Aller au contenu

Bienvenue sur Kuretar

La 8.3 est désormais live sur notre serveur. Survivez aux murmures de N'Zoth.

Avènement d'Azshara

Traversez la Grande Mer et tombez dans la gueule de Nazjatar, survivrez vous aux machinations de la Reine Azshara ?

Patch Barbershop

Désormais disponible, profitez d'un contenu exclusif créé par LadyFortunes, Drakes, Diantre et Mhen.

Flots de la Vengeance

Allez vous détrôner ou défendre le roi de Zandalar ?
Murmures
Bienvenue sur Kuretar 8.3 Ouvrez votre cœur au vide
  • billet
    1
  • commentaire
    1
  • vues
    36

[Concours d'écriture] Éden enneigé


Alen'diel

109 vues

Le vent déchaîné soufflait sans interruption, mordant la chair des vivants comme pour les supplier d'abandonner leur entreprise et de rentrer chez eux. Malheureusement, il ne pouvait en être ainsi ; les hommes maugréaient mais ne pouvaient pas s'en aller. Ils ne pouvaient pas se défiler. Alors que l'Elfe quittait sa contemplation du ciel assombri, il vint à observer les pauvres hommes prisonniers du froid et de leur devoir. Il s'arrêta sur chacun des visages à portée pour se remémorer leurs traits avant qu'ils ne soient réduits à un nom sur une grande stèle de marbre. Leurs corps étaient là, prisonniers d'armures blanches et or, mais leurs esprits étaient bien loin. Ils étaient des morts en sursis, mais ils s'accrochaient pourtant à la vie de toutes leurs forces. Loin, au fond de leurs regards, le Chevalier pouvait ressentir une forme d'espoir. C'était une vue risible pour lui, mais elle n'était en rien comique. Une nouvelle rafale glaciale projeta de minuscules dagues glacées dans leur épiderme et l'Elfe redressa son écharpe pour s'en protéger. Peut-être le vent était-il véritablement affligé de ce qui se profilait une fois de plus ; ou bien étaient-ce seulement les chamans présents dans le camp ennemi. Son regard se délivra de la vue affligeante des carcasses en armure pour s'en aller vers le versant opposé de la vallée. Les soldats de la Horde ne bougeaient pas non plus de leur position, aucune agitation, aucun bruit. Que leurs suaires soient bleus ou écarlates, aujourd'hui, tous étaient liés dans le silence et le désir irréalisable d'être chez soi. Une petite chaleur profuse se mit alors à envelopper la main de l’Elfe et il se rendit compte qu'il avait une fois de plus tiré son zippo sans même s'en rendre compte. Actionné, le briquet projetait une flammèche bien peu vaillante qui serait balayée dès le prochain coup de vent, et ce fut le cas. Soudain, au milieu du camp, une voix s'éleva. Toujours la même, depuis des jours, qui venait à déclarer que l'assaut serait bientôt lancé. Et le silence de plomb revint s'installer alors même que les carcasses se mettaient en mouvement pour se préparer à déferler sur l'ennemi. Alors qu'il observait amèrement les soldats s'affairer, quelque chose lâcha dans la main droite du Chevalier et il se rendit compte qu'il venait de briser le superbe briquet ouvragé. Il secoua un peu son poignet en fixant l'objet et grâce à un bref rituel magique il le reconstitua dans l'immédiat pour ensuite le glisser dans l'une de ses poches. Un souffle mi-froid mi-brûlant s'extirpa de ses lèvres et quand il redressa ses prunelles pour examiner les faits et gestes, un frisson glacial le tétanisa, mais pour une fois le vent était hors de cause. Le garçon le fixait de son grand regard bleu, son armure mal ajustée, son fourreau sur le point de tomber au sol, son heaume de travers. La vue du bambin était insupportable pour le Chevalier, et cela se lisait sur son visage dont les traits de marbre se muaient vers une colère seulement colportée par son regard. La distance qui séparait le garçon et l'elfe à la chevelure ébène s'effaçait à coups de grandes enjambées de ce dernier, et les regards se tournaient dans la direction du Chevalier-Capitaine alors qu'une terrible chaleur remontait de sa poitrine jusqu'à son visage et quand il fût enfin face au jeune homme, son désir de châtier le garçon pour lui avoir infligé ça avait atteint son paroxysme. Cependant il n’en serait rien. L’adolescent observait le Haut-elfe avec une petite lueur inquiète dans le regard mais il semblait se mobiliser entièrement pour maintenir une stature de pseudo-soldat.

