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Lounie : Les Douze Chevaliers

Alynor

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Il était une fois, dans le Haut-Royaume d’antan, six chevaliers et six chevaleresses au service d’un bon seigneur. Vivant au sein d’un beau château près des côtes, les vaillants combattants œuvraient pour la protection du peuple et de la famille seigneuriale.

Aux quatre coins de Quel’thalas, les Chevaliers étaient chantés pour leur beauté, leur héroïsme et leur loyauté sans faille.

À l’instar de leur bon seigneur, ils étaient fort pieux. Point un repas ne se déroulait sans qu’ils ne daignent remercier les Astres pour ces douces victuailles ; point un entraînement ne se déroulait sans qu’ils ne daignent remercier la Sainte Lune de leur avoir offert les Arcanes.

Gardiens du Culte autant que du Peuple, les Chevaliers veillaient rigoureusement à ce que la paix et la tranquillité règnent sur le domaine de leur seigneur, mais également sur toutes les terres adjacentes. - Que l’époque était douce. Ah ! belles roses ! -

Hélas, le bon seigneur et ses Chevaliers avaient un redoutable ennemi, le Vilain, connu pour sa fourberie et sa bassesse. Châtelain voisin de leur place forte, le méchant seigneur lorgnait sur leurs terres d’un œil jaloux : son domaine était plus petit et bien moins fertile que le leur. De même, la majorité des villages que le cruel châtelain possédait était rebelles à son autorité et lui refusaient le champart, la dîme, la taille, la leyde et les corvées.

Justement, c’était en particulier sur les terres du Vilain que les Chevaliers assuraient généreusement la sécurité des petites gens qui, confiantes, étaient habituées à leur demander des services. Se servant de cette situation, le cruel châtelain mit au point un fourbe stratagème.

Au cours d’une nuit, un enfant d’un village voisin vint implorer leur aide : un groupe de voyous était en train de piller leur hameau, de malmener les habitants et de voler leurs récoltes ainsi que leurs bêtes. Les Chevaliers détaillèrent la situation à leur maître, qui leur donna l’ordre de porter secours aux paysans en détresse, et d’exterminer toute la vermine.

Tirant leurs épées et scellant leurs montures, les Douze Chevaliers se hâtèrent, chevauchant à la rescousse des villageois opprimés, sous le regard admiratif d’une flopée d’Etoiles. C’est ainsi qu’ils rencontrèrent un petit groupe de marauds, armés de haches à la mode des barbares. Ceux-ci, voyant la Lune s’illuminer à la charge des Chevaliers, comprirent que la Justice était implacable. Il ne fallut que quelques minutes aux braves bannerets pour terrasser la vermine, qui ne se défendit qu’à peine.

L’escarmouche terminée, les Chevaliers décidèrent de creuser rapidement une fosse commune afin d’y ensevelir les pillards et de leur permettre de trouver la paix dans l’au-delà. Mais en aidant à rassembler les corps, un brave constata avec stupéfaction que l’un des coupe-jarrets, qui semblait être le chef de la meute, portait une chevalière à son annulaire gauche. Les armoiries étaient celles du Vilain.

Effarés, les chevaliers finirent toutefois par penser que ce sceau avait été volé aux propriétaires, et décidèrent de le ramener au châtelain, en espérant que cela améliorait les relations entre lui et leur maître. Ayant pour principe de toujours faire leur devoir jusqu’au bout, les Douze Chevaliers n’interrompirent point la cérémonie, et passèrent toute la nuit à aider les paysans à rebâtir ce qui avait été détruit pendant le combat. Ils repartirent ensuite en direction du château du Vilain.

Cependant, alors qu’ils étaient sur les chemins, les Chevaliers furent arrêtés par l’un des sentinelles de leur maître, qui les informa que le bon seigneur, parti en promenade, avait été appréhendé par les troupes royales. Il était accusé d’avoir fait assassiner le fils adoptif du Vilain alors que celui-ci était parti, avec ses hommes d’armes, percevoir les impôts dans son propre village. Les douze braves comprirent alors l’étendue de leur erreur.

Emmené loin de ses Chevaliers et de sa famille, le pauvre seigneur fut conduit à Lune-d’Argent, avec tout de même les honneurs dus à son rang. Accusé d’avoir commandité l’assassinat d’un noble, le gentilhomme fut traduit en justice à la cour royale, en présence de tout le conseil nobiliaire, dont le vil châtelain. Les Douze Chevaliers, quant à eux, ne furent point autorisés à assister à la séance, et durent attendre dehors en priant la Sainte Lune de soutenir leur maître.

Honorable et brave, le bon seigneur offrit une défense sincère, en ne disant que la vérité sans daigner omettre quoi que ce soit : ni sa personne, ni ses chevaliers. Il insista toutefois sur le fait que ni eux, ni les villageois ne connaissaient ces percepteurs d’impôts, qui n’ont d’ailleurs jamais décliné leur identité et se sont comportés en pillards.

