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Lounie : La Boulangerie Royale


Alynor

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Il était une fois, dans un monde régi par les pâtissiers et les viennoisiers, un jeune apprenti qui venait de fêter ses vingt années. Il vivait dans la cité bleue, et travaillait dur pour apprendre le métier de son maître. Dans cet univers fantasque, la société fonctionnait avec un système d’échange : une belle maison coûtait mille croissants. Pour le même prix, le rêve du jeune homme était de faire construire sa propre boulangerie.

Mais son maître, qui avait grand besoin de lui, essayait subtilement de lui faire oublier ce projet. En toute bonne foi, il lui parla alors d’un concept alternatif : la Boulangerie Royale. Au lieu de vendre des viennoiseries pour acheter sa propre enseigne, cet organisme lui permettait d’obtenir des intérêts pâtissiers : il dépose dix croissants et, l’année suivante, il en possèdera onze.

Bien qu’il ne fût pas très séduit par ce principe, le jeune boulanger avait grande confiance en son maître. Il se rendit donc à la Boulangerie Royale, muni d’un unique croissant : ses économies de la semaine. Il fut bien vite accueilli par un membre du personnel, qui lui proposa d’ouvrir un compte de boulangépargne. L’employé lui demanda donc de donner sa pâtisserie pour débuter l’aventure.

Hélas, le croissant du jeune apprenti n’était pas conforme au Code de la Boulangerie. En effet, la pâtisserie avait été trop cuite, et des traces noires étaient bien visibles sur le dessous. Les règles étaient très strictes, et son gâteau était considéré comme impropre.

En plus de le refuser, le personnel fut obligé de confisquer le croissant afin de le détruire. Bien que cruel, ce règlement évitait que des pâtisseries de mauvaise qualité - voire de fausses pâtisseries - circulent dans le commerce.

« Rendez-moi mon croissant ! », exigea le malheureux apprenti. Mais ses paroles restèrent sans réponse. Larmoyant, il se mit à hurler. Encore et encore. Bientôt, le bâtiment entier put entendre ses plaintes : « Rendez-moi ma viennoiserie ! Vous n’avez pas le droit ! ».

C’est alors que des pâtissiers fortunés, venus se renseigner sur la spéculation de leurs viennoiseries, écoutèrent avec stupeur les cris du jeune apprenti. Ils crurent que le garçon était un boulangépargnant venu retirer des sucrosités : la boulangerie royale refuserait-elle de rendre leurs viennoiseries aux artisans ? Serait-elle en faillite ?

Il ne fallut que quelques minutes pour qu’une panique générale éclate. De nombreux pâtissiers, même les plus riches, vinrent se presser aux guichets pour réclamer leur boulangépargne. Le directeur-gourmand de la boulangerie royale tenta de rassurer les artisans, en leur expliquant que ce n’était qu’une fausse alerte. Mais les pâtissiers n’en croyaient pas un mot.

Ne comprenant pas la situation et conscient d’avoir fait une bêtise, le jeune apprenti décida de prendre la fuite. Face à l’agressivité désespérée des artisans, le directeur-gourmand n’eut d’autre choix que d’ordonner un remboursement général. « Nous avons les sucrosités nécessaires », lança le professionnel expérimenté, bien réputé pour son sang-froid. Les artisans récupérèrent alors leurs gâteaux, et repartirent d’un pas pressé.

Le personnel de la boulangerie royale se félicita de cette affaire résolue. Les équipes, très aguerries, étaient persuadées que les artisans redéposeraient leurs viennoiseries dès qu’ils se rendraient compte de la fausse alerte.

C’était hélas sous-estimer l’ampleur d’une panique sucrée. À peine quelques heures plus tard, des milliers d’artisans vinrent demander leurs viennoiseries. Car les pâtissiers ne s’étaient pas fait prier pour informer leurs comparses de la catastrophe-gourmande qui, selon eux, était en cours.

Paniqué, le personnel de la viennoiserie tenta d’abord de canaliser la foule. Totalement en vain. L’émeute semblait imminente. La boulangerie n’avait pas suffisamment de sucrosités pour rembourser ne serait-ce qu’un quart des boulangépargnants. Même la boulangerie royale de Forgefer ne pourrait pas leur venir en aide.