- Mon Capitaine.
Peu après que le garçon se soit exprimé, la main droite du Chevalier-Capitaine se dressa vers le visage du jeune homme et il cueillit son heaume qu'il lui retira avec une lenteur et une douceur surprenantes. L’incompréhension se faisait grandissante sur le visage du jeune homme, d’autant plus que la présence de l’Elfe à la chevelure noirâtre dégageait continuellement une certaine dangerosité et que ce dernier le fixait avec sévérité.
- Soldat Desmond Haymes de la 12ème d'infanterie, mon Capitaine.
Le garçon s’exprimait maintenant d’un calme placide. Le poing de l'Elfe se serra, sa colère grondante avait été attisée plus que de raison. Pour autant, il ne lèverait pas la main sur une petite chose fébrile telle que ce soi-disant soldat. Quand bien-même il estimait que le jeune homme était un menteur, il devait tempérer le feu qui bouillonnait trop souvent dans ses veines. Des flammes qui l’avaient plusieurs fois mené sur un chemin de violence comme quand il avait bastonné un brave garçon du nom d’Orys, au milieu du champ de bataille. Quand il mettait son comportement en lumière, il se trouvait souvent méconnaissable ces derniers temps. Sa nervosité et son éternel désir inassouvi de se déchaîner, surtout, étaient les points d’orgue du changement en lui. Il s’était forgé une discipline absolue au fil des décennies mais depuis qu’il avait accueilli «cette chose» dans son esprit, il se sentait perdre pied. L’Elfe prit le temps de souffler un bon coup puis il interpella un sous-officier pour lui indiquer le garçon, et avant-même qu’il puisse suffisamment approcher, la cloche sonna. Le combat se profilait enfin et l’homme repartit à vive allure pour s’y préparer.
- Le combat.
Le Chevalier reporta son attention sur le jeune garçon, s’interrogeant intérieurement sur ce qu’il ferait de lui.
- Combat auquel tu ne vas pas participer.
-
S’il vous plaît, mon Capitaine ! Je ne demande rien de plus que servir l’humanité !
Le garçon s’exprimait avec une profonde résolution et un sens du devoir gravés au fer rouge, mais tout cela ne faisait que conforter le Chevalier dans sa décision. Cela se lisait dans son regard alors le garçon revint à la charge.
-
Est-ce une mauvaise chose, que d’avoir espoir ?
- La guerre est un abîme avaleur d’espoir, et un enfant n’y a pas sa place.
- Je vous en prie, laissez-moi prouver ma valeur et me rendre utile !
-
Hors de question. Si tu quittes cet endroit, tu seras châtié, je m’y engage.

L’Elfe saisit l’arme du garçon et il la dénoua de sa taille pour la prendre avec lui, observant en même temps les hommes qui plongeraient à l’assaut d’ici quelques minutes. Lui-même devait accomplir quelques préparatifs, donc la convocation de ses armes. Ces quelques minutes avant l’assaut étaient toujours aussi incompréhensibles. Comme hors-du-temps, et tous se sentaient compressés et écrasés par leur sens du devoir. Les hommes resserraient les sangles de leurs armures, vérifiaient leurs armes et pensaient à leurs proches. La compagnie se préparait à plonger droit dans la plaine, pour écraser la marée écarlate de soldats de la Horde. Beaucoup n’en reviendraient pas, mais tous feraient tout ce qu’il y avait en leur pouvoir pour sortir victorieux de l’affrontement. Le silence de plomb vrillait les tympans des combattants quand la voix vint tous les étreindre. La voix du jeune garçon qui avait été congédié, mais qui d’une manière ou d’une autre voulait accompagner les soldats dans le feu de la bataille. L’Elfe ne connaissait pas ce chant, ses connaissances dans la culture humaine étaient déjà limitées, mais il était certain que ce n’était pas un chant guerrier ou un chant servant la bataille. Et petit à petit, chacun des soldats se mit à l’entonner avec le garçon. Tous chantaient pour saluer l’arrivée du Voile d’Hiver. Et face à eux, dans la marée rouge, les voix se mirent à grimper aussi. L’Elfe savait très bien vers quoi les choses se dirigeaient alors il s’écarta. Les boucliers et les épées touchèrent le sol, lâchés par les soldats du Roi Wrynn et abandonnés par ceux de la Chef de Guerre. Il n’y avait, ici, plus de conflit. Seulement la célébration, l’espoir, et un désir de compréhension. Les hommes marchaient lentement les uns vers les autres, se rejoignant vers le centre du champ de bataille. La neige ne serait pas maculée de sang, aujourd’hui. La compréhension et la solidarité lieraient tous ces êtres partageant la volonté d’un lendemain paisible. Au milieu de la Guerre, un jardin enneigé de paix.

  • Like 6

1 Commentaire


Commentaires recommandés

Invité
Ajouter un commentaire…

×   Collé en tant que texte enrichi.   Coller en tant que texte brut à la place

  Seulement 75 émoticônes maximum sont autorisées.

×   Votre lien a été automatiquement intégré.   Afficher plutôt comme un lien

×   Votre contenu précédent a été rétabli.   Vider l’éditeur

×   Vous ne pouvez pas directement coller des images. Envoyez-les depuis votre ordinateur ou insérez-les depuis une URL.

×
×
  • Créer...