elle escomptait puiser dans les âmes des défunts enterrés au cimetière Tertrebois, dans le seul but d'alimenter des créatures redoutables, à l'image de l'assemblage affronté avant. Terrasser sœur Ostersylve permit de lever la malédiction pesant sur le cimetière, alors que la sorcière s'apprêtait à utiliser l'âme d'une certaine Clémence Eaubelle, afin d'alimenter et animer une créature encore plus redoutable. La mort de la servante du Sabbat permit à Aaron Crêteleux, Bridget et Clémence Eaubelle, ainsi que tous les autres fantômes peuplant le cimetière, de reposer en paix. La voie était ouverte en direction de la crypte Tertrebois, mausolée à l'allure tristement sinistre dès lors que le repos éternel de mes ancêtres fut ébranlé par les serviteurs du mal. Le cimetière Tertrebois désormais purgé pour une bonne raison, l'accès à la crypte nous était permis. À quelques lieues, le combat venait de débuter et les différentes troupes des maisons nobles se massaient à l'entrée de ce qu'il restait alors du domaine, forçant ses occupants bien trop confiants à une sortie. Sœur Ostersylve gisait sans vie au-devant de l'entrée tandis que nous pénétrions sous terre, dans la demeure sépulcrale de mes ancêtres. Si mes parents, Tobias et Lisbeth Tertrebois sont tombés en même temps que le domaine, leurs enveloppes charnelles restaient introuvables, emportées au même titre que bon nombre des sujets. Leur place est au côté des nôtres dans la crypte familiale et ne pas avoir pu m'assurer qu'ils y reposent en paix me hante encore aujourd'hui. Le pincement au cœur fut d'autant plus vif en découvrant sous terre le caveau familial profané. La souillure du Sabbat Malecarde osait imprégner les tombes ornées de nos ascendants. Les cercueils de Gerhardt et Jeanne Tertrebois – parents d'Yngvild et de Kasper – côtoyaient désormais les bannières Malecarde, outils de rituel et bougies éclairant d'un bleu malveillant ce qui fut jadis un lieu de recueillement. La Mère comme la Lumière avaient abandonné l'endroit aux airs désormais énigmatiques. Je n'étais descendu que par deux fois à la crypte, dans mon jeune âge : pour y enterrer les frères de feu mon père, Luthor et Gerhardt. De tous mes oncles, il ne restait donc plus que Wilhelm et je remercie la Mère de lui avoir épargné cette vision horrifique du tombeau dans lequel ses frères reposent encore aujourd'hui. L'accès au reste du souterrain communiquant avec le domaine nous était fermé. Une énigme à partir de quatre chaînes faisant office de leviers se dressait face à nous. Ni mon cousin Kasper, ni moi ne savions l'ordre dans lequel les actionner pour déverrouiller un accès alors oublié, tombé en désuétude depuis deux générations au bas mot. J'ose imaginer que mon père Tobias connaissait la combine, en tant que seigneur de la maison Tertrebois. Que l'on me maudisse de ne pas l'avoir su, le sang de Kasper est encore marqué sur mes mains aujourd'hui. Car, oui, Kasper Tertrebois, capitaine des gardes forestiers mais avant tout cousin et probablement le membre de ma famille avec qui j'aurai été le plus proche – au même titre que Heideck – a succombé. La combinaison n'étant pas la bonne, le piège se referma sur lui, l'empalant sur place. Le choc de la blessure, les tissus déchirés et la perte de sang trop abondante auront eu raison de lui, gisant entre les tombes de ses ascendants, parmi les siens. Je ne me rappelle même plus le son de sa voix aujourd'hui, les traits de son visage ne me reviennent qu'au travers des trop rares portraits familiaux au domaine. Et pourtant, impossible encore aujourd'hui d'ôter de mon esprit le bruit cinglant et métallique du javelot, sortant de son interstice pour soutirer les derniers souffles d'un homme juste et bon jusqu'à la fin. Qu'il repose en paix. Le sacrifice involontaire de Kasper permit de découvrir la bonne combinaison. Les chaînes furent actionnées dans l'ordre adéquat et le passage souterrain se découvrit en un tunnel qui n'avait alors pas été foulé depuis des décennies. Ce tunnel s'étendant sous terre sur pas moins d'une lieue débouchait dans la cave sous l'auberge, au centre du domaine et, comme escompté, du côté intérieur aux murs. Nos braves soldats se battaient à l'entrée alors ouverte tandis que les engeances se déversaient à l'extérieur par l'accès en question. La décision de poursuivre la progression dans la place forte plutôt que de venir aux nôtres – en prenant l'ennemi à revers – fut difficile à encaisser sur le coup. Le groupe se faufila donc dans le dédale de ruelles du domaine, libérant certains sujets en cage n'ayant pas encore donné de leur vie dans de sombres rituels. Les occupants opposèrent alors une certaine résistance, dès lors qu'une meute de chiens constitués d'écorce, de tendons et de magie drust se ruèrent sur nous. Ce lâcher funèbre de chiens nous mit tous à mal, mais ce fut la régente des lieux, une matriarche du Sabbat, qui porte le coup de grâce au capitaine Joseph Poudrenoire. Je n'ai pas eu l'occasion de bien le connaître avant la campagne, mais il semblait être un capitaine apprécié par ses hommes. Autoritaire dans le ton, il a su guider les soldats de la Croix de l'Amirauté et donner de sa vie pour la reprise du domaine Tertrebois. Son nom ne sera pas oublié. La matriarche fut un adversaire redoutable, autant que les assemblages drusts. Elle parvint à craqueler la terre en y faisant jaillir des émanations qui emportèrent le capitaine, gisant dans la faille et déjà bien amoché. Venir à bout de la matriarche eut pour effet de semer la cohue et la débandade dans les rangs de l'ennemi. La tête pensante et décisionnaire coupée, le corps constitué de sbires se dispersa aux quatre coins des bois, désertant le champ de bataille. Bien que le domaine ait été repris, nul chant de victoire fut entonné cette nuit-là. Une victoire, certes, mais une victoire à la Pyrrhus. Les pertes furent considérables, toutes maisons confondues, et les blessés nombreux. Nous avons payé le prix fort lors de cette reprise, le prix du sang de nos vaillants soldats, mais aussi le nôtre et celui de nos relatifs. Un mois après la chute de notre domaine à la suite des attaques des sorcières du Sabbat Malecarde, j’étais toujours aux côtés des forestiers, les aidant tant bien que mal à repousser les trop nombreuses attaques des assemblages drusts et autres abominations sans nom contre les différents avant-postes et campements avoisinant Ruisseval. En vérité, j’avais commencé à perdre la notion du temps : bien que chaque jour fût différent du précédent, notre principale préoccupation était de survivre. En dépit de mes connaissances en chasse et en herboristerie, cela n’était pas facile, au contraire. L’influence du Sabbat Malecarde et de la magie drust sur la faune et la flore locales étaient si néfaste que là où prospéraient auparavant plantes et gibiers, nous ne trouvions plus que des carcasses infestées de vers et des plantes fanées, corrompues par la magie noire et donc inexploitables pour réaliser une quelconque potion. Je savais que mes frères, sœurs, cousins et cousines avaient rallié la capitale avec le reste des réfugiés afin de se mettre à l’abri le temps que la situation se calme. Il m’était évident que Lesfred préparait déjà un plan de reconquête du domaine et même de notre région natale. Cependant, je ne pouvais pas les rejoindre. Prendre la route seul, avec un cheval blessé et trop peu de provisions, était impensable. Les routes étaient déjà dangereuses avant que la malédiction du Sabbat ne s’abattît sur nous ; il fallait être fou pour entamer un si long voyage seul. À chaque carrefour, les bandits et les sorcières se tenaient en embuscade, prêts à attaquer ceux qui auraient eu la témérité – ou bien la sottise – de s’aventurer sur les chemins. Ces raisons me poussèrent à prendre donc la résolution de rester en compagnie des braves forestiers qui constituaient alors l’une des principales résistances contre le Sabbat Malecarde. Ma condition de noble fut mise de côté et tout confort quel qu’il soit disparut de ma vie. Nos nuits étaient aussi mouvementées, voire plus, que nos journées. L’obscurité était favorable aux assauts des sorcières et des truands, il n’était pas rare que nous fussions réveillés en pleine nuit par des cris d’alerte poussés par ceux qui montaient la garde. Les batailles se soldaient trop souvent par une défaite de notre camp et une retraite stratégique. Nous étions en infériorité numérique et tout le temps pris de court par l’irruption des combats dans nos camps. Battre en retraite n’était plus de la lâcheté mais du pragmatisme. Malgré cela, nos effectifs diminuaient progressivement. Le dernier campement que nous établîmes avant qu’une lueur d’espoir ne renaquît se trouvait près du glacier de Gol Koval, au sud de Drustvar. Beaucoup de forestiers étaient déjà tombés au combat ou blessés, donc inaptes à défendre le camp. En fait, nous n’étions plus que trois en pleine possession de nos moyens : les forestiers Rebecca et Wons, et moi. Néanmoins, ce fut le camp qui tint le plus longtemps, et pour cause : nous fûmes soutenus par le légendaire ordre des druides parlépines, dont l’existence était jusqu’alors encore incertaine. L’aide qu’ils nous apportèrent fut une bénédiction. Le camp n’aurait sans doute pas tenu une nuit de plus sans leur apparition lors d’un combat contre un groupe bien trop nombreux de sorcières. Comme une bonne nouvelle en apporte souvent une autre, un heureux événement se produisit quelques jours à peine après l’établissement du camp : les différentes maisons nobles de Kul Tiras, dont la famille Tertrebois, s’y rendirent après avoir entendu parler de celui-ci grâce aux rapports des éclaireurs. Les retrouvailles furent joyeuses, bien que courtes, surtout avec mon frère Lesfred et ma cousine Yngvild. J’appris par la même occasion le décès de feu mon cousin Kasper, tombé lors de la reconquête du domaine Tertrebois. Mais nous n’avions pas de temps à perdre à discuter, et nous nous rendîmes aussitôt au glacier de Gol Koval, accompagnés des Parlépines et des deux forestiers susnommés. Sur la route, nous tombâmes sur un campement dans un état déplorable, dont nous ignorions l’existence jusqu’alors. Les cadavres jonchaient le sol, une odeur putride de chair en décomposition régnait tout autour de nous et les corbeaux croassant s’agglutinaient autour des corps sans vie, se battant pour la « nourriture ». Nous identifiions ce campement comme étant celui de la maison Howard, établi dans le but d’évaluer la menace du Sabbat. La gravité se lisait sur nos visages et tout le monde se demandait silencieusement ce qui avait bien pu se passer. Il ne nous fallut que très peu de temps pour le comprendre : au centre du campement se trouvait une cage en fer aux barreaux rouillés et tachés de sang. Dans cette cage métallique était enfermé le seigneur Howard, dont les cris ne tardèrent pas à retentir tout autour de nous, résonnant dans les bois. La cause de ces cris fut très rapidement déterminée : une sorcière du Sabbat Malecarde se trouvait à peine à un mètre de la cage et s’amusait à torturer son prisonnier, usant de la magie drust pour tourmenter son esprit. Fort heureusement, elle ne s’attendait visiblement pas à croiser notre chemin : en large supériorité numérique, nous nous débarrassâmes rapidement de cette vile sorcière et pûmes libérer le prisonnier qui, bien que très mal en point, prit la décision de rejoindre notre groupe pour nous accompagner jusqu’au glacier de Gol Koval. Nous y découvrîmes à notre plus grande surprise un véritable champ de bataille : les druides parlépines combattaient des assemblages drusts, ainsi que d’étranges golems lévitant constitués de blocs de glace. Notre sang ne fit qu’un tour et nous leur apportâmes aussitôt notre aide. Très rapidement, l’une des Parlépines du nom de Morweyn Parle-Bois nous apprit que ces créatures malfaisantes étaient mues par une énergie délivrée par des stèles drusts, au nombre de quatre. Elles se trouvaient dans le glacier et il était facile de les remarquer : de grands monolithes de pierre grise, desquels émanait la tristement célèbre lueur bleue caractéristique de la magie employée. Bien que nous n’eussions qu’une très vague idée de comment combattre les assemblages, notre stratégie fut évidemment d’attaquer le mal à sa source et d’aller détruire directement les stèles, espérant que cela puisse mettre nos assaillants hors d’état de nuire. Cela aurait été tâche bien ardue si l’un des membres de notre groupe n’avait pas été un maître d’armes et artilleur de renom, qui avait en sa possession un canon dont la puissance était suffisante pour détruire les stèles. Combattant çà et là des golems et autres abominations et accompagnés de la Parlépine Parle-Bois, nous détruisîmes successivement les stèles, ce qui eut pour effet immédiat de disloquer les assemblages d’os, mettant ainsi fin à de nombreux combats et libérant le champ de bataille. Il était cependant bien trop tôt pour crier victoire. Un rapide état des lieux mit en évidence les pertes que subit le camp des Parlépines. Gisant entre les pierres glacées, restes des élémentaires qu’ils avaient dû affronter, les druides transformés gravement blessés ou pire étaient trop nombreux. Nous n’eûmes pas le temps de souffler, ni le silence de s’installer sur le glacier – qui avait pourtant retrouvé un semblant de calme après la destruction de la dernière stèle par notre groupe. Un colosse de plusieurs mètres de haut, entièrement fait de pierre et de glace, aussi terrifiant que gigantesque, se réveilla alors. Ce vestige des anciens temps, gardien du glacier de Gol Koval, était visiblement déterminé à venger la destruction des stèles et ne nous laissa que peu de temps pour réfléchir à un moyen de le combattre. La peur emplit nos cœurs. Comment allions-nous nous débarrasser de ce titan ? Les plus courageux d’entre nous allèrent directement au corps-à-corps, mais il était évident que nos pauvres attaques n’auraient aucun effet sur lui. À part effriter quelque peu la pierre et la glace, les coups d’épées répétées et les flèches tirées ne servirent quasiment à rien – ce qui n’étonna personne. Les attaques de la sentinelle étaient quant à elles bien plus dévastatrices : elle balayait le groupe de ses immenses bras et jambes, en éjectant plus d’un sur plusieurs dizaines de mètres de longueur. Elle essaya également, en vain, d’écraser ceux qui étaient le plus près d’elle. Ce qui nous permit finalement de la terrasser furent les actions combinées de l’artilleur, mon frère et moi. Malgré une certaine difficulté à mettre le canon en place, ce dernier étant tombé préalablement dans un ravin, notre efficacité fut telle que les trois boulets tirés heurtèrent puissamment la jambe gauche du colosse, la détruisant ainsi. Il s’effondra alors au sol, tout souffle de vie le quittant, devenant de nouveau un élément du décor figé à jamais. Notre victoire n’était que partielle. Beaucoup de ceux qui avaient osé se rendre au corps-à-corps pour combattre la sentinelle étaient blessés et la Parlépine Parle-Bois, dont le soutien avait été crucial, était très mal en point, ayant reçu plusieurs coups répétés de la part du titan alors qu’elle l’attaquait en hauteur, métamorphosée en oiseau. Tous évidemment très fatigués par ce combat de longue haleine et ceux que nous avions disputés avant, notre périple ne s’arrêta pas là. Les plus observateurs remarquèrent qu’à l’intérieur du colosse trônait un joyau runique, une magnifique pierre scintillante de la taille d’un poing fermé. Nous ne savions pas exactement de quoi il s’agissait, mais cela avait sans nul doute un lien avec la magie qui animait son propriétaire. Nous le récupérâmes précautionneusement et, avant d’entreprendre notre prochaine et dernière étape de cette longue journée, ramenâmes avant tout les blessés au camp. Ils furent pris en charge par le druide parlépine Bourlaie. Pendant ce temps, Morweyn Parle-Bois nous dévoila notre ultime destination avant que nous puissions rentrer nous reposer : le sommet du mont Cortis. La destination nous parut singulière de prime abord : qu’allions-nous faire dans ces montagnes désolées, où même les plus courageux alpinistes n’osaient parfois pas s’aventurer, tant les chutes de neige étaient importantes ? En vérité, nous avions tous une petite idée, mais personne n’en était absolument sûr. J’espérais en tout cas que mon hypothèse s’avérât. La magnificence de la traversée marqua un contraste avec ce que nous venions de vivre au glacier. Les sabots de nos chevaux s’enfonçaient dans la neige jusqu’à plusieurs dizaines de centimètres, voire un mètre entier, produisant ce bruit caractéristique qui me rappelait mon enfance et les expéditions que mon frère et moi menions à l’improviste, maintenant si lointaines. Jamais nous n’aurions pensé que les forêts que nous connaissions si bien, où nous avions grandi, ne subiraient une telle corruption. La gangrène sabbatique qui rongeait notre pays nous désolait au plus haut point, mais créait également en nous un désir de vengeance. Nous étions prêts à tout pour prendre notre revanche contre le Sabbat Malecarde et redonner à Drustvar sa prospérité et son calme caractéristiques d’antan. Plus l’ascension avançait, plus nous avions l’impression de quitter la réalité. Nous surplombions un tapis de végétation, les forêts formant de grandes étendues vertes dont nous ne pouvions voir le bout à cause des nuages et de l’obscurité naissante. Le voyage était silencieux. Des bourrasques de vent frappaient régulièrement le pan de la montagne, faisant hennir et tanguer nos chevaux et soulevant de la neige. Au fur et à mesure que nous montions, les flocons qui tombaient étaient de plus en plus gros, et la neige de moins en moins praticable. Nous avions quitté tout sentier battu, traçant notre route à travers un chemin qui n’avait pas été emprunté depuis des décennies au moins, sinon des siècles. Notre confiance envers la druidesse Parle-Bois était totale. Certains d’entre nous profitèrent du moment de répit et de la majesté du paysage pour le contempler. L’air était pur et frais, bien que se faisant plus rare comme nous montions. Nous ne voyions plus que le blanc de la neige et des nuages, mais nous avancions bien, emboîtant les pas de la Parlépine. Et finalement, au terme d’une longue grimpée, un plateau se dévoila à nous. Nous étions arrivés à destination. Il va sans dire que notre ébahissement augmenta de plus belle. En ce lieu reclus et inaccessible se trouvait le sanctuaire des druides parlépines, véritable havre de paix où ils pouvaient vivre en harmonie avec la nature. Cet ordre druidique qui n’était jusqu’alors qu’une légende existait donc bel et bien, et nous nous trouvions en son cœur. Morweyn Parle-Bois nous guida alors dans la grotte centrale et la rencontre que nous fîmes fut des plus déroutantes : en son sein nous attendait le vénérable Ulfar, chef de l’ordre. Notre discussion avec lui fut des plus intéressantes tant il nous révéla de choses sur l’ordre des Parlépines et la situation actuelle en Drustvar. Sa sagesse était infinie. Une fois la discussion terminée, Morweyn Parle-Bois lui remit l’artefact extrait de la dépouille du titan que nous avions combattu. Nous ne pouvions garder en notre possession un objet d’une telle puissance. Cette discussion nous révéla quelle serait notre prochaine destination : la Forêt Cramoisie, qui grouillait de sorcières du Sabbat Malecarde. Après avoir longuement remercié Ulfar, nous quittâmes sa tanière. Nous sentions tous que nous n’avions pas notre place ici. Ainsi, nous nous dépêchâmes de remonter sur nos chevaux et quittâmes ce fabuleux lieu. La descente fut bien plus rapide que la montée : nous étions tous fatigués, pressés de rentrer au domaine Tertrebois pour pouvoir nous remettre de nos émotions et profiter d’une nuit de sommeil, avant de repartir pour la Forêt Cramoisie aussi tôt que possible. Personnellement, il me hâtait de retrouver le domaine, que je n’avais pas vu depuis bien trop longtemps. La nuit était déjà bien tombée quand le voyage s’acheva. Tous exténués et désireux d’aller nous reposer, nous rejoignîmes chacun nos quartiers afin de réfléchir à tous les événements auxquels nous venions d’assister. La purgation du glacier de Gol Koval marqua la fin de la reconquête de l’Est de Drustvar et un tournant majeur dans l’histoire de la reconquête. La bataille du glacier de Gol Koval en avait ébranlé plus d’un. Les choses sérieuses commençaient et nos adversaires se montraient de plus en plus redoutables et difficiles à vaincre, en témoigne le dernier combat que nous avions eu à disputer contre la titanesque sentinelle de glace. Notre repos fut cependant de très courte durée : quelques jours à peine après notre victoire à l’Est de Drustvar, l’ensemble des maisons nobles engagées dans la reconquête fut contactée par dame Lucille Malvoie. Une fois arrivés sur place, cette dernière nous convoqua dans le bâtiment principal de la ville, afin de nous donner des instructions sur la suite des événements. C’est ainsi que nous apprîmes que notre destination était Butte-du-Faucon, village drustvari bordant la mer, dont le destin était au mieux incertain. L’Ordre des Braises, mené par l’inquisitrice Aubeclaire, nous y attendait. Le temps jouant contre nous, nous nous lançâmes aussitôt en destination dudit village. De nouveau, nous chevauchions à travers les montagnes. La traversée était cependant bien plus pénible cette fois-ci. L’ancien chemin venait d’être libéré de l’occupation du Sabbat, ce qui n’enlevait qu’une partie de sa dangerosité. Très escarpé et pentu, nos chevaux eurent du mal à se frayer un passage. Avançant en file indienne, nous n’avions qu’une hâte : rejoindre Butte-du-Faucon et quitter ce périlleux chemin. Nous ne savions pas ce qui nous y attendait et à vrai dire, nous redoutions le pire. Nous quittâmes donc rapidement le chemin enneigé et pénétrâmes dans la Forêt Cramoisie. L’atmosphère était toujours aussi lourde, les bois encore moins accueillants. Cette fois-ci, la source de nos craintes n’était pas les bêtes sauvages mais les sorcières du Sabbat Malecarde, qui abondaient dans cette forêt à en croire les dires des Parlépines. Passer du blanc immaculé de la neige au rouge sang qui teintait les feuilles des arbres était assez déroutant. Nous arrivâmes finalement à portée de vue de Butte-du-Faucon et mon cœur rata un battement en découvrant le chaos qui y régnait. Le village était en proie aux flammes. Une fumée noire opaque montait des maisons, venant se confondre avec les nuages en altitude, et je me demandai comment nous avions fait pour ne pas la voir avant tant elle était importante. L’incendie qui ravageait les maisons, faisant tomber des pans de mur et des parties de toiture, était impressionnant au bas mot. Malgré la distance relative qui nous séparait du village, il était aisé d’observer son effervescence. La place principale était noire de monde, mais les combats faisaient aussi rage sur les quais. Des chaloupes étaient dispersées au large des docks, les citoyens paniqués s’agglutinant autour de celles-ci afin de tenter de s’éloigner du danger au plus vite. Des gardes arborant les couleurs de Drustvar étaient aux prises avec des sorcières et des assemblages magiques, bien trop nombreux à mon goût. Nos inquiétudes s’avérèrent : Butte-du-Faucon était en état de siège. Cachée à moins d’une lieue du village, nous retrouvâmes l’inquisitrice Aubeclaire. Chacun mit pied à terre, attachant sa monture aux clôtures, et on nous fit un rapide bilan de la situation. En fait, il n’y avait pas grand-chose à dire à part que c’était le chaos total. Les flammes progressaient, s’étendant sur tout le village, et les pertes du côté de nos alliés étaient déjà conséquentes. Ainsi, nous n’avions plus qu’une seule chose à faire : prendre notre courage à deux mains et mener la charge vers Butte-du-Faucon afin de la libérer. En hâte, nous dévalâmes la pente qui menait jusqu’au bourg, suivant l’inquisitrice. Le rapide état des lieux fut marquant : des dizaines de cadavres jonchaient le sol, certains dévorés par les assemblages réanimés. Les gardes avaient érigé trois barricades de fortune, protégeant sommairement l’accès au port du village, où les villageois étaient évacués. Ils étaient débordés et hurlaient de tous les côtés. À peine arrivés, les combats s’engagèrent. Les sorcières nous avaient entendus et s’étaient préparées à nous recevoir. Malgré les sortilèges lancés, elles n’arrivèrent cependant pas à interrompre notre charge. Les armes étaient déjà sorties de leurs fourreaux, brandies et prêtes à découper. Mais les créatures qui nous faisaient face, étranges assemblages de bois et de magie drust, étaient très résistantes. Nos coups n’étaient pas assez puissants pour les faire tomber rapidement et nous fûmes nombreux à ressortir blessés de ce premier combat. Néanmoins, avec l’aide des gardes, nous parvînmes à nettoyer – temporairement – la place principale. Les villageois prisonniers restés du mauvais côté du village et coincés dans des emprises de magie noire furent libérés et purent ainsi rejoindre les quais afin d’évacuer la zone. Mais la bataille n’était pas finie, bien au contraire : elle ne venait que de commencer. Un calme relatif était revenu sur le village de Butte-du-Faucon. Les rares créatures et sorcières encore en vie se repliaient vers la lisière de la Forêt Cramoisie, mais nous savions qu’elles n’avaient pas dit leur dernier mot. Nous profitâmes de cet instant pour faire un état des dégâts dans notre camp. Beaucoup de gardes étaient tombés et certains d’entre nous étaient grièvement blessés. Heureusement, les potions que j’avais concoctées avant de rejoindre la Ferté – une dizaine tout au plus – suffirent à les remettre sur pied. L’incendie n’était toujours pas éteint mais c’était le cadet de nos soucis. Autour de nous, un malaise était palpable, quelque chose se préparait. Ce n’était que le calme avant la tempête. La forêt s’agitait et commençait à gronder. Des hurlements d’origine inconnue nous parvenaient d’entre les arbres, menaçants. Il y avait beaucoup de mouvement, mais la distance qui nous séparait des bois était telle que nous ne pouvions voir ce qu’il se tramait. Les secondes paraissaient longues et nos mains se resserraient sur nos épées. Finalement, des sorcières et des assemblages malfaisants commencèrent à se masser à la sortie de la forêt. Leur objectif était clair : lancer une charge massive et mener un ultime assaut sur Butte-du-Faucon. Nous devions donc rapidement prendre une décision et établir une stratégie pour les repousser. Encore une fois, nous étions en large infériorité numérique. Seule une petite dizaine de gardes du village subsistait à nos côtés et notre groupe n’était constitué que d’une vingtaine de combattants, déjà blessés par les combats précédents. Le temps s’accéléra alors et nous ne disposâmes que de quelques minutes pour nous préparer. Naturellement, notre stratégie fut de répartir le reste de nos forces sur les trois barricades encore debout pour les défendre corps et âme. Si ces barricades tombaient, les sorcières auraient un accès direct aux quais et pourraient décimer les civils encore nombreux qui tentaient d’évacuer la zone. La première barricade, la plus proche de la lisière, fut occupée par les soldats de la Croix de l’Amirauté, menés par le major Cyrène Bouclevent. Mon frère Lesfred et moi décidâmes de défendre la seconde barricade intermédiaire, accompagnés d’une poignée de gardes encore en état de combattre. La maison Dreux et les inquisiteurs de l’Ordre des Braises furent assignés à la protection de la dernière barricade, qui donnait sur la place principale. Après nous être tous mis en place, plus personne ne dit mot. Nous savions que l’issue de cette bataille déterminerait le destin de Butte-du-Faucon, et peut-être même de Drustvar tout entière. Mais nous étions prêts à combattre, mus par le désir de défendre la terre qui nous a vus naître et grandir. J’empoignai mon épée bien fermement, prêt à en découdre, et vis les autres faire de même. L’assaut final pouvait débuter. Les grondements s’intensifièrent, toujours aussi menaçants. Tout à coup, des hennissements de chevaux, véritables hurlements de douleur et de détresse, retentirent à travers la forêt. Ces stridences nous glacèrent le sang. Les chevaux jaillirent au galop dans le bourg, fuyant le danger. Je ne voyais pas le mien et craignais le pire, déjà attristé à l’idée de perdre ma fidèle monture. La première vague d’ennemis déferla à leur suite à une vitesse ahurissante, nous ne les avions même pas vus arriver dans la panique. Une meute de chiens du Sabbat, agiles et véloces, chargea les trois barricades. Ils étaient nombreux et très agressifs, mais aussi peu résistants. Sans trop de difficultés, les chiens furent décimés par nos coups efficaces et précis. Les créatures qui arrivèrent ensuite étaient bien plus répugnantes. D’apparence humanoïde, elles étaient constituées d’un assemblage de chair cousue et de bois, le tout surmonté d’une affreuse tête de porc en décomposition. Ces horribles engeances témoignaient de la folie de leurs créatrices. Pour certaines d’entre elles, les mains avaient même été amputées et remplacées par de longues armes tranchantes dévastatrices. Les lames étaient rouillées, déjà teintées de sang séché. Il s’agissait là d’adversaires bien plus redoutables que les chiens d’avant. Pour faire tomber ces créatures résistantes et féroces, il fallait que l’on s’y mît à plusieurs. Nombre d’entre nous – dont moi – reçurent des coups de lames, qui se montrèrent aussi tranchantes que les nôtres malgré leur aspect dépravé. La troisième vague se confondit avec la deuxième : de nouveaux assemblages réanimés vinrent prêter main forte aux hommes-porcs. Malgré les nombreuses effusions de sang et les dégâts qu’elles causaient, nous les repoussâmes et les barricades tenaient toujours. Alors que les combats continuaient, un grondement rauque et puissant se fit entendre au loin. Les arbres bougeaient beaucoup, les branches craquaient. Alors une vision d’horreur s’offrit à nous : un massif Brise-siège jaillit d’entre les arbres de la lisière, piétinant tout sur son passage. Seuls les soldats de la Croix de l’Amirauté purent d’abord le voir, car les deux dernières barricades étaient cachées par les maisons encore en proie aux flammes. Haut de plusieurs mètres, ses jambes étaient de véritables troncs d’arbre et son bras gauche une épaisse masse en bois entremêlée d’échardes à la taille impressionnante. En sa cage thoracique se trouvait une masse de crânes humains entassés et agonisants, tous imprégnés de