Mais le Vilain, de son côté, ne manqua point une occasion de fabuler, de mentir ou de se lamenter en inventant des complots et des attaques permanentes desquels il serait la cible. Puisque l’accusé se refusait à user des mêmes pratiques honteuses, le cruel châtelain gagna rapidement le débat, et passa pour être la victime des terribles ambitions du seigneur et de ses douze chevaliers.

Par la rhétorique, le mensonge et le fiel, le Vilain est parvenu à escamoter complètement le fait que son fils adoptif, inconnu de tous, n’avait été légitimé que quelques heures avant qu’il lui ordonne d’aller percevoir, à la manière des pires bandits, les arriérés d’impôts d’un village rebelle. Face au réquisitoire du rusé châtelain, le Roi était loin d’être aussi dupe que ses courtisans. Malheureusement, il n’eût d’autre choix que d’appliquer la loi du Haut-Royaume : pour avoir tué le fils adoptif d’un châtelain sur ses propres terres, le bon seigneur fut ainsi condamné à mourir « à la première minute du lendemain ».

Cela dit, le Roi accepta de lui accorder une mort honorable. À défaut d’être exécuté par la potence tel un meurtrier, ou par la décapitation tel un traître, il fut autorisé à s’empaler de lui-même sur sa fière claymore. Le bon seigneur ne fut guère surpris à l’entente du verdict, et l’accepta tel un preux gentilhomme.

Par l’écuyer royal en personne, l’épée du seigneur lui fut apportée. Le condamné s’en empara, avant d’effectuer sa plus belle posture de combattant, en dressant fièrement la claymore en direction de son ventre. S’il eut pointé l’épée en leur direction, n’importe quel noble de l’assistance aurait craint pour sa vie.

Dans le silence de la nuit, le bon seigneur patienta, rivant ses yeux sur la pendule aux luxueuses dorures. Mais bientôt, l’aiguille de la pendule vint briser ce calme solennel. Les yeux vides, le bon seigneur prononça alors ces mots en fixant les étoiles : « Sainte Mère, Saint Père, je reviens à vous dans l’instant. Puissiez-vous, je vous prie, ajouter treize belles assiettes au festin. ».

L'assistance de ce triste spectacle retint alors son souffle, en observant le bon seigneur d’un regard mêlé entre le respect, la crainte et la surprise. Par un formidable coup d’estoc qui, sans doute aucun, aurait à lui seul anéanti le Roi Liche et son Conseil de Sang, le gentilhomme perça son cœur de sa franche claymore. Cette nuit-là, puis les treize jours suivants, la pluie ne cessa jamais de tomber sur la belle Lune-d’Argent.

Mais le malheur fut loin de s’arrêter en si bon chemin. Comme le voulait la loi de Quel’thalas, en plus de sa vie, les terres du bon seigneur furent saisies et cédées au Vilain. Ce dernier passa de longues journées de réjouissance, organisant des fêtes à n’en plus finir, entouré de ses flagorneurs. Il avait mené son complot au plus grand des biens, trouvant à sa jalousie le meilleur des remèdes.

En outre, par une intrigue douteuse, le cruel seigneur avait su obtenir une faveur de ses alliés du Conseil de Lune-d’Argent. Il eut ainsi le droit de faire secrètement traquer puis emprisonner les Douze Chevaliers, afin de leur administrer la punition de son choix. Cependant, à peine les gardes du Vilain avaient été lancés à leurs trousses que les bannerets avaient déjà disparu du paysage. Le cruel seigneur ne s’en inquiéta que peu.

Ayant mis la main sur le domaine de son ancien rival, il prit un malin plaisir à chasser toutes les personnes ayant, un jour, daigné servir le bon seigneur. Sa veuve, ses pauvres enfants mais aussi tous les habitants de son château furent tirés de leur lit en pleine nuit et exilés tels des moins que rien, sans avoir le droit d’emporter la moindre affaire. Toutes les maisons jadis occupées par les fidèles du bon seigneur furent cédées aux flagorneurs du Vilain.

Désormais sans terre, sans seigneur, et hors-la-loi, les Douze Chevaliers furent eux-aussi contraints à l’exil et en proie à la ruine. Ils bâtèrent le sentier et arpentèrent le plat-pays, allant d’auberge en auberge, puis de pichets en pichets. Vêtus de loques trouées alors qu’ils arboraient autrefois de fières armures et des braves épées, ils ne portaient maintenant plus que la bouteille. Sans cesse surpris dans leurs tristes beuveries par les petites-gens et les nobles mineurs qui n’osaient même plus leur adresser la parole, les Chevaliers semblaient avoir vendu leur honneur en même temps que leurs armes.

La rumeur de leur misère ne tarda point à se répandre, pour le plus grand plaisir du cruel châtelain, qui leva même sa coupe à la décadence de ses ennemis d’autrefois, qui désormais se noyaient dans le vin et les larmes. À présent persuadé que ces guerriers ne représentaient plus aucune menace pour lui, le seigneur ne prit plus la peine de les faire traquer et suspendit toutes les recherches.

