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Lounie - Le Bal des Oranges

Alynor

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Il était une fois, au temps du beau roi Anasterian, une famille de maraîchers enrichis qui venait de s’installer à Lune-d’Argent, dans le beau quartier de la Bourse Royale. Bien que fiers de leurs origines et amoureux de la campagne, ils aspiraient à une vie plus urbaine afin d’offrir la meilleure instruction à leurs trois enfants. Hélas, rien ne s’était déroulé comme prévu.

Méprisés pour leurs vêtements ordinaires, pour leurs manières simples et pour leur méconnaissance de la mode, ils avaient un grand mal à se faire accepter des riverains. Arrivés à l’académie, les enfants étaient quotidiennement moqués par leurs camarades ; on les affublait des injurieux surnoms de « croquants » et de « rustauds ».

Les parents, eux, étaient royalement ignorés par les bourgeois et les nobles de la cité. Jamais invités aux événements mondains, ils avaient également grand mal à trouver de bons investissements. Communautaristes et élitistes, les notables de la cité faisaient tout pour que la famille retourne à la campagne.

Les deux parents étaient très souvent la cible de tentatives d’escroquerie, parfois grotesques, car les riverains sous-estimaient leur intelligence. Leurs vils essais se soldaient toujours par un échec cuisant, et par une humiliation publique, peu volontaire, de la part des « rustauds »… ce qui n’améliorait pas leurs relations avec les élites de la cité.

Ayant vite compris que les maraîchers étaient bien plus malins que le disait la rumeur, les bourgeois oublièrent l’idée de les ruiner, et décidèrent tout simplement de les mettre complètement à l’écart. Ils étaient fuis comme la peste, personne ne répondait à leurs salutations ni à leurs mots gentils. Et puisque les parents étaient trop intelligents pour les bourgeois, ceux-ci ne tardèrent pas à s’en prendre aux enfants.

Lorsque les poupons se rendaient en ville pour acheter des bonbons, la pauvre confiseuse avait reçu l’ordre formel de leur dire « voyons, vous êtes déjà gros et vos dents déjà gâtées. Voulez-vous aggraver votre cas ? ». Lorsque la plus jeune sœur demandait gentiment au marchand de jouet de lui offrir une poupée qui lui ressemblait, le vendeur, les larmes aux yeux, était contraint à lui donner une peluche en forme de troll hideux.

Très vite, la famille devint malheureuse, et les enfants ne voulurent plus sortir de chez eux. Ils pleuraient chaque nuit, en se demandant pourquoi les gens étaient si cruels à leur égard, eux qui ne voulaient que se faire des amis. Cependant, les deux parents parvinrent à rassurer leurs enfants, et leur promis que très bientôt, ils seraient aimés de tous.

Afin de s’intégrer enfin auprès de la coterie mondaine, les ingénieux maraîchers décidèrent d’organiser un grand bal dans leur propriété, et d’inviter l’ensemble de leurs voisins. Mais en plus d’honorer les citadins en leur offrant une belle célébration, ils décidèrent de faire une référence directe à leurs origines, espérant ainsi éveiller les consciences et prouver que les campagnards pouvaient organiser de somptueuses réceptions.

Aussi, leur bal serait celui des oranges, et célébrerait la cueillette de ces fruits - une cueillette survenant toujours à la fin de l’année. Les maraîchers étaient d’une grande intelligence, et le thème n’avait point été choisi par hasard : il était bien connu que les élites thalassiennes appréciaient tout particulièrement le jus d’orange, le sorbet à l’orange sanguine et surtout la fleur d’oranger, très en vogue, que l’on utilisait pour parfumer le thé et les biscuits.

L’annonce du bal fut très bien accueillie, et la plupart des bourgeois furent surpris et ravis d’être invités. Beaucoup en profitèrent pour s’excuser auprès de la famille maraichère, expliquant les avoir boycottés sous la pression de la corporation des joailliers, hostile envers les paysans car ceux-ci sont rarement impressionnés par les bijoux.

Il en allait de même pour un grand nombre de corporations thalassiennes, notamment liées aux Arcanes, qui gagnaient à ce que leurs clients ne connaissent rien d’autre que la vie urbaine, et soient habitués aux plaisirs artificiels en oubliant la nature. De tous temps, les ruraux, plus proches du mode de vie darnassien que thalassien, ont été haïs des vendeurs de luxe. Ils étaient bien trop lucides pour se laisser aveugler par ce qui brille. À tout le moins, les gens de la province étaient ceux de la Lune, quand les gens de la capitale étaient ceux du Soleil.

- Si Lounie avait eu le choix à la naissance, elle aurait choisi sa reine la Lune mais hélas, le destin l’a fait vivre sous les rayons du tyran Soleil. -

Toujours est-il que le bal fut organisé : la demeure fut majestueusement décorée à l’occasion, chaque petit détail rappelant le thème des oranges. Le bal devait se dérouler dans le jardin intérieur de la demeure, où des dizaines de petits orangers étaient présents. L’odeur qui embaumait les lieux était exquise. Le bal se déroulait en pleine nuit, et était éclairé par des lanternes arcaniques, dont la conception rappelait celle des kaldoreis.

La famille avait fait un immense effort pour honorer leurs invités ; malgré ce que les mauvaises langues auraient pu imaginer, ils avaient revêtu des tenues de toute beauté, et parfaitement adaptées à leur nouveau rang de bourgeois. Toujours dans le jardin intérieur, un somptueux banquet avait été dressé, et associait habilement les mets urbains aux victuailles rurales.