magie drust. Cette infernale vision en fit flancher plus d’un et j’en ai froid dans le dos rien que de m’en rappeler. Ce furent les hurlements de ceux protégeant la première barricade qui nous alertèrent du danger. Les combats continuaient de faire rage de tous les côtés mais le Brise-siège avançait en direction du village, déterminé à tout raser sur son passage. Il piétinait les barrières qui entouraient la ville sans aucun problème. Rien ne pouvait l’arrêter dans sa progression. Une fois arrivé au niveau de la première barricade, il la balaya de deux puissants coups de masse, l’envoyant au loin. Il ne faisait aucune distinction entre ses alliés et ses ennemis : il se contentait de frapper, d’écraser, de piétiner ; de tuer. Quémandant notre soutien pour combattre ce colossal monstre, les soldats de la maison Peinsbourg n’obtinrent aucune réponse car nous étions tous occupés à défendre les deux autres barricades, qui étaient la cible des autres assemblages encore en vie. Le Brise-siège continuait néanmoins son avancée et le combat était rude. Les coups d’épées et flèches tirés ne suffisaient pas à l’arrêter et chacun de ses coups de masse envoyait dans la falaise les soldats. Pendant ce temps, il attrapait dans sa main libre ceux qui se trouvaient à portée et les broyaient sans aucune forme de pitié. Au niveau des deux autres barricades, beaucoup tombaient également sous les coups des assemblages. Nous étions nombreux à être passés très près de la mort ce soir-là. Néanmoins, l’ingéniosité de la Croix de l’Amirauté eut raison du colosse. Utilisant les torches qui se trouvaient dans la ville, les combattants mirent feu au Brise-siège, ce qui eut un effet redoutable étant donnée sa composition de bois. Après un combat acharné et de longue haleine, la bête embrasée finit par s’écrouler, ayant tout de même réussi à passer la première barricade et piétiner ou broyer de nombreux gardes de Butte-du-Faucon. La matriarche du Sabbat à l’origine de ce siège se montra finalement. Affaiblie par la perte de ses sbires et déjà blessée, elle fut rapidement tuée par ceux qui étaient encore en état de se battre – c’est-à-dire pas grand monde. Alors que le calme revenait finalement sur Butte-du-Faucon, nous libérâmes l’apprenti Martin Webb, au service de l’alchimiste Warren Ashton. Il nous apprit alors que ce dernier fut enlevé par les sorcières du Sabbat lors de l’assaut, alors qu’il travaillait sur une concoction de feu liquide. Il y avait beaucoup de blessés et trop de cadavres qui jonchaient le sol. Les médecins de combat prirent directement en charge ceux qui étaient le plus mal en point, mais notre victoire était encore incomplète. Le village nécessitait d’être entièrement reconstruit, les flammes ayant ravagé toutes les maisons, et beaucoup de gardes étaient morts. Cependant, la majeure partie des citoyens avaient pu être évacués par la mer, ce qui nous rassurait quelque peu. Ainsi, les dires des Parlépines se révélèrent vrais. La Forêt Cramoisie était bel et bien occupée par le Sabbat Malecarde et il était de notre devoir de la libérer. Le sauvetage de l’apprenti Webb nous apprit par la même occasion notre prochain objectif : nous rendre au cœur de la forêt et libérer l’alchimiste Ashton des griffes du Sabbat. Nous savions tous que nous nous rapprochions peu à peu de la source du mal et nous redoutions déjà les prochaines batailles, qui allaient se montrer bien plus rudes que les précédentes. Le temps dont nous disposâmes pour soigner nos blessés et nous remettre de nos émotions de la bataille de Butte-du-Faucon fut très limité. Notre victoire était encourageante et nous réchauffa le cœur, ainsi que celui de nos alliés, mais nous savions que nous n’en avions pas fini avec le Sabbat Malecarde : loin de là. Ainsi, notre prochain objectif était de faire une battue dans la Forêt Cramoisie. Il était primordial pour la suite des événements de sauver l’alchimiste Warren Ashton des griffes des maléfiques sorcières. Selon les dires du maire Leandro Royston, lui et plusieurs villageois furent enlevés au cours du siège de Butte-du-Faucon. Notre première étape fut évidemment de rejoindre l’apprenti Martin Webb au village. Il souhaitait nous accompagner dans la Forêt Cramoisie pour le sauvetage de son maître mais il avait également quelque chose à nous remettre afin de nous aider dans les batailles à venir : l’objet des travaux de l’alchimiste Ashton, le feu liquide. Cette concoction aux propriétés alchimiques incroyables est composée d’un liquide visqueux qui s’embrase au contact de l’air – c’est-à-dire quand la fiole est brisée. Une telle arme se révélait donc autant utile que dangereuse. Nous ne pouvions pas la laisser atterrir dans les mains du Sabbat. Le temps jouant contre nous, nous nous mîmes en route au plus vite. Mon frère et moi, ainsi que la plupart des nobles originaires de Drustvar dans notre groupe, connaissions la Forêt Cramoisie. Quand Drustvar était encore calme et prospère, il s’agissait à mon avis d’une des plus belles forêts de la région, et pour cause : les végétaux qui la composent sont tous d’un magnifique rouge foncé tirant vers le violet, ce qui lui donne un charme atypique. J’avais l’habitude de m’y promener quand j’étais adolescent, soit en compagnie d’Ildiana quand elle m’apprenait l’herboristerie, soit seul pour m’y balader et simplement la contempler. Après la corruption par la magie drust et à mon plus grand désarroi, il n’en était plus rien. Tandis que nous nous enfoncions dans la Forêt Cramoisie, nous découvrions un paysage cauchemardesque. L’air était lourd et vicié, presque irrespirable. Le ciel cramoisi comme à son habitude n’était plus fascinant mais terrifiant, sa couleur nous rappelant que le sang allait couler d’ici peu. Tout autour de nous, nous pouvions entendre des murmures. Ils provenaient des buissons, des arbres, de derrière et de devant nous, mais nous étions incapables de déterminer leur source. Régulièrement, des cris stridents résonnaient à travers la forêt, nous glaçant le sang. Nous les identifiâmes rapidement comme ceux des prisonniers du Sabbat, qui subissaient sûrement une torture innommable. Nous étions tous mal à l’aise. En un bloc, nous progressions sur la route principale traversant la Forêt Cramoisie. Nous étions donc totalement à découvert et les ennemis pouvaient venir de partout. Nous marchions depuis déjà plusieurs dizaines de minutes quand nous vîmes, au loin, une monstrueuse créature qui nous dissuada aussitôt de rester sur ladite route plus longtemps. Colosse d’au moins trois mètres de haut, la bête était faite de bois et de grosses échardes. De tout son corps émanait la lueur bleutée que nous connaissions tous trop bien, indiquant clairement son allégeance au Sabbat Malecarde. Cette brute nous rappela le massif Brise-siège de la bataille de Butte-du-Faucon. Elle n’était pas seule : au moins deux colosses patrouillaient, prêts à anéantir les premiers intrus à passer sous leurs yeux. À défaut de les combattre, nous prîmes la prudente décision de quitter la route et de nous engager sur des chemins plus escarpés qui nous permettraient une progression plus lente, mais aussi plus sûre. De toute façon, nous devions rejoindre l’inquisitrice Aubeclaire de l’Ordre des Braises avant de faire quoi que ce soit. Par chance, nous n’eûmes pas à chercher très longtemps. Après avoir escaladé plusieurs buttes et longé des sentiers effacés par le temps, notre groupe rejoignit l’inquisitrice. Nous étions maintenant très proches du cœur de la Forêt Cramoisie et, à y repenser, nous aurions dû nous douter que quelque chose de redoutable se tramait. En rejoignant l’inquisitrice, nous fîmes d’une pierre deux coups : elle avait entre-temps mis la main sur l’alchimiste Ashton. Sous les racines d’un gigantesque arbre, entre plusieurs torches en forme de crâne desquelles émanaient des flammes bleues, les sorcières avaient installé trois cages de bois et d’os. Dans ces cages étaient enfermés l’alchimiste Ashton ainsi que deux citoyens de Butte-du-Faucon. Un seul sbire les surveillait, nous n’avions donc pas de temps à perdre. Il fallait agir vite et efficacement. Étant situés en hauteur par rapport à l’assemblage ridiculement petit en comparaison de ce que nous avions pu affronter avant, nous pouvions le prendre de court et profiter de l’effet de surprise pour effectuer un assaut éclair. Ni une ni deux, l’inquisitrice ouvrit la marche – ou la course, plutôt – et descendit de la butte sur laquelle nous nous trouvions, empruntant un chemin très escarpé. Non sans mal, nous la suivîmes, tout en faisant attention car nous nous rapprochions sensiblement de la route principale où les colosses continuaient leur patrouille. Progressant en accordéon, nous fîmes de la végétation luxuriante un avantage et avancions discrètement jusqu’aux prisonniers. En très large supériorité numérique, nous n’eûmes aucun mal à abattre le sbire, ni à libérer les prisonniers de leur cage de fortune. Ils étaient dans un état déplorable, vêtus de haillons, sales, présentant des blessures sur l’ensemble de leur corps. Leur état physique n’était cependant pas ce qui nous inquiétait le plus. La torture qu’ils avaient dû subir était indicible, abjecte. Non loin de l’alchimiste, qui se joignit à nous pour la suite des événements, la Forêt Cramoisie battait son plein au travers de rites. L’air semblait virer par instants, nous pouvions presque sentir la magie noire se répandre autour de nous. Autour d’une structure mégalithique circulaire composée de pierres de grande dimension gravées de runes drusts, trois matriarches s’affairaient à canaliser la magie du Sabbat, orchestrant un rituel des plus maléfiques. Les trois sorcières étaient répugnantes, au bas mot. Elles lévitaient au-dessus du sol et ne portaient qu’une longue robe noire déchirée par endroits, à laquelle étaient accrochés de nombreux crânes humains. Leurs peaux grisâtres semblaient être en décomposition et leurs visages déformés ne nous inspiraient que de l’horreur. Nous ne savions pas ce qu’elles préparaient mais l’ampleur du rituel avait l’air d’être conséquente. Une chose était sûre : nous devions les interrompre. Ces sorcières étaient bien plus redoutables que toutes celles que nous avions pu affronter auparavant. Véritables généraux et têtes pensantes du Sabbat Malecarde, les matriarches Elsbeth Garrick, Stéphanie Antrevert et Espéra Sylvenoire étaient connues du grand public. Elles disposaient de capacités magiques largement supérieures à celles de leurs sbires. Entre les stèles s’élevaient jusqu’à la cime des arbres des ombres bleutées, qui nous inspiraient un certain malaise malgré la distance entre notre groupe et les sorcières. Ne sachant pas à quoi aboutirait le rituel, nous dûmes nous dépêcher d’agir. Le groupe se scinda en trois et, empoignant fermement épées et arcs, nous chargeâmes. Mais les matrones du Sabbat étaient aussi résistantes que puissantes et encaissaient fermement nos coups, tout en lançant moult sortilèges dévastateurs. Cependant, concentrées sur le combat et prises de court, elles ne pouvaient pas continuer le rituel. À ce moment, le feu liquide se révéla plus utile que jamais. Nous embrasâmes les robes des sorcières avec celui-ci, lançant les fioles contre nos adversaires – ce qui était dangereux, étant donné la proximité de certains combattants. Mais au terme d’un combat acharné, nous parvînmes à faire tomber les trois matriarches et à interrompre le rituel. Du moins, c’était ce que nous croyions avant d’assister à une scène qui en dérouta plus d’un. La dernière sorcière en vie, la matrone Antrevert, constatant que ses deux consœurs étaient tombées face à nos coups, se sacrifia pour insuffler les carences liées au rite, parvenant ainsi à l’achever malgré leur défaite. Notre réussite était incomplète et nous ignorions toujours le but du rituel. Dans une incompréhension non amoindrie, nous ne nous laissâmes pas de répit et continuâmes notre progression dans la Forêt Cramoisie. Les choses semblaient s’accélérer au fin fond des bois. Libérant prisonniers de Butte-du-Faucon, abattant sorcières et assemblages, les combats ne s’arrêtaient pas. Mais quelque chose à l’intérieur d’une grotte attira tout particulièrement notre attention : une étrange effigie monstrueuse, faite d’os et de bois, aussi grande qu’un homme. Ce totem, que nous nous empressâmes de pulvériser, était sans doute lié au rituel précédemment interrompu. Une fois les sorcières de la grotte tuées, un certain calme revint dans la forêt. Il n’était pas du tout rassurant, au contraire : il annonçait la tempête à venir. L’alchimiste Ashton en profita donc pour nous faire part de ses découvertes au sujet des sorcières. Il avait remarqué que celles-ci utilisaient des charmes afin de contrôler les assemblages réanimés. Son ingéniosité lui mit en tête l’idée d’en récolter un maximum sur les sorcières et créatures abattues, afin de les combiner pour en créer de plus puissants, qui nous permettraient donc d’asservir les assemblages si d’aventure des créatures plus redoutables venaient à nous faire face. Nous ne nous doutions pas que cela permettrait notre survie dans les heures à venir. Finalement, après avoir nettoyé et examiné la grotte de fond en comble, nous en sortîmes. Enfin, nous arrivâmes à l’épicentre de la Forêt Cramoisie, là où se concentrait toute la magie du Sabbat, en quête de réponses à nos nombreuses interrogations. Gol Inath, gigantesque arbre, se dressait devant nous et nous savions que quelque chose se tramait en dessous. Ce que nous découvrîmes en nous en approchant nous terrifia de plus belle. Un cimetière d’assemblages figés se dressait devant nous. Les monstres inanimés, semblables au Brise-siège que nous avions dû combattre à la bataille de Butte-du-Faucon, donnaient un côté encore plus effrayant à l’endroit. Les flux de magie semblaient se concentrer au sein de l’arbre et nous devions y pénétrer pour y découvrir ce que les sorcières préparaient. Le rituel opéré par les trois matriarches avait forcément quelque chose à voir avec tout cela. Quand nous nous engouffrâmes dans Gol Inath par l’entrée au niveau du tronc, nous enfonçant ainsi dans la terre sous les racines, nous n’imaginions pas un seul moment ce que nous nous apprêtions à vivre. Nous aurions sans doute tous préféré ne jamais nous rappeler cette cauchemardesque expérience. Le décor ne ressemblait absolument pas à l’intérieur d’un arbre. À vrai dire, nous avions plus l’impression de pénétrer dans une crypte. De longs escaliers en pierre descendaient sur plusieurs dizaines de mètres, jusqu’à un endroit que nous ne pouvions voir. L’atmosphère était pensante, l’air que nous respirions lourd. Des racines sortaient de la terre qui constituait les parois de l’endroit, progressant le long des murs et entourant par endroits la roche. Les escaliers étaient reliés entre eux par des plateformes rocheuses et sur chacune de ces plateformes se trouvaient crânes, totems, traces de sang séché et bougies. Le Sabbat avait clairement investi les lieux. Nous nous sentions tous très mal en cet endroit, comme s’il habitait quelque chose de profondément mauvais. De nombreux artefacts drusts à l’aura bleutée pendaient des racines au-dessus de nos têtes. Sous nos pieds, nous pouvions voir un étrange gouffre duquel sortaient les mêmes ombres que celles invoquées par le rituel des trois matrones. Juste à côté se tenait un obélisque, toujours gravé de runes. Des formes indescriptibles bleu turquoise tournoyaient autour. Par moments, j’aurais juré y apercevoir des visages humains à l’expression torturée, comme s’il s’agissait là des âmes tourmentées des victimes du Sabbat. Je pouvais presque entendre leurs cris de douleur. Dès que nous eûmes pénétré dans Gol Inath, nous ressentîmes tous un profond mal-être ; quelque chose n’allait pas, mais personne ne sut encore dire quoi. La réponse à toutes nos interrogations se trouvait en bas, au fond de la cavité. Plus personne ne parlait. Nos lourds pas résonnaient à travers l’antre, alors que nous descendions les escaliers en file indienne. Bien que large, ils étaient fissurés voire cassés par endroits. Jamais personne n’aurait cru découvrir cette crypte sous l’arbre. Le silence pesant, l’ambiance anormale, notre appréhension croissante, rien n’allait. Tout le monde avait la main sur le pommeau, prêt à dégainer au moindre bruit ou mouvement. Et plus nous nous enfoncions dans l’abîme, plus nous avions l’impression de quitter le monde pour pénétrer dans le royaume des morts. La grotte était large, mais nous nous sentions tous à l’étroit et observés. La véritable peur, voilà ce que nous ressentions. Celle qui peut vous figer sur place, vous faire perdre tous vos moyens, la peur qui rend fou. C’était un cauchemar éveillé. Finalement, en atteignant la deuxième plateforme, nous pûmes voir ce que le fond de la grotte abritait. Un portail en forme d’arche, haut de trois mètres, était installé contre la paroi de terre. Autour de celui-ci, d’autres monolithes canalisaient la sombre magie drust. L’arcade n’était en fait que la structure du portail et les monolithes le maintenaient actif : le portail en lui-même ressemblait à un grand mur anthracite et bleu foncé, duquel jaillissaient des émanations de magie noire. Les sombres sortilèges qui alimentaient le portail puisaient leur pouvoir dans le désespoir, la désolation et le chaos. Nous redoutions tous sans oser le dire ce qui allait se passer. Car, en vérité, nous savions ce qui allait sortir du portail, et pourquoi il avait été érigé. Mais personne n’était prêt. Personne n’est jamais prêt à vivre cela. Le rituel avait ravivé une ancestrale menace. Ce qui n’était plus qu’un souvenir des temps immémoriaux pour beaucoup se tenait devant nous, plus réel que jamais. Tout devint plus sombre, comme s’il ne restait plus que la mort et l’affliction avec nous. La grotte s’assombrit – ou peut-être ne fût-ce qu’une impression, un voile de noirceur s’abattant sur notre esprit. Jamais nous n’eûmes ressenti une telle épouvante. Même les plus braves tremblaient devant cette vision qui instillait le frisson et la démence dans nos esprits. Calamité des premiers Tirassiens, gargantuesque abomination, seigneur des Terres Brûlées, roi des Drusts, incarnation de la mort, Gorak Tul jaillit du portail, se dévoilant enfin après son éternel exil dans les confins de ce monde. Rien que sa vision porta un coup à notre santé mentale. Ses émanations sépulcrales et occultes nous plongèrent dès son arrivée dans un tourment innommable. Il était immense. Son corps semblait attirer toute lumière et tout espoir, ne laissant de place qu’à la froideur et la souffrance. Comment avions-nous fait pour trouver le courage de nous lancer au combat impétueusement et mener la charge contre le seigneur de la mort ? La réponse à cette question demeure inconnue à ce jour. S’agissait-il même d’héroïsme intrépide ou de folle témérité ? Quoi qu’il en fût, nous étions bloqués avec Gorak Tul dans cette grotte et la seule échappatoire était de le vaincre d’une manière ou d’une autre, et ce quel qu’en fût le prix à payer. Peut-être aussi fut-ce la prouesse d’Arom Malvoie et de ses hommes qui quelques siècles auparavant le repoussèrent qui nous inspira. Nous étions mus par une force d’âme ineffable et insensée. Le combat fit rage aussitôt qu’il commença. Dans la mêlée, les coups d’épées partaient dans tous les sens, mais aucun n’égratignait à peine le roi des Drusts. Les flèches et les fioles de feu liquide, tirées et lancées à la va-vite et avec imprécision, eurent un effet tout aussi insignifiant. Nous avions vraiment l’impression de n’être rien face à lui. Ses attaques étaient bien plus destructrices. Tout autour de nous, les sortilèges volaient et mettaient à mal quiconque les recevait. Faisant également de sa force monstrueuse et sa taille inhumaine des avantages, il balayait sans peine ceux qui se trouvaient le plus proche de lui. Certains d’entre nous furent plongés dans une torpeur sans nom. Les maléfices les envoyaient dans les recoins les plus sombres de leurs esprits, faisant d’eux leur propre prison. Mais à chaque fois, nous nous relevions. À chaque fois que nos genoux touchaient le sol, nous puisions dans nos forces, physiques comme mentales, les plus profondes afin de retourner au combat. Il ne s’agissait pas de notre survie, mais de celle de Drustvar, notre terre natale. Nous devions vaincre Gorak Tul. Alors l’impossible se produisit. Je suis tout à fait incapable de vous dire combien de temps le combat dura. Mais au bout d’une lutte acharnée qui sembla durer une éternité, il finit par montrer des signes de faiblesse. Personne ne sut ce qui eut raison de lui, car nos coups d’épées ne lui infligeaient aucune blessure apparente, mais une chose était sûre : Gorak Tul reculait. Il semblait être attiré vers le portail duquel il avait jailli, comme si son royaume le rappelait progressivement. Nous étions fatigués et blessés mais l’espoir rejaillit en nous. Nous le repoussâmes de toute nos forces – du moins celles dont nous disposions encore. Pas à pas, nous le renvoyâmes dans le portail. Contraint de battre en retraite contre son gré, une rage incommensurable naquit en Gorak Tul. Il était fermement décidé à ne pas retourner de l’autre côté mais plutôt à tous nous anéantir. Ses hurlements et sa voix caverneuse témoignaient de sa colère. Mais il était aspiré par le portail et nous étions plus forts que lui. Son corps commença lentement à disparaître à travers l’arche. Cependant, il ne pouvait pas repartir les mains vides. Désespéré et sachant très bien que nous avions gagné, il empoigna par le buste de sa gigantesque main le brave fauconnier Helioth Vivécume, surnommé « Infrangible de la Butte » après ses exploits dans la bataille de Butte-du-Faucon. Coincé dans sa poigne titanesque, nous tentâmes de libérer notre allié, mais rien n’y fit. Son destin funeste était scellé et le seigneur de la mort repartait avec son dû. Affaibli et attiré de nouveau dans son monde, Gorak Tul disparut, emportant Helioth Vivécume avec lui. La grotte commença à s’effondrer sur elle-même, les pierres se délogeaient par endroits et les escaliers craquaient, menaçant de rompre à tout moment. Nous n’eûmes à peine le temps de pleurer le destin de l’Infrangible de la Butte, car le temps jouait de nouveau contre nous. En courant et sans réfléchir, nous nous enfuîmes de Gol Inath. Jamais plus nous ne pourrions voir ce lugubre endroit. Ce n’était néanmoins pas encore fini, loin de là. Au sortir de la grotte, nous nous aperçûmes que le cimetière d’assemblages prenait vie. Chaque créature du Sabbat Malecarde se gorgeait de magie noire et commençait à se mouvoir. Compte-tenu de leur taille et de leur nombre, nous n’aurions rien pu faire sans l’intervention de l’alchimiste Ashton. À ce moment-là, la confection de ses trois charmes combinés se révéla cruciale. Notre survie déjà bancale n’était due qu’à son ingéniosité. Grâce aux charmes, trois d’entre nous – dont moi – purent prendre possession de trois massifs Brise-sièges du Sabbat, semblables à celui que nous avons affronté pendant le siège de Butte-du-Faucon. Nous n’avions aucune idée de la nature de ce qui rendait cela possible mais en tout cas, nous pouvions le faire. Alors que le reste du groupe resta à l’écart et à l’abri, les géants de bois sous notre emprise commencèrent à se battre contre les autres assemblages, bien plus petits que les Brise-sièges. Les colosses de la taille d’une maison suivaient nos ordres et balayaient tout sur leur passage, envoyant dans le décor des dizaines et des dizaines de serviteurs du Sabbat. Un incompréhensible chaos régnait sur le champ de bataille et la cohue était telle que les derniers assemblages encore en vie commencèrent à se disperser aux quatre coins de la Forêt Cramoisie, sûrement rappelés par leurs maîtresses. C’était terminé. La Forêt Cramoisie était libérée de l’influence du Sabbat Malecarde, mais le prix à payer avait été conséquent. L’heure n’était cependant pas aux réjouissances et nous avions une dernière chose à faire avant de rejoindre dame Lucille Malvoie pour lui rendre compte des événements : nous débarrasser des trois colosses que nous contrôlions encore. Il était hors de question qu’ils tombent entre de mauvaises mains. Nous les regroupâmes donc au centre du chemin puis les démembrâmes un à un, avant de disposer en tas leurs restes pour les brûler. Rapidement, le feu d’une torche trouvée sur la route fit disparaître les massives créatures. Il était maintenant temps de rentrer. Bien que ce fût la débâcle pour les forces restantes de la Forêt Cramoisie, qui fuirent sans plus attendre, et que les villageois eussent été sauvés, nous ne repartîmes pas enthousiastes. Aucun sourire ne venait se dessiner sur nos lèvres, et pour cause : nous étions encore bouleversés par l’apparition de Gorak Tul et le combat que nous venions de disputer contre lui. Nous ne devions notre survie qu’au fait qu’il eût été aspiré par le portail, sinon il aurait massacré notre groupe. Également, nous repartions de Gol Inath avec un fidèle ami et allié en moins, ce qui ajouta une dose de chagrin. La terrible mort d’Helioth Vivécume, emporté par le roi des Drusts, porta un coup de plus à notre mental. Cette étape de la reconquête de Drustvar fut incontestablement l’une des plus difficiles. Notre confrontation avec Gorak Tul était bien plus effroyable que quiconque peut l’imaginer. Cet événement restera à jamais gravé dans nos mémoires tant il fut marquant. Forts de nos prouesses mais pas moins inquiets de ce que nous avions vu dans la Forêt Cramoisie, nous retournâmes au centre des opérations de la Ferté-d'Arom, informer le maréchal Everite Reade et dame Lucille Malvoie. Nous étions encore grandement secoués des découvertes et sombres rencontres au sein de cette forêt. Cela se ressentait sur les mines blafardes des uns ou l’air taciturne des autres. Le plan avait alors changé : plutôt que de purger de fond en comble la forêt au travers de battues, nous avons fait le choix cornélien de nous tourner vers le Nord. Il est indéniable qu'encore aujourd'hui, à l’heure où j’écris ces mémoires, quelques sorcières esseulées se cachent au fin fond des bois. Puisse l'Ordre des Braises venir à bout de chacune d'entre elles. Organiser une chasse aux sorcières dans la vaste forêt aurait été une perte de temps, il convenait donc de sécuriser le Nord, dont la situation nous était jusqu'alors inconnue. Bien que les réfugiés de Corlain soient nombreux, qui aurait pu savoir ce qu'il se tramait avec exactitude dans les Hauts ? Nous n'avions plus de nouvelles en provenance du manoir et le pire était à craindre concernant la famille régente, le seigneur Arthur et sa dame Mérédith Malvoie. Le maréchal semblait être un brave homme, fidèle patriote aux côtés de l'héritière Malvoie. Fin stratège, il défendait bec et ongles les intérêts de celle envers qui il avait juré allégeance. Un drustvari loyal et juste, autoritaire sachant insuffler une aura de prestige à l'égard de ses hommes. J'aurais aimé le connaître plus tôt, avant que l'hécatombe ne frappe la région. Afin de lever le voile de mystère planant sur la situation au Nord, il convenait d'abord de sécuriser les environs de Corlain. C'était donc tout naturellement qu'investir la Cime du Guetteur, surplombant le bourg, s'inscrivait dans la continuité de nos escarmouches. L'endroit représentait un enjeu indéniable, avec une vue dégagée sur Corlain en contrebas, mais aussi sa position défensive stratégique, la tour de garde étant juchée en haut d'une colline, à flanc de montagne. Nous nous mîmes en route vers le Nord-Ouest donc. La Cime du Guetteur était occupée par des gardes aux couleurs de la maison Malvoie, en armure, aptes au combat d'après les éclaireurs. Notre crédulité vis-à-vis de l'allégeance de ces alliés en apparence aurait pu coûter la vie à plus d'un. C'était sans compter sur l'assiduité de nos éclaireurs, qui signalèrent une anomalie : les interstices des heaumes laissaient entrevoir de fines émanations d'un bleu désormais tristement connu. La magie drust imprégnait les pupilles de chaque soldat si intensément que l'on aurait dit des gerbes de flammèches d'un bleu céruléen. Possédés par l'emprise de mauvais sorts des servants du Sabbat Malecarde, ces hommes qui faisaient autrefois la fierté de la maison Malvoie n'avaient d'humain que leur apparence en armure. La servitude les imprégnant et faute d'alternative, il fallait les éradiquer. Notre effet de surprise et supériorité numérique eut raison du contingent occupant la tour. Le combat exigu en intérieur tourna vite à notre désavantage cela dit. Tandis que nous piétinions dans l'escalier, une dévouée maléfique du Sabbat sévissait à l'étage. Sœur Adela, propriétaire autoproclamée de la Cime du Guetteur, était sans nul doute l'instigatrice dans la corruption des gardes Malvoie. Ses pions défaits, elle ne tarda pas à tomber à son tour, non sans mal, tant les sortilèges de magie drust fusaient aux quatre coins de la pièce. La sécurisation de la Cime permit au maréchal Reade et à dame Lucille Malvoie de s'avancer, les inquisiteurs de l'Ordre des Braises dans leur sillage. Ils investirent l'endroit avec cet air concerné qui marque encore mon esprit, celui d'une héritière voyant les soldats de sa maison transformés en pantins. Les dépouilles des asservis ne jonchèrent que peu de temps le sol afin d'en épargner la vue à celle qui incarnait tous les espoirs de cette région. L'avant-poste désormais établi nous ouvrait la porte vers la sécurisation des lieux. L'armurerie de Corlain, en périphérie du bourg, ne donnait plus de signe de vie. Le cœur du village, autrefois battant de vie par ses nombreux étals et passages de convois, était sous occupation du Sabbat. Rien de perceptible de ce côté, pas même de la part des prisonniers. Seulement les serviteurs de forces occultes. Il convenait donc d'éviter l'endroit en le contournant. Les Hauts de Corlain ne donnaient aucun signe de vie. Impossible de savoir quels méfaits avaient lieu derrière les remparts, les portes restantes scellées. Un maigre espoir quant à la survie de ses habitants et des propriétaires des lieux. Enfin, le dernier lieu d'importance au Nord-Ouest était la Chapelle des Bois Blancs, au destin incertain elle aussi. Depuis la mort d'Alexander Lemarchant lors du mariage, alors promis à dame Lucille Malvoie, les rapports concernant la chapelle étaient confus. Cette sombre histoire avait laissé en émoi la noblesse locale, histoire désormais connue de tous drustvaris. Aux dernières nouvelles, le lieu était déserté, nouvelle que nous nous empressions