Pourtant, et ce depuis leur fuite, les Douze Chevaliers n’avaient qu’une seule idée en tête : la vengeance de leur maître. Profitant d’une sombre nuit de pleine lune, les braves tirèrent les brides de leurs fidèles montures jusqu’à leur cachette. Ils y déterrèrent l’équipement qu’ils avaient mis à l’abri par souci de mobilité et de discrétion, puis s’en allèrent, à francs étriers, en direction de ce qui fut autrefois leur demeure.

Ayant assuré la sécurité de ce château durant des décennies, les chevaliers n’eurent aucun mal à s’y infiltrer. Attachant leurs chevaux au cœur de la clairière, ils exploitèrent un long souterrain les menant jusqu’aux dortoirs de la garde, où la plupart des soldats du Vilain étaient endormis. Ils les réveillèrent alors sans douceur, en les sommant de les laisser faire leur devoir, sous peine de se voir occis sur le champ. Les hommes d’armes se rendirent immédiatement.

La moitié des Chevaliers restèrent dans les dortoirs pour surveiller les gardes, tandis que le reste partit en direction du donjon. Après quelques passes d’épées bien maladroites, les huit gardes des remparts se rendirent sans plus de résistance. Ils implorèrent la grâce, et celle-ci leur fut accordée. De nouveau, le groupe se sépara, afin que la moitié conduise les nouveaux prisonniers aux dortoirs.

Bientôt, les trois derniers chevaliers arrivèrent dans la chambre du méchant seigneur, dans laquelle celui-ci s’était réfugié avec sa famille. Honorables, les combattants laissèrent immédiatement la famille partir, et proposèrent au vilain une mort de guerrier. Mais l’homme, tremblant de couardise, ne donna aucune réponse. Quelques secondes plus tard, une franche claymore fit son office : le Vilain venait de perdre son honneur et sa tête.

Quittant le château à toute hâte par le même souterrain, les Douze Chevaliers revinrent dans la clairière afin d’y retrouver leurs montures. De là, ils pouvaient entendre les cloches du château sonner : l’alerte avait été lancée.

Au grand galop, les braves joignirent alors la tombe sous laquelle était enseveli leur maître. C’est ainsi qu’ils y déposèrent, au milieu des fleurs, la tête du Vilain. Justice avait enfin été rendue. Leur devoir définitivement accompli, les Chevaliers étaient désormais libres de commencer une nouvelle vie et, qui sait, de fonder une famille.

Mais au moment où les Chevaliers s’apprêtaient à quitter définitivement ces terres pour de nouveaux horizons, le son des tambours se fit entendre : un régiment royal, tout en armes, était venu à leurs devants.

À la vue de la troupe, les Chevaliers, loyaux envers leur Roi, se rendirent aussitôt. Ils connaissaient fort bien leur destin et, malgré leur peine, l’acceptèrent sans sourciller. Emmenés à Lune-d’Argent afin d’être jugés pour le meurtre du châtelain, les braves furent accueillis par d’immenses acclamations du peuple et de la noblesse : l’Honneur et la Fidélité avaient désormais douze noms.

Lorsque les Chevaliers furent amenés devant le Roi, les applaudissements résonnaient encore jusqu’à la salle du trône. Hélas, malgré sa sympathie pour l’honorabilité des Chevaliers qui n’avaient fait que venger leur maître, le bon Roi se trouvait là dans l’embarras : il ne put se résoudre à les gracier pour un crime aussi grave.

Au moment où le Roi prononça la condamnation à mort, le ciel se mit à briller de mille feux : les Astres versaient leur mélancolie. Et c’est alors que la plus jeune des Chevaliers, larmes aux yeux, demanda au Roi de lui accorder une faveur. Sa Majesté, elle-même larmoyante, accepta de l’écouter.

« Votre Majesté, que la Sainte Lune vous protège et que votre règne dure au moins trois-mille ans. Je supplie votre Majesté de nous faire faveur, en nous laissant mourir à la mode de notre seigneur. Ainsi, nous pourrons le rejoindre pour l’Eternité au Palais Cosmique. De grâce, prêtez-nous douze épées : lorsque la minuit frappera à la porte, douze condamnés auront rejoint les cieux. »

Emu par tant de bravoure et de chevalerie, le Roi accéda à sa requête. Douze épées furent amenées aux Chevaliers, qui s’en emparèrent pour se placer en position d’honneur. Ils patientèrent, le sang-froid et les yeux rivés sur la pendule. Un silence de mort régnait dans la salle du trône, alors que les condamnés observaient le plus grand des calmes. Et à la seconde où l’aiguille se posa sur la minuit, les Douze Chevaliers accomplirent leur dernier devoir… pour s’en aller rejoindre leur maître au grand festin qui les attendait.

À l’aube, le bon Roi fit enterrer les Douze Chevaliers aux côtés de leurs maîtres, et leur offrit une cérémonie des plus glorieuses. Pendant plus de deux-mille ans, des Thalassiens vinrent recouvrir quotidiennement leurs tombes de fleurs printanières, pour que jamais leur splendeur ne soit oubliée.

 

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