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Accordez-moi un repas

Elenwe

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Emmitouflée dans son manteau noir, la prêtresse serrait dans ses mains tremblantes son pendentif aux reflets dorés et à la forme si familière du soleil. Elle espérait que sous ce temps perturbé par le rayon verdâtre de la tombe, il lui donnerait le courage nécessaire pour avancer, pour réchauffer son cœur face à ce qui l’attendait. Son visage lisse, tordu par la peur, observa un court instant l’escadron auquel elle appartenait. Elle ferma ses yeux scintillants.

Ils étaient arrivés la veille, les conseils de guerre de Dalaran avaient envoyé des groupes militaires pour joindre en toute discrétion le rivage brisé. Son escadron était étrangement uni, et ce malgré les races qui le composaient. Humains, elfes de tout horizon, nains, trolls, et même des gnomes s’étaient joints pour former la barrière qui devait empêcher l’arrivée de démons sur les plages où se trouvait l’assaut principal de l’île. A ce moment, ils n’avaient plus vraiment de différents, ils n’étaient qu’un. A ce moment, Aserea pensa qu’ils étaient tous hypocrites, comme si ils espéraient qu’une symbiose des races allait sauver leur peau. Ils voulaient mourir en sachant que quelqu’un aurait essayé de les protéger à un moment ou un autre. La prêtresse tenta de chasser ses pensées négatives mais n’y parvint pas, son voisin de gauche l’en sorti.

« Pensez à vos proches, nous le faisons pour eux. » dit-il, dans un sourire qui mettait en avant sa fossette innocente et son visage fin. Il tremblait, lui aussi, mais sa fougue adolescente était encore là, et sous ses mèches flamboyantes, l’humain fixait l’horizon du rivage avec un courage qui fit culpabiliser celle qui d’ordinaire s’évertuait toujours à réchauffer le cœur des justes.

Sa main gauche quitta alors un cours instant son pendentif pour aller dans l’une de ses poches et en extirper une lanière de cuir qu’elle avait volé à son compagnon, Astrélas, comme pour se donner un but à atteindre autre qu’une victoire à l’issue de la bataille ; celui de revenir saine et sauve.

Et soudain, alors qu’elle enroulait son nouveau porte-bonheur autour de sa paume, sa tête se redressa et son corps se raidit, happé par la surprise et l’effroi.

Le cor de bataille venait de retentir.

Tout l’escadron bougea comme un seul homme, animé par la peur et la crainte de l’ennemi dont la foi n’avait pour vocation que la destruction de leur monde.
Aserea s’empara alors de son sceptre et laissa la lumière réchauffer son corps et son cœur en entamant une prière et un chant qui donnerait courage et force d’esprit à ses confrères. Elle remarqua des regards d’approbation à son encontre, comme un remerciement silencieux. L’aura qu’elle instaurait avec sa relique les aiderait, elle en était certaine. Quel que soit l’ennemi. La prêtresse se pencha ensuite vers le rouquin qui lui avait adressé les derniers mots qu’elle avait entendu avant l’appel du cor.

« Pensez à eux, mais pensez à vous, rentrons fêter notre victoire quand tout ceci sera terminé. » dit-elle, dans un sourire chaleureux et un clin d’œil amical. Elle remarqua qu’il ne tremblait plus et qu’il avait à son tour un sourire aux lèvres et un regard déterminé vers l’embranchement d’où viendraient les nombreux démons en renforts sur la plage, et elle inclina la tête, satisfaite.

« Accordez-moi au moins un repas, j’ai toujours rêvé de me pavaner avec une ravissante elfe. » lui répondit-il, après un bref regard vers sa sœur d’arme. A côté, un nain ricana à l’entente de la remarque audacieuse de l’humain, et certains de ses confrères s’y mirent aussi.
La prêtresse n’eut pas le temps de répondre à son invitation. Un hurlement strident les ramena à la dure réalité. Le ciel venait de s’assombrir, plus qu’il ne l’était déjà, et s’agitait sous une nuée de gangroptères affamés de sang et de gloire pour leur maître. Ils fusaient sur l’escadron mortel qui leva rapidement ses boucliers vers les démons ailés. Certains n’eurent pas le temps de réagir et s’envolaient déjà dans les airs, pris dans les serres acérées des bestioles sanguinaires, voués à mourir dévorés vivants ou jetés dans les flammes infernales des étangs gangrenées qui parcouraient l’île.

Profitant de la garde relevée de l’armée du Déclin, de nombreux démons au sol se joignaient à la bataille ; gangrechiens, gangregardes, succubes… Ils se ruaient vers la première ligne de mortels pour en décimer les guerriers qui avaient en vain tenté de se défendre.
Tout était désordre, leur formation était presque déjà brisée et le combat ne faisait que commencer. Aserea observa les mages qui se concentraient, en rond, pour invoquer ce qui leur donnerait du temps pour reprendre le dessus sur la bataille.

« Protégez les mages ! » cria-t-elle à ceux qui l’entouraient, et peu nombreux furent ceux qui accordaient du crédit à son cri, tant les autres n’étaient concentrés que sur leur propre salut.

La prêtresse s’était déjà remis au travail, ses flammes sacrées annihilant chaque démon qu’elle pouvait atteindre qui s’approchait de trop près du cercle des mages. Son sceptre fusait ça et là, accompagné par les éclairs d’un soutien chamanique, des flèches d’un forestier de talent ou même des traits ombreux d’un démoniste qui lançait ses sorts dans un rire dément. Autant de démons tombaient au sol que d’humains expirant leur dernier souffle. Ils ne pourraient pas tenir deux fronts, le ciel devait être dégagé.