d'affirmer ou non. L'heure était à la sécurisation des environs de Corlain. Nous nous rendîmes donc à l'armurerie dans un premier temps. Un voyage à la durée rallongée afin d'éviter le centre de Corlain et ses occupants. Il ne me fallut pas longtemps pour réaliser l'anomalie de l'endroit. Les forges semblaient encore chaudes et pourtant nulle trace de vie. L'inquisiteur Yorrick de l'Ordre des Braises nous accompagnait dans cette excursion. Nous trouvâmes également sur place les corps de gardes dissimulés, cette fois-ci non asservis. Le sang encore frais, les cadavres avaient été sommairement camouflés dans le décor. Putride découverte en fouillant sous les charrettes, derrière les comptoirs et ainsi de suite. Seul survivant de cette boucherie : le forgeron Angus Ballast. Calfeutré dans les sous-sols de la forge, barricadé et lourdement armé, nous incarnions la délivrance pour monsieur Ballast. La forge était tombée quelques heures auparavant à la suite de la venue de ce que lui et les gardes pensaient être des alliés. Il ne s'agissait ni plus ni moins des mêmes gardes rencontrés à la Cime ; d'apparence ordinaire si ce n'est le regard malveillant empli de sombre magie. Pris par surprise, les gardes postés à l'armurerie ont été décimés, Angus Ballast ne devant sa survie qu'au fait de s'être caché dans la cave. L'armurerie ne représentait plus un grand intérêt, étant désormais trop exposée, en témoigne la venue d'autres soldats asservis quelques minutes seulement après notre passage. Le forgeron de grande renommée fut donc évacué à cheval, par l'inquisiteur Yorrick, jusqu'à la Cime du Guetteur fraîchement reprise. Le sauvetage opéré avec minutie, nous nous sommes alors mis en route vers le dernier lieu d'intérêt des environs : la Chapelle des Bois Blancs. À l'extrême Ouest de tout Kul Tiras, là où ciel, terre et mer se côtoient se trouve la Chapelle des Bois Blancs, au bord de la falaise. L'endroit, comme figé dans le temps, faisait état de l'absence de vie et de visiteurs dans les parages. Certains éléments semblaient délabrés et l'influence si forte du Sabbat dans la région en aurait presque fait disparaître celle de la Lumière, en ce lieu de culte. La neige tombait en abondance, compliquant notre progression jusqu'à l'édifice religieux. Que la Mère me garde des évènements que je vais reporter, je ne souhaiterais revivre cela pour rien au monde. De l'une des tombes du cimetière surgit un homme aux traits fins. Élégant, chevelure d'un blond comme les blés, tout du moins c'est ainsi que je m'en souviens aujourd'hui. Difficile de discerner avec exactitude tant son apparence était translucide. Le spectre d'Alexander Lemarchant – promis à dame Lucille Malvoie – se tenait devant nous. J'étais de ceux qui pensaient là à un mauvais sort du Sabbat, une âme en peine enragée, au repos éternel subtilisé par quelques sombres maléfices d'une sorcière – comme au cimetière Tertrebois. Il n'en fut rien. La stupeur et la méfiance passées, nous pûmes échanger avec le fantôme étonnamment docile. Il s'avère que le sire Lemarchant était retenu en ces lieux, âme errante dont le seul supplice soit le confinement au lieu de sa mort. J'ignore si c'est le récit poignant d'un homme assassiné à son propre mariage qui me toucha, mais je ressentis le besoin fort de lui venir en aide. Je n'étais pas le seul. Sa présence maintenue ici semblait reliée à un objet selon ses dires, à savoir la bague de fiançailles. Certains se mirent donc en quête de l'objet. C'aurait été comme chercher une aiguille dans une botte de foin si nous n'avions pas usé de bon sens. La bague, légèrement recouverte par la neige, était logée entre deux pavés de la cour extérieure, au pied de l'autel, là où son porteur trouva la mort. Son rubis étincelant semblait nous envoûter aussitôt qu'elle fut saisie et extirpée. Lourde d'histoire et d'un passé tumultueux, la déloger de son emplacement eut pour effet de nous affliger d'étourdissements. Le temps semblait se figer, ou plutôt reculer autour de nous. Les saisons défilaient tel un compte à rebours d'un voyage contre mon gré, je me trouvais plongé en arrière, littéralement, manquant de tituber et choir sur les pavés. Les autres étaient dans un état aussi pittoresque que le mien, et c'est avec une sensation semblable à celle d'un aviné que nous nous redressions avec peine. Les tombées de neige nous avaient été troquées pour un soleil radieux et une douceur printanière. Aussitôt les épées tirées de leurs fourreaux, nous constations avec un air hagard la présence de moult individus, fort bien habillés. Le chaos ambiant de la chapelle abandonnée laissait place à un simulacre de joie et d'ordre, dans un défilé de domestiques aux plateaux garnis, de nobles richement vêtus. Un événement exceptionnel à n'en point douter. Nous voyions tout autour de nous, invisibles à leurs yeux, plongés en arrière pour revivre le mariage d'Alexander Lemarchant et de Lucille Malvoie. Car oui, ils étaient là, centre de l'attention, dans des parures somptueuses faisant jalouser plus d'une demoiselle. Le blanc crémeux de la robe de mariée était d'une telle délicatesse et pureté que l'on se serait cru membres de l'événement, intégrés pleinement aux rires et échanges cordiaux. Plus vrai que nature et pourtant un voile nous séparant d'eux, alors que notre vision granuleuse s’intensifiait au fil du temps, comme du sable recouvrant les pupilles. La temporalité brisée, nous nous mîmes en quête d’une échappatoire à ce chaos ambiant. Les réactions furent variées, certains restant stupéfaits de vivre un tel événement. Je ne cachais pas mon anxiété quant à l'idée de rester coincé ici. Cette vision troublée n'arrangeant rien, comme si le monde se désagrégeait autour de moi. J'en ai encore des frissons rien que d'y penser. Coincés ici et les excès de réactions passés, nous restions en quête d'indices sur ce qui nous entourait. C'est finalement une dispute en huis clos, entre le couple Malvoie – le seigneur Arthur et sa dame Mérédith – qui attira l'attention. Avoir ce point de vue de spectateur silencieux et invisible avait quelque chose de dérangeant jusqu'au plus profond de soi, en ce qui me concerne. Nous épiions le couple régent de Drustvar, envers qui nous avions juré allégeance pour un certain nombre, moi compris. L'enjeu de cette dispute était l'union en elle-même. Approuvée par le père, reniée par la mère, le seigneur Malvoie semblait plus que ravi que sa fille ait trouvé l'âme sœur. Dame Mérédith, à l'inverse, semblait révulsée par ce mariage, le bourgeois Alexander Lemarchant étant issu d'un rang bien inférieur à l'héritière, pour reprendre le prétexte d'un tel courroux. Furieuse que son époux donne son approbation et sacrifie l'héritage Malvoie pour quelqu'un n'étant pas issu d'une grande lignée, elle s'éclipsa dans les sous-sols de la chapelle, tandis que le seigneur Malvoie amenait sa fille jusqu'à l'autel. Par respect envers la maison à qui j'ai juré allégeance, je tairai les détails de ce qu'il se trama dans les sous-sols. Il est désormais de notoriété publique que dame Mérédith Malvoie commandita l'assassinat d'Alexander Lemarchant, révélation faite au grand désarroi de tous, témoins de cette scène. Elle remit une récompense à un tueur à gage, un certain Roland d'après le nom utilisé, si tant est qu'il ne s'agisse d'un nom d'emprunt. Puis, elle le somma de passer à l'action, comme convenu. L'action était donc bel et bien préméditée par la mère et, tandis que les convives, massés dans les rangées de bancs devant l'autel écoutaient le seigneur Arthur Malvoie, l'assassin Roland passa à l'acte. Posté derrière une rangée d'épais buissons, son carreau d'arbalète fit mouche dans la gorge du promis Alexander. Une scène particulièrement choquante, cela même si nous savions quel sort attendait le promis ; même après tout ce que nous avions vécu au cours de cette reconquête. La solennité d'un tel événement, la pureté d'un amour célébré, brisé au travers d'un simple tir, laisse un goût amer à toute personne, même la moins empathique. Nous voulions lutter, alerter du danger. En vain. Nous n'étions encore une fois que spectateurs du coup bas se tramant sous nos yeux. Notre vision se brouillant, c'est dans la cohue que les convives se dissipaient, le ciel s'assombrissant à nouveau. Et c'est avec la dernière image en tête, celle d'un seigneur mais avant tout père enlaçant sa fille héritière dans la panique, que nous nous retrouvions à l'instant présent. Alexander Lemarchant, promis à Lucille Malvoie fut donc assassiné le jour de leur mariage, sur ordre de la mère Mérédith Malvoie. De quoi ajouter la pièce manquante à l'un des grands mystères ayant frappé la noble famille et tout Drustvar, au plus profond de nous. Témoins de la scène, nous quittâmes finalement la Chapelle des Bois Blancs en silence, le cœur lourd. La bague avec nous, pour offrir le repos au fantomatique Alexander. De telles nouvelles n'ont pas tardé à se faire savoir parmi la noblesse tirassienne, à qui voulait bien croire les visions éperdues des témoins de la scène choquante que nous sommes. La bague fut remise à dame Malvoie dans un morne silence qui se suffisait à lui-même. Nous apprîmes à notre retour que les Hauts de Corlain étaient bel et bien entre les mains de l'ennemi, bien que leur nombre restât incertain derrière les remparts. De quoi ternir notre espoir vis-à-vis des résidents du manoir – le seigneur Arthur et dame Mérédith Malvoie. L'heure était donc aux préparatifs et c'est aux portes des Hauts de Corlain que le destin du Sabbat Malecarde serait scellé. Nous y étions. Les Hauts de Corlain et le manoir Malvoie étaient les dernières places fortes à reconquérir. Mais ce qui nous avait été révélé à la Chapelle des Bois-Blancs n’ôtait pas le moindre doute sur le fait que les dernières batailles seraient rudes et décisives pour notre victoire. Il était de notoriété publique que les troupes du Sabbat Malecarde avaient investi et fait chuter Corlain. Les sorcières étaient maîtresses des lieux, et les pauvres citoyens encore sur place étaient prisonniers. L’endroit était très bien gardé et nous ignorions les effectifs du Sabbat derrière les remparts. D’abord, nous retrouvâmes dame Lucille Malvoie et le maréchal Reade à la Cime du Guetteur, qui nous y attendaient afin de nous faire part du plan d’attaque. Nous nous étions déjà beaucoup rapprochés de Corlain et nous pouvions ressentir le chaos et la tension ambiants. Au loin, dans le ciel, s’élevait un nuage de fumée noire et opaque. Mais avant que les choses sérieuses ne commencent, le forgeron Angus fraîchement secouru de l’armurerie de Corlain remit à dame Malvoie une arme qui se révèlerait redoutable contre nos ennemis les sorcières. Les munitions du tromblon, qui portait le nom de Sorcicide, étaient faites d’argent, ce pourquoi l’arme serait si efficace dans la bataille à venir. Deuxièmement, le forgeron nous apprit qu’il avait confectionné un boulet de canon revêtu d’argent. Cette information permit au maréchal et à dame Malvoie de prendre la parole, pour finalement nous expliquer la stratégie de la prochaine bataille. Simple, mais efficace : nous allions pulvériser la porte principale de la ville, alors renforcée par des maléfices, à l’aide du boulet de canon précédemment mentionné et nous engouffrer en masse dans la ville. Une fois la brèche ouverte, nous pourrions progresser jusqu’au manoir Malvoie, sans oublier d’exterminer toutes les sorcières sur notre passage. Cependant, ce plan n’était pas directement réalisable pour une raison non négligeable : nous n’avions pas de poudre à canon. Et la nouvelle qui vint jusqu’à nous quand nous entendîmes le cor sonner, les cris résonner et les coups de feu commencer à partir ne nous aida pas… Des éclaireurs, en provenance d’un camp encore plus rapproché de la ville de Corlain, nous révélèrent que le capitaine Bonvent, membre éminent de la garde de la maison Malvoie, avait trahi son allégeance à ladite maison pour rejoindre de son plein gré les rangs du Sabbat Malecarde. Cette félonie n’était même pas justifiée par un quelconque asservissement drust : le capitaine et ses hommes avaient décidé de se ranger du côté des sorcières, et donc de devenir nos adversaires. Notre sang commença à bouillir, alors qu’un désir de vengeance et de justice naissait en nous : ces traîtres, au même titre que les sorcières contre lesquelles nous nous battions, devaient mourir. Outre le fait que cette trahison nous ajoutait des ennemis, elle fut problématique car le campement que tenait le capitaine Bonvent, celui de la Crête du Lancier, abritait les derniers stocks de poudre à canon disponibles. Il nous fallait donc les récupérer de force. Les campements établis autour de Corlain commencèrent subitement à se faire attaquer par le Sabbat, qui fit pleuvoir sortilèges afin de ralentir la mise en place du siège. Ceci et la trahison du capitaine accélérèrent les choses et l’heure fatidique de la bataille des Hauts de Corlain était de plus en plus proche. De nouveau, le temps jouait contre nous. Et comme nous n’en avions pas à perdre, nous pressâmes le pas pour nous rendre d’urgence sur le champ de bataille. Le chaos régnait près du campement de la Volière de Corlain. Nos archers essayaient de riposter en épuisant leurs flèches contre les ennemis derrière les remparts, mais en vain : ils étaient bien protégés et les sortilèges tirés étaient plus nombreux, et surtout inépuisables, contrairement aux munitions. Les soldats piétinaient et s’agglutinaient devant la porte principale de la ville, mais beaucoup tombaient, frappés par les sortilèges destructeurs du Sabbat. Nous devions donc faire au plus vite et faire sauter la porte pour débloquer la situation et éviter que tout le monde ne meure avant même que la bataille n’eût réellement commencé. Le lieutenant Brislame nous indiqua l’emplacement du campement de la Crête du Lancier, où se trouvait la poudre à canon tant convoitée. La réussite de notre opération était décisive pour la suite des événements : sans poudre à canon, personne ne rentrerait. Quelques soldats encore présents sur place se joignirent à notre vaillante troupe et, en hâte, nous nous dirigeâmes vers le capitaine parjure. Les traîtres furent massacrés. Aussi nombreux fussent-ils, les soldats ne firent pas long feu face à notre courage et notre détermination. Le capitaine Bonvent se terrait comme un pleutre dans une tente au fond du campement, mais notre avancée fut à peine ralentie par les soldats qui, comme lui, avaient décidé de trahir la maison Malvoie. Nos coups étaient rendus justes par notre volonté de venger sa trahison et la maison à laquelle nous avions voué allégeance. Il ne restait rien de ses soldats quand nous arrivâmes jusqu’au traître Bonvent, et lui non plus ne fit pas long feu : en large infériorité numérique maintenant qu’il était seul face à notre groupe, le prix à payer fut celui de son sang. Rien ne pardonnait tel acte. Avoir rendu justice nous enhardit et nous repartîmes à la Volière sans plus attendre, emportant avec nous les tonneaux de poudre que la tente renfermait. Le chaos n’était que plus grand sur place et dame Lucille Malvoie ainsi que les inquisiteurs de l’Ordre des Braises tentaient tant bien que mal de superviser la bataille. Mais maintenant que nous avions la poudre à canon, elle pouvait enfin commencer : les soldats s’empressèrent d’amener le massif boulet d’argent et les artilleurs chargèrent le canon, le plaçant dans l’axe de la porte. La mèche fut aussitôt allumée et il y eut un moment de flottement durant les quelques secondes qui précédaient le coup de canon. Tout le monde se regarda, prit une grande inspiration et, main à l’épée, se tourna vers la porte principale. Nous étions prêts à en finir avec le Sabbat. L’explosion nous éblouit et son bruit fit sonner nos oreilles, retentissant des centaines de mètres à la ronde. En une fraction de seconde à peine, le boulet de canon percuta violemment la porte, provoquant un vacarme ahurissant. Les protections magiques érigées tombèrent et l’entrée principale vers les Hauts de Corlain fut libérée, ouvrant une brèche vers le centre de la ville. Un cri de guerre fut poussé par nos troupes qui sans plus attendre s’engouffrèrent. Tout le monde hurlait et le chaos n’en était que décuplé. Nous pouvions finalement pénétrer dans la place forte, derrière les remparts, et mener la capitale bataille des Hauts de Corlain. Sans plus attendre, nous joignîmes nos forces à la charge et entrèrent dans les Hauts. Le groupe se sépara et les inquisiteurs, le maréchal et dame Malvoie partirent de leur côté tandis que nous progressions à leur opposé : l’objectif était d’ouvrir les autres portes dans les remparts pour faciliter l’accès à nos soldats. Armes en main, nous longeâmes le côté droit des remparts, décimant tous les ennemis qui pourraient se trouver sur notre passage. Sorcières, assemblages, rien ne nous arrêtait ; et les portes s’ouvraient au fur et à mesure que nous avancions. Un colosse réanimé, gigantesque assemblage semblable à celui que nous avons combattu lors de la bataille de Butte-du-Faucon, tenta d’entraver notre avancée, mais en vain. Nous avions compris qu’il craignait plus que tout le feu et il y en avait partout autour de nous. Il ne nous fallut que quelques minutes pour en venir à bout, nous aidant du décor incendié. Serviteurs du Sabbat Malecarde et sorcières se tenaient sur notre passage, mais la Mère des Marées était avec nous ce soir-là et nous frappions juste et fort. En à peine une heure après que nous étions entrés dans les Hauts de Corlain, les dernières portes à l’Est de la cité furent ouvertes. Dans la ville tout entière, la bataille faisait rage mais nous avions un but précis : le manoir Malvoie. Nous devions nous frayer un chemin jusqu’à son entrée mais d’abord, il nous fallait retrouver le groupe de dame Lucille Malvoie au point de rendez-vous. Il nous était bien plus facile de progresser dans les étroites ruelles car le chaos se concentrait sur les allées et places principales de la ville. Nous en profitâmes donc pour nous approcher du manoir, alors que les combats battaient leur plein tout autour de nous. Notre camp avait beaucoup perdu avant que nous n’arrivions, mais l’ouverture des portes adjacentes lui fit reprendre l’avantage sur le Sabbat. Après quelques minutes de précipitation entre les maisons, nous rejoignîmes les inquisiteurs de l’Ordre des Braises, le maréchal Reade et dame Malvoie au niveau des jardins du manoir. Nous savions que c’était là que tout allait se jouer, mais nous ignorions complètement ce que ce manoir renfermait. Nous n’avions plus réellement de plan, et c’est ainsi que nous nous lançâmes tête baissée vers l’entrée du manoir. Je ne pourrais vous dire à quoi nous nous attendions à ce moment-là, mais certainement pas à ce qui allait se produire. Alors que nous courions vers l’entrée du manoir, juste au moment où nous arrivâmes au niveau de la fontaine qui ne se trouvait qu’à une dizaine de mètres de la porte, un mur de flammes bleues translucides jaillit du sol et scinda le groupe en deux : les inquisiteurs se retrouvèrent du mauvais côté, alors que nous étions bloqués avec dame Malvoie et le maréchal Reade dans le cercle de feu. Que fut notre stupeur quand la lumière se fit sur l’identité de celle qu’on appelait la Mère du Sabbat Malecarde, je ne peux vous le dire. Devant nous se tenaient dame Mérédith Malvoie et le seigneur Arthur Malvoie, parents de l’héritière Lucille et régents de la maison éponyme. Mais de ceux que nous avions auparavant connus ils n’avaient plus que le nom. Leur apparence était tout à fait détestable : dame Mérédith était vêtue d’une longue robe blanche en lambeaux, ne couvrant son corps que par parties, et elle flottait à plus d’un mètre au-dessus du sol. Ses cheveux grisonnants sales et son teint pâle ressemblaient à ceux d’un cadavre. Ses doigts étaient longs, très longs, et surmontés d’ongles acérés. Quant au seigneur Arthur, il portait des vêtements autrefois raffinés, désormais impropres et déchirés par endroits. Il était pieds nus et sa veste ne couvrait pas l’entièreté de son torse. Il faisait quasiment deux mètres de haut mais se tenait courbé. Sa main droite était normale, mais la gauche avait été remplacée par une étrange masse de bois et d’échardes, à l’instar des assemblages asservis par le Sabbat. Son visage était déformé par une expression inhumaine et il semblait ne plus avoir d’âme, n’être qu’un pantin au service de sa femme, la Mère du Sabbat Malecarde ; ils étaient tous les deux franchement répugnants. Le maréchal Reade tenta de s’interposer entre Lucille et sa mère mais cette dernière lui lança un puissant sortilège qui le souleva du sol pendant quelques secondes. Quand il retomba, le maréchal que nous avions connu jusqu’alors n’était plus : ancien protecteur de Lucille Malvoie et ami, la sombre magie du Sabbat en avait pris possession et l’avait dressé contre nous. Il n’attendit pas un seul instant pour se retourner et exécuter les ordres de dame Mérédith, lesquels étaient de nous exterminer un par un avant de lui ramener Lucille à l’intérieur du manoir. Nous devions donc nous battre contre celui qui avait toujours été à nos côtés dans la guerre pour la reconquête de Drustvar. Alors qu’un nouveau combat commençait, dame Mérédith et le seigneur Arthur en profitèrent pour fuir à l’intérieur de leur manoir, mais ce n’était que partie remise. Tout comme la trahison du capitaine Bonvent, celle des anciens régents de la maison Malvoie à l’égard de Drustvar, région qu’ils avaient juré de protéger, serait punie. Au même titre que les sorcières du Sabbat Malecarde et tous leurs alliés, ils étaient nos ennemis. La personne qui tirait les ficelles depuis le début, contre qui nous nous battions depuis maintenant des mois, était donc celle à qui nous avions prêté allégeance… Mais l’heure était de nouveau au combat et nous n’eûmes pas le temps de nous remettre de la stupeur provoquée par la révélation : le maréchal asservi commença à nous attaquer et cherchait surtout à nous arracher dame Lucille Malvoie. À contrecœur, nous ripostions. Tous les combattants formèrent un rempart entre l’héritière et le maréchal afin de l’empêcher d’avancer et de l’emporter avec elle dans le manoir. Le sortilège drust donnait à notre nouvel adversaire une résistance et une force surhumaines : nous étions vingt et lui était seul, mais il nous donnait autant de fil à retordre que les pires ennemis que nous avions dû affronter jusque-là. Le combat fut rude et chaque coup porté par le maréchal était dévastateur. Il parvint à terrasser plusieurs d’entre nous, les faisant frôler la mort. Néanmoins, nous commencions à avoir l’habitude de combattre plus fort que nous. Au terme d’un affrontement de longue haleine, nous eûmes raison du maréchal Everite Reade, qui finit par s’écrouler sous nos coups. Que son âme repose en paix auprès de la Mère des Marées, la souillure infligée par le Sabbat a été vengée et j’espère qu’il a su trouver la tranquillité dans l’au-delà. La bataille des Hauts de Corlain et le combat contre feu le maréchal Reade nous avaient tous grandement épuisés, mais ce n’était pas le moment de nous reposer. Notre objectif final, le manoir Malvoie, se tenait devant nous et il était grand temps d’en finir avec cette mascarade. Nous savions que la source du mal s’y terrait et si nous voulions enfin achever cette guerre et en ressortir victorieux, nous devions continuer de combattre coûte que coûte. Nous nous accordâmes tout de même quelques minutes de répit avant de nous engouffrer dans l’antre de la Mère du Sabbat Malecarde. Ce fut l’occasion pour nous d’encaisser les révélations tout juste faites sur son identité. Il commençait à y avoir des rumeurs dans Drustvar, surtout après ce que nous avions découvert à la Chapelle des Bois Blancs, mais jamais je n’aurais cru qu’elles ne s’avéreraient. Nous ne savions ce qui nous attendait à l’intérieur du manoir. Nous redoutions le pire, mais l’heure n’était pas à la couardise. Il était grand temps de faire disparaître le Sabbat Malecarde pour de bon. Si le combat faisait encore rage derrière nous, le destin des Hauts de Corlain restait incertain. La lourde tâche de se jeter dans la gueule du coup nous imputait, afin de mettre un terme au bain de sang, une bonne fois pour toutes. Nous nous mîmes alors en route, les blessures sommairement pansées ; devant nous se dressait le manoir de la Maison Malvoie, qui avait troqué de sa superbe d’antan pour une apparence glauque. Un lierre grimpant revêtant d’un vert noirci envahissait la façade. Impossible de distinguer quoi que ce soit au travers des imposantes fenêtres, il nous fallait avancer. D’imposants tuyaux d’orgue laissaient entrevoir leur extrémité avec une aisance déconcertante : des émanations de sombre magie du Sabbat en sortaient, comme crachées avec une intensité variable, dans une complainte d’agonie qui n’augurait rien de bon pour les mortels que nous étions, s’apprêtant à investiguer l’endroit. Notre progression jusqu’à la devanture du manoir, parsemée d’oboles, fut stoppée par l’arrivée plus que bienvenue de la Parlépine Morweyn Parle-Bois. Elle fendit les airs d’une approche gracieuse, troquant son apparence au plumage noir pour sa forme originelle. Encore une fois, nous pûmes voir à l’œuvre la légendaire maitrise de l’ordre ancestral, tandis qu’elle s’empressait d’insuffler en nous les forces nécessaires pour continuer. Cette restauration fendit l’air ambiant alors que la Parlépine psalmodiait, emplissant nos poumons et atténuant nos maux, qu’ils soient de l’esprit comme physiques. Il était désormais temps de pénétrer dans l’enceinte du manoir, tandis que le combat battait son plein dans notre dos. Le temps jouait contre nous. Nous entrâmes alors dans le grand vestibule. Autrefois symbole de l’opulence de la maison Malvoie, la salle symétrique et démesurée était jonchée de toiles d’araignée. Le mobilier drustvari, en bois traité, semblait prendre la poussière depuis une éternité. Des rayons entiers de tuyaux d’orgue, se comptant par dizaines, se dressaient face à nous, agitant chaque rideau cramoisi au rythme de la sinistre complainte. Et c’est en haut de l’escalier, au bout du tapis turquoise qu’elle se tenait, un air digne en dépit de sa constitution désormais difforme. Dame Mérédith Malvoie s’agitait, ses pieds ne touchant pas le sol, lévitant au rythme de la danse des nombreuses flammes de bougies sur leurs chandeliers. L’échange intime et déchirant entre la mère asservie et la fille brisée nous fit comprendre les motivations et l’ascension du Sabbat Malecarde. Bien que les épées étaient tirées, les fusils prêts à faire feu, tous se tenaient prêts à bondir mais nul n’osait les interrompre. La voix caverneuse de la Mère du Sabbat sifflait d’un air malicieux, comme une prémonition des nombreux pièges et maléfices qui nous attendaient. Il est désormais de notoriété publique que dame Mérédith Malvoie, rongée par l’idée de perdre son époux, le seigneur Arthur, alors en proie à la maladie, décida de faire appel aux forces occultes pour le maintenir en vie. L’appel à l’aide se faisant au prix de la servitude et ayant pour conséquence la naissance du Sabbat Malecarde et de ses praticiennes, adeptes de la magie drust. L’échange fut alors brisé par la disparition de la régente des lieux, cette dernière s’évaporant dans une gerbe d’étincelles à la couleur bleutée désormais bien connue, cela avant même que le premier coup de feu ne puisse être tiré. L’investigation des lieux pouvait débuter, au rythme des notes sépulcrales de l’orgue. Le manoir nous ouvrait désormais ses portes, prêtes à nous avaler dans les abysses tant nous redoutions ce qu’il pouvait se cacher derrière chacune. Si les inquisiteurs de l’Ordre des Braises et dame Lucille Malvoie se chargeaient de nettoyer les niveaux inférieurs, nous avions pour tâche de nous focaliser sur le reste de l’imposant bâtiment. Nous nous mîmes donc en route, en rang serré, tout d’abord sur la droite, afin d’accéder au pavillon de chasse. Notre découverte en son sein en surprit plus d’un, dont moi : pas moins d’une trentaine de citoyens de Corlain étaient entassés ici. Ils n’avaient pas l’air hostile, si ce n’est qu’ils nous dévisageaient avec méfiance. Et pour cause, nous venions d’entrer avec fracas, armes brandies, prêts à en découdre avec ce qu’il se trouvait dans la prochaine pièce. Devant l’air hagard des individus, nous nous empressâmes de les questionner. Le regroupement était des plus hétéroclites : un mélange d’hommes, de femmes, les bambins côtoyaient ceux à l’âge vénérable, richement habillés comme pauvrement vêtus. Un rapide questionnaire à leur égard, une fois les armes abaissées, nous fit comprendre qu’il s’agissait là de réfugiés de Corlain. Le feu pétillait sur l’âtre dans le pavillon tandis que nous procédions à un contrôle sommaire de leur état, au travers d’une simple piqûre d’aiguille en argent. La situation en était presque hallucinante tandis que nous nous assurions de l’absence de sorcières sous illusion dans la masse. Que faisaient-ils ici ? Dehors, le combat faisait rage, par échos d’effondrements de masures en proie aux flammes, de cris, de boulets de canons et d’armes à feu. Désormais sereins, nous avions la confirmation de l’innocence de chacun dans cette pièce. S’ensuivit un temps d’échange où nous découvrîmes que ce groupe de citadins avait été acheminé ici, par le couple régent de la Maison Malvoie, afin d’être protégé contre l’envahisseur – c’est-à-dire nous. Il ne nous suffit que de quelques questions pour comprendre qu’aucun d’entre eux n’avait vu le couple régent depuis des mois et n’étaient donc pas aux faits de leur état ou de la situation. Pire encore, ils avaient été entreposés ici comme du bétail par quelques gardes Malvoie – probablement corrompus – dans le seul but, si je me fie encore aujourd’hui à mes intuitions, de servir comme provisions… Soit en tant que stock d’âmes dans lesquelles puiser pour les sorcières, soit en tant que garde-manger pour ce qui nous attendait par la suite. Les habitants de Corlain désormais en sécurité, calfeutrés avec nous comme rempart face à l’abomination du Sabbat, nous pouvions reprendre notre investigation minutieuse des lieux. Une odeur de nourriture avariée et de chair en putréfaction gagnait peu à peu nos nasaux, tandis que nous avancions dans le dédale de couloirs étonnamment vides et silencieux. C’est au tournant de l’un d’entre eux que nous tombâmes sur la salle du banquet. Autrefois lieu de célébration avec faste, l’endroit était gardé par une abomination de la pire espèce. Je n’avais