C’est alors que le directeur-gourmand, les larmes aux yeux, se résolut à faire ce qu’il espérait éviter. Pactiser avec le Diable Sucré. Celui-ci était très malin et quelques années plus tôt, il avait offert un appareil en cadeau au directeur. Une curieuse machine, permettant de le contacter instantanément et de lui parler au travers d’une boîte. Il savait qu’un jour, le directeur aurait besoin de le faire. Le malheureux utilisa effectivement la terrible machine, et une voix gobeline ne tarda point à lui répondre.

À une journée de navire de Hurlevent, à la Baie-du-Butin, un pâtispéculateur se pourléchait les babines. Quand le directeur lui expliqua la situation, le gobelin prit sa voix la plus mielleuse : « Ah, bah, j’vais régler votre problème en un rien d’temps ! On s’tient au jus, hein ? ». Quelques heures plus tard à peine, d’immenses chariots de pâtisseries arrivèrent devant la boulangerie royale, face aux artisans en panique. Le directeur et ses équipes purent alors rendre leurs délices à tous les viennoisiers présents.

En échange de son aide, le pâtispéculateur a exigé le remboursement des viennoiseries, avec des intérêts de 9 % par an. Ceci dit, le contrat n’était pas à durée déterminée ; le directeur était donc libre de réaliser le remboursement dès qu’il le pouvait, sachant que le délicieux-crédit tournait à son grand désavantage. Une réserve avait toutefois été émise par l’invespâtisseur : le droit de récupérer immédiatement ses gâteaux en cas de force majeure.

La moitié des boulangépargants ne s’étaient pas laissé impressionner par la rumeur. Ou ils ne l’avaient tout simplement pas entendue. La boulangerie royale put donc continuer à fonctionner, mais sa mauvaise réputation l’empêcha de gagner de nouveaux clients. Or, la boulangerie avait impérativement besoin d’artisans pour espérer rembourser son crédit rapidement.

Le personnel alla donc de démarchage en démarchage, afin de regagner péniblement les cœurs-gourmands. Cette nouvelle activité prit tant d’ampleur que la boulangerie royale n'avait plus le temps d'effectuer sa veille-délicieuse, en contrôlant les flux sucrés de Hurlevent et des villes partenaires. Le directeur ne se rendit même pas compte qu’une guerre boulangère avait éclaté à la Baie-du-Butin. Et hélas, c’est par une lettre qu’il l’apprit... plusieurs mois plus tard.

« Yo. Monsieur le gourmand-directeur. Vous n’êtes sûrement pas sans savoir que la Baie-du-Butin est désormais en banane-flambée. Notre patron a immédiatement besoin de ses pâtisseries pour lever des fonds-de-tarte. C’était l’accord, aussi sucré soit-il ! ». Tout alla très vite. Afin de rembourser rapidement l’invespâtisseur, le directeur fut contraint de récupérer toutes les pâtisseries investies dans des produits, c’est-à-dire des restaurants, traiteurs et salons de thé du Royaume.

L’établissement rompit tous les contrats de la boulangerie royale avec ses partenaires, et envoya des créansucrés pour récupérer immédiatement les gâteaux. Outrés, les patrons des entreprises portèrent alors plainte au Tribunal de la Brioche, et se mirent en grève. Informé de la catastrophe-gourmande, un juge ordonna la suspension de tous les versements sucrés par la boulangerie royale. Toutes leurs délicieuses-activités furent définitivement interrompues : c'est la liquidation pâtissière. La nouvelle fit le tour des journaux, les derniers boulangépargants s’assemblèrent devant la boulangerie… pour apprendre qu’ils ne récupéreraient jamais leurs viennoiseries. En effet, tous leurs gâteaux - autrefois investis dans des délicieux-produits - avaient été utilisés pour rembourser l'invespâtisseur ou pour dédommager les clients les plus riches en sucres. Les clients peu sucrés, tout comme les boulangépargnants classiques, allaient rester en pain perdu.

Ils virent bientôt un homme se laisser tomber de la plus haute fenêtre. Le directeur. Larmoyant, épuisé et tout à fait mort. Il tenait dans sa main une lettre, confessant ses fautes et implorant le pardon. Le texte se terminait par la mention : « Ouvriers comme notaires, nous sommes tous des boulangers ».

___

Chers amis boulangers, pâtissiers et viennoisiers. Dans l’éventualité où une boulangerie royale se créerait dans la capitale, songez-y à deux fois avant de lui confier toute votre vie. Et dans le cas où un organisme très similaire aurait déjà vu le jour ; où vous seriez déjà tombés dans son piège ; agissez sans tarder. Le Gobelin attend.

Edited by Alynor

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