Alors qu’ils s’épuisaient à protéger les arcanistes dont les mains et le cercle se teintaient désormais d’une énergie pourpre rassurante et dangereuse. Les mages levèrent enfin leurs bras comme un seul homme vers le ciel. Un éclair fusa de leur cercle pour toucher le ciel pour y exploser. La nova arcanique qu’il créa, balaya les gangroptères sans la moindre forme de procès. Il pleuvait, du sang noir et des restes démoniaques, mais personne ne semblait s’en dégoûter. Mêlées à cette pluie charnière, des milliers de particules scintillantes flottaient et descendaient vers le sol et sur les soldats, comme les flocons de neige d’un soir du Voile d’Hiver. La bataille s’était comme arrêtée un court instant devant ce spectacle à la fois gore, et merveilleux.
Les démons, seuls au sol, eurent alors un moment d’égarement en perdant leur appui aérien et l’escadron en profita pour enfin prendre l’avantage sur la bataille.

Aserea n’osait pas observer les morts autour d’elle, elle ne se concentrait que sur les vivants et les blessés, renforçant leur pouvoir ou soignant partiellement les plaies qu’ils pouvaient subir. Elle était prêtresse, elle devait leur donner la force de l’espoir et la foi en l’avenir. Le pouvoir du soleil l’aide et doit les aider, quoi qu’il en coûte.
Les gangroptères en moins, elle n’eut plus à s’inquiéter de sa propre vie pendant un moment. Les soldats connaissaient l’importance des utilisateurs de la lumière dans les rangs alliés, ils la protégeraient jusqu’au bout.

La bataille fit rage durant de longues heures desquelles Aserea perdit le décompte, mais elle se sentait épuisée physiquement et moralement. Le flot de démons était continu et ses sorts s’amoindrissaient en puissance, mais l’elfe persistait. A vue d’œil, l’escadron avait perdu la moitié de ses effectifs et les démons n’arrivaient plus qu’au compte-goutte. Leur combat s’éternisait et elle en vint à se demander quand ils auraient enfin l’occasion de se reposer, de crier victoire… Quand elle pourrait accorder à ce rouquin son repas mérité ?

Elle contempla sa tenue d’ordinaire immaculée mais aujourd’hui couverte de sangs âcres ou humains, elle était dans un état déplorable et pendant un court instant, n’eut qu’une pensée ; celle de prendre un bain pour enfin se reposer. Ainsi était la guerre, sale, sanglante, brutale et beaucoup trop radicale pour une femme comme elle.
En secouant la tête elle se redressa et continua alors d’attaquer, motivée par la simple idée de prendre un bain en rentrant, tout en sachant qu’elle était peut-être trop utopiste pour arriver jusqu’à ce confort, mais elle s’en fichait.

Et alors, comme un miracle inespéré dans un récit déjà écrit, une explosion balaya le centre de l’île et fit trembler la terre sur laquelle elle se tenait. Au loin, démons et mortels purent apercevoir la chute du vaisseau vertical de la Légion qui, plus tôt, avait été désigné comme leur centre de commandement. Un nuage de poussière suivi l’abîme du destructeur démoniaque et la confusion gagna alors le groupe démoniaque assaillant. Certains décidèrent de se battre jusqu’à leur mort, d’autres tentèrent un repli stratégique qui leur coûta leurs âmes, balayées et scindées par la horde des chasseurs de démons d’Illidan.

Humains, nains, elfes, orcs, mages, prêtres… tous levèrent un bras victorieux. Elle pouvait même apercevoir les bras des gnomes secoués par l’enthousiasme parmi tous les survivants. Un son victorieux traversa la côte, l’embranchement qu’ils défendaient et le centre de l’île brisée par la Legion.

Le cor de la victoire venait de sonner.

Ils avaient gagné une première bataille, il en resterait. Mais reconquérir une partie de cet endroit était une victoire qu’Aserea n’avait pas espéré vivre en voyant les Gangroptères piquer vers son groupe. Elle soupira doucement de soulagement et contempla les corps de ses camarades et avant de fêter sa victoire, elle serra avec force son sceptre et entreprit, avec ses confrères prêtres, de soigner les blessés et de bénir l’âme de leurs défunts, un à un, pour les accompagner dans le Royaume des Morts.

Plusieurs heures durant, elle accorda une bénédiction à ceux qui donneraient leur dernier souffle dans ses bras, leur adressant un dernier sourire chaleureux et bienheureux, pour le dernier vestige de leurs souvenirs.

Lorsqu’elle s’arrêta devant le corps du jeune rouquin, elle eut un sourire cassé par le chagrin et elle s’agenouilla pour prendre le jeune homme dans ses bras et le bénir à son tour, une première larme coulant sur sa joue. Elle aurait beaucoup de blessures à soigner, cette nuit.

« Nous dînerons ensemble dans une autre vie, mon ami. » lui répondit-elle enfin.

 

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1 Commentaire


Commentaires recommandés

Cactus

Posté(e) (modifié)

Propre. Le ton est juste et la fin est bien amenée en plus.

Plus de détails (ambiance, poursuivre dans la même saveur qu'au départ du texte ç'aurait été gold j'pense : comme dans "un Monde en Flammes"), plus de développemang ! (on n'a pas tout le contexte des perso')

Modifié par Cactus
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