rien vu de tel et ne peux que remercier la Mère d’avoir conditionné en ces lieux un tel être abject : la créature ne pouvait se mouvoir, engluée dans un tas de détritus. Elle était si démesurée qu’elle n’aurait pu, de toute façon, passer l’embrasure de la porte. Raal le Bâfreur, abomination du manoir Malvoie, cinq fois plus grand que moi, se dressait dans son antichambre des horreurs. La salle du banquet n’était plus qu’amas de nourriture pourrie, servant de véritable festin pour une créature à l’image de ce qu’elle engloutit. Autrefois cuisinier en titre des Malvoie, je n’ose imaginer le nombre d’atrocités que le pauvre homme a dû subir pour être façonné de la sorte. Son visage était semblable à celui d’un porc, au groin démesuré gros comme trois têtes. D’épaisses dents pointues dignes d’un prédateur carnivore perçaient le pourtour de ses lèvres dans une émulsion de sang, d’abcès et de suppuration. Des chaines entamaient la chair de ses poignets, la bête croulait sous son propre poids, coincée jusqu’à la taille dans un parquet effondré sous sa masse et celui de moult déchets alimentaires. Les mouches tournoyant autour n’avaient d’égal que le nombre de furoncles parsemant son corps bouffi. Raal le Bâfreur semblait dépourvu du sens de la vue, à en croire notre approche : ce dernier dandinait de la tête selon les divers bruits se manifestant dans son antichambre. A l’écoute, il nous fallait user de prudence. Bien qu’une stratégie eût été mise en place, nos préparatifs furent brisés par la charge éhontée d’un officier de cette campagne, enhardi à l’idée de terrasser plus gros que soi. Le mauvais bougre manqua de se faire happer et dévorer par la gargantuesque abomination. S’engagea ensuite une bataille de projectiles où, d’un côté, le mastodonte en incapacité de s’extirper lançait tout ce qu’il pouvait trouver à portée de main. De l’autre, nos meilleurs hommes se munissant du précieux feu liquide ayant d’ores et déjà fait ses preuves durant la battue dans la Forêt Cramoisie. Raal le Bâfreur commença à s’embraser, tel un cochon à la broche trop près du feu. Mais l’odeur n’avait pas plus à envier aux couinements de désolation d’une bête vivante en train de se consumer. Si quelques sbires, des hommes à l’allure de porcs – déjà affrontés lors de la bataille de Butte-du-faucon – se manifestèrent tardivement en s’extirpant de leurs cachettes, monticules de détritus, le sort de leur maitre resta inchangé. La bête s’effondra sur elle-même, calcinée et conditionnée par les amas d’ordures, évitant la propagation des flammes au reste de la pièce et du manoir. Une victoire, certes, mais qui n’augurait rien de bon pour la suite ; d’autant que certains étaient déjà bien amochés. La suite de couloirs à l’allure labyrinthique nous guida jusqu’à l’atrium. Arrière-cour entourée du manoir, la place pavée se voyait jonchée de quelques crapauds chancreux. Encore aujourd’hui je persiste à dire que les sorcières du Sabbat se servaient de crapauds comme d’espions, à même de manipuler ces derniers, les plier à leur volonté et les employer en guise d’yeux situés partout. Ces crapauds gorgés de sombre magie nous avisaient en silence. Une bien piètre menace en comparaison à l’assemblage atteint de gigantisme, trônant au bout de la cour pavée. Désormais baptisé le Goliath des âmes, cette créature était semblable au Brise-siège envoyé à Butte-du-faucon pour en découdre avec les défenseurs que nous fûmes. Amalgame des âmes torturées de ses victimes tirassiennes, cette créature résonnait au diapason de leurs hurlements tourmentés. Sinistre requiem à l’attention des imprudents que nous incarnions, osant se dresser sur son chemin. Alors que nous établissions une nouvelle fois la stratégie à adopter, le seigneur Walter Ancrenoire chargea la bête, dans l’incompréhension la plus totale. Après Raal le Bâfreur, le tirassien en quête de vengeance faisait front seul face à l’abomination démesurée. Ce fut la fin pour le seigneur Walter de la maison Ancrenoire. Le Goliath saisit son trophée sans aucune peine et le souleva à plusieurs mètres du sol, broyé dans sa poigne. Il n’en fut lâché qu’une fois l’armure de plaque enfoncée dans la poitrine, pour que son crâne soit brisé sous le pied, constitué en un tronc, du géant boisé. La folie de cette hardiesse inutile nous laissa le temps de retourner à l’abri, nous agglutinant dans le couloir duquel nous sortions à l’instant. Des fenêtres, nous fîmes pleuvoir le feu et la déferlante de nos munitions sur le colosse. Ne sachant où donner de la tête, ce dernier hachait tout sur son passage avant de gagner l’embrasure de la porte qui venait d’être refermée. Elle vola naturellement en éclat en l’espace d’un coup de poing, mais le Goliath ne parvint à y glisser que son bras, faute d’espace. C’est ainsi qu’une branche massive articulée constituant ledit bras, en proie aux flammes, tentait de nous happer. En vain. Les flammes et attaques combinées – à bonne distance – eurent raison de la calamité démesurée, qui finit par s’affaisser dans l’embrasure, un bras en intérieur, le reste du corps calciné dans la cour pavée. Les âmes alors emprisonnées dans sa cage thoracique s’évaporèrent vers le ciel dans un dernier supplice avant le repos éternel. Bouchant l’accès pour continuer, nous nous résignâmes à passer par une des fenêtres faisant office de poste de tir encore à l’instant. Dans un dernier geste solennel à l’égard du défunt, je n’eus le temps que de déposer ma cape, pour y recouvrir la dépouille, avant de rejoindre en hâte les autres. A l’instar de la vie de l’un des nôtres, le Goliath des âmes ne parvint à atteindre le reste du groupe. Si l’architecture du lieu a joué en notre faveur jusqu’à présent, il était indéniable que la chance ne saurait nous sourire éternellement. Notre périple se poursuivit dans un dédale de couloirs parsemés de portes imposantes. L’appréhension était forte à l’ouverture de chacune, nul n’était à l’abri d’un piège. Au loin, par échos, des bruits de ricanements stridents nous glaçaient le sang. Impossible de confirmer leur provenance exacte, la résonnance des lieux avait en outre le malheur de briser notre effet de surprise. Nous nous savions observés, les bruits de pas feutrés sur le parquet ne trouvaient interruption que dans un claquement de porte, suivi de nos sursauts. L'ambiance était pour le moins pesante si l'on ne prêtait que peu attention au décor. Elle en devint angoissante lorsque nous avisions jusqu’aux petits détails, notamment les tableaux retravaillés au-dessus de la plupart des escaliers, ou les habitants de Drustvar sacrifiés devant une effigie à l'allure d'épouvantail. Mais nous ne faiblissions pas, il fallait tenir bon et respecter nos engagements à l’égard de dame Lucille Malvoie. Purger l’hérésie du Sabbat Malecarde nous conduisit jusqu’à la salle de bal. Autrefois majestueuse, lieu de festivités et commérages pour les générations précédentes, l’endroit n’avait d’imposant que sa taille désormais. L’intérieur était à l’image du reste du manoir : délabré, en pleine décrépitude. Des chaudrons de sang étaient sur le feu en train de bouillir, dans quelques recoins de la salle. Les étendards de la Maison Malvoie avaient été remplacés par d’innommables bannières stylisées à partir du sang d’innocentes victimes. Au centre de la pièce et nous tournant le dos se trouvaient trois sorcières du Sabbat : la Triade Malecarde. Elles semblaient toutes se vêtir d’une malicieuse symbiose sororale. Autrefois de banales tirassiennes, ces trois sœurs étaient alors les plus ferventes représentantes de leur ordre. Bien qu'elles n'aient pas rallié ce Sabbat de leur plein gré puisque forcées à l'aide de magie noire prodiguée par Mérédith Malvoie, elles n'en demeuraient pas moins les plus fidèles acolytes, aussi redoutables que les matriarches. Après un bref échange, nous nous jetâmes, divisés en trois groupes, sur les sœurs tristement nommées Bruyère, Souffrance et Solena. Les trois sorcières agglutinées et en infériorité numérique compensaient largement à travers une pluie de maléfices en tous genres. Chaque visage voilé par un masque en osier ne laissait entrevoir que des lèvres bouffies en train de psalmodier de sombres incantations. Nous fûmes en bien mauvaise posture lorsqu’un sort d’emprise accapara l’un d’entre nous. Le combat exigu – alors que nous étions tous agglutinés autour de nos proies respectives – facilita la propagation dudit sortilège, si bien que la moitié d’entre nous se retrouva plongé dans une torpeur innommable, le corps se contorsionnant à l’image de l’esprit, au-dessus d’une mare de magie drust sortie de nulle part. La pataugeoire s’étendant nous força à ajuster nos postures et redoubler d’effort pour terrasser chacune de nos opposantes. Encore aujourd’hui je n’ose imaginer quelles séquelles ont été affligées à mes comparses s’étant malencontreusement retrouvés englués là-dedans. L’affrontement s’équilibra dès lors qu’une des trois sœurs fut finalement abattue, nous permettant de rediriger nos efforts sur le duo maléfique. Le trépas de sœur Solena eut pour mérite de libérer de cette sombre emprise le reste du groupe, non sans difficulté. Enfin, le troisième sbire du Sabbat, sœur Souffrance, finit par tomber. Nous ignorions s’il s’agissait là de la répétition de nos coups fatigués ou une volonté de sacrifice pour insuffler un quelconque rituel en préparation, mais la mort gagna pour de bon et non sans peine la dernière de la Triade Malecarde. Le tintement incessant des lames et le bruit vrombissant des sortilèges laissa place à celui des souffles courts et précipités : nous étions blessés pour beaucoup et à défaut, épuisés. Nous prîmes le temps de panser sommairement nos blessures, cet instant fut également le moment de faire un choix cornélien. Nous nous séparâmes de certains, les plus blessés, afin de continuer, diminuant nos effectifs au profit d’une concentration accrue, puisque nous n’aurions plus à nous soucier de la survie d’êtres chers à nos yeux. Les liens tissés au cours de cette campagne furent forts, la guerre nourrissant les affinités. Je ne peux que me féliciter d’avoir laissé les plus blessés d’entre nous derrière, surtout au vu de ce qui nous attendait après cela. Sommairement restaurés, nous reprîmes notre exploration d’un tout nouveau manoir, rongé par la folie et la malignité de ses occupants, qui s’offrait à nous. Le reste des pièces ne présenta que peu d’intérêt. L’on peut déplorer la mort de membres autrefois émérites au sein de l’établissement, tel que le vigneron en chef Justin, la gouvernante Tabitha, le maître chasseur Grath, la paysagiste Lilith ou encore la couturière Johana, attitrée de la maison Malvoie. Les étages assignés étant intégralement purgés du mal, nous ralliâmes les niveaux inférieurs, pour y trouver dame Lucille Malvoie et les inquisiteurs, aux prises avec d’autres sbires. Les cadavres jonchaient le sol par dizaines. Nous ne pûmes qu’être spectateurs de la prouesse de l’héritière Lucille, qui acheva la matrone Alma à l’aide d’un tir précis de Sorcicide, son redoutable fusil aux balles d’argent. Je ne pouvais qu’espérer que cette matriarche était la dernière à abattre parmi les généraux du Sabbat Malecarde, nous commencions à arriver à bout, et du manoir, et de nos forces, physiques comme mentales. Les inquisiteurs de l’Ordre des Braises étaient eux aussi bien mal en point, ayant donné de leur personne pour protéger la descendante d’Arom Malvoie. L’orgue continuait de battre son plein, crachant depuis chaque tuyau le souffle de la mort dans une complainte emplie de décrépitude. Nous étions proches de la fin et nous le savions. La cave communiquait avec d’imposants escaliers sans fin, légèrement incurvés, si bien que l’on ne pouvait y voir le bout. Le cœur lourd, nous nous engageâmes dans la descente alors interminable, chaque marche fracassée par nos pas nous rapprochant de l’épicentre de cette cacophonie. Les catacombes se dévoilaient alors peu à peu, à la lueur d’auras gorgées de magie drust servant à illuminer l’endroit. Nous nous entendions en échos, et pour cause : la salle étant d’un gigantisme inégalé jusqu’alors. Plus grande que les salles de bal, de banquet et le pavillon de chasse réunis. Six stèles drusts étaient placées en arc de cercle, en dessous desquelles les dalles avaient été retirées, comme pour laisser les épaisses racines s’entremêler librement autour des monolithes et en puiser leurs forces occultes. Au centre de l’arc de cercle, des écrits issus d’un quelconque parler drust furent sculptées à même le sol en pierre. C’est en son centre qu’il se tenait : le seigneur Arthur Malvoie. Descendant d’Arom fléau des Drusts, le père de dame Lucille n’était plus que l’ombre de lui-même. Derrière lui, séparés par une tranchée – ou devrais-je dire une fosse jonchée d’ossements d’innombrables sacrifiés – se trouvait sa compagne, dame Mérédith Malvoie. Il est aujourd’hui de notoriété publique que, terrassée à l’idée de perdre son époux souffrant, dame Malvoie se tourna, dans son grand désespoir, vers des forces occultes afin de le sauver. Si bien que la calamité des confins corrompus a répondu à son appel, sauvant son cher et tendre, jusqu’alors notre seigneur régent de Drustvar, mais en payant le prix fort. Le Sabbat Malecarde puisa sa naissance dans cet acte passionné, celui de sauver sa moitié, en sacrifiant sa propre volonté au profit d’entités qui nous transcendent. Ceux qui étaient désormais pantins de la volonté du Roi des Drusts se tenaient devant nous, une vision déchirante pour dame Lucille Malvoie, que de voir ses deux parents réduits à la servitude. Leur apparence physique n’avait plus rien de semblable également. Bien qu’aperçus à l’extérieur du manoir, l’ambiance pesante de qui allait faire le premier pas nous permit de les détailler davantage. Le seigneur difforme ne tarda pas à abattre l’énorme gourdin en bois, lui servant de bras gauche, sur les malheureux d’entre nous osant tenir le premier rang. Protégée par la large tranchée, Mérédith Malvoie ne cessait sa complainte, fracassant ses doigts squelettiques sur chaque touche. Le morceau sifflant à travers chaque tuyau semblait revigorer son époux engagé dans la mêlée, comme s’il se reconstituait après chacun de nos coups. Le mastodonte hachait, balayait, massacrait tout sur son passage, le couple se protégeant mutuellement à sa manière, dans les fondements de leur maison. Certains se mirent alors en quête de braver la tranchée pour s’attaquer à la Mère du Sabbat Malecarde, tandis que les autres continuaient de distraire le seigneur Arthur Malvoie. La stratégie finit éventuellement par payer, sa dame délaissant l’orgue à force de tirs bien placés et d’une inclusion dans la mêlée contre son gré. Elle s’empressa de balayer ceux à portée de main dans la tranchée, bourbier sans nom dont les ossements ne laissaient filtrer que de minces émanations de magie drust. Le seigneur Malvoie finit, au terme d’un combat acharné, par être repoussé dans ce fossé, manquant de peu de s’écrouler sur les nôtres. L’endroit exigu nous permit de tirer profit vis-à-vis du pauvre homme disproportionné et peinant à se mouvoir. Le père s’effondra sous les assauts répétés de notre groupe, des inquisiteurs et de sa fille. Encore aujourd’hui je n’ose imaginer ô combien la douleur et le chagrin furent incommensurables pour notre régente, devant s’attaquer aux racines du mal, ses propres ascendants, au cœur du foyer qui l’a vue grandir. Outre ce tiraillement, ses prouesses avec Sorcicide valurent indéniablement la survie de plus d’un d’entre nous ce jour-là, la digne descendante d’Arom Malvoie faisant pleuvoir l’argent sur nos ennemis. Le seigneur Arthur Malvoie alors terrassé eut pour effet, à notre grande surprise, de briser sa dame Mérédith. Un cri strident qui me parcourt encore l’échine aujourd’hui perça l’intégralité des catacombes. A l’agonie, dame Mérédith, elle qui avait sacrifié sa volonté propre et la vie de tant de ses sujets pour sauver son mari, voyait ce dernier effondré à ses pieds. Une telle vision lui ayant sans nul doute été inconcevable, elle psalmodia quelques mots dans une langue oubliée, se donnant la mort au terme du rituel. La confusion fut totale et je pensais là encore à un mauvais sort, une dernière carte à jouer au nom du Sabbat Malecarde. C’est alors que le seigneur Arthur Malvoie se vit insuffler le don de la vie, au détriment de celle de sa chère et tendre. Dans un ultime râle de désespoir, dame Mérédith sacrifia ce qu’il lui restait, restant fidèle à ses engagements jusqu’au dernier souffle, l’idée d’être séparée de son époux lui étant inconcevable. Elle transféra ce qui lui restait de son énergie vitale, succombant au prix de ramener à la vie son mari, encore une fois. La Mère du Sabbat n’était plus, tandis que le seigneur renaissait. Notre air interloqué fut alors vite dissipé par le seigneur mastodonte se redressant devant nous. Nous nous retrouvâmes tous dans la fosse, frappant de nos épées et nous agglutinant devant ou derrière notre adversaire, le côté opposé à sa direction priant, à tour de rôle, pour qu’il ne se retourne pas pour frapper. Nous vînmes finalement et pour une seconde fois à bout de notre seigneur asservi, trop affaibli et endigué dans la tranchée, sans grande possibilité de se mouvoir. La mort du couple Malvoie sonnait pour nous le glas d’une victoire amère. Et pourtant, l’influence de la magie drust ne semblait faiblir. L’air était encore lourd, le mal dormant enfoui au plus profond de chaque racine sous nos pieds, gorgeant les ossements dans lesquels nous baignions d’une torpeur prémonitoire, comme si telle était notre destinée, englués dans cette fosse commune. Ce charnier avait de quoi en dérouter plus d’un, le malaise profond nous guettait et notre essence vitale semblait se consumer, plus nous restions ici. Impossible de remonter, la tranchée se poursuivait au travers de la fente du mur des catacombes, s’enfonçant dans une pénombre oscillant de lueurs bleutées. Une fine brume émanait de notre échappatoire, que nous nous empressâmes de prendre, clopinant pour certains. La fracture du mur dévoilait une roche sombre d’abord rugueuse, s’entremêlant aux racines. Elle laissa progressivement place, dans une descente, à une pierre polie par les affres d’une magie corrompue. Cet endroit n’avait rien de naturel, certitude confirmée par dame Lucille Malvoie, désormais endeuillée de ses deux parents, nous précisant sa méconnaissance d’un tel endroit. Tout en dévalant la pente, l’air lourd commença à susciter au plus profond de nous des sensations de vertiges et hallucinations. Je n’en fus pas épargné. Je ne saurais décrire ce qu’il s’est produit en ces lieux, que nous avons ultérieurement nommé la Rupture. L’étroite descente déboucha sur l’intérieur d’une cavité, entremêlement de roches taillées ou brutes ainsi que des racines. La pierre sculptée formait des marches se séparant à intervalle d’une dizaine par des plateformes, elles aussi taillées et stylisées. Notre acuité visuelle s’adaptait au fur et à mesure que la luminosité s’intensifiait. C’est alors que l’inéluctable se produisit. Un pincement au cœur des plus vifs et douloureux qu’il m’ait été donné, et je n’ose trop m’avancer en considérant ce sentiment partagé par mes frères d’armes ayant, eux aussi, côtoyé la Forêt Cramoisie. Victimes d’hallucinations ou dans un déni absolu ? Nous étions au sein-même de Gol Inath, cavité sépulcrale constituant alors l’épicentre des forces du Sabbat Malecarde dans ladite forêt. Mais cela ne se pouvait, Gol Inath s’était effondrée sur lui-même. Les images confuses de notre fuite précipitée vers la sortie, alors que le plafond cédait, me revinrent à l’esprit par bribes. Un lieu brisé par le temps et l’espace, voilà qui serait notre tombeau. Illusion ou réplique parfaite d’un Gol Inath source de cauchemars pour nous tous, nous étions une nouvelle fois confrontés à nos pires craintes. Au centre de la crypte se trouvait un bassin, source d’émanations de magie drust. Impossible de dire sa profondeur au vu de la noirceur des eaux corrompues par le mal. Ce que chacun redoutait en son for intérieur, sans avoir la force de l’exprimer, de peur de l’invoquer, finit par se réaliser. Une fois de plus, le seigneur des confins corrompus se manifesta devant nous, jaillissant de son portail – une arche en proie aux ondulations d’occultes sortilèges à même la paroi rocailleuse. Calamité de Drustvar, cauchemar de Kul Tiras, celui dont la simple évocation du nom fait frémir au plus profond des masures, Gorak Tul s’extirpa de son portail, ralliant le monde des vivants – paralysés par la peur en ce qui nous concernait. Vaincu par l’Ordre des Braises deux millénaires de cela, le prisonnier des confins corrompus semblait avoir médité son retour. Corrupteur du siège du pouvoir en Drustvar, l’abject se constituait en un dernier obstacle, et pas des moindres, à bouter pour marquer le coup de grâce à l’influence drust grandissante. Je ne saurais accorder du crédit aux réactions de mes comparses, ayant été moi-même bien trop captivé avec effroi par le fléau d’Arom Malvoie nous faisant face. J’ignore qui brisa en premier l’enveloppe d’émotions nous paralysant jusqu’au plus profond de notre mental, mais un cri vint m’en extirper également. Nous chargeâmes de manière désordonnée, mus par la volonté d’en découdre une bonne fois pour toute et d’honorer les prouesses de nos ancêtres qui, eux aussi, luttèrent contre la menace drust. Le combat s’engagea alors. Désordonné, comme surgissant d’un mauvais rêve, nous frappions le mastodonte trois fois plus grand que nous, en vain. Ce dernier balayait tout sur son passage, saisissant deux d’entre nous pour les envoyer jusqu’aux abords du bassin. Un mètre de plus et la mort subite leur aurait été garantie. La Mère les en préserve. Notre piètre résistance ne semblait pas affecter le Roi des Drusts qui fit pleuvoir son déluge de calamités malicieuses, noyant une portion d’entre nous dans un sortilège de torpeur innommable. La folie gagna plus d’un au cours de cette bataille déséquilibrée, Gorak Tul s’insérant dans l’esprit des simples mortels que nous sommes, afin d’y cracher mille tourments d’une voix éthérée. L’abîme nous guetta et il fut alors évident que nous ne pouvions gagner un tel combat. Gagner du temps, en revanche, était la clé, par des efforts répétés. Gorak Tul, une fois de plus, semblait lié au portail duquel il venait de surgir. Comme rappelé dans les Ulterres, nous luttâmes jusqu’à notre dernier souffle afin de stopper toute progression en sens inverse. Bon nombre d’entre nous étaient eux aussi aux portes de la mort. Après des mois de service à lutter contre le Sabbat Malecarde, l’inquisiteur Cléandre Hautvol donna de sa personne pour protéger tout Kul Tiras du retour impensable d’un tel être abject. L’air enhardi de Cléandre, « Courroux de Corlain » après ses exploits dans la cité éponyme, ne fut pas du goût du seigneur des confins, qui délaissa le reste d’entre nous pour s’en prendre au malheureux. D’une main gauche, il souleva l’inquisiteur, le broyant dans son armure tandis que, de l’autre poigne, il n’eut plus qu’à saisir sa tête et la tordre, dans un craquement à en glacer le sang. Disloqué, l’honorable Cléandre s’effondra sur le sol en pierre, gisant sans vie. La vanité de nos attaques fut compensée par le sacrifice de notre comparse. En effet, tandis que Gorak Tul dévastait de toute sa supériorité l’inquisiteur, les liens semblaient le rappeler peu à peu dans le portail. Il perdait du terrain. L’outre-monde agrippait de volutes l’apparence chamarrée de piques boisées aux éclats bleutés. Le portail diaphane d’une couleur pure et limpide invoquant son maitre nous fit redoubler d’efforts, en dépit des maux de l’esprit et crispations musculaires. Un dernier sursaut de rage fit jaillir du sol une épaisse pointe acérée de ronces, embrochant notre précieuse alliée Morweyn Parle-Bois. Empalée de la sorte, sa vie ne tint qu’à un fil – comme beaucoup ce jour-là. Nous ignorons précisément si l’exutoire que constituait le portail termina d’avaler Gorak Tul, ou si ce dernier se dissipa au travers d’émanations drusts, à l’image des généralissimes du Sabbat – les matriarches – une fois terrassées. Nos visions, brouillée par le sang, les vertiges et la folie embaumante rendent encore confus à ce jour un tel bilan. Il n’empêche, le seigneur des confins corrompus n’était plus. La membrane envoûtant le portail se dissipa alors au même titre que l’air lourd, un réel poids sur nos épaules s’évaporant par la même occasion. La magie drust se dissipa instantanément, le mal être profond régnant autour et en chacun de nous s’estompa, dans un dernier soupir, le nôtre. La victoire s’offrait à nous et pourtant, nul chant ce jour-là. Les morts étaient nombreux, les blessés tout autant. A défaut d’avoir été frappé physiquement, les séquelles subies furent incommensurables. Notre quête de purger l’hérésie jusqu’aux fondements de Drustvar semblait accomplie, mais nous en avions payé le prix fort. Encore aujourd’hui, les spéculations divergent concernant la destinée de Gorak Tul et de ses sbires. Si nous nous accordons à dire que le Roi Drust fut, une nouvelle fois, banni du monde des vivants à travers de telles prouesses, il est indéniable qu’un tel mal se tapit encore, dans l’ombre, au travers d’un autre monde plus archaïque que le nôtre. La tâche nous incombe à toutes et tous de veiller à ce qu’il y reste. C’est donc une victoire qui s’offre à nous, certes, mais encore aujourd’hui le sentiment d’une victoire amère. Les vies de bien trop d’innocents furent prises avant et pendant la reconquête. Puisse Drustvar être éternellement préservée des vices du Sabbat après cela. La guerre était finie. Enfin, la reconquête de Drustvar touchait à sa fin, après un très long combat aux côtés de dame Lucille Malvoie et de l’Ordre des Braises. Certes, la région n’était pas encore épargnée de toutes menaces, mais nous avions repris les places fortes et lieux les plus importants. La menace du Sabbat Malecarde était désormais largement amoindrie, sinon quasi-nulle. Les affrontements furent nombreux et douloureux. Mais notre méthodique progression, notre stratégie qui se révéla sans failles, nous permit de décrocher la victoire face à des adversaires dont les pouvoirs inimaginables dépassaient l’entendement. Nous avions purgé la Ferté-d’Arom de l’hérésie des sorcières infiltrées. Nous avions permis aux esprits du cimetière Tertrebois de trouver le repos, tout en reprenant le contrôle du domaine familial. Nous avions purifié le glacier de Gol Koval avec l’aide du légendaire ordre druidique des Parlépines. Nous avions défendu le bourg assiégé de Butte-du-Faucon, à deux doigts d’être emporté par les flammes. Nous avions combattu les forces armées ennemies se terrant dans la Forêt Cramoisie, rencontrant par la même occasion l’antique menace que représentait Gorak Tul. Nous avions sécurisé les terres avoisinantes de Corlain, à savoir le bas du village, son armurerie et la Chapelle des Bois Blancs. Au cours d’un siège sanglant, nous avions pris d’assaut les Hauts de Corlain. Et enfin, plusieurs mois après le début de la guerre, nous avions porté le coup de grâce au Sabbat Malecarde au sein-même du manoir de la maison Malvoie. Mais le bilan était mitigé. Les pertes matérielles et humaines avaient été nombreuses, encore plus dans notre camp que dans celui des sorcières. La sombre magie du Sabbat avait corrompu la faune et la flore de Drustvar et il lui faudrait un temps conséquent pour se rétablir. Les séquelles physiques et psychologiques étaient profondes, indélébiles. La magie drust ne s’était pas seulement attaqué à nos corps, mais aussi et surtout à nos esprits. Nous avions néanmoins gagné et rétabli un semblant de paix en Drustvar. Le coup de grâce avait été porté aux sorcières, et jamais plus nous ne les reverrions. La mort du seigneur Arthur et de dame Mérédith Malvoie fit de leur fille Lucille l’héritière, nouvelle régente de la région. Nous lui vouions donc à partir de ce moment une allégeance indéfectible, d’autant plus qu’elle avait toujours été à nos côtés dans cette guerre, même dans les moments les plus difficiles. À Corlain, dame Lucille Malvoie donna un discours en l’honneur des tombés, marquant un terme à la reconquête de la région. Nous étions exténués. Tout ce que nous voulions maintenant était trouver le repos. Il était grand temps pour nous de rallier Boralus et de panser nos plaies. Nous devions nous relever dignement des difficultés parcourues, mais sans nous leurrer : les blessures laissées par le Sabbat ne nous quitteraient jamais. Elles faisaient désormais partie intégrante de notre identité. L’officialisation de la fin de la guerre en Drustvar fut symbolisée par le retour de l’ensemble de notre groupe à la capitale, en diligences. Après ce que nous avions vécu, nous ne voulions plus que la paix, le calme et la prospérité. La gloire immarcescible dont nous jouissions était reléguée au second plan. Drustvar pouvait maintenant renaître. Ses forêts pouvaient refleurir, ses animaux retourner vivre en harmonie avec la nature, l’écosystème se rétablir. La rénovation n’attendit pas : dans toute la région, les maçons s’affairaient à réparer les maisons. Les réfugiés, qui étaient jusqu’alors entassés à la capitale dans des camps de fortune, purent retrouver leur terre natale et la repeupler. Eux également, nous les avions sauvés. Cela faisait partie de notre fierté. Tout sembla rentrer dans l’ordre. Enfin, cette sinistre épopée s’achevait. Nous ne pourrons jamais assez remercier ceux qui ont combattu à nos côtés pour leur engagement inébranlable et leur courage inextinguible. Frères d’armes mais surtout amis, nous vous portons tous dans notre cœur et n’oublierons jamais que vous étiez à nos côtés. Chaque personne a compté. Adèle Deauclaire, Aïleen Lovell, Ariella de Rocambeau, Argos Duhembre, Cyrène Bouclevent, Elie Griseaube, Elisa Dreux, Grey Kendrick, Hildebrand Vergy, Lilya de Veillepin, Lindsay Beaufort, Lyanna Corbevoie, Marv Orlombus, Morweyn Parle-Bois, Océane Hautvol, Pacôme Couterelle, Terrence Howard, Viktor D. Kolt, Virgile Fend-Lieues, Yngvild Tertrebois et Yves Brisemarée, un grand merci à vous. Nous vous serons éternellement reconnaissants pour votre aide. Ce livre rend également hommage à l’héroïsme de ceux qui n’ont pas hésité une seule seconde à sacrifier leur vie pour notre réussite. Leur souvenir restera pour l’éternité gravé dans nos cœurs. Kasper Tertrebois, Joseph Poudrenoire, Helioth Vivécume, Walter Ancrenoire et Cléandre Hautvol, héros de Drustvar, reposez en paix.