La réception fut très belle, et une trentaine d’invités merveilleusement vêtus se pressèrent pour apporter des cadeaux de toutes sortes à leurs hôtes. Ils félicitaient la famille pour leur bel accueil, pour leur élégance et pour la beauté des lieux. Rarement le couple de maraîchers n’avait été si heureux. Les bourgeois, eux-mêmes, avaient rarement été aussi impressionnés par la beauté d’un bal. La famille avait toutefois un regret de taille : aucun des bourgeois appartenant à la corporation des joailliers ne s’était présenté à la fête. Cependant, ils oublièrent bien vite cette déception pour se concentrer sur la belle soirée à venir.

Mais tandis que le bal s’annonçait féerique, des cris monstrueux se mirent à retentir depuis le salon. Et très bientôt, cinq créatures firent irruption dans les jardins, terrorisant les convives. Il semblait s’agir de trolls, habillés dans une tenue caricaturale de paysans. Ils portaient des massues en bois, et des boucliers comportant l’insigne de la famille de maraîcher. Ils agitaient leurs armes en direction des participants afin de les effrayer. Bien entendu, les invités comprirent assez tôt qu’il s’agissait de simples déguisements… et d’une très mauvaise blague. Néanmoins, les insignes de la famille laissaient planer un sérieux doute aux invités : et s’il s’agissait d’une farce organisée par les maraîchers, pour se venger en ridiculisant les bourgeois ?

Curieux, l’un des invités alluma une torche arcanique et s’approcha des cinq « monstres ». Ce qu’il ne savait point, c’est que les costumes utilisés étaient extrêmement inflammables. En l’espace d’une seule seconde au contact de la torche, tous les déguisements s’embrasèrent. D’horribles hurlements retentirent. Les mauvais farceurs se mirent à courir et à se rouler au sol pour tenter d’éteindre le feu, en vain. L’incompréhension était générale, et personne ne semblait en mesure de réagir… la mort semblait inévitable.

Mais aguerris par leur ancien métier de maraîcher et habitués aux feux de forêt, le père et la mère surent exactement quoi faire. Ils commencèrent à incanter pour invoquer des sphères d’eau, et les briser au-dessus des convives enflammés. Le premier fut sauvé. Puis le deuxième. Puis le troisième. Hélas, dans la panique, les deux derniers s'étaient mis à courir dans toute la salle de bal, obligeant le couple à utiliser une quantité phénoménale d’eau, et donc de mana, pour les aider. Ils utilisèrent toutes leurs capacités pour tenter de sauver les brûlés.

Pendant ce temps, les farceurs sauvés durent retirer leurs déguisements ; il s’agissait, sans grande surprise, de jeunes bourgeois qui appartenaient à la corporation joaillière, et qui espéraient sans-doute gâcher la fête.

Après s’être occupés du cinquième avec grande difficulté, les deux amoureux s’effondrèrent à genoux, vidés de toutes leurs forces arcaniques. Épuisés, ils étaient persuadés d’avoir pu sauver tout le monde. Hélas, il restait un jeune homme, l'un des gentils invités, dont les mains étaient en flammes car il avait tenté d’aider les brûlés. Voyant que leurs parents n’étaient pas en état d’agir, les trois enfants maraîchers se précipitèrent, en tentant d’invoquer des sphères d’eau, alors qu’ils ne l’avaient jamais fait auparavant.

Malheureusement, la magie ne s’improvise pas, et les enfants ne firent qu’envoyer une simple répulsion inversée, sauvant les mains du jeune homme, mais projetant le feu en leur propre direction. Bientôt, les trois enfants furent en flammes. Paniqués, ils se précipitèrent vers leurs parents qui, effondrés, tentèrent dans un geste vain d’éteindre le feu en les serrant contre eux.

Hélas, le feu était bien trop puissant, et cette étreinte devint très vite un geste d’amour désespéré. Hurlant et pleurant de douleur, ils cherchèrent de l’aide auprès des convives qui, tétanisés, étaient incapables de faire quoi que ce soit. Tous assistaient à la scène, impuissants et benêts. Les maraîchers fermèrent bientôt les yeux, car la fumée les aveuglait.

Lune merci, après quelques instants de souffrance, les cinq elfes furent définitivement soulagés de leur mal. Ils rouvrirent les yeux, se serrant toujours précieusement l’un contre l’autre, telle une famille unie. Ils n’étaient plus dans leur modeste salle de bal, mais dans un immense hall de réception, où ils furent accueillis par les célestes hôtes avec une grande tendresse.

Sous les nuages, ils pouvaient voir un large tas de cendres dans un jardin intérieur, et une multitude de bourgeois attroupés autour, pleurant la perte de leurs héroïques amis avec incompréhension et impuissance, tels des agneaux sans leur berger.

Invités d’honneur au Palais Cosmique, les beaux maraîchers devinrent des Etoiles, demis-dieux, en récompense de leur héroïsme, de leur bienveillance et de leur immense courage. Ils veillent aujourd’hui sur tous les agriculteurs d’Azeroth, et profitent d’être choyés par la Lune et unis en famille pour l’Eternité.

Cependant, ils ne peuvent toujours pas s’empêcher de pleurer quand ils voient, depuis les cieux cosmiques, un maraîcher se faire rabrouer par un citadin alors qu’il est l’architecte de son moindre repas.

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