  5. Mariage entre Merimit Tertrebois et Aodren Courvoisier Préambule : Le vingt-sixième jour du dixième mois s’est tenu la cérémonie d’union entre le capitaine Aodren Courvoisier et la demoiselle Merimiot Tertrebois. Organisé à la chapelle des bois blancs, à Drustvar, l’événement réunissait l’ensemble de la noblesse Tirassienne, conviée à travers des faires parts envoyés longtemps à l’avance, que chacun puisse s’organiser. Au vu de la distance de l’endroit, à l’extrême Ouest de Kul Tiras, chaque convive s’est vu attribuer une chambre d’hôte au Logis des Hauts de Corlain. L’établissement de renom privatisé pour l’occasion a donc vu se déverser, quelques jours avant le moment fatidique, une multitude de nobles plus richement habillés les uns que les autres. Lesdites chambres se garnissant sans répit des bagages de leurs occupants. Puis le moment tant attendu arriva. La chapelle des bois blancs : Les convives furent acheminés des Hauts de Corlain jusqu’à la chapelle par l’intermédiaire de diligences. Le défilé commença alors, entre réception des cadeaux par les domestiques, salutations, annonces de bienvenue et échanges de courtoisie. Chacun fut annoncé haut et fort par le héraut, tandis que l’assemblée s’entremêlait en petits groupes, facilitant la conversation. Certains ne purent résister à l’idée d’échanger quelques pas de danse, d’ores et déjà, tandis que la prestigieuse Compagnie de la Barcarolle s’acharnait sans répit à garder un rythme endiablé. La chapelle avait été remodelée pour l’occasion. Des chapiteaux furent érigés, sous lesquels des comptoirs garnis de coupes d’apéritifs n’attendaient qu’à être bues. Les domestiques s’agitaient à tout va, les nobles échangeaient, puis vint le temps de la cérémonie d’union. Ils rallièrent donc le devant de l’autel où des rangées de bancs avaient été disposées à même l’herbe fraichement tondue. L’union : Les échanges se transformèrent en murmures tandis que chaque convive prenait place, puis un silence de tombe se manifesta. L’assemblée se leva au passage de la mariée, Mademoiselle Merimit Tertrebois, alors amenée jusqu’à l’autel par son frère, le seigneur Lesfred. Le capitaine Aodren Courvoisier était déjà présent au-devant, tout comme le frère Louen Tertrebois, eaugure officialisant la cérémonie. Dans un discours solennel et sous le regard bienveillant de la Mère des marées, l’eaugure présidant cette union invita les époux en devenir à échanger leurs consentements. Ranald Tertrebois, plus jeune frère de la mariée, apporta les deux alliances logées sur leur coussin de soie. Les bagues furent mises au doigt et le baiser scella cette union sous les applaudissements chaleureux des convives alors émus, pour beaucoup, par l’événement. Buffet, tournoi et valse : Les mariés ouvrirent la voie, de retour aux chapiteaux, tandis que l’ensemble des convives suivait. La musique battant son plein fut l’occasion pour bon nombre de profiter des festivités mises à leur disposition, se décomplexant sur la piste de danse. Un verre à la main, ils furent nombreux à faire part de leurs félicitations aux deux heureux élus, se constituant en une file d’attente pour avoir le plaisir de les contempler de plus près. Les échanges cordiaux furent alors brisés par le héraut annonçant la première animation, en cette fin d’après-midi, à savoir le tournoi. Les invités côtoyèrent une fois de plus la pelouse, se dirigeant vers le lieu-dit, une coupe en main. Un terrain d’arène avait été érigé pour l’occasion avec ses promontoires surplombant le lieu du combat. L’on se massa sous les toiles tendues alors que les fanions se balançaient au gré de la brise. Les deux époux se faisant prier s’installèrent finalement à leurs places d’honneur, marquant le début de l’événement. Le garde d’élite Prolan Sombrabysse fut annoncé, se présentant haut en couleur dans son armure de l’Amirauté. Son adversaire était Yngvild Tertrebois, cousine de la mariée, également connue sous le nom de la « Brise-crâne » et le « Fléau du Sabbat » à la suite de ses haut-faits lors de la reconquête de Drustvar. Un duel acharné s’engagea entre le mastodonte maniant le marteau et la drustvari, équipée d’une ancre au bout d’un bâton. Si chacun combattit avec bravoure, la consistance démesurée du sire Prolan Sombrabysse eut raison de l’agilité d’Yngvild Tertrebois, cette dernière finissant par manger la poussière. Les deux duellistes furent alors applaudis par des nobles enjoués – ou frustrés pour ceux ayant perdu leurs paris – qui ne tardèrent pas à retourner au buffet, aussitôt l’animation terminée. Les préliminaires du dîner satisfirent les plus goinfres des nobles, s’empiffrant d’amuses gueules en tout genre. Les mises en bouche accompagnées d’apéritifs divers, la Compagnie musicale de la Barcarolle entama alors son registre de la valse. La première danse fut naturellement ouverte par les deux époux, qui ne tardèrent pas à être suivis par d’autres paires ; couples officiels, officieux ou bien d’autres cavaliers ayant eu le courage de demander aux dames esseulées si elles leur feraient cet honneur. Les convives valsèrent un bon moment tandis que les yeux ébahis des autres, munis de coupes et d’amuses gueules, observaient avec fascination les mouvements gracieux et voluptueux. Le festoiement : Le dîner fut finalement annoncé et chaque noble rallia sa table, respectant le plan défini sur chaque étiquette disposée. Fut servi au cours de la soirée et en guise de menu un bourgeon de Saint-Jacques et ses pétales de chair de homard. Le plat principal se constituait quant à lui d’une côte de caille arrosée à la liqueur de noisette, accompagnée de pommes de terre. Enfin, le dessert somptueux n’était autre qu’un massepain et son glaçage forestier aromatisé aux marrons, le tout garni de fruits. Les convives ne cessèrent donc de ripailler tandis que la nuit tombait, le ciel étoilé s’illuminant d’aurores, certains y voyant là un bon présage quant à cette union. Les échanges furent divers d’une table à l’autre, les discussions allant bon train. La seconde animation se manifesta en même temps que le plat de résistance. Il s’agissait d’une pièce de théâtre avec pour acteurs des enfants, dont Isaure Aigueborde dans le rôle principal de Merimit, ainsi que Ranald Tertrebois en guise de conteur. La pièce enfantine était rythmée par les rires des nobles tandis qu’elle dépeignait l’histoire d’une jeune Merimit, encore demoiselle, et comment elle fut amenée à côtoyer le capitaine Courvoisier. Le franc succès de l’animation, nourri par des applaudissements chaleureux, laissa place au dessert, où les discussions variées reprirent alors. Les mariés réalisèrent finalement leur tour de table, remerciant chaque convive et s’enquérant de leur satisfaction quant à l’événement. Les assiettes désormais vides, chacun fut invité à se rapprocher du bout de la rangée de table, pour y contempler le bouquet final de la soirée. Un spectacle pyrotechnique, dont les feux d’artifices étaient tirés à la pointe de la falaise. Certains en ayant redemandé, les musiciens relancèrent alors la valse, pour le plus grand plaisir de quelques convives dont la danse fut illuminée par les feux. La cérémonie s’estompa peu à peu, les convives rallièrent au compte-goutte leurs diligences respectives, saluant et remerciant les mariés. Il fut ainsi globalement salué un événement fort bien rythmé, animé avec faste, en satisfaisant plus d’un ayant voyagé de loin pour y assister. Une bonne partie des convives repartit au petit matin des Hauts de Corlain, pour rallier la capitale, tandis que d’autres profitèrent d’être au Nord-Ouest de Drustvar pour y découvrir son environnement atypique, désormais purgé de l’influence du Sabbat Malecarde. Ont participé à l’événement : Lukas Ferwight, Williams Arkayn, Pélagie Assigny, Janella Daerian, Adèle Deauclaire, Terrence Howard, Alicia Verdenheim, Elie Griseaube, Grey Kendrick, Eloïse de Ruyter, Henry Hellington, Elisabeth Devineaux, Amedy de Val-Archer, Karla Hellington, Rhysand Ventis, Reginald Ancrenoire, Aïleen Lovell, Aodren Courvoisier, Heideck Tertrebois, Yngvild Tertrebois et Lesfred Tertrebois. Merci à Yngvild Tertrebois pour les screens.
  6. Accord commercial entre la Maison Tertrebois et la Maison Devineaux Dans la nuit du quatrième au cinquième jour du dixième mois, le seigneur Alden Devineaux, Mademoiselle Elovy Devermandois et le sire Rhysand Ventis ont été conviés à un dîner, à l’hôtel particulier de la famille Tertrebois. Ce repas fut l’occasion de sceller un accord commercial jusqu’alors bien développé, en fixant les dernières modalités. Le moment d’échange fut également l’opportunité de faire plus ample connaissance, Mademoiselle Devermandois étant désormais amenée à travailler au sein de la librairie Tertrebois du Haut-Quartier. Les sujets furent nombreux en de bonne compagnie et l’on évita d’aborder de ce qui fâche, rendant la soirée agréable au cours d’un copieux dîner. A la suite de celui-ci, le sire Ventis quitta l’hôtel. Puis le trio, concerné par l’accord commercial, se rendit à la librairie. De là-bas, ils scellèrent ainsi leur bonne entente sur le plan commercial, premier accord entre les deux Maisons susnommées qui voient leurs relations désormais bonifiées. Instant immortalisé ci-dessous. L'accord commercial stipule donc la mise à disposition de ressources telles que du sucre, du fromage et de l'ambre, en échange de livres et de l'embauche de Mademoiselle Devermandois au sein de l'établissement. La soirée s'acheva sur un lapsus révélateur qui ne manqua pas de susciter les émois pour ceux présents au sein de la librairie, laissant sous-entendre, si l'on en croit les ragots, un rapprochement entre Elovy et Alden, plus fort que les liens de vassalité de la première envers le second... Affaire à suivre au travers de moult facéties et croustillants commérages. Cet accord vient s'ajouter à la liste des autres d'ores et déjà signés par la Maison Tertrebois, avec divers partenaires commerciaux, qu'ils soient nobles de Kul Tiras également ou issus d'autres horizons. L'opportunité permet donc pour la Maison de poursuivre sa bonne prospérité, au travers d'une gamme de produits diversifiée, faisant le bonheur des habitants du domaine, mais aussi des finances familiales. L'accord commercial en question, merci à Yngvild Tertrebois :
  7. Les deux derniers mois ont été éprouvants à bien des égards. Charpentiers et ouvriers se sont efforçaient à terminer les préparatifs en temps et en heure. Alors que la Caserne Portvaillant et la Croix de l’Amirauté installèrent le poste de garde et établirent des ordres de patrouilles. Jusqu’au lundi 26 Aout de l’an 33. Les portes des remparts nord se sont ouvertes en début de soirée, accueillant les visiteurs. Citoyens de Boralus ou ressortissants étrangers, tous étaient les bienvenus. Après une fouille stricte et une réquisition des armes au poste d’entrée, la foule commença à assouvir sa curiosité naturelle. L’armateur Auguste Matuzak avait été nommé par la Chambre des Commerces comme représentant et animateur des festivités. Ce dernier laissa le temps aux arrivants de pouvoir profiter d’une première visite libre du marché. Ensuite par le biais des crieurs de Boralus il invita tout ce beau monde à le rejoindre à l’hôtel des ventes. Comme tout animateur il effectua une série de discours simples et traditionnels. Juste avant de rappeler à la foule le programme des jours qui allaient suivre, il invita le Seigneur Clairon Peinsbourg. Telle une course de relais, le noble poursuivit le discours d’ouverture du festival. Après avoir remercié le Seigneur Peinsbourg, le maître armateur fit la promotion des animations qui allaient être proposées à tous ! C’est une vente aux enchères qui ouvrit un bal et lança la série d’animation du festival. Petits et gros lots étaient présents, attisant la curiosité, la convoitise et pour certain le désintérêt. Des objets ou des services variés et dont les origines étaient toutes du Royaume ! (Ou presque) : - Un lot de quatre cannes à pêche en bois d’orne et de file d’arachnide drustvari, qui ont été toute dédicacés par le Seigneur des hameçons, Nate Pagle ! Les passionnés de pêche n’étaient pas au rendez-vous ce soir-là, mais les collectionneurs et acheteurs eux, étaient bien présents. Une joute s’est jouée pendant plusieurs minutes avant que le lot fût acheté par Malicia Lestange. - Le second peut également servir de passe-temps ! Un lot de harpons qui selon une légende de Caserne aurait réussi à abattre un dragon rouge de la Horde durant la Seconde Guerre. Seuls des vétérans des guerres orques pourraient en attester l’authenticité. Qui sait ? Ces armes redoutables ont été achetées par Quintus Rutland. - Alors que tout le monde retenait son souffle durant la vente du troisième lot, les fins connaisseurs d’objets magiques reconnus le vase ensorcelé du sorcier Bryan Foule-Voile. Les mystères qui entourent l’artefact de ce vétéran de Tol Barad sont nombreux et ont tapé dans l’œil une dame en rouge, nommé Fanlin. - Mais se ce ne sont pas de vieilles cannes, des armes de guerre passées ou de la poterie de geôlier qui ont conquis l’attention de l’assemblée … Le Seigneur Terrence de la maison Howard a su voir les potentiels du quatrième gros objet mis en vente : l’armure du vétéran du quai du Trident : Hélioth Riggs. Deux mille pièces d’or ont été déboursées. Certains diront que cette somme était bien trop colossale, d’autres reconnaîtront l’intuition du maître Howard. En effet nous parlons tout de même d’une armure en Foudrargent et en Vrai-Or. Cette association est extrêmement rare et est une marque de qualité indéniable. Le tournoi des Braves a galvanisé les preux combattants et une foule en délire ! Pendant que les nobles s’installaient dans leur emplacement spécifique, les citoyens de Boralus se groupèrent autour de l’arène et les volontaires s’équipèrent d’armes bâtardes émoussées. Le festival organisé par la maison Peinsbourg était également un moyen d’honorer le solstice d’été. C’est ainsi que Monsieur Matuzak offrit aux gladiateurs un drapé estival qu’il invita à revêtir. Les différentes manches furent toutes pleines de rebondissements. Si l’évènement avait été payant, nul doute que les spectateurs en auraient eu pour leur argent. Des noms comme Somberg le fléau des hospices ! Alanaa la chèvre de feu ou encore de Joseph l’artisan de l’estoc fut crié dans des élans d’encouragement frénétiques ! Le nombre de participants était très encourageant pour L’armateur Auguste, à tel point qu’à la fin il y avait trop de finalistes. Ne se laissant pas débordé par l’enthousiasme, il décida de commémorer les batailles des fronts, en lançant une grande mêlée générale ! Du sang, de la sueur, des dents dans la terre martelée à coup de botte, tout était présent pour honorer les soldats Kul Tirassien. Mais une chose surpassa le reste : l’honneur. C’est avec joie que les citoyens de Boralus auront pu assister aux combats de grands guerriers. Un tournoi qui rassembla de bons gagnants, mais aussi d’excellents perdants ! La dernière animation de l’armateur fut la course de barques. Kul Tiras est une nation de marchand et de commerçant. Mais c’est avant tout un peuple de navigateurs. Le maniement de la pagaie et de du gouvernail fait parti des compétences sociales et des mœurs de vie qui sont incontournable, mais aussi incontestable. Amenez par des chariots sécurisés, des remparts jusqu’à l’extérieur de Boralus, les citoyens auront pu profiter d’une soirée hors des murs de la capitale. Loin de la pollution et des nuisances urbaines les amoureux du festival ont très certainement apprécié ce cadre reculé de la station d’embarcation de la Rade de Tiragarde. Équipé d’un bar sur roulotte, de quais aménagés, de poste d’observation et d’une plateforme flottante pour les nobles, ce refuge de loisir Tirassien a été le théâtre d’un combat de sueur. Certains des participants à la course de barque avaient également tâté de l’épée la veille au tournoi des braves. Mais ce fut la participation de Dame Elisa, seigneur de la maison Dreux, qui abasourdit petites gens et nobles. Les premières et secondes places gagnèrent une barque offerte par la Chambre des Commerces tenant la station de loisirs et un repas offert. Un prix spécial a été attribué à Elisa Dreux, pour sa volonté de gagner et sa détermination à ne pas abandonner. La jeune noble du haut de ses onze ans reçut une barque également ornée de symboles de Kul Tirassien.
  8. ptdr quoi ? quelle est cette illusion ? @Plume il a trahi le club des glandeurs
  9. Maison Courvoisier Informations générales : Nom de la maison : Courvoisier Seigneur de la maison : Aodren Courvoisier Fondateur : Everard Courvoisier Blason : Un épervier doré surmontant un sabre de la même teinte, sur fond vert. Allégeance : Maison Portvaillant Membres de la famille proche : . Le père : Théobald Edgar Courvoisier. Âgé et rentré infirme de la Seconde guerre, il ne quitte plus guère le domaine, ayant préféré s’écarter de la politique et des intrigues de la capitale pour s’occuper du haras, tâche qui lui sied désormais bien plus. Il a laissé les rênes de la famille à son fils aîné, Aodren, dés lors que celui-ci fut promu au grade de capitaine, soit quelques années avant l’arrivée de l’Alliance à Boralus. Plus jeune, il s’engagea dans une carrière militaire au sein de la cavalerie Kultirassienne, qu'il acheva au grade de Commandeur, avant de se retiré de l’armée suite à la perte de sa jambe droite à la guerre. . La mère : Hélène Courvoisier. Âgée elle aussi, bien que plus jeune que son époux, elle passe également son temps au domaine, a ses côtés. Certaines mauvaises langues de la capitale laissent entendre qu’elle préférerait retrouver la ville, dont elle est native, mais personne ne semble valider cette théorie, officiellement du moins. Réputée pour son élégance du temps de sa jeunesse, elle tente de conserver un certain maintien et semble mettre un point d’honneur à vieillir avec panache. Il semblerait qu'elle accorde une grande importance à la réussite de ses fils et tout spécialement du cadet, Aubin... . Le frère : Aubin Courvoisier. Frère cadet de la famille, âgé de vingt-trois ans, il représente un second souffle aussi inespéré que tardif pour la famille, qui ne semblait guère parvenir à avoir un autre enfant après la naissance d'Aodren. Jeune et relativement insouciant, il demeure très méconnu à la capitale, n’y ayant fait que peu d’apparitions. Il n'a par ailleurs pas été à l'Académie, au vue de son désintérêt pour la chose militaire. Il passe beaucoup de temps au domaine, profitant de loisirs tels que l'équitation où la chasse, aidant son père à la tâche au besoin et suivant avec plus ou moins d’assiduité les cours d’un maître d’armes dépêché par Théobald, le vieil homme ne souhaitant visiblement pas que son fils garde cet état d’esprit volatile qui le caractérise pour l’heure. . L'Oncle : Armand Courvoisier. Le frère cadet de Théobald et seul Courvoisier a avoir fait carrière dans la marine. Il est de notoriété publique au sein de la noblesse que certaines dissensions existèrent entre les deux frères, le premier reprochant son choix au second. Quoi qu’il en soit, la querelle n’a jamais posé troubles plus importants que quelques emportements durant les dîners de famille. Il fut terrassé par la Horde durant l'expédition de Daelin en Kalimdor. Son fils unique, nommé Everard a l'instar du fondateur ancestral de la maison, fut victime d'un accident de chasse, menant ainsi à la disparition de la branche cadette de la famille. Les Beaulieu, parents des Courvoisier : . Tante : Athelis Beaulieu, née Courvoisier et soeur cadette de Theobald et Armand. Autrefois dynamique et très présente à la capitale, l’âge semble l’avoir rattrapée. Elle passe désormais le plus clair de son temps au Domaine Norwington avec son mari, Pieter. Elle est principalement connue pour sa voix et son goût du chant et de la poésie, passion qu’elle partage avec son fils aîné. . Cousins : Enguerrand et Anselm Beaulieu, âgés respectivement de 25 et 23 ans. Le premier, voué à hériter de la maison, s'intéresse grandement aux affaires littéraires : Poèmes, romans et chansons le passionnent au plus haut point, tandis que la danse et le théâtre figurent parmi ses passe-temps favoris. Il s'intéresse également à la politique, mais fort peu au combat, domaine qu'il laisse volontiers à son frère, Anselm, chevalier de son état. . Cousine : Caroline Beaulieu, soeur d'Enguerrand et Anselm, actuellement âgée de 24 ans, s’est illustrée à l’Académie d’où elle est sortie avec le grade de lieutenant. Elle est actuellement placée sous les ordres du Seigneur Aldrius Norwington, à l’instar d’Aodren avant elle. . Il existe d'autres membres de la famille Beaulieu, mais ceux-ci demeurent les plus proches des Courvoisier. Domaine : Voisin des terres de Norwington, les deux familles sont étroitement liées sur les plans politiques et économiques. Construit en une zone déboisée, il accueille le manoir de la famille, ainsi que ses dépendances. Ces dernières se composent du haras faisant la réputation commerciale des Courvoisier, ainsi que de quelques masures où vivent les employés du domaine, principalement des maquignons et des palefreniers. Quelques gardes payés aux frais de la famille gardent l’endroit, afin de s’assurer de la sécurité des lieux, bien que son emplacement ne soit guère dangereux, pas plus que les bois alentours servant principalement de terrain de chasse aux nobles. Résidence : Comme beaucoup de maisons nobles, les Courvoisier possèdent un pied-à-terre à la capitale. Selon les rumeurs, il aurait été acquis par le biais de l’épouse de Théobald et serait donc, par le fait même, relativement nouveau aux mains de la maison. Quoi qu’il en soit, il se trouve non loin de la Place de l’unité, face à la statue de Daelin récemment érigée en l’honneur de l’Amiral suprême tombé à Theramore. Relativement similaire aux autres hôtels particuliers de la capitale, il se caractérise cependant par sa position isolée : En effet, nul bâtiment voisin ne vient cerner la bâtisse. Réputation économique : La richesse de la famille fut pour le moins changeante au cours des années. Originellement dans la moyenne des revenus nobiliaires de l’Amirauté, la Seconde guerre fut une crise majeure pour la famille, qui perdit de nombreuses richesses durant le conflit, suite à de mauvais placements. Depuis lors, les Courvoisier n’eurent de cesse que de combler cette rupture, chose qui est désormais accomplie grâce aux revenus du haras, principalement. L’acquisition récente de nouveaux terrains commerciaux, notamment avec l’Alliance, tire les revenus de la famille vers le haut, si l’on en croit les rumeurs et les dépenses effectuées par le Seigneur Courvoisier depuis quelques temps. Personnel : . Un majordome : Wesley Noroît. Il est le fils de l'ancien majordome de la famille, Albert Noroît et prend ses fonctions très au sérieux. . Trois serviteurs : Kara Williams, Markus Chantalizé et Connor Mornecôte. . Deux gardes du corps : Les frères Dalbret, des mercenaires attachés au service de la famille depuis la nomination d’Aodren au grade de Lieutenant. . Concernant le domaine, le personnel est plus nombreux et varié : Domestiques, palefreniers, maquignons… A cela s'ajoute un garde-chasse, un coursier ainsi que les gardes du domaine. Réputation Militaire : La vocation militaire des Courvoisier est bien connue de tous, la plupart des membres de la famille ayant occupé les bancs de l'Académie en leur temps. Le Seigneur Courvoisier dirige actuellement un corps de cavalerie de l'Amirauté, composé d'une trentaine de soldats (entre 35 et 40 en fonction des recrutements et des pertes). En plus d'eux, il faut compter le personnel lié à l'entretien des montures, ainsi qu'un groupe d'une quinzaine de gardes protégeant le domaine et ses alentours, entretenus aux frais de la maison. Armand Courvoisier était le capitaine de l’Orient, navire de ligne de la flotte appartenant à l’Amirauté. Aucun autre membre de la famille n’ayant repris vocation pour la marine, il est désormais passé entre les mains d’un autre capitaine. A cela s'ajoute également Messire Aramis Valorage, chevalier au service de la maison. Il fait principalement office de maître d'armes pour Aubin. Faits connus : . Le blason des Courvoisier n’affiche pas un cheval, contrairement à ce que beaucoup s’imaginent souvent. En effet, à l’époque où il fut créé, la maison ne possédait pas encore sa tradition équestre, ayant donc préféré un épervier : Oiseau de chasse par excellence. . Il est de notoriété publique que Theobald Courvoisier et Henry Hellington entretenait une certaine rivalité dans leur jeunesse, l'histoire tournant autours d'une question de prestige. . Aubin Courvoisier n’est vraisemblablement connu que de nom à Boralus, n’y passant guère de temps. Cela peut soulever quelques questions. . Le Seigneur Aodren Courvoisier fut nommé à la tête de la campagne de Chantorage, à laquelle il prit donc part aux côtés d’un état-major constitué par les autres seigneurs présents. . Depuis la Campagne victorieuse de Chantorage, Aodren entretient un rapport particulier avec la maison éponyme et le Culte des marées. Arborant souvent une cloche d’eaugure à la ceinture, ramenée de la Vallée, il est connu pour attacher une grande importance au devenir des prêtres des mers. . Eustache Beaulieu, ancien lieutenant du régiment Courvoisier et tombé au champ d’honneur à Chantorage, était un cousin relativement éloigné d’Aodren. Ils ont fait leurs classes ensembles. . Le Seigneur Aodren Courvoisier ne cache pas sa sympathie pour l'Alliance, nouveau et fructueux partenaire commercial du noble. Cela dit, cet état d'esprit ne semble pas faire l'unanimité au sein de la famille. . Le haras Courvoisier est réputé pour élever et vendre d'excellentes montures de guerre et de concours, au prix que l'on peut attendre pour une bête de luxe. Cela dit, la maison est en contact avec de nombreux éleveurs de chevaux roturiers, aussi les Courvoisier peuvent-ils fournir à peu près n'importe quel type de cheval à qui en exprime la demande. . Le Seigneur Courvoisier est connu pour être un collectionneur d'objets anciens, et tout spécialement lorsqu'ils sont issus de cultures étrangères.
  10. L'Implacable L'Implacable représente le joyau de la Maison Hellington. Véritable navire de guerre, le navire de l'Amirauté « L'Implacable » est un navire de ligne kultirassien de second rang à trois-mâts voiles carrées construit sous les directives de l'ancien seigneur Edward Hellington, qui, à l'époque, avait soumis le souhait de coloniser l'une des différentes iles inexplorées d'Azeroth, afin d'en faire un point relais inévitable. Dans un but expansionniste, Edward fait alors armer son bâtiment mais le chantier fut vite stoppé. Il faudra attendre la nomination d'Henry, le premier fils d'Edward, en tant que capitaine de l'Amirauté pour que le chantier reprenne et se termine de la meilleure des manières : la création de ce majestueux navire. Construit au chantier naval de la capitale, l'Implacable entre en service dès la finalité de sa construction et devint rapidement l'une des figures de proue de la flotte Kultirassienne avec son capitaine, le Capitaine Henry Hellington et ce, durant l'intégralité de la deuxième et la troisième guerre. Ce dernier se distingue lors des batailles des Contreforts de Hautebrande ou encore celle de « Crestfall », soutenant les différents vaisseaux amiraux au sein de l'avant-garde et de l'arrière-garde, lors de leurs batailles respectives. Ce qui n'était qu'au départ, qu'un simple bateau visant à coloniser, devient alors l'un des vaisseaux majeurs des différentes escadres. Doté d'un trois mâts à voiles carrés, sa vitesse n'égale celle des frégates, plus légères, mais compense avec sa puissance de feu. En effet, avec deux ponts à son actif, l'Implacable dispose de 80 canons opérationnels : 30 canons de 36 livres sur le pont inférieur ; 32 canons de 18 livres puis de 24 livres sur le pont supérieur ; 18 canons de 8 livres puis de 12 sur les ponts de gaillards. Avec un pont batterie de 56 mètres et d'un maitre-bau de 16 mètres, ce dernier s'assimile facilement à l'un des mastodontes dont la flotte de Kul Tiras dispose, ce qui, depuis lors, fait la fierté de l'Amirauté. Aujourd'hui, l'Implacable est manœuvré par le Capitaine Georges Hellington ainsi que son équipage. Cependant, ce dernier faisant partie de la Flotte de Kul Tiras, il est, à l'instar des autres navires, porté disparu en mer, privant ainsi la Maison Hellington de sa fierté. L'Implacable. Représentation par un peintre tirassien.
  11. Commodore James Hellington James Christopher Henry, né à Boralus au sein de la Maison Hellington, est un ex-officier de marine de l'Alliance, ainsi que l'ex-héritier de la Maison Hellington, déchu depuis lors. Fils de Charles Hellington et de Katherine Rosenbach, ce sera en tant que neveu du Seigneur Henry Hellington que James va recevoir une éducation à la hauteur de celles que pouvait recevoir un fils de noble. A l'instar de son oncle, James fut passionné par la mer et la navigation dès son plus jeune âge. Accompagnant son père à de multiples reprises lors de ses déplacements concernant le commerce, il apprit très jeune à manœuvrer des « navire de taille moyenne ». Reçu à l'Académie Portvaillant, il en ressort diplômé avec les félicitations de ses professeurs, comme l'ont été ses oncles, à l'âge de 24 ans. Destiné à un avenir radieux au sein de la Maison Hellington, de part son statut d'héritier et de capitaine au sein de l'Amirauté, James ne profite cependant guère de cette renommée. Très proche de sa sœur Claire, née quelques années après lui, ce dernier pris la défense de sa sœur contre les décisions allant à son encontre par son oncle et son père. Un mariage arrangé qui ne plaisait guère à Claire. Ainsi, la décision de James fut prise : il fallait aider sa sœur. Cette décision l'amène alors à quitter la capitale avec sa sœur, afin de l'amener loin : Les Royaumes de l'Est. Cette décision fut décisive et mis ainsi un terme à ses dispositions à devenir un jour, Seigneur de la Maison Hellington. Pour Henry, cela s'apparente à une trahison, considérant ainsi James et Claire comme déchus. Arrivés à Hurlevent, Claire se sépare de James, le laissant ainsi maitre de son destin. Ce même destin le conduira à l'école des officiers de la Marine de Hurlevent. Avec des facilités sans précédent, ce dernier accéda rapidement à un poste de Capitaine au sein de la Marine du Royaume de Hurlevent, qui devient la Marine de l'Alliance, quelques années plus tard. Voguant à bord de son bâtiment, La Bravoure, ce dernier fit de la traque des pirates sa priorité. Enchainant victoires après victoires, ce dernier fut promu Commodore à l'âge de 32 ans, en faisant l'un des plus jeunes officiers ayant accédé à ce grade. Parallèlement, ce dernier fit la connaissance d'une jeune fille errant dans les rues de Hurlevent, alors qu'il venait d'être promu. Cette jeune fille, orpheline, portant le nom de Karla, devint, quelques mois plus tard, la fille adoptive du jeune commodore, après une adoption signée à l'Orphelinat de la capitale. Cependant, son devoir envers la Couronne le rattrape toujours. La Bravoure s'illustre notamment durant la guerre en Pandarie ou pendant l'assaut du Rivage Brisé, étant l'un des derniers vaisseaux encore en état. C'est dans ce vent de victoire, que le jeune commodore fit sa première erreur. Lors de la poursuite d'un navire de la Horde, proche des côtes hurleventoises, James entrepris une longue traque, conduisant La Bravoure au quatre coins d'Azeroth. Cette traque fut considérée par les autres officiers comme une traque « stupide ». Le fait que ce navire ait pu échapper à James atteignant directement sa fierté. Cette traque se conclue lors d'une tempête, au large de Val'sharah. Une tempête dévastatrice, qui mis un terme aux espoirs de l'équipage de la Bravoure. Seuls quelques survivants se retrouvèrent sur les côtes, dont James. De retour à la capitale, ce dernier se retrouve destitué de son grade avec effet immédiat. Ainsi commence alors une longue période d'errance, jusqu'à un épisode qui marquera la vie du jeune officier à tout jamais : Amores. Le Comté d'Amores, une colonie, ouvrait ses portes. Un bateau mouillait à Baie-du-Butin, laissant les différents ressortissant de l'Alliance intégrer le comté. Un nouveau départ, voilà ce qu'espérait James. Et il ne sera pas déçu. Ayant gardé des contacts dans la noblesse hurleventoise, il fut rapidement réhabilité par l'un d'eux, réintégrant les rangs de la Marine avec son grade. Quelques semaines plus tard, et suite à de nombreuses actions pour l'Alliance au sein du comté, un conseil fut tenu, faisant ainsi du Commodore Hellington, l'ambassadeur de l'Alliance à Amores. C'est durant cette période qu'il rencontre plusieurs personnes qui changeront drastiquement sa vie, dont sa future épouse : la vice-amirale Yennefer Kielenski, qu'il considère à la fois comme sa meilleure amie, mais également et surtout, son âme-sœur. Ensembles, ils feront fortifier les relations Alliance-Amores, entre autres travaux de diplomatie et depuis ce jour, cette dernière occupe une place dans son coeur, que nulles autres ne sauraient un jour, détrôner. Commodore et ambassadeur, tout semble alors sourire au jeune officier, qui commet sa seconde erreur. La guerre des Epines est déclarée. La Horde marche vers Teldrassil. L'ambassadeur, commodore avant tout, est alors appelé à prendre les armes. Cependant, durant le chemin le conduisant à l'Arbre-Monde, son bâtiment fut pris à parti par la flotte réprouvée, qui coulèrent son navire. Présumé mort, ce dernier ne semble cependant guère donner son dernier mot. Les rumeurs racontent qu'il serait de retour au sein de sa terre natale, afin de profiter de l'avancée de l'Alliance pour reprendre ce qu'il lui reviendrait de droit. Mais après tout, ce ne sont que des rumeurs. Représentation de James Hellington, Commodore au sein de la Marine de l'Alliance.
  12. 24/09/2019 - Mise à jour importante de la Maison Hellington : - Refonte complète de la fiche noblesse (Retour aux bases principales de la Maison lors de sa création) + Actualisation - Modifications de l'arbre généalogique suite aux nouvelles découvertes en RP. (Un grand merci à Prosper !) - Modification des troupes ainsi que de la réputation militaire et financière. Futurs ajouts des histoires importantes de la Maison à venir, suite à la mise en lumière de certains membres.
  13. Elle le fixait de ses yeux safres qui ne cessaient de lui rappeler l'emblème de la maison qu'il avait juré de servir jusqu'à ce que mort s'ensuive. Voilà bien des années qu'il avait abjuré sa liberté au profit d'un homme qui l'avait élevé plus haut qu'il ne pouvait l'imaginer. Chevalier. Ce simple titre, aussi preux et puissant sonne t-il, est empli de responsabilités qu'il ne pouvait accomplir. Et pourtant. Plus de deux décennies étaient passées et Édouard Esneval pouvait se gausser d'être de ceux qui remplissaient leurs fonctions à la lettre et de lutter, au mieux, pour ne pas échouer. Ce soir là, elle lui avait ordonné de trouver une solution à ses problèmes. La Porte de Daelin était le rempart contre les pirates et autres vauriens qui ne juraient que par la liberté. Elle garantissait la sérénité et était garante de la sécurité de la capitale. Quelle ne fut pas sa stupeur, lorsqu'il avait appris de la bouche d'une estafette que la Porte avait cédé. La débandade qui suivit était, il le disait pour lui même et se gardait de le dire à sa Dame lige, pittoresque. Il aurait aimé rester, pire encore, enjamber sa jument pour se rendre là où le combat faisait rage. Conneries d'adolescent, tout cela se dit-il. Ravale ta fierté et ta soif de gloire. Protège la. Et c'est ce qu'il fit jusqu'à leur exil à Boralus. Désormais, plusieurs jours avaient coulé depuis leur fuite. Leur domaine, il le savait, n'était plus que le fantôme de lui même. L'espoir n'était pas dans la nature du chevalier, mais son sens du devoir lui interdisait de rompre le moral de sa Dame. D'autres s'en étaient chargés, et il leur aurait ouvert la gorge s'il le pouvait. Ce soir était celui des solutions. Il devait en trouver. « Que feriez-vous, Édouard ? le pressa t-elle, de son habituel ton impérieux. - Leur faire payer par le prix du sang, madame. » Il savait que c'est ce qu'elle voulait entendre, et il n'avait pas eu tort. Elle acquiesça, et il sut qu'il avait le champ libre. Pendant qu'il dinait, quelques heures auparavant, des éclaireurs lui avaient rapporté qu'un groupe de fuyards Corsandre avait trouvé refuge dans les collines toutes proches du domaine familial. Ils n'étaient, selon les dires des soldats, qu'une petite dizaine mais étaient rudement bien équipés. Édouard comprit. Ils faisaient référence aux armes dopées par l'azérite. Le chevalier jura. L'ensemble des troupes sous ses ordres étaient prêtées au Connétable et il ne pouvait se permettre de les lui reprendre. Le geste aurait été mal perçu et il savait que le discrédit irait à sa Dame. Il sut qu'il devait traiter avec des mercenaires, et compter, à moindre mesure, sur l'aide de maisons alliées. La comtesse Lovell fut la première à se porter garante, et à allouer une poignée de soldats. Pas assez, jugea Édouard. La force numérique était nécessaire et il n'eut que pour seule solution de proposer à sa Dame de requérir à des mercenaires. Elle pesta, scanda que les coffres ne pourraient soutenir le coût de la reconstruction du domaine, mais céda. Pélagie Assigny, baronne et veuve depuis plusieurs décennies, savait qu'il fallait chasser la pourriture Corsandre de ses terres. C'était une question d'estime, notion qu'Édouard avait appris à acquérir tout le long de son service en tant qu'épée lige. Ils allèrent, tous deux, requérir les services de la compagnie Dreux. Mercenaires, ils l'étaient, mais ils étaient les plus nobles d'entre eux. Ce coût à payer garantissait aux Assigny une opprobre moins sévère de la part de la noblesse. Qu'auraient dit les autres seigneurs, s'ils avaient appris que l'on avait chassé de la vermine avec des reitres et autres vauriens ? Mieux vaut lui, que personne. Le capitaine Vergy était un homme d'expérience, Édouard le voyait. Ses hommes l'étaient tout autant et auraient l'audace d'affronter les traitres, aussi bien armés furent-ils. Le lendemain, après avoir reçu la bénédiction de Sœur Bellerive, la troupe se rendit là où les Corsandre se cachaient. Elle avait pris en nombre et Édouard remarqua la présence d'une jeune noble. En quête de gloire, celle là. Elle se présenta comme étant Éloïse de Ruyter, une vassale de la jeune Élisa Dreux. Trente ans auparavant, il aurait tenté de la séduire dans l'inconscience que lui procurait son jeune âge. Il en était autrement, désormais. Ils avaient une bataille à livrer. Tout alla très vite. Les haches firent leur office, tout autant que les épées. Certains traitres perdirent la tête, d'autres crièrent et appelèrent leurs mères tout en tenant les membres qu'ils venaient de perdre. Tue les, tue les tous, sans exception. Son épée coupait, valsait, tranchait, ripait. Chaque coup était porté après analyse. Édouard n'était pas de ceux qui se battaient au hasard. Il vit l'un de ses hommes tomber. Une balle dans la tête. Soyez maudits ! Il vit des alliés tomber, eux aussi. L'air puait la poudre, le sang, la merde, la rage. Les tables et les chaises volaient, jetées par des combattants qui voulaient déstabiliser leurs adversaires. Tout était si étroit, dans cette grotte. Les épaules s'entrechoquaient, les râles, tout autant que les cris, se percutaient à leurs oreilles. Tue, tue, tue. Aucun prisonnier. Que des traitres. Puis vint le silence. Édouard se découvrit victorieux, et peu des siens trouvèrent la mort. Les blessés devaient être sauvés, et nul ne perdit de temps. La capitale était à quelques longues minutes à cheval et chaque seconde comptait. La vie, plutôt que la mort. Trop sont morts, trop mourront. Mais pas eux. C'est une bien drôle de personne qui s'occupa des blessés. Il savait que l'on les appelait les Draeneï et que certains d'entre eux étaient de fervents défenseurs de la Lumière. Ils vivront, dit-elle, et il en fut soulagé. Il apprécia de voir la même réaction dans le regard de sa Dame lige.
  14. MAJ: Réputation financière approfondie.
  15. Maison De Ruyter La Famille De Ruyter : Fondateur de laMaison : Eddard De Ruyter Dirigeant(e) actuel(le) : Éloïse De Ruyter Héritier(s) : - Cercle des proches : Daniel Chilgan – Grand Oncle et Archiviste de Boralus. Allégeances : Maison Dreux, Maison Malvoie. Fief de la Maison : Vaelsen, de par son nom originel Vaelseniria, est la terre sur laquelle règne depuis quelques décennies la maison De Ruyter. Céder lors de l’exploit qu’avait réussis l’homme à l’origine de la noble famille : Éddard De Ruyter, l’île est petite et ne possède qu’une place fortifiée suivis d’habitations, d’une mine de foudrargent et d’un port permettant le commerce d’importations et d’exportations. Aperçu de l'île : Renommé militaire : La Maison De Ruyter est présente depuis 4 générations. Elle a été fondée par Eddard de Ruyter, alors à l’époque second du Navire cité précédemment, ‘le Robuste’. Lors de la seconde guerre, l’homme a su faire preuve d’un sang froid exceptionnel lors d’une bataille navale. Alors que le bateau fut encerclé et attaqué, il aurait tenu à l’écart une cinquantaine d’orcs grâce à des manoeuvres habiles après qu’il eut repris le contrôle du navire, le capitaine ayant succombé plus tôt. Le Robuste aurait sauvé alors deux autres navires de la flotte. Eddard fût alors récompensé pour sa bravoure et sa ténacité. Lors de l’invasion du Sabbat en Drustvar, l’île se trouva attaquer presque instantanément par ce dernier. Alors dans l’incapacité d’y faire face, les habitants prirent d’eux même les armes, formant la milice de Vaelsen et repoussant le sabbat hors de l’île. Cependant, alors que la menace est maintenant écartée, les habitants du domaine se demande si Éloïse est encore apte à protéger ce dernier des menaces pouvant surgir, l’attaque du domaine ayant pu être évitée si la Frégate –actuellement en mer avec la flotte– avait été présente. La milice prendra alors ses aises, assurant maintenant l’ordre sur Vaelsen, s’imposant comme seule garante de la protection de l’île. Devenant par ailleurs, une armée échappant presque à tout contrôle de la dirigeante de maison. Renommé économique : Les De Ruyter ne jouissent pas d’une grande richesse. Une seule mine de foudrargent est présente sur l’île, offrant un maigre revenu mensuel. Presque rien ne pousse sur l’île, les habitants vivant de la pêche et du ravitaillement venant de l’archipel. Faits connus : Avec la disparition de la flotte Kul Tirassienne, la maison De Ruyter se voit amputée de son plus grand atout, son Navire. La Milice récemment formée, impose sa domination en tant que gardienne de l’ordre et de protectrice de l’île depuis qu’elle réussit à repousser le sabbat hors de l’île de ses propres moyens. Alors qu’une pénurie de nourriture s’étend sur l’île, un large sentiment anti-noblesse gagne les habitants, ceux-ci voyant qu’elle est incapable de subvenir à leurs besoins. D'Autant plus que maintenant que la maison Dreux s’est isolé de la scène politique, la voie vers l’insurrection est libre et une étincelle pourrait faire s’embraser l’île. Éloïse se retrouve alors désemparé, chaque jour passant rendant son contrôle sur l’île de plus en plus difficile, celle-ci lui échappant des mains. Trivia : J’ai été surtout inspiré par Michiel De Ruyter, Amiral néerlandais. Devenu une légende après avoir repoussé deux fois les flottes Anglo-Française et permis aux Pays-Bas de s’affirmer sur la scène maritime. La devise est aussi très largement inspirée de celle de la famille royale néerlandaise ‘Je Maintiendrais’. Aussi le personnage de Éloïse est créé sur une inspiration donnée par un seul artwork, le lien ci-dessous. L'Artwork en question .
  16. Seigneur Henry Hellington Henry Taylor, né à Boralus au sein de la noble famille Hellington, est le dirigeant actuel de la Maison Hellington et un officier militaire au sein de l'Amirauté. Premier fils du Seigneur Edward Harry Hellington et de la Dame Cynthia Margareth Beauchamp, il descend d'une lignée noble, ce faisant, son éducation fut stricte et bien menée. Passionné dès son plus jeune âge par l'océan et la navigation, Henry se tourne très jeune vers la Marine, en faisant ainsi sa spécialité lors de son entrée au sein de l'école des officiers de Kul Tiras, qui sera remplacée par l'Académie Portvaillant quelques années plus tard. L'excellence au sein même de l'académie lui permet alors d'accéder, à l'âge de 24 ans, au grade de Capitaine de l'Amirauté. Dès lors, ses premières années en tant qu'officier se passèrent à bord de « L'Implacable », qui deviendra ainsi, le vaisseau de ligne de la Maison Hellington. Pendant plusieurs années, ce dernier navigue alors avec la flotte, alternant les positions au sein des différentes escadres, passant de l'escadre d'arrière-garde à l'escadre d'avant-garde, généralement placée sous le vent du vaisseau-amiral de la flotte. L'Implacable devint alors l'un des principaux navires de ligne, malgré sa capacité en port de canons moins importante que les autres (80 contre 90 pour les navires de ligne en moyenne.), compensant par une maniabilité facilité ainsi qu'une vitesse conséquente (vis-à-vis des vaisseaux de ligne en présence.). Entre temps, ce dernier hérite de la Maison Hellington, devenant ainsi le Seigneur de Blanche-Egide, après le décès d'Edward, suite à une lutte contre la maladie. Devenant seigneur de sa Maison à l'âge de 32 ans, ce dernier fit une entrée au sein de la Cour de l'Amirauté assez discrète. Ce n'était qu'un vassal parmi tant d'autres. C'est durant cette période qu'il rencontre sa future épouse, la dame Victoria Aubevent. Ensembles, plusieurs décisions qui marquèrent la Maison Hellington furent prises, comme l'ouverture au commerce, ou alors des dons à de multiples œuvres de bienfaisance. Cependant, rien de marquant, vis-à-vis des autres maisons vassales de la Famille Portvaillant. Ce sera lors de ses 37 ans que le capitaine Henry Hellington fit ses preuves. Six ans après l'ouverture de la Porte des Ténèbres et ainsi, la formation de l'Alliance de Lordaeron, se déroule la bataille des Contreforts de Hautebrande, confrontant les forces d'invasion de la Horde contre l'union des forces des Royaumes de l'Est. Divisée en plusieurs parties, la bataille commence alors par un affrontement naval opposant les transports de troupes de la Horde et la flotte de Kul Tiras. Enjointe par les autres flottes des royaumes et placée sous le commandement du Grand-Amiral Daelin Portvaillant, la flotte alliée fit en sorte d'intercepter la flotte de la Horde proche de l'île de Zul'dare. L'avant-garde, dont Henry ainsi que l'Implacable, faisaient partie, firent des ravages dans au sein des escadres de la Horde, n'étant guère préparées à un assaut de cette envergure. Placée sous les auspices de la victoire, la flotte alliée continuait les assauts. Cependant, la Horde avait appris de ses erreurs. Lors d'un nouvel assaut, alors que l'Implacable se trouvait en arrière-garde, Henry assiste, impuissant, à la destruction totale de l'escadre d'avant-garde de la flotte alliée. Une destruction causée par des dragons du vol rouge, réduits en esclavage par la Horde. Ne pouvant faire face contre ces adversaires d'un nouvel acabit, l'Amiral Portvaillant sonne la retraite, signant ainsi une défaite décisive en faveur de la Horde qui, dès lors, a le champ libre pour envahir les Contreforts de Hautebrande. Il faudra attendre le rétablissement de la flotte et ainsi, la bataille de « Crestfall » pour que la flotte réaffirme son autorité. Ayant également appris de leurs erreurs, les bateaux de la flotte de Kul Tiras se firent accompagner par des chevaucheurs de griffons, pouvant ainsi tenir à distance les chevaucheurs de dragons de la Horde. Grâce à ceci, la flotte, dotée d'une nouvelle approche, prirent à partie la flotte de la Horde, la décimant dans sa quasi-totalité, avec un résultat similaire à la première bataille. Durant toute cette période, Henry se démarqua, d'autant avec son sens de la stratégie, que part ses facilitées à manoeuvrer l'Implacable et à commander. Cette victoire fut une victoire écrasante pour l'Amiral Portvaillant, mais fut également marquée par la perte de la Troisième Flotte, décimée par les chevaucheurs de dragons de la Horde, malgré l'intervention des griffons. Après la victoire des alliés et le repoussage de la Horde vers Draenor, Henry continue de voguer avec la flotte kultirassienne, interceptant pirates et autres contrebandiers tout en affirmant ainsi le contrôle total des mers par Kul Tiras. Lors de son retour, il laisse son frère, le jeune Capitaine Georges Hellington, reprendre la barre de l'Implacable pendant qu'il se charge des affaires de la Maison. Jouissant d'une nouvelle notoriété, de part son statut de vétéran de la seconde guerre, mais également grâce à ses haut-faits au sein de l'escadre, Henry fit alors fructifier les affaires de la Maison Hellington, la faisant ainsi prospérer et ainsi, depuis Blanche-Egide, faire de la Maison Hellington, celle qu'elle est aujourd'hui : Une maison de réputation militaire. Il faut attendre les 51 ans d'Henry pour que ce dernier reprenne la mer. Daelin Portvaillant venait de périr à Theramore avec une partie de la flotte. Une opération vit alors le jour, afin d'envahir Durotar. Henry reprit alors la barre de l'Implacable, joignant une nouvelle fois la flotte pour rentrer en guerre contre la Horde. Essuyant défaites après défaites, la flotte se replia. L'Implacable, touché, reste alors au Port de Boralus pour des reconstructions. Quelques années plus tard, faisant suite à la disparition de nombre des officiers supérieurs avec les différentes guerres, Henry est promu Commandeur au sein de l'Amirauté, grâce à ses faits d'armes et à son expérience de terrain. L'année d'après, il laisse définitivement son frère Georges reprendre la barre de l'Implacable. Se concentrant sur les affaires familiales, il devint, la même année, conférencier au sein de l'Académie avant de devenir l'un des ses enseignants spécialisés dans la stratégie maritime, faisant ainsi bénéficier les jeunes cadets de son expérience militaire. C'est notamment lui qui a ouvert la Maison Hellington à une nouvelle spécialité : l'infanterie. Ayant été rappelé, ce dernier dirige actuellement un régiment d'infanterie de l'Amirauté mise aux couleurs de la Maison Hellington, dénommé « Les Manteaux Rouges » en écho aux tenues que ses fusiliers portaient à bord de l'Implacable, à défaut de reprendre le commandement d'une escadre, dû à la disparition soudaine de la flotte. Portrait officiel du Seigneur Henry T. Hellington, Commandeur au sein de la Marine de Kul Tiras.
  17. La réunification d’une famille Mise à jour des faits connus en lien avec la Maison Tertrebois. Ces derniers jours furent l’occasion pour la Maison de mettre en avant divers de leurs membres, à travers plusieurs prouesses, ces derniers s’illustrant sur la scène nobiliaire, qu’ils le veuillent ou non. Merimit Tertrebois La sœur du seigneur Lesfred s’est illustrée en chapeautant l’inauguration de la librairie Tertrebois. Par son discours, elle a fait part de la volonté de concilier l’établissement avec les pratiques d’intérêt général. C’est ainsi que des écrivains issus de quartiers plus modestes voient leurs ouvrages promus au Haut-Quartier, une première pour eux, leur permettant de bénéficier d’un marché jusqu’alors élitiste par le coût d’accès. Une partie des bénéfices générés par la vente de leurs ouvrages, qui finiraient d’ordinaire dans la poche de l’éditeur, leur sont reversées. De plus, la volonté de soutenir les quartiers défavorisés est forte. Par le don de livres envers les écoles et orphelinats, l’opération se veut bienveillante et vise à soutenir une population dans la capitale qui a grandement souffert jusqu’alors. Plusieurs seigneurs de nobles familles se sont d’ores et déjà engagés dans les activités de mécénat, au côté de ce grand projet. Parmi lesquels les Dames Ferwight, Vastrae et Dreux, l’ambassadeur Arkayn, le seigneur Howard et plus récemment, après l’ouverture, le seigneur Hellington. Nombreux furent ceux à répondre présents pour cette première, les commandes de livres fusent d’ores et déjà et les intéressés ont fait part de leur volonté de dévorer le contenu de chaque étagère à la première occasion. Ces retrouvailles furent l’opportunité d’agrémenter des échanges en facéties diverses, les nobles se servant de l’invitation pour se tenir informés et y aller avec leur lot de commérages et vicissitudes. Instant immortalité ci-dessous. L’inauguration en bonne et due forme, avec une bonne partie des habitants du Haut-Quartier donc, aura été l’occasion pour Mérimit Tertrebois de se mettre en avant. Lettrée et éloquente, elle s’était d’ores et déjà illustrée à la suite de la reprise du domaine familial, supervisant la reconstruction des lieux tandis que ses frères bataillaient au front. Il est donc tout naturel que sa bonne manipulation du livre des comptes l’amène à endosser le rôle de superviseure de l’établissement, de fait. De telles qualités ne semblent pas être passées inaperçues si l’on en croit les divers commérages à l’égard de la jeune demoiselle, attirant la convoitise. En effet, dès le lendemain, la sœur cadette du seigneur Tertrebois aurait été aperçue dans la serre rattachée à leur hôtel particulier, à l’heure du loup et sans gardes, en compagnie du seigneur Aodren de la Maison Courvoisier. Les innocents clameront là un acte noble de condoléances présentées par le seigneur, à son égard, suite à la cérémonie des tombés en Drustvar et Chantorage, parmi lesquels son cousin Kasper Tertrebois. D’autres commères, plus mauvaises langues, verront en cet acte celui d’un seigneur courtisant la belle au clair de lune. Après le seigneur Courvoisier, c’est au tour du fraichement nommé seigneur Alden de la Maison Devineaux, qui aura été aperçu sortant de l’hôtel particulier, sur le seuil de la porte, en compagnie de la demoiselle. Les plus mauvaises langues diront que le jeune noble profite de sa position, pouvant donner libre cours à ses désirs, ses parents n'étant plus de ce monde depuis quelques jours pour lui dicter quel parti courtiser. D'autres sources, plus sûres, spéculent sur un partenariat en devenir entre les deux Maisons, Alden ayant déjà nourri une telle motivation lors de l'inauguration de la librairie Tertrebois. Quoi qu’il en soit, Merimit semble avoir encore de beaux jours devant elle sur la scène nobiliaire, attisant moult facéties. Louen Tertrebois Cousin du seigneur Lesfred Tertrebois, actuel dirigeant de la maison Tertrebois, Louen naquit comme beaucoup de ses frères et sœurs au domaine familial en Drustvar il y a quarante-six ans de cela. Pendant onze ans, il y grandit bercé par les légendes drustvaris. Ses aînés lui apprirent également les rudiments de la chasse, du combat à l'épée et de la cueillette, c'est-à-dire ce que les Tertrebois savent faire de mieux. Peu après son onzième anniversaire, un événement des plus inattendus survint : Louen entendit l'appel des marées. Sa sensibilité à l'eau et plus particulièrement au vent étaient telles qu'il ne put les cacher à sa famille. Peu familier avec le culte de la Mer des Marées, Louen ne comprit pas tout de suite la raison de la fierté, autant immense que soudaine, de ses parents. Bien qu'il fût jeune au moment de la révélation de sa sensibilité aux éléments, les parents de Louen se rendirent aussitôt à Boralus et emmenèrent le jeune Tertrebois rencontrer les eaugures du monastère Chantorage. Décelant en lui un certain potentiel, ils acceptèrent de s'occuper de lui et de le former. Il suivit alors le chemin de nombreux autres Kul Tirassiens et, au terme de son initiation et son apprentissage, prêta serment de servir, protéger et guider le peuple de Kul Tiras. Il décida alors d'intégrer l'Ordre du Vent, compte-tenu du fait qu'il se sentît très sensible à cet élément. Il apprit beaucoup des mande-trombes et des parlevents, notamment comment manier le vent pour faciliter la navigation des bateaux Kul Tirassiens... ou entraver celle des bateaux ennemis. Il apprit également à se défendre en utilisant cet élément, étant capable de former des bourrasques et autres tornades rapides et tranchantes. Outre le fait qu'il fût un disciple des Vents, Louen passait beaucoup de temps à la bibliothèque du monastère Chantorage, farfouillant entre les livres et les archives pour en apprendre toujours plus sur tout. C'est ainsi qu'il fut naturellement nommé archiviste de la bibliothèque du Séminaire des eaugures, une des bibliothèques les plus fournies de Kul Tiras. Il endossa sans difficulté aucune le rôle de conseiller pour les initiés qui venaient à la bibliothèque afin d'apprendre de nouvelles choses, mais également pour les eaugures plus anciens qui souhaitaient approfondir leurs connaissances. Lui-même apprit beaucoup de ses nombreuses lectures. Compte-tenu de sa fonction au sein de l'ordre des eaugures, c'est également lui qui rédigeait - et rédige encore - les nombreuses archives. Malgré les tâches conséquentes qu'il avait à réaliser, Louen disposait d'un peu de temps libre de temps en temps. Il profita de ce temps libre pour se replonger dans les légendes de son enfance, notamment celles concernant les Drusts et le légendaire ordre druidique des Parlépines. Il ne resta pas confiné dans la bibliothèque du Séminaire mais se rendit en Drustvar même pour puiser le savoir dans les nombreuses stèles drusts de la région. L'étude de ces écrits d'un temps ancien lui permit d'accumuler beaucoup de connaissances sur les Drusts et les druides Parlépines. C'est ainsi qu'il prit la décision de commencer la rédaction du Compendium des Drusts, livre relatant ses découvertes sur ladite race et les anciennes coutumes druidiques qui furent enseignées aux humains de Kul Tiras ayant entendu l'appel de la nature. Ce livre est désormais connu de beaucoup de Kul Tirassiens et fait partie des nombreuses fiertés de la famille Tertrebois. Ces temps calmes et prospères furent également l'occasion pour lui de se marier à une femme originaire de Boralus nommée Joana, avec qui il eut une jeune fille, Maranne. Les circonstances firent que Joana mourut d'une maladie grave alors que leur fille avait neuf ans. Avec la corruption des eaugures et la période de trouble qui secoua la vallée Chantorage, Louen fut contraint de se retrancher dans le Séminaire des eaugures pour survivre et se tenir loin de la corruption. Alors qu'il voyait bien trop de ses confrères et consœurs se faire consumer par la corruption des Dieux Très Anciens, il tint bon. Il fut très soulagé lorsque le Sillage des Tempêtes, mené par le Frère Pike, libérèrent le Séminaire et le peu d'eaugures sains restant. Désormais, Louen Tertrebois fait partie intégrante du Sillage des Tempêtes, souhaitant leur apporter son aide pour récupérer le monastère Chantorage à Boralus et pour purger l'ordre des eaugures de la corruption. Il fait partie des quelques émissaires envoyés à la capitale pour effectuer différentes missions, plus ou moins secrètes. Comme son nom l'indique, Louen fait partie de la famille Tertrebois. Bien que la maison Tertrebois soit de plus en plus présente à la cour de Boralus et dans les affaires de la noblesse, notamment après la reconquête de la région de Drustvar, Louen n'entretient que très peu de lien, si ce n'est aucun, avec le Haut-Quartier de Boralus. Sa condition d'eaugure l'oblige en effet à se concentrer sur ses nombreuses obligations, il n'a donc pas le temps de se laisser distraire par les affaires variées des nobles. Louen n'a pas coupé les ponts avec sa famille pour autant. Avant que les troubles liés à la corruption des eaugures ne commencent, il envoyait régulièrement des nouvelles à sa famille pour les tenir au courant de sa santé et également de ses activités. Malheureusement, les nombreux événements ont fait que Louen n'avait pas donné de nouvelles aux Tertrebois depuis longtemps... Jusqu’à il y a peu. Sollicité au même titre que d’autres membres des eaugures, il a contribué à rendre hommage aux défunts des campagnes dans la Vallée Chantorage et en Drustvar. Au côté de ses confrères et consœurs, le tout présidé par Sœur Ondeliée, ils ont su honorer les tombés, à travers une série de rituels. Par leur grâce et leur bénédiction, les braves héros Kultirassiens ayant chuté au front ont pu rejoindre la Mère des marées avec dignité. La cérémonie fut également l'occasion pour le connétable Silneis de nommer la sœur ainée du seigneur Lesfred, Elima, au rang de capitaine de la Garde de Boralus. Cette dernière, ayant intégré l'ordre depuis leur arrivée à Boralus, avait pu servir en tant que lieutenant. Ayant fait ses preuves à travers diverses situations tendancieuses, la Maison Tertrebois voit l'une de ses membres prendre du galon dans les instances décisionnaires de la cité. Le vibrant hommage ne sera pas passé inaperçu, tant les Maisons nobles, l’Alliance et d’autres groupes divers furent nombreux à s’impliquer dans cette reconquête. Réunis sur la Place de l’Unité, vétérans médaillés des campagnes côtoyèrent les cercueils de leurs proches et amis qui combattirent jusqu’à leur dernier souffle. Les cercueils furent ensuite acheminés en contrebas du Haut-Quartier, afin de rejoindre la mer, concluant le rituel apporté avec bienveillance par les eaugures. Cette cérémonie fut l’occasion pour Louen de renouer le contact avec les membres de sa famille, tiraillés entre le plaisir des retrouvailles et le chagrin du deuil. Instant immortalité ci-dessous. Yngvild Tertrebois A la suite de l’annonce de Katherine Portvaillant sur la Place de l’Unité, la traitrise de Priscilla Corsandre fut révélée aux yeux de tous. La capitale fut en ébullition, tandis que les loyalistes de la Maison Corsandre œuvraient afin de mettre à sac bon nombre d’endroits, dont le Haut-Quartier. Yngvild Tertrebois, cousine du seigneur Lesfred et capitaine des gardes forestiers se trouvait à l’hôtel particulier lorsque la déflagration sur la place retentit. Plusieurs trouble-paix Corsandre ravagèrent l’intérieur de la serre jouxtant l’hôtel particulier Tertrebois, tout en s’apprêtant à fracasser la porte d’entrée. Prise d’un élan d’héroïsme, Yngvild détacha de son cadre ornemental l’arme familiale : Rugissante, Fléau-des-ours. La hallebarde, présente au sein de la Maison depuis plusieurs générations, n’avait pas été utilisée à des fins d’affrontement depuis fort longtemps. Faisant preuve de bravoure, Yngvild prit le commandement des gardes de l’hôtel et bouta hors de la serre les loyalistes Corsandre, stoppant les dommages causés. Le Haut-Quartier, en pleine effervescence avec ses combats, mouvements de panique et maisons saccagées, força la Drustvari à laisser l’entièreté des gardes à l’hôtel, afin d’y protéger son cousin Ranald, sa cousine Mérimit et son oncle Wilhelm, ainsi que les domestiques. L’appel du devoir étant trop fort, elle se faufila seule avec la relique en mains, traversant les ruelles afin de rallier l’entrée de la librairie Tertrebois. Soucieuse de défendre les intérêts de sa Maison, elle pénétra dans l’édifice dont la porte avait été d’ores et déjà défoncée. Le combat faisait rage à l’intérieur. L’action à point nommé de Yngvild permit d’éviter que la librairie ne soit pillée voire mise à feu. Prenant les traitres Corsandre par derrière, elle en empala un et affronta les deux autres. La libraire Ilda Vivabîme, apeurée mais intacte, était barricadée sur la mezzanine à l’étage. L’on déplore malheureusement la mort de Gilbert Sombremarée, abattu d’une balle alors qu’il défendait l’enseigne depuis le balcon, armé d’un tromblon. Une fois la librairie en sécurité, Yngvild aura rallié la direction du donjon, là où bon nombre de nobles ont été évacués pour être protégés en lieu sûr. Ainsi, de telles circonstances ont conduit les membres de la Maison Tertrebois à se retrouver, mais aussi à se mettre en valeur, pour certains restés jusqu'alors en arrière plan dans le cercle familial. Ces situations permirent à la famille de s'unifier pleinement à nouveau, n'ayant jusqu'alors jamais eu autant de leurs membres concentrés en un endroit. Retrouvailles immortalisées par l'adepte de la photographie, le sire Rhysand de la Maison Ventis. De gauche à droite : Elima, Wilhelm, Heideck, Ranald, Merimit, Lesfred, Yngvild et Louen, tous de la Maison Tertrebois. Merci à Heideck Tertrebois et Yngvild Tertrebois pour l'aide à la rédaction et les screens.
  18. MAISON ASSIGNY « D'ambre est notre sillage » Vassale des Portvaillant SYNOPSIS Issue de la petite noblesse provinciale, la famille Assigny a toujours été très peu présente sur les scènes militaire et politique. Leur principale force réside dans le commerce de produits maritimes tels que les poissons et les crustacés, mais aussi dans la négoce de vins locaux. La destruction de la Porte de Daelin, au sud de la Rade de la Tirade, exposa le domaine familial à la menace de la piraterie. Désarçonnée, la maisonnée fuit en trombe en direction de Boralus. Leurs gens, aussi peu nombreux furent-ils, suivirent du mieux qu'ils pouvaient. Certains gagnèrent des fiefs voisins jugés plus sûrs, d'autres la capitale. Les terres inféodées aux Assigny furent confiées aux mains d'une poignée de gardes. Tous étaient dirigés par un lointain cousin, un certain Dayton Montald, qui ne cessait de se targuer que la gloire viendrait à lui, et les titres avec. Leur trépas fut tout aussi rapide que la saisie des possessions matérielles qui n'ont pu être emmenées dans les chariots et navires familiaux pendant la débandade. Cet événement obligea la famille à se familiariser avec les affaires géopolitiques liées à la capitale et, plus globalement, à la nation. FAMILLE ASSIGNY ⬪ Le fondateur de la maison est Dagon Assigny. (†) ⬪ La matriarche et actuelle dirigeante est la baronne Pélagie Assigny, veuve de Quentyn Lesdain. (†) ⬪ Sa petite sœur, Gysel Assigny, est en charge de la flotte et participe aux intérêts commerciaux de la maisonnée. ⬪ Stefford Assigny est un cousin fils du grand-oncle de l'actuelle dirigeante et est un prétendant aux droits seigneuriaux sur le domaine. GENS DE LA MAISONNÉE ⬪ Edouard Esneval, chevalier assujetti à Pélagie Assigny. Il dirige les gardes à la solde de la famille. Il n'est, à la base, qu'un simple franc-coureur qui doit son titre de chevalier à feu l'époux de Pélagie. ⬪ Melony, camériste, fille de palefrenier. DOMAINE, TERRES ET POSSESSIONS Situé à quelques miles de la Porte de Daelin, dans la rade, le domaine de la famille Assigny est relativement petit. Il ne dispose que d'un petit manoir et de quelques habitations. Néanmoins, plusieurs entrepôts sont présents dans un but purement commercial. Il y a aussi un quai qui sert de lieu d'amarrage pour, tout au plus, un trois-mâts. L'endroit est austère et ne dégage aucune chaleur. La vie de tous les jours se résume au passage de cotres pour le commerce et la pêche. Monotone, la banalité des années a rendu les gens qui y vivent moroses. Cependant, ils ne souffrent pas de la précarité. Le dernier recensement en date fait état d'une petite trentaine de résidents permanents. Ils ont, pour la plupart, des métiers liés à l'agriculture et à la pêche. L'influence qu'exerce la famille lui permet d'avoir une prédominance sur le Poste d'Ansesud. Elle y fait régner l'ordre au nom des Portvaillant. A Boralus, les Assigny ont pour seule possession un poste commercial situé aux Communs de la Croisée des Vents, à deux pas du Haut-Quartier, ainsi qu'un hôtel particulier de petite envergure dans ce dernier. RÉPUTATION ET ON-DIT ⬪ Les Assigny sont des marchands de poissons et de crustacés. Ils font, parfois, dans la négoce de produits locaux plus nobles tel que le vin. Il ne serait pas étonnant que les homards et autres plaisirs gustatifs présents aux banquets viennent des pêcheurs inféodés à la famille. ⬪ Ils ont eu des liens commerciaux avec les Corsandre du fait qu'ils avaient la main-mise sur le commerce en Kul Tiras. Tous les contrats ont été rompus dès la trahison de Priscilla Corsandre et les preuves de ces résiliations ont été soumises aux autorités compétentes. Par ailleurs, la baronne ne cesse de fulminer à l'encontre des Corsandre. Elle en aurait même tué en compagnie d'Aodren Courvoisier et Henry Hellington. ⬪ Militairement, la maisonnée n'a qu'une minuscule poignée de soldats qui lui est dévouée. Le reste ne sont que des gardes payés à diverses occasions pour assurer la sécurité des marchandises. ⬪ La flotte familiale est composée de deux cotres et d'un petit trois-mâts. ⬪ Sans être richissimes, l'argent ne semble pas faire défaut aux Assigny. ⬪ Sa dame, Pélagie Assigny, est à la cour de Boralus depuis la razzia qu'a subi son domaine. C'est la fin d'un isolement vis à vis de la scène politique.
  19. Accords commerciaux La semaine précédente a été l’occasion pour la maison Tertrebois de passer de nouveaux accords commerciaux, le succès de celui avec la maison Dreux les ayant convaincus de continuer à s’ouvrir au monde extérieur, et pas des moindres. Premièrement, au début de neuvième mois, Heideck et Lesfred Tertrebois ont accueilli le baron Williams Arkayn, ambassadeur de l’Alliance envoyé à Boralus. Ce dernier avait déjà remarqué leurs produits, liés à l’herboristerie et au travail du cuir, lors du festival organisé par le commandeur Peinsbourg. Ayant exprimé son désir de rencontrer les Tertrebois afin de passer un potentiel accord commercial, ceux-ci ne se sont pas fait attendre : très intéressés à l’idée de tisser des liens avec l’Alliance, partenaire de taille, ils ont recontacté le baron Arkayn très vite afin de rediscuter de cette idée à leur hôtel particulier. C’est dans ces conditions qu’ils se sont retrouvés, chacun ayant une idée précise de ce qu’il désirait. L’accord n’a mis que peu de temps à être passé : les Tertrebois sont en mesure de fournir à l’ambassadeur ce qu’il demande, et inversement. Il a donc été conclu qu’en échange de pièces, les Tertrebois fourniraient différentes potions à l’Alliance afin de les soutenir dans les guerres les concernant. Le baron Arkayn a eu la chance de découvrir en exclusivité la librairie Tertrebois, la veille de son inauguration et les Tertrebois ont profité de l’occasion pour demander à l’Alliance d’également les fournir en livres d’outre Kul Tiras, afin d’élargir leur catalogue. Nul doute que les relations entre l’Alliance et la maison Tertrebois se renforceront de plus en plus au fil du temps. Screens ci-dessous : Deuxièmement, la même semaine, Heideck et Merimit Tertrebois ont accueilli dames Catlyn Ferwight et Val’nes Dastrae au domaine Tertrebois afin de discuter de la possibilité d’un accord commercial entre les Ferwight et les Tertrebois. De même, chaque parti savait exactement ce dont il avait besoin : des armures en cuir pour les Ferwight et du bois traité pour les Tertrebois. Le bois servira à terminer la reconstruction du domaine au plus vite, tandis que les armures en cuir protègeront les soldats des Ferwight dans leurs missions de combat contre la piraterie. L’accord a été d’autant plus facile à sceller qu’Heideck et Catlyn se sont rencontrés quelques jours auparavant, à l’hôtel particulier Ferwight, afin de procéder à la livraison de quinze ensembles en cuir commandés par les Ferwight pendant le festival de Boralus. Ils avaient donc déjà parlé de cet accord et spécifié ce qui les intéressaient. De même qu’avec le baron Arkayn, Merimit a amené sur la table le sujet de la librairie Tertrebois et du manque du livres étrangers. La maison Ferwight entretenant des bonnes relations avec l’Alliance, ils ont décidé d’inclure dans le contrat une part pour les livres. Dame Dastrae a également proposé de ramener quelques livres d’Hurlevent pour les Tertrebois. Parallèlement à la signature de cet accord, un début d’amitié est né entre les Tertrebois et les Ferwight. Screens ci-dessous : Par le biais de ces deux nouveaux accords commerciaux passés avec une maison noble de Boralus et l’Alliance, les Tertrebois ont pu de nouveau montrer leur désir de rompre avec la politique isolationniste d’antan. Il semblerait que ces derniers souhaitent étendre leur influence au-delà de Drustvar afin de se faire une place sur la scène politique et commerciale de Kul Tiras. Les accords commerciaux ci-dessous, merci à Prosper a.k.a Yngvild Tertrebois :
  20. Petit récapitulatif de l'histoire de la maison : La maison n'a jamais pu connaître une aussi grande réputation ou reconnaissance que ses paires que ce soit les plus grandes ou les plus modestes. La maison Ancravel a pu faire sa renommée -aussi petite soit-elle- grâce au domaine médical. Une maison qui s'est vite militarisée au vue des besoins médicaux en plein champ de bataille. Le symbole héraldique des Ancravel est souvent reconnu dans les fronts pour être des guerriers dévoués au secourisme, ce sont ces soldats qui sont chargés -souvent par escouade- d'aller secourir un ou plusieurs soldats du Royaume tombés au combat. Informations générales : Fondateur : Reiguis Ancravel I Haut Seigneur de la maison : Maître Deror "L'Erecteur" Ancravel Parents : Delemor Ancravel † Aneris Ancravel † Héritier(s) : Jenemal Ancravel † Régent actuel : Maître Deror "L'Erecteur" Ancravel Autres membres importants : Erdomus Azanavic, Gurton Baraledicus, Aaron Thorpe, Ezarin Ancravel (10e génération), Dekart Ancravel (15e génération), Era Ancravel (98e Génération) Allégeance : ~ Maisons vassales : X Domaine Ancravel : Bien que la famille noble ne soit pas bien réputée ni bien connue des autres familles, il n'en reste pas moins que le seigneur en charge de la maison garde un domaine familial et non des moindres. Bien qu'il reste modeste, le domaine peut se targuer d'avoir l'une des cultures de plante les plus denses de tout Kul Tiras ; en effet, la maison Ancravel est connue pour son immense terrain uniquement dédié à la culture de plante médicinale. Le domaine est éloigné de tout autre village bien que malheureusement trop proche des plages de Chantorage pour ne pas avoir été confronté à la menace naga. Le domaine a été érigé au temps des premiers voyages de colons Gilnéens sur Kul Tiras ; il aurait été, selon les rumeurs, été construit en l'honneur d'un médecin pour avoir évité la mort de toute la colonie en usant des premiers savoirs chirurgicaux des royaumes Humains. Ni place forte, ni salle de bal ou de banquet pour de prestigieux invités puisque l'érudition prend une place capitale dans la famille et qu'ils ont tendance à faire prévaloir la connaissance que l'amusement ou simplement les rapports sociaux. Ainsi, une gigantesque bibliothèque fait office de tapisserie tout le long du domaine intérieur. Avant l'immense culture de plante, la famille a eu de bon goût d'exposer un jardin à la française avec quelques bassins et sculptures boisées pour se relaxer les jours de repos. Les salles sont pareilles à celles d'un manoir classique, salle à manger, salle de repos, 8 chambres, 8 salles de bain, deux salles d'étude, une bibliothèque, une terrasse dédiée à l'observation astronomique et une salle dédiée aux pratiques scientifiques. Réputation financière de la maison + contexte : La maison n'a jamais été connue pour sa richesse, fut une époque durant laquelle les Ancravel étaient même les plus pauvres des plus riches, à tel point que certains colons finissaient par les compter dans leur entourage même avec le domaine dans le champ de vision. Cette époque aura été longue pour toute la lignée jusqu'au jour où, grâce au savoir d'Ezarin Ancravel, la maison aura connu son âge d'or de même que la médecine dans tout Kul Tiras, son domaine était alors uniquement dédié à la recherche médicale quand de nombreux navires furent terrassés par les flots avant de s'écraser non-loin de la colonie -à cette époque petit village- d'érudit. A force de renvoyer tous les naufragés totalement rafistolés là d'où ils venaient -souvent de Tiragarde- Ancravel s'attira les plus grandes fortunes à soulager, il était souvent invité avant de prendre de longs congés pour écrire tous les ouvrages de la médecine de l'époque jusqu'à ce qu'il ne s'éteigne à l'âge de 92 ans. Tous les hommes et femmes de la maison lui succédèrent parfaitement et entretinrent le savoir, la richesse et la renommée de la maison. Depuis Era Ancravel, nul ne serait dire pourquoi ou comment, mais la maison a connu une richesse incroyable bien que ce mystère persiste et que tout le monde s'accorde à penser qu'ils ont toujours eu cette richesse. Réputation militaire de la maison + contexte: La maison n'était pas destiné à prendre les armes jusqu'à ce que certaines guerres ne parviennent à l'oreille de la famille noble. Les Ancravels avaient déjà des liens privilégiés avec les anciens Royaumes, ils n'ont d'ailleurs jamais coupé le cordon et sont restés proches d'eux surtout quand Ezarin Ancravel a décidé d'entreprendre un voyage de tout le royaume de l'Est pour la publication de ses différents ouvrages scientifiques. Dans son périple et en revenant, il aura terminé, sur son lit de mort, un ouvrage au doux nom de : "Les Gnolls, l'extermination d'une race ou d'une autre" un ouvrage traitant de la culture Gnolle dans les Royaumes de l'Est et, déjà à son époque, était un ouvrage d'anticipation pour les années à venir. Un ouvrage qui n'aura été publiée qu'à la fin de la grande Guerre Gnolle de peur de ne pas connaître un assez bon succès à l'époque de son auteur. C'est avec cette étude -cachée par l'auteur pendant de très nombreuses années- que son arrière-arrière-arrière petit-fils Dekart Ancravel décréta la chose suivante : "Chaque jeune adulte devra savoir, à sa maturité, tenir une lame, un bouclier et enfin devra connaître toutes les ficelles de la médecine et savoir opérer dans des contextes de guerres et même dans une tente en plein bombardement ennemi." Ainsi et depuis cet avènement, chaque jeune homme et femme sait autant se battre que tenir une épée. Lors de la grande Guerre Gnolle, la garnison Ancravel, sous les ordres du Chevalier Erdomus Azanovic, fut déplacée jusqu'au Royaume de Hurlevent pour prêter main forte, bien que le blason ne représentait rien pour les Hurleventois, tous les soldats encore en vie furent décorés et Azanovic garda un terrain en récompense dans les royaumes où sévissaient les gnolls. La maison garde une très bonne garnison de soldat spécialisé dans la rescousse. Une garnison de soldat né pour tuer et sauver, ce ne sont pas des cavaliers ou des marins, mais peuvent valoir, sur terre, en tant que cadet, dix autres jeunes recrues des Portvaillant. Malheureusement, les prendre et les élever de cette façon dès le plus jeune âge les empêche de développer leur part d'humanité et c'est à cause de cela que la plupart de ces soldats n'ont aucun problème à se sacrifier pour garder une vie. Le nombre de ces soldats s'élève à plus d'une centaine d'homme. Résidence à Boralus : Deror Ancravel, le dernier du nom encore à ce jour, vient seulement d'arriver dans les beaux quartiers de Boralus, malheureusement pour lui, il n'a pas encore pu trouvé de logement digne de ce nom, il dort alors dans l’hôtel du quartier en attendant de prendre ses appartements. Faits relatifs à la maison Ancravel : Deror Ancravel a mis au point une nouvelle technique pour assurer la vie des nobles : L'Assurance Vie qui permet au souscripteur de bénéficier d'une protection médicale et militaire à chaque instant. Des faucons sont alors lâchés dans les airs pour assurer un repérage de tous les nobles et des interventions rapides. Un lien est fait entre la garde et la troupe grâce aux volatiles pour assurer davantage la survie des personnes nobles. Des rumeurs courent au sujet de l'explosion du domaine à l'époque d'Ezarin, le noble ayant été fortement soumis à la controverse de son vivant. En effet, son génie alimentait grandement les rumeurs, beaucoup l'accusant de ne pas être naturel. Usage d'artefacts magiques, drogues ou même alliance avec des puissances occultes, les idées ne manquaient pas ! Toujours est-il que l'incident aurait eu un rapport avec cela. Les enquêtes menées à ce sujet n'ont jamais révélé quoi que ce soit d'anormal cela dit. Chaque officier de la maison, d'après les rumeurs, seraient en fait, des soldats bien trop qualifiés, des vétérans de guerre pour la plupart. Carestor Plumarsec, un cousin éloigné de la famille aurait été dévoré par les cultures gardées secrètes des Ancravel après que celui-ci aurait tenté d'assassiner l'héritier des Ancravel de l'époque : "Dekart Ancravel" Les soldats de "L'Ancre aux deux serpents" sont réputés pour être brutaux. Il n'est pas rare qu'en intervention pour la rescousse d'un noble en pleine rue ou dans les pires quartiers, ces soldats médecins puissent user de la force.
  21. Murtagh de Corlain, dit « Glasfeu » Cette découverte, elle n'est pas anonyme, et porte bien des noms. Du père de famille revenu de forêt après une traque infructueuse, aux ménestrels venus conter l'aventures d'Héros dans l'échoppe du coin jusqu'à cet enfant qui, jouant trop loin, se perd et retrouve quelques heures plus tard le chemin jusqu'à chez lui. Murtagh tient aussi bien du premier que du dernier, mais demeure pareil que tous lorsqu'il s'agit de se confronter à la réalité. La sienne fut celle de nombreux réfugiés d'une guerre presque invisible. Ni sorcières ni bête fantastiques ; juste la faim, qui dévore le voyageur qui fixe la route avant de préférer les sentiers, plus propices à la discrétion et à la survie. Quand on est dépouillé de sa maison et de sa famille, et qu'on soit noble ou pas, on ne souhaite pas avoir en plus les poches vides des maigres réserves faites sur le chemin. Un bout de viande a alors plus de valeur qu'une chemise brodée, et on se sert de celle-ci pour en faire un garrot lorsqu'une mêlée tourne mal. On se bat pour savoir si on trouvera de quoi se nourrir demain, et on se cache en espérant qu'on pourra en garder un bout pour le jour qui suit. C'est ce souvenir qui marqua le plus l'homme qui à l'âge d'aujourd'hui, n'est qu'un garçon poussé trop vite à prendre son envol. Sans préparation, sans épaule sur laquelle se reposer lorsque la nuit tombe tandis que l’œil reste ouvert par crainte de ne plus jamais s'ouvrir. La seule présence réconfortante fut celle de Pialleuse ; un épervier qui le suivit durant son périple, et de l'Homme-Gris, qui communiquait par son biais. Chaque matin, aux premières lueurs de l'aube, l'oiseau de proie ramenait, accroché à sa pattes, des conseils couchés sur le papier. Parfois un maigre morceau de lard, et le plus souvent une présence dans ce rapport à l'animal dont on ne voit jamais le propriétaire. Quelques mois suffirent à faire du jeune garçon, bercé dans la noblesse corlaine, un individu parfaitement autonome auquel revoir ses principes et sa façon de voir le monde étaient non pas utiles, mais nécessaires. Lui qui tirait sa confiance en lui d'un inconnu, et de quelques mots rédigés soigneusement sur un parchemin attaché à la patte du rapace ; penser qu'autrefois tout lui était préparé soigneusement au réveil, et que ses lubies lui permettaient d'imaginer la vie en-dehors des murs de sa ville, ah ! Ce retour à une réalité dont il avait fait l'idylle eut plus d'impact qu'une éducation stricte et faite par et pour son intégration dans la Cour. Bon nombre d'aristocrates de Corlain s'attardaient à dire qu'il ferait parti d'une génération prometteuse ; bon veneur et jeune prodige dans l'écriture et la retranscription de textes anciens, son absence de talent à l'épée – et de fibre militaire, enterrèrent ses espoirs d'entrer dans la Garde du Seigneur Malvoie. - Ébauches et esquisses de guerre, peintures de Liam Reinhard, surnommé l'«Homme-Gris» À la fin du Sabbat malecarde, Murtagh devint en grande partie ce qu'il est aujourd'hui. Grand, le visage balafré aux lèvres et au visage, l'une d'elle barrant son regard et laissant derrière-elle un œil à la pupille grise et vide. Rongé par une cataracte qui s'étend, et due à une contusion qui lui rappelle que tout inconnu n'est pas tenu de mauvaises comme de bonnes intentions, le chasseur porte sur ses épaules ce qui lui reste d'une vie de vagabondage, c'est-à-dire ce qu'on a pas encore pu lui voler. De cet état d'esprit est né quelqu'un d'austère, qui ne juge pas plus sur l'apparat que sur les actes – car qui sauve la veuve n'est pas tenu d'adopter l'orphelin, comme il le dit lui-même. Mais tout dicton a ses failles, et l'exception qui confirme la règle s'est trouvée dans la Maison Tertrebois. L'accueillant avec la surprise de le savoir issu des Hauts-de-Corlain, soit l'équivalent du Haut-Quartier de Boralus pour la société tirassienne. Il ne fut non pas cet étranger rustique et badaud comme il en a pu entendre les échos, mais juste une personne, cherchant un toit et un âtre devant lequel retrouver ses forces. Des forces qu'il compte mettre au service de la famille drustvarie ; loin de l'idée de se faire choyer comme il l'a été pendant son enfance, le jeune homme ragaillardi par son vécu compte bien le mettre à profit, aux côtés de ses talents de calligraphe et dans l'ébauche de glyphes, récupérés de sa traversée jusqu'à la Rade de Tiragarde lors de rencontres fortuites avec des étrangers. L'arbalète ceinte au dos et le soleil renvoyant l'ombre de son épervier sur les pavés de la capitale du Royaume de Kul Tiras, Murtagh est plus déterminé que jamais à permettre aux siens restés à Corlain de vivre dans l'après-guerre, et ce avec dignité. Représentation officielle du personnage
  22. Accueil de Murtagh de Corlain, réfugié de la ville éponyme Le deuxième jour du neuvième mois de l’année, Heideck et Yngvild Tertrebois ont reçu au domaine éponyme Murtagh de Corlain. Ce dernier leur a envoyé une lettre exprimant son désir de les rencontrer dans le but de discuter avec eux. Une fois confortablement installés autour d’une boisson, Murtagh a révélé aux deux Tertrebois la raison de sa venue au domaine. Le siège du Sabbat sur Corlain, qui a provoqué par la suite la chute de la ville, a eu des conséquences désastreuses sur la famille et les proches de Murtagh, issu de la petite noblesse de ladite ville. Ayant appris que les Tertrebois accueillaient les réfugiés de guerre drustvaris chez eux, c’est naturellement qu’il s’est tourné vers cette maison afin de trouver un pied-à-terre. Heideck Tertrebois, comprenant la situation compliquée dans laquelle se trouvait Murtagh de Corlain, lui a donc proposé de l’accueillir au domaine et de le placer sous la protection des Tertrebois. Divers avantages sont associés à cela, tel qu’un libre accès au Haut-Quartier de Boralus afin que Murtagh, noble déchu de Drustvar, puisse tisser de nouvelles relations avec la cour boraléenne et par la suite, si les conditions y sont favorables, retrouver ses titres de noblesse. Comme ce dernier l’a soulevé à maintes reprises, il ne cherche cependant pas la reconnaissance des nobles de Kul Tiras mais simplement à ce que sa famille puisse jouir d’une vie confortable et ne manque de rien. En échange de ces nombreux avantages, Murtagh s’est engagé à participer aux activités de chasse de la maison Tertrebois et est prêt à se mettre à leur service si le besoin venait à s’en faire ressentir. Murtagh porte une broche aux couleurs de la maison Tertrebois avec son emblème. Ce bijou témoigne du fait que les Tertrebois se portent garants du bon rétablissement de la famille de Corlain. La maison Tertrebois a de nouveau pu montrer sa bienveillance envers les réfugiés de guerre drustvaris par cet accueil. Merci à Yngvild Tertrebois a.k.a Prosper pour les screens :
  23. Seigneur Lesfred Tertrebois La relation entre Lesfred et le Domaine de la Maison Tertrebois : L’on ignore exactement à quoi est due la chute du domaine Tertrebois. Les derniers rapports des villageois font état d’un air vicié, gorgé de maléfices pour les plus superstitieux et dont la putridité émanait du cimetière. Les cueilleurs parlent d’une flore changeante et pas pour le mieux, avec la pousse de champignons non comestibles, des arbres jaunissant et se mourant, flétris, ainsi que des ronces envahissantes, remplaçant les fleurs et plantes faisant autrefois le bonheur des herboristes. Quant aux forestiers, il est fait mention d’une faune autrefois riche en cerfs, lapins et autres gibiers, troqués pour des chauves-souris et araignées plus grosses qu’un tronc d’arbre, proliférant dans le Fourré foisonnant, à l’Est. Ce qui est certain et où tous les récits s’accordent, c’est que ledit domaine est désormais entre les mains du Sabbat. Si le fief tenait bon jusqu’alors, malgré la décrépitude des terres avoisinantes, la menace est venue de l’intérieur, avec l'infiltration d'une sorcière dans les rangs des serviteurs. La supercherie ne fut dévoilée que trop tard et ce fut un déferlement d’engeances monstrueuses contre la palissade en bois du fief, des silhouettes humanoïdes comme sculptées dans le bois, faites de ronces, de racines et d’écorce. Ainsi, le Sabbat a porté le coup de grâce au bourg et à une partie de ses habitants. C'est dans ces tourments qu'intervient le fils aîné de Tobias et Lisbeth. Les survivants, guidés par Lesfred Tertrebois, ont fait route vers l’Est, démunis et pour beaucoup endeuillés. Arrivés par la suite à la Rade de Tiragarde et, pour la plupart, à Boralus, ils sont venus contribuer à l’entassement des réfugiés à la Voie du Marin. Ces réfugiés n'ont alors pas manqué de transmettre les évènements cités précédemment, à qui voulait bien les entendre, nourrissant les sombres nouvelles de Drustvar jusqu’à la capitale. La Maison Tertrebois était isolationniste jusqu’à il y a peu, ne se préoccupant pas des vicissitudes de la cour et entretenant le minimum de contact avec d’autres nobles familles de Drustvar, à des fins commerciales. Coupés des mondanités, le climat peu chaleureux et le mode de vie rustique a fait de cette Maison des désintéressés, ne se targuant pas de bénéficier d’innombrables parures, joyaux et autres ornements. Ayant un profond respect des animaux et de l’environnement, ainsi qu’une volonté de maintenir l’équilibre naturel sur leurs terres et celles avoisinantes, ils ont longtemps fait preuve d’autosuffisance pour ce qui concerne les ressources primaires. En effet, le bois à profusion permettait de chauffer les masures du fief, le gibier, la cueillette et les plantations à nourrir les sujets. Avec le domaine désormais entre les mains du Sabbat, la famille Tertrebois avait rallié Boralus afin d’accompagner les siens, les aider du mieux que faire se peut, mais aussi pour sensibiliser d’autres Maisons nobles aux maux dont est en proie Drustvar. C'est ainsi que Lesfred organisa dans la Rade une série de chasses, afin de venir en aide aux réfugiés de sa région natale, les nourrissant du gibier fraîchement attrapé. Poussé par une envie de vengeance, le seigneur Tertrebois a insufflé la reprise de la reconquête en organisant une réunion d'urgence, sommant les Maisons nobles de répondre à l'appel de désespoir. Ensemble, ils ont su reprendre ses terres ancestrales, dans le cadre de la reconquête de Drustvar, mais aussi aller plus loin en affrontant le Sabbat à l'Ouest du Mont Cortis. Le Sabbat Malecarde désormais massacré et les dernières poches de résistances éparpillées, la Maison Tertrebois jouit de la reprise de la région. L'apport de l'Alliance en Drustvar, avec la reprise du port du désosseur, de Val-Archer, de Havrebrune et la restauration de l'Ordre des braises est indéniable et a contribué au changement de vision de Lesfred à leur égard, bien qu'il conserve une certaine méfiance naturelle. Lesfred vis-à-vis d’autrui : Lesfred, de manière générale, reste un homme peu souriant, avec un léger côté sinistre. De bonne consistance, il a davantage le gabarit d'un bûcheron que celui d'un jeune et joli minois de la cour. S'il n'a pas les traits fins, son air robuste est au diapason de la force avec laquelle il a su frapper le Sabbat. C'est un homme d'action, qui manie l'épée avec conviction. Il n'hésite pas à faire face lorsqu'il s'agit de protéger les siens, sujets comme famille. En parlant de famille, il a récupéré la figure de leader parmi la fratrie. En tant que seigneur, c'est à lui qu'incombe l'ensemble des décisions. Parmi ses frères et sœurs, entre Ranald, Mérimit, Heideck et Elima, chacun a son caractère bien trempé. C'est par la force des choses, à savoir la mort de ses parents lors de la capture du domaine, qu'il s'est retrouvé porté sur les devants de la cour, afin de représenter le nom Tertrebois. S'il y a bien un élément pour lequel Lesfred donnerait sa vie, c'est la famille. Elle est sacrée à ses yeux, qu'il s'agisse aussi bien de frères, sœurs ou membres plus éloignés - en l'occurrence cousins, cousines, petite cousine et oncle. A la suite de la reprise du domaine Tertrebois, la mort de son cousin Kasper l'a profondément affecté. Ce dernier, tombé au sein du fief ancestral dans un piège sordide, a amené Lesfred à se renfermer petit à petit sur lui-même au cours de la campagne, conditionnant son humeur déjà taciturne. Par chance, la reconquête de Drustvar l'a remis sur les traces de son frère Heideck, alors resté en compagnie de gardes forestiers dans les bois, pendant tous ces mois d'errance. Il a su retrouver une figure de confiance, une oreille à l'écoute de ses confidences, un soutien sur lequel s'appuyer pour porter à bout de bras la Maison. Sur les bons conseils de son frère et ses constats durant la conquête de Drustvar, il a pu comprendre la nécessité de se détacher de la politique isolationniste menée par ses ancêtres. Il s'est effectivement ouvert davantage au monde extérieur, notamment en forgeant des relations de confiance avec d'autres Maisons. Ce changement radical au sein de la Maison Tertrebois a permis de porter cette dernière, en plein essor, vers une réussite fulgurante. Bien qu'elle ait beaucoup perdu au cours de cette reconquête, la signature d'accords commerciaux et son ouverture de plus en plus accentuée vis-à-vis de l'Alliance a permis d'accéder à de nouveaux marchés, favorisant la reconstruction du domaine. Désormais, avec l'aide de ses frères et sœurs, il s'évertue à dorer toujours plus l'image de la Maison, veiller au bien-être de ses sujets avant tout, en alternant sa présence entre Boralus et le domaine. Si la lutte contre le Sabbat l'a marqué, il s'efforce de tenir un comportement exemplaire en la présence d'autres nobles. Des airs de paranoïa ont vu le jour. C'est avec l'aide et la bienveillance de son cousin Louen Tertrebois, eaugure fraichement retrouvé après l'avoir perdu de vue des mois, qu'il essaie de faire table rase des séquelles de la guerre. Désormais, alors que les finances sont au beau fixe et le rétablissement sur la bonne voie, il aspire à la paix et la prospérité. La tâche lui incombe de trouver des bons partis pour ses frères et sœurs en âge de se marier, de forger de nouvelles alliances et rompre avec le côté isolationniste d'antan. Bien que peu friand de ces idées d'unions forcées, il entend allier les désirs du cœur de ses proches à la nécessité de parfaire les relations. Avec un cœur pur enseveli dans une carapace qui a su résister aux affres de la guerre, le seigneur Tertrebois découvre avec stupeur les coups bas et vicissitudes de la cour à Boralus. Ne mâchant d'ordinaire aucun de ses mots, il n'hésite pas à faire part de son ressenti à l'égard d'une autre Maison, sans détour ni tromperie. L'honnêteté et le franc-parler comptent parmi ses mots d'ordre à la capitale, lui faisant conserver sa réputation de seigneur sincère et juste. Les langues de bois lui sont horripilantes. Ainsi, Lesfred reste un homme aux traits durs de prime abord, qui sait s'attendrir une fois que l'on apprend à le connaître. La méfiance de l'inconnu laisse place à la bienveillance une fois les relations approfondies. Le bien-être de ses sujets et proches n'a d'égal que son désintérêt pour les coups bas et complots, véritable Némésis des valeurs de l'homme juste qu'il incarne. En âge de se marier, il doit également trouver un bon parti le concernant, au même titre que pour son frère et ses sœurs majeurs. Il semble tarder à ce niveau-là, préférant attendre de voir comment la situation évolue dans son entourage, avant de s'adonner au jeu des rencontres pour courtiser la belle. Lesfred durant la campagne pour la reconquête de Drustvar.
  24. ~ Le Festival des commerçants et artisans ~ Kul Tiras n’a jamais connu de période plus sombre que celle des derniers mois. Alors que les armées, les aventuriers et l’Alliance s’affairaient aux divers fronts du continent, la garde de Boralus était en proie aux conflits internes. Les victimes de tant de tension furent bien évidemment les civiles. Et rien n’est pire qu’un peuple qui se laisse enliser par ses propres ennuis et par le désespoir de quotidiens ternes et semblant éternels. Un constat alarmant et triste que la Maison Peinsbourg voulut prendre en main. Une volonté de balayer l’ambiance de crise de Boralus, qui fut soutenue par la Maison Ventis. En accord avec la chambre des Commerces de Boralus, avec le soutien de certaines maisons nobles, l’idée émergea et mûrit pour devenir un rassemblement cosmopolite. Kul Tiras est bien plus qu’un royaume humain. Ce dernier a tissé un lien intime avec la Mer et en a fait son atout premier. C’est ainsi que les cultures de chaque bourg, chaque comté, chaque fief ont forgé un patrimoine grandiose et varié. Les nouvelles des préparatifs commencèrent à arriver aux oreilles des commerçants, des compagnies et des maisons nobles. Les mots d’ordre pour tous ceux et celles souhaitant y mettre la main à la pâte ? Convivialité, partage et culture. Le festival avait pour objectif de réunir Kul Tiras, propager le savoir-faire local et promouvoir l’hospitalité propre aux fils et filles de la mer ! ~ Étales et marchés ~ Commentaires écrit par votre serviteur et maître animateur, Auguste Matuzak ! Maison McDugall, a présentée durant le festival des spécialités alimentaires de Chantorage. La récente libération de la vallée nourricière du royaume a permis à plusieurs maisons de renaître. Le mutisme de la Maison éponyme et des Eaugures avait, à bien des égards affecté l’apport de denrée à la population Kul Tirassienne. Puissions-nous remercier la Mère des Marées d’avoir guidé l’Alliance et les forces militaires vers la victoire ! L’étal de la maison McDugall n’a pas gagné de prix spécifique, mais il fut apprécié par les citoyens de Boralus. Notamment par sa proximité avec l’entrée des remparts, souhaitant la bienvenue aux visiteurs par le biais de leurs papilles !" Maison Lovell, a exposée aux amateurs de pierres précieuses, l’art de l’orfèvrerie. Les experts de la Chambre des Commerces qui sont venus évaluer les bijoux et parures que proposait la maison sont unanimes : c’est une qualité sans égale dans le milieu du joyau Kul Tirassien. Néanmoins les citoyens des classes plus populaires n’ont pas été jusqu’au bout des remparts, contemplé ces chefs-d’œuvre inaccessibles pour eux. Cependant il ne fait aucun doute que la noblesse aura eu l’occasion de se vanter d’avoir acheté aux Lovell des atouts aussi brillants." Maison Ancrenoire, a subie peu de temps avant le début du festival plusieurs coups durs : la mort de leur Seigneur en Drustvar, l’assassinat de son successeur quelques semaines après, et l’indignation des autres maisons face à des soupçons mystérieux. La Chambre des Commerces et la maison Peinsbourg eurent quelques doutes sur la venue des Ancrenoire au festival. Mais c’est avec joie que les citoyens de Boralus purent admirer d’excellentes armes. Fruit du travail de forge qui fait le mérite de Drustvar. Mais aussi de splendides crânes de Yétis qui attisèrent l’admiration des chasseurs, et les cauchemars des plus jeunes." Maisons Devineaux et Ventis, ont exposées ensemble leurs produits et leur savoir-faire. La récente et inquiétante disparition du Connétable Ventis a surement encouragé ces deux proches maisons à s’unir sous une même tente de marché. C’est avec curiosité que les inspecteurs et juges examinèrent les inventions révolutionnaires de Rhysand Ventis ! Ce qui fit un contraste amusant avec les photographies qu’il proposa tel un naturaliste paysagiste. La Maison Devineaux régala les bouches à sucre ou à moisissures ... En effet, nous ne savons pas si ce sont l’odeur des succulents fromages ou le blanc immaculé des sacs de sucres qui capta l’attention des amateurs de desserts " Maison Courvoisier, fière éleveuse de chevaux, nous a fait l’honneur de présenter certains de ses meilleurs étalons. Bien que destinés à la guerre, ces puissants destriers ont représenté à merveille leur Maison. Des sabots vigoureux, une élégance militaire et un trot discipliné, les montures des Courvoisier intriguèrent les guerriers et chevaliers envieux, encouragèrent l’admiration des enfants et des jeunes âmes ! Si la grande maison Norwington est la principale représentante de l’art équestre de Kul Tiras, nul doute que la Maison Courvoisier la seconde dans ce rôle." Maison Peinsbourg et Rocambeau, représentent actuellement l’ensemble des seigneurs d’Havre-Galion à Boralus. La maison initiative des festivités proposa à la population certains classiques de leur Comté. Les fins gourmets furent tous attirés par le délicat et varié miel de Valépine. Ce bosquet far des côtes d’Havre-Galion est réputé pour fournir des miels d’exceptions, dont les déclinaisons sont nombreuses. La farine Grisegoélette et le Cidre Duvall ont eu un franc succès auprès des amateurs de galettes et de crêpes ! La maison Rocambeau, quant à elle, présenta certains de ses plus beaux Matins. Ces chiens aux pattes palmées et habitués à naviguer sur des navires sont la fierté des forces des Rocambeau. Bien que difficiles à dresser, ils sont très efficaces sur le terrain." Maison Ladimore, a offert aux citoyens la notion du temps. D’un "tic tac" audible jusqu’à la finesse de leurs montres à goussets, la maison de la veuve a satisfait les amoureux d’horlogerie. Les visiteurs et participants du festival ont fait l’expérience du savoir-être des Ladimore. En effet le professionnalisme de leur commerçant a fait grand bruit au sein des organisations d’artisanats locales. Cependant l’aspect luxueux des ornements et la qualité des mécanismes d’horloges n’ont attiré que les nobles et amateurs. Néanmoins pour cette même qualité, la Chambre des Commerces à attribuer la troisième place, aux côtés de la Maison Hellington. La récompense est la certification de la qualité des produits proposés par la Maison Ladimore. Agrégée, cette dernière verra sa réputation augmentée au sein des commerçants de Kul Tiras." Maison Hellington, a extirpé de ses précieuses mines de Foudrargent l’excellence de Blanche-Egide. Cet élément fétiche et incontournable des forges de Kul Tiras, sonne la gloire du savoir-faire du continent. Le peuple de la capitale a pu voir à de nombreuses reprises ce métal utilisé par la garde de Boralus, mais aussi par les polyvalents "Manteaux Rouges" des Hellington. Un raffinement du Foudrargent exploité à la perfection, puisqu’il a valu à la Maison la troisième place du concours des meilleurs artisans. Au côté des Ladimore, la qualité de leurs produits est indéniable, mais le côté inaccessible et relativement coûteux n’a pas conquis tous les cœurs. Cela n’empêche pas la Maison Hellington de recevoir l’agrégation "qualité" de leur produit, par le certificat de la Chambre des Commerces." Maison Ferwight, a arraché la seconde place au concours des festivités. La Maison de Comté-Océan a démontré deux éléments importants de ce festival : l’art de la promotion, l’exotisme de ses produits. C’est avec curiosité que les citoyens de Boralus et les étrangers découvrirent le mélange d’odeur, celui du tabac et des bananes des Mers du Sud. Ayant déjà conquis les poumons de la noblesse, les cigares de la maison Ferwight ont connu un franc succès auprès des visiteurs du festival. Outre ce parfum de chaleur humide, ils explosèrent le quota d’annonces. À un point où les crieurs de rue faisaient pâle figure à côté des commerçants Redwight. Les Maîtres colonisateurs de Comté-Océan ont ainsi gagné les certificats des meilleurs vendeurs et publicitaires de la Chambre des Commerces de Boralus." Maison Tertrebois, est la grande gagnante du concours des meilleurs commerçants et artisans de Boralus. La maison forestière à la tête de cerf a envoûté les citoyens par un égal riche en couleurs et en curiosité alchimique. Outre leur étal alléchant, les commerçants Tertrebois ont réussi à rivaliser avec les autres maisons dans la promotion de leurs produits. À chaque annonce faite, une file d’attente s’entassait au pied de leur comptoir. Les plus téméraires goûtèrent leurs breuvages drustvari, et confirmèrent l’efficacité de ces dernières ! À cela s’ajoute également la qualité du tannage des fourrures proposées par la Maison Noble. Concurrençant la classique et indémodable fourrure d’hermine, peut-être verront-nous les toisons de la faune drustvari pendre au cou des Dames de la cour. Tous ces critères réunis ont permis l’accès à la première place au podium. La Maison Tertrebois dispose du certificat de la Chambre des Commerces, attestant de la qualité de ses produits, de leur talent de commerçant et aussi de l’authenticité de leur artisanat."
  25. Update du 31/08/2019 : -Mise à jour Dreux point zero. (Le sujet initial a été édit) -Les Dreux recrutent, n'hésitez pas.
  26. Modification du blason, des rumeurs, des vassaux, de l'allégeance, des membres + personnels. 27/